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Informations générales

Événement : 91e Congrès de l'Acfas

Type : Colloque

Section : Section 500 - Éducation

Description :

La recherche montre que les arts et la littérature permettent de réaliser une analyse critique de phénomènes ou d’enjeux de nature écosociale (écoféminisme, antiracisme, justice environnementale), tout en esquissant des pistes de solution empreintes de la créativité caractéristique du domaine artistique.

Cette 5e édition est l’occasion de créer un espace pour la diffusion des résultats de recherche visant ce questionnement et d’ouvrir les débats dans un contexte plus large, en invitant à partager leur expertise des chercheur·ses de domaines connexes à l’éducation : sciences sociales, ethnographie, anthropologie, études autochtones et/ou travail social. Nous nous appuyons sur la notion d’éducation citoyenne pour un avenir viable (Gilbert et Boutet, 2022) pour explorer les questions suivantes :

1) Que propose la recherche touchant les arts et la littérature comme approche actualisée d’émancipation sociétale? 2) Quels sont les angles morts dans la pratique des intervenant·e·s du milieu culturel dans l’accompagnement des jeunes en vue d’une éducation « transformatoire » (Dovidio, Glick et Rudman, 2005)? 3) Comment évolue « la conscience anthropocène » des jeunes à l’ère de la toute-puissance technologique (Pruneau et al., 2016), alors qu’ils se trouvent progressivement déconnectés des milieux naturels au profit d’une connexion plus forte aux univers numériques? 4) De quelle manière s’expriment les zones de tension entre « l’être » et « l’avoir », soit la gestion de nos rapports individuels et collectifs à l’environnement et l’impact de la qualité de ce lien sur la viabilité de notre avenir, notamment sur le plan « éco-nomique » (Sauvé, 2009)? 5) Quels sont les cadres de référence (idéologiques, culturels, étatiques, politiques, communautaires) qui influencent l’action éducative et, en conséquence, influencent les « affaires humaines » (Cochet, 2018) : la solidarité, l’identité, l’altérité, l’équité, les échanges, les valeurs...

Dates :

Format : Sur place et en ligne

Responsables :

Programme

Communications orales

Session I : Littérature jeunesse et enjeux environnementaux

Salle : FSS 6032 — Bâtiment : Pavillon des Sciences sociales (FSS)
  • Communication orale
    Comment des livres jeunesse contemporains présentent-ils les enjeux environnementaux entourant la consommation?
    Rachel DeRoy-Ringuette (Université du Québec à Trois-Rivières), Audrey Groleau (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

    Par une recherche de développement (McKenney et Reeves, 2012) antérieure, nous avons produit une grille de critères pour choisir des livres jeunesse portant sur des enjeux environnementaux (DeRoy-Ringuette et Groleau, 2023). Cette grille, qui allie des éléments littéraires, scientifiques et environnementaux, sert à porter un regard critique sur les livres que les personnes enseignantes donnent à lire aux élèves. Pour cette communication, seuls les critères littéraires qui reposent sur le personnage, le cadre spatiotemporel et la tonalité (Saricks, 2005) sont retenus. Les critères environnementaux choisis tiennent compte des principes pour une éducation aux changements climatiques critique, politique et transformatrice (Arseneau, Groleau et Pouliot, 2023) et mènent à positionner l’ouvrage sur des continuums relatifs aux attitudes et comportement (p.ex. entre déni et catastrophisme). Avec ces critères, nous proposons d’analyser un corpus de livres de fiction traitant de consommation publiés au cours des dix dernières années destinés aux jeunes (n=18). De ce corpus, élaboré à l’aide du catalogue de BAnQ, nous avons analysé, avec notre grille, les différentes perspectives selon lesquelles les livres jeunesse contemporains traitent de consommation, une question socialement vive (Legardez, 2006) souvent associée à une relation trouble entre « l’être » et « l’avoir » qui témoigne des spécificités de nos rapports individuels et collectifs à l’environnement sur le plan éco-nomique.

  • Communication orale
    La littérature jeunesse pour surmonter les obstacles à la relation des enfants avec la nature
    Marc Boutet (UdeS - Université de Sherbrooke), Marie-Hélène Massie (Université de Sherbrooke)

    De nombreux obstacles subsistent pour que les systèmes d’éducation formelle contribuent comme ils le devraient à une éducation citoyenne pour un avenir viable (Gilbert, 2021). Dans la poursuite de nos travaux plus récents sur l’intégration de l’EAV dans la formation continue et dans les pratiques des personnes enseignantes (auteurs 1; auteurs 2), nous avons voulu nous pencher plus spécifiquement sur des caractéristiques de la relation des enfants contemporains avec leur environnement, identifiées par les personnes participant au cours d’EAV que nous offrons, comme étant des défis pédagogiques et didactiques à surmonter : déficit de nature (Louv, 2008), écoanxiété, surprotection des parents (Cardinal, 2010), augmentation du temps passé devant les écrans. Sur la base de résultats antérieurs démontrant que la littérature jeunesse pouvait être une porte d’entrée favorable à l’EAV, et dans le contexte de la planification d’une activité qui est exigée dans le cours, nous leur avons demandé de préciser en quoi l’utilisation de la littérature jeunesse a permis de faire face à ces défis.

    Nous tracerons d’abord le portrait de la relation entre leurs élèves et le milieu naturel qui ressort d’un débat qui a été tenu à ce sujet. Puis, nous présenterons les résultats de l’analyse des activités qui ont été planifiées et mises en œuvre, sous l’angle plus spécifique de la contribution des albums jeunesse à l’évolution de cette relation.


Communications orales

Session II : Théâtre, identité et mieux-être dans un monde globalisé

Salle : FSS 6032 — Bâtiment : Pavillon des Sciences sociales (FSS)
  • Communication orale
    Ashtam Ntotacinan, viens-nous écouter : modèle pédagogique de théâtralisation de récits de vie pour le mieux-être holistique d’étudiantes autochtones
    Patricia-Anne Blanchet (UdeS - Université de Sherbrooke), Ney Wendell Cunha Oliveira (Université du Québec à Montréal), Constance Lavoie (Université de Sherbrooke)

    Les jeunes femmes autochtones sont héritières des sagesses ancestrales brimées par l’histoire coloniale qui se traduisent aujourd’hui en injustices systémiques (Conrad, 2020). En deçà de la méfiance qu’elle suscite, l’éducation constitue leur meilleur levier d’autodétermination, d’où l’importance de les soutenir dans leur parcours d’études par des approches holistiques, culturellement sécurisantes, fondées sur les savoirs ancestraux et visant leur mieux-être (Mareschal et Denault, 2020). C’est dans cette mouvance que huit étudiantes autochtones du collégial ont pris part à des ateliers théâtraux visant le développement d’une démarche de création collective infusée de principes en pédagogie autochtone (Battiste, 2013). Guidée par une épistémologie et des approches narratives décoloniales (Archibald et al. 2019; Wilson, 2008), cette recherche-action-création propose un modèle pédagogique basé sur la théâtralisation de récits de vie portée par une esthétique du sacré (Sioui-Durand, 2020). Elle révèle ses retombées sur l’expression d’apprentissages liés aux mieux-être holistique des participantes. Les deux œuvres vivantes qui en découlent s’imposent comme moyen radicalement pacifique pour une jeunesse autochtone sensible et engagée de prendre parole dans l’espace public. Cette contribution s’inscrit sans contredit dans la coconstruction d’une écodramaturgie porteuse de justice à la fois sociale, environnementale, épistémologique et ontologique.

  • Communication orale
    Théâtre et Sciences : quels enjeux pour le développement de la pensée critique chez des lycéens français ?
    Evelyne Bois (Université d'Orléans), Quentin Delépine (Agence Vertige), Mandarine Hugon (Université d’Orléans, laboratoire ERCAE), Olivier Richard (Université d'Orléans), Elodie Tricard (Laboratoire ERCAE, Université d'Orléans)

    Enjeu fort pour l’Éducation Nationale française, la construction du citoyen est au cœur des missions de l’école (Audigier, 2005). Développer la pensée critique permettrait l’adoption d’une posture citoyenne et l’ancrage de valeurs et d’attitudes démocratiques (Aways & Darbellay, 2017; Muller et al., 2015). Néanmoins, cette compétence est difficilement appréhendée par les équipes éducatives (Bois et al., 2021). Deux leviers favorisant la transformation des pratiques et l’acquisition de connaissances chez les individus font l’objet de cette recherche : les projets artistiques (Puozzo, 2013; Valentina, 2006) et la recherche participative (Bensaude-Vincent, 2010; Storup et al., 2013). L’objectif est d’identifier les apports et limites d’une recherche participative réalisée avec les élèves de lycée général (France) autour de la médiation par le théâtre de savoirs issus des neurosciences sur l’impact de l’environnement sur le développement cérébral : en quoi le partenariat artistes-chercheurs-enseignants peut-il faire émerger la pensée critique ? Les analyses quantitatives et qualitatives des 64 questionnaires recueillis auprès des lycéens, et 5 observations de séances, montrent des différences d’attitudes, notamment réflexive, chez les élèves en fonction de leurs représentations des différents partenaires et de leurs interactions avec eux. Ces résultats nous amèneront à formuler des propositions éducatives pour le développement citoyen des élèves et favoriser l’agentivité.

    ▶ Vidéo
  • Communication orale
    Présentation de la collection Formation et recherche en éducation artistique (FRéA)
    Vincent Bouchard-Valentine (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    La collection FRÉA – Formation et recherche en éducation artistique – s’adresse aux personnes œuvrant en recherche et en formation à l’enseignement artistique, en intervention scolaire ou sociale et en médiation culturelle.
    FRÉA propose des ouvrages francophones issus de recherches et de pratiques qui s’inscrivent dans les champs de l’éducation et de la formation artistiques. Certains sont liés à une seule discipline alors que d’autres en rassemblent plusieurs autour d’une thématique commune.
    Les sujets traités abordent des questions fondamentales liées entre autres à la pédagogie, à la création artistique, aux arts vivants, à l'identité et à la culture. Ils peuvent aussi être associés au mieux-être, à l’implication citoyenne, à l’écologie ou à l’interartialité.


Dîner

Dîner

Salle : FSS 6032 — Bâtiment : Pavillon des Sciences sociales (FSS)

Communications orales

Session III : De nouveaux possibles pour habiter l’espace

Salle : FSS 6032 — Bâtiment : Pavillon des Sciences sociales (FSS)
  • Communication orale
    Expériences artistiques de l’habitant-paysager à l’école et au-delà. Quels modes communicationnels pour transformer l’espace paysager imaginaire ?
    Élisabeth Maizonnier-Payelle (Laboratoire CIRNEF Université Rouen Normandie)

    Une certaine historiographie basée sur les imaginaires paysagers des habitants et l’exposition de dessins d’enfants, examinés du point de vue de l’anthropologie relationnelle, propose des réponses singulières, en fonction des ‘‘possibles’’ du vivant. Quelles seraient les conditions de transformation du rapport des enfants à leurs apprentissages à l’école primaire, par la narration, en travaillant leur espace paysager imaginaire (Machado Da Silva, 2015) ? L’hypothèse selon laquelle la danse des antilopes des Hopis permet de métamorphoser la personne en adoptant expressions et mouvements de l’animal (Warburg, 1997) est heuristique dans le contexte de l’anthropocène. Par ailleurs, la recherche d’identité, par la construction-déconstruction-reconstruction de l’habitat (Heinich, 2020 ; Ardenne, 2019) révèlerait les conditions de vie et la vulnérabilité du vivant. La question de la mutualité émerge du rapport à celui-ci en situations, propre aux différents modes d’existence (Souriau, 2009 ; Audoux et Gillet), tandis que l’éloge de la coopération (Selosse, 2012) associe symbiose et mutualisme pour vivre avec l’Autre. Enfin, les Singuliers de l’art (Lassus, 2004) proposent une rencontre avec « le démesurable » (Venturi-Ferriolo, 2015), afin d’envisager des modalités de communication plurimodales et multi-référentielles. L’œuvre de fiction aurait son mode propre (Latour, 2022 ; Souriau, 1950), facteur d’initiation de l’être-au-monde (Schaeffer, 2011) et de sa transformation.

    ▶ Vidéo
  • Communication orale
    L’objet d’art pour lire l’organisation d’une société sur son territoire : la culture matérielle en sciences humaines au primaire pour s’ouvrir à la diversité des cultures
    David Lefrançois (Université du Québec en Outaouais), Catherine Malboeuf-Hurtubise (Université du Québec en Outaouais), Kevin Péloquin (Bishop’s University), Marc-André Éthier (Université de Montréal)

    Au Québec, l’utilisation des arts dans les recherches en didactique des sciences humaines au primaire s’organisent autour de l’utilisation des collections muséales (Meunier et Bélanger, 2014), de la lecture critique et sensible de tableaux anciens (Stan, Varié et coll., 2019) et des images (Martel et Boutin, 2015). Or, nous sommes peu renseignés sur le recours aux objets d’art, par les enseignants, pour interroger le rapport des sociétés à leur territoire et les systèmes de valeurs ou pour promouvoir une éducation citoyenne.

    Cette communication s’inscrit dans la deuxième orientation du colloque, soit celle qui s’intéresse aux angles morts susmentionnés de la pratique enseignante pour cibler, décrire et examiner les implications réciproques entre les cultures, croyances et organisations territoriales. Pour ce faire, nous présentons et analysons les recherches sur l’apprentissage par l’objet afin d’engager le dialogue sur son usage dans les environnements actuel et passé (Arias-Ferrer et Egea-Vivancos, 2017; Espinosa et Arias-Ferrer, 2021). En considérant l’objet d’art comme une source primaire pour l’étude des interactions entre les sociétés et leur environnement, les élèves ont l’occasion de s’ouvrir à des croyances et valeurs différentes, ce qui, selon les recherches en didactique de la géographie que nous rendons compte, peut enrichir leur vision du monde et favoriser le respect des différences (Henderson et Levstik, 2016; Levstik, Henderson et Lee, 2014).

  • Communication orale
    Ressentir, imaginer, re-créer son espace proche : quels effets ? Cas d’un projet d’arts plastiques en contexte éducatif difficile d’une zone urbaine française
    Virginie Ruppin (université Lyon 1)

    Un projet interdisciplinaire d’un établissement du secondaire approfondit la question socialement vive articulant la justification des constructions des HBM (habitations bon marché), concentrées dans certaines banlieues de grandes villes françaises (Carrel & Neveu, 2014), aux valeurs véhiculées et au ressenti de leurs habitants, en cours d’histoire-géographie. Après une balade urbaine avec le professeur d’histoire-géographie, les élèves sont amenés à réfléchir leur espace et à le re-créer en cours d’arts plastiques, en passant par des médiums successifs (dessin, volume, numérique). Dans quelle mesure la démarche prospective peut-elle permettre d’articuler la prise en compte de l’espace environnant de l’élève, la perception sensible de son territoire habité (ses préférences et ses craintes) à la création d’un nouveau quartier imaginé par l’élève, en arts plastiques ? La méthodologie a consisté en l’analyse de contenu des entretiens des élèves et de leurs productions, et à l’élaboration d’outils didactiques communs aux disciplines. L’expérimentation permet de mettre au jour les effets de ce dispositif, notamment l’enjeu de créer pour éduquer (Ruppin, Safadi, 2022), de s’approprier un nouveau territoire dans une démarche prospective (Vidal, 2015), de réinventer une histoire (De Certeau, 1990), et dévoile la conscience anthropocène des élèves. Cette production plastique, réflexive, sensible, serait ainsi un vecteur de valeurs sociétales et citoyennes pour un avenir viable.


Communications orales

Session IV : Enseigner les arts plastiques à l’ère de l’Anthropocène

Salle : FSS 6032 — Bâtiment : Pavillon des Sciences sociales (FSS)
  • Communication orale
    Signifier le danger à l’intention des civilisations futures. Analyse d’une leçon d’arts visuels ancrée dans la problématique des déchets radioactifs
    Stefan Ioan Bodea (Université de Genève)

    Cette contribution s’organise autour d’un enseignement en arts visuels, dispensé par un étudiant en formation initiale auprès de collégiens genevois de 2ème année, et orienté par la problématique de la sémiotisation, à l’intention des générations futures, de la dangerosité du site d’Onkalo destiné à enfouir des déchets radioactifs qui restent nocifs pour au moins cent mille ans. Les élèves doivent créer, en dessin au fusain, une atmosphère hostile signifiant à la fois le danger et l’inquiétude. Comment les référents convoqués -en tant que sources spécifiques de connaissance (Darsel & Pouivet, 2008), de nature technico-sémiotique (Alava & Etévé, 1999) – influent-ils sur les productions des élèves ? La diversité de leurs productions et l’écart constaté entre celles-ci et les attentes du stagiaire amènent à interroger la manière dont les élèves sont amené.es à construire leurs démarches plastiques. En analysant l’agir enseignant dans le cadre conceptuel de la théorie de l’action conjointe professeur-élève (Sensevy & Mercier, 2007) et dans une approche clinique-expérimentale des faits didactiques (Leutenegger, 2009), nous essayons de montrer ici le rôle que peut jouer, en formation initiale, l’analyse a priori des tâches pour l’outillage des acteurs de la situation didactique. Nous essayons de montrer par ailleurs en quoi l’œuvre est susceptible de contribuer, dans notre cas, à approfondir la problématique environnementale (voir à ce propos Morel, 2022, Morel & Fafard, 2023).

  • Communication orale
    Redéfinir l’évaluation en arts plastiques : intégration de l’engagement citoyen et de la conscience environnementale à l’ère de l’Anthropocène
    Anne Deslauriers (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Cette communication aborde la problématique de l’adéquation de l’évaluation en arts plastiques avec les défis de l’Anthropocène (Garnier et al., 2021). Elle examine comment elle peut s’intégrer dans une éducation artistique en phase avec notre époque. Les critères d’évaluation formalistes (Deslauriers, 2022) sont repensés pour encourager l’implication des élèves au sein d’enjeux sociétaux et environnementaux (Torterat, 2021; Clément, 2019). Ainsi, l’objectif consiste à redéfinir l’évaluation en arts plastiques en ce qui a trait à la création (Gosselin et al., 2014), où intervient la subjectivité (Leduc et Béland, 2017; Béland et Leduc, 2022). De cette manière, l’évaluation dépasse l’appréciation des compétences disciplinaires, techniques et esthétiques. Pour cela, notre méthodologie de recherche qualitative (Paillé et Mucchielli, 2021) s’appuie sur une étude multicas (Karsenti et Demers, 2018). Nous prévoyons mener des entretiens semi-dirigés auprès d’enseignants d’art sélectionnés, particulièrement sensibles à l’engagement citoyen chez leurs élèves. Ceux-ci permettront d’explorer en profondeur leur pratique d’évaluation et leur impact sur l’engagement civique des élèves. Les résultats escomptés intègreront la proposition de critères d’évaluation pour une intégration des dimensions civiques et environnementales en art et la transformation des pratiques évaluatives des enseignants, conformément à l’objectif de former des citoyens éthiques et engagés (Sauvé et al., 2017).

  • Communication orale
    Établir des maillages entre l’enseignement des arts plastiques et l’éducation relative à l’environnement pour favoriser la construction d’un modèle d’éco-éducation visuelle
    Maia Morel (UdeS - Université de Sherbrooke)

    « L’éco-éducation artistique », courant émergent dans la recherche francophone, s’inspire du concept de « résonance » mis en avant par le sociologue et philosophe Hartmut Rosa (2021), qui permet de prendre conscience d’un enjeu spécifique et de réfléchir à notre positionnement personnel et collectif vis-à-vis de cet enjeu.

    Cependant, si plusieurs études touchent à la question de l’art et l’ERE dans des contextes éducatifs (Clavel et Gonzalez, 2017; Deslauriers, 2022; Goday, 2022; Morel, 2023; Valentine, 2003), il n’existe pas à notre connaissance d’études abordant la formation enseignante au primaire dans une perspective environnementale. Or, le nouveau Référentiel des compétences professionnelles souligne que l’école québécoise assure une mission importante de sensibilisation aux enjeux environnementaux (Gouvernement du Québec, 2020), pour laquelle le personnel enseignant est fortement sollicité.

    Notre communication présente les résultats préliminaires d’un projet en cours (FRQSC, 2021-2024); étude exploratoire de type qualitatif, la recherche a été menée auprès des personnes étudiantes inscrites au baccalauréat en enseignement primaire d’une université québécoise. L’objectif était d’établir quelles sont leurs représentations, leurs savoirs et leurs expériences à l’égard des interférences entre les arts plastiques et l’ERE, ce qui permettra d’approfondir notre réflexion sur un modèle de formation répondant aux exigences éducatives contemporaines en matière d’environnement.

Communications orales

Session V : Analyser les images pour repenser les pratiques pédagogiques

Salle : FSS 6032 — Bâtiment : Pavillon des Sciences sociales (FSS)
  • Communication orale
    Éduquer par l’art : improduire pour éprouver les cadres de référence et étendre la résonance au moyen du dessin
    Camille Courier de Mèré (Université du Québec à Montréal), Claude Majeau (Université Laval)

    Cette proposition appelle à oser un moment d’improductivité en art et pédagogie, donnant à l’être-ensemble et aux images d’affirmation produites collectivement toute leur place. Notre objectif est d’examiner les mécanismes de collaboration (Rollot, 2018) et le rapport entre connaissance et production dans le milieu de la recherche et dans les mondes de l’art (Schaeffer, 2015), afin de dégager le potentiel des actions improductives lors de projets de création avec des personnes marginalisées (Butler et Anthanasiou, 2016). Notre cadre de référence se situe dans le champ élargi du dessin contemporain afin d’explorer les concepts de résonance (Rosa, 2022) et de communs (Federici, 2022; Zhong-Mengual, 2019). Nous activons le micropolitique par l’examen d’un transagir (Courier de Mèré, 2022) et la multiplication des singularités (Guattari, 2018). Méthodologiquement, le processus cartographique partagé comme opérateur permet de souligner les variations de visibilité des participant.e.s et artistes selon les contextes et d’adresser des savoirs pluriels, fédérateurs pour le plus grand nombre (Olmedo, 2017). Dans cette communication, nous présenterons les résultats d’une année d’explorations artistiques et pédagogiques. Notre proposition ausculte le trop-plein et l’accélération dans les domaines. Nous abordons l’axe 5 par l’exploration ddes angles morts dans la conduite de projets en vue d’une éducation « transformatoire » (Dovidio, Glick et Rudman, 2005).


Communications orales

Session VI : Musiques, interculturalité et écocitoyenneté

Salle : FSS 6032 — Bâtiment : Pavillon des Sciences sociales (FSS)
  • Communication orale
    La formation à l’enseignement de l’interprétation musicale : émancipation ou soumission sociétale ? Étude de cas de six formateurs en haute école de musique
    Cristina Bellu (HEMU), Louis Montesinos (Haute école de musique Vaud-Valais-Fribourg)

    Notre problématique porte sur l’interprétation musicale comme objet polymorphe, générant une multitude de pratiques dans ses trois enchâssements : performance, enseignement et formation professionnelle (Mili et al., 2016). Notre objectif est la compréhension et le questionnement des pratiques concernant la formation étudiante à cet objet, entendu comme vecteur d’intégration (style) et d’émancipation (créativité) sociales et par là comme instrument d’éducation citoyenne pour un avenir viable. Notre réflexion s’enracine dans un cadre historico-culturel (Vygotsky, 1925/2006 ; 1934/1997), où les pratiques sociales de référence (Martinand, 1986) jouent un rôle fondamental dans la transmission des savoirs interprétatifs (Bellu, 2020). Six formateurs ont été interviewés au sujet de leurs conceptions de l’interprétation et de leurs intentions didactiques de formation à l’enseignement. Trois cours de chaque formateur sont filmés et un entretien d’autoconfrontation (Theureau, 2010) aura lieu prochainement. L’analyse utilise l’approche clinique du didactique (Leutenegger, 2000 ; 2009) et la méthode d’induction croisée (Maulini, 2017). Alors que certaines pratiques interprétatives considérées comme émancipées relèvent d’une soumission totale à des schémas préexistants, d’autres, considérées plus codées, montrent plus de souplesse. Ces résultats, s’inscrivant dans le premier axe du colloque, invitent à réformer la formation, en proposant des modèles actualisés d’émancipation sociétale.

  • Communication orale
    Apprentissages rythmiques aux confins de deux cultures : la capoeira comme pratique exogène dans un contexte d’enseignement musical genevois
    Marina Rabelo De Queiroz (Groupe DAM de l'Université de Genève)

    La recherche porte sur l’analyse didactique de l'enseignement de la capoeira dans les classes de musique à l'école primaire à Genève. La capoeira, pratique alliant combat, danse et musique, est un symbole puissant de la culture afro-brésilienne. Nous examinons comment la transposition des contenus capoeiristes s'articule avec l'apprentissage rythmique des élèves, les implications au niveau des dispositifs didactiques et les obstacles rencontrés dans un contexte où la capoeira n’est pas une pratique usuelle.

    Dans un monde de plus en plus interculturel, cette étude souligne l'importance de repenser les pratiques éducatives pour répondre aux enjeux contemporains. À travers l'observation des leçons et des entretiens semi-directifs avec les enseignant.e.s, nous nous appuyons sur des théories didactiques (Chevallard, 1991; Brousseau, 1998; Sensevy & Mercier, 2007) pour explorer les défis et les opportunités d’une telle transposition. En effet, nous observons des tensions concernant divers aspects sociaux et culturels dans la rencontre entre ces deux traditions d'enseignement (capoeira et musique à l'école).

    Nos résultats montrent l'articulation de différents milieux capoeiristes pour le travail du rythme associé à la mobilisation corporelle des élèves et à l’incorporation de nouveaux contenus culturels, offrant des perspectives nouvelles sur la pratique artistique comme vecteur de transformation sociale, favorisant la citoyenneté, l’antiracisme, l’inclusion et l’interculturalisme.

  • Communication orale
    La transmission d’un patrimoine musical et culturel comme vecteur de la soutenabilité et de l’intégration dans une communauté de pratique insulaire. Le cas du Gwoka guadeloupéen
    Claude Bonzon (Université de Genève), Grivet Bonzon Catherine (Université de Genève)

    Le Gwoka, pratique musicale et culturelle inscrite en 2014 au patrimoine culturel immatériel de l'humanité, symbole de l'identité guadeloupéenne, associe le chant en créole, les rythmes joués sur les tambours Ka et la danse. Transmis aujourd’hui de plus en plus souvent en groupe avec un musicien reconnu de ses pairs, il implique plusieurs dimensions de l'identité insulaire en favorisant la création collective, l’écriture en langue créole, la technique instrumentale et l'improvisation.

    Nous postulons que ces apprentissages sont d’une part, objet d'une relation didactique (Chevallard, 1985/1991) dans la construction de savoirs musicaux experts (Johsua,1998) et d’autre part des outils pour une soutenabilité culturelle (Grant, 2013 ; Schippers & Grant, 2016) et sociale ainsi qu’une attention à une durabilité environnementale (par l'utilisation d'instruments issus de ressources locales). Ils constituent une proposition d’inclusion dans la communauté insulaire par un « partage du sensible » (Rancière, 2000).

    Notre méthodologie est qualitative avec une approche clinique (Leutenegger, 2009) basée sur la vidéographie de cours filmés sur deux ans avec pour indicateurs les gestes enseignants, les éléments constitutifs de la pratique musicale et de la relation à la culture des agents.

    Les résultats montrent l'importance des milieux d'enseignement pour l'avancement des apprentissages dans une pratique musicale intégrée aux pratiques sociales de référence et aux valeurs de la communauté.

  • Communication orale
    Laboratoire Interdisciplinaire des EducationS à la Soutenabilité
    Grivet Bonzon Catherine (Université de Genève)

    Le Laboratoire Interdisciplinaire des EducationS à la Soutenabilité a pour but de développer la formation et la recherche sur les éducations à la soutenabilité, en privilégiant une démarche inter -voire transdisciplinaire, et de constituer peu à peu un espace d'expertise de ces enjeux.

    Plus précisément, par une animation forte et des actions collectives structurées, le projet du LIESS vise à renforcer les capacités de recherches et de formations disciplinaires et interdisciplinaires. Le LIESS fonctionnera comme un incubateur de projets de recherche et de formation, nationaux et internationaux.

    La stratégie pour cela est d'impliquer les membres du laboratoire, mais aussi l'ensemble du corps enseignant et directions de la formation pour les enseignants du primaire (FEP) et de la formation pour les enseignants du secondaire (FORENSEC).


Dîner

Dîner

Salle : FSS 6032 — Bâtiment : Pavillon des Sciences sociales (FSS)

Communications orales

Session VII : Relier pour transformer par le design, l’art et la multimodalité

Salle : FSS 6032 — Bâtiment : Pavillon des Sciences sociales (FSS)
  • Communication orale
    Avec ou sans étiquettes? Accompagner des projets de création pédagogique multimodaux en art sous l’angle des enjeux identitaires
    Moniques Richard (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Si la jeunesse circule à toute vitesse sur les réseaux numériques, cherchant son identité parmi de multiples étiquettes apposées sur son parcours (TDAH, TSA, HDAA, LGBTQIA+, etc.), le personnel enseignant, lui, subit trop souvent un décalage culturel qui entraine des angles morts dans sa vision des enjeux sociétaux actuels. Comment accompagner l’apprentissage de citoyens en devenir et de futurs maitres en art sans plonger soi-même dans le bain numérique, l’étiquetage cognitif ou l’identité multiple? Comment éviter des biais dictés par nos valeurs? Inscrite dans l’axe 2 du colloque, cette recherche part de ma posture d’accompagnement de projets universitaires de création pédagogique liés aux identités personnelle, ethnoculturelle ou de genre. En analysant quatre projets, elle vise à : 1) réfléchir à l’acte d’accompagnement et en identifier les biais; 2) élaborer un questionnement adapté aux enjeux; 3) proposer des pistes d’action pédagogique pertinentes. Elle aborde les concepts d’enjeux identitaires (Borri-Anadon et al., 2023), de citoyenneté (Constance et al., 2017), de multimodalité (Brunel et Lemieux, 2022) et de pédagogie émancipatrice (Demers et al., 2016; Rancière, 1987). Elle utilise la recherche-action participative (Coyne et Carter, 2018) et l’auto-ethnographie (Rondeau, 2011; Stahlke Wall, 2016). Les résultats proposent une vision multifocale des enjeux et l’utilisation de la multimodalité pour une approche pédagogique inclusive, différenciée et émancipatrice.

  • Communication orale
    « Relier/mutualiser/coopérer par la démarche créative : l’enseignement du design vers la soutenabilité »
    Apolline Torregrosa (Université de Genève)

    Cette communication s’intéresse à l’enseignement du design comme porteur d’enjeux sociaux et de durabilité par une éducation citoyenne. Le design initialement à visée professionnelle, effectue un tournant pour s’engager dans des enjeux sociaux et de santé (Vial, 2015). De quelle manière prennent forme ces questionnements dans l’enseignement du design et comment s’intègrent-il dans la formation vers une conscience anthropocène ?

    Dans le cadre d’une étude sur ces enseignements au secondaire par une recherche-action (Catroux, 2002), nous analyserons l’impact de ces questions dans la formation des jeunes à partir d’une séquence sur le vivre ensemble et la coopération vers la soutenabilité.

    Le point de départ est une réflexion sur les interactions entre personnes, avec des objectifs de prospection et de conception dans une perspective socio-anthropologique. A partir d’ateliers de danse et de théâtre, visant une expérience immersive par le corps (Andrieu, 2003) pour mieux saisir l’être ensemble, les élèves ont été mobilisés dans une réflexion sur le corps et l’altérité, vers un regard critique sur les cadres de références de la société. L’impact de ces pratiques souligne que l’être collectif n’est pas une évidence pour les jeunes et demande à être questionné en lien avec leur environnement et leur rôle pour la transformation sociale. L’enseignement du design s’affirme alors vers une démarche créative et de conception, pour appréhender un présent social et soutenable (Suma, 2022).

  • Communication orale
    L’hétérogénéité du public scolaire en classe d’histoire de l’art : une ouverture à l’étude des œuvres d’art des XXe-XXIe siècles et au vivre-ensemble
    Audrey Dusoulier (UNIVERSITÉ DE LIÈGE)

    En Belgique francophone, le cours d’histoire de l’art ne fait pas partie du cursus obligatoire de tous les élèves de l’enseignement secondaire supérieur. Via des entretiens semi-directifs, nous avons interrogé des enseignants d’histoire de l’art quant aux difficultés qu’ils rencontrent lorsqu’ils dispensent des cours traitant de l’art des XXe-XXIe siècles. L’un des obstacles cités est celui de l’hétérogénéité du public scolaire tant au niveau de la maturité que de la diversité des origines ethniques, sociales et religieuses des élèves.

    La question de recherche centrale est : de quelle manière mieux préparer les enseignants à cette hétérogénéité dans l’étude d’œuvres d’art des XXe-XXIe siècles ? Avec l’immigration croissante en Europe, des élèves aux profils variés arrivent dans les écoles. Ces différences entre enseignants et élèves peuvent engendrer rapidement des problèmes voire des conflits (Verbunt, 2005). À côté de cela, Burgess (2003) fait état de l’application d’une censure à l’art contemporain. Or, Trudel, de Oliveira et Mathieu (2018) estiment que l’étude de l’art actuel favoriserait le dialogue interculturel. L’art joue, en effet, un rôle essentiel dans le changement social (Anderson, Gussak, Hallmark et Paul, 2010) et la reconstruction sociale (Cahan et Kocur, 2011). L’objectif de cette recherche est de donner des clés aux enseignants réticents à l’étude d’œuvres traitant de sujets actuellement sensibles en vue d’une éducation « transformatoire ».


Communications orales

Session VIII : Art, identité et agentivité dans une perspective d’éducation

Salle : FSS 6032 — Bâtiment : Pavillon des Sciences sociales (FSS)
  • Communication orale
    L’art contemporain autochtone, une clé pour le développement d’un enseignement de l’histoire à visée décoloniale
    Sabrina Moisan (UdeS - Université de Sherbrooke)

    Dans le contexte éducatif canadien, un besoin pressant de revoir les récits nationaux se fait sentir à l’aune des revendications autochtones. En enseignement de l’histoire, un travail d’autochtonisation décoloniale (Gaudry et Lorenz, 2018) s’avère nécessaire, car cette discipline a été et est toujours l’une des meilleures armes du système colonial. Les appels à l’action de la Commission Vérité et réconciliation interpellent la classe d’histoire, mais inclure les perspectives autochtones s’avère laborieux, bien qu’une production culturelle soit de plus en plus imposante (Kanu, 2011; Moisan et al., 2023).

    Dans cette communication, j’explorerai comment des productions d’art contemporain autochtone engagées historiquement peuvent servir à soutenir un enseignement de l’histoire favorisant le projet de vérité et réconciliation. J’explorerai le potentiel de l’approche de la multiperspectivité, qui consiste en une façon d’appréhender le monde et les savoirs en tant que constructions subjectives et partielles (Stradling, 2003) permettant d’accueillir l’ambiguïté, de remettre en question les récits univoques et les certitudes qu’ils génèrent (Medina, 2016). À cet effet, je m’arrêterai sur la démarche de Kent Monkman afin de discuter de positionnalité, d’interprétations historiques, des effets du colonialisme au passé et au présent et des moyens à notre dispositions pour revoir les rapports de pouvoir en jeu dans le processus décolonial.

  • Communication orale
    Équité, émancipation et pensée créatrice : les Arts Plastiques et Visuels, un enseignement constitutif du développement de sa personnalité ?
    Yves Maurice Jean Barblan (Université de Genève)

    Les visées prioritaires des prescriptions officielles pour l'enseignement aux élèves entre 5 et 15 ans en Suisse Romande prônent pour l'enseignement des Arts Plastiques et Visuels (ci-après, APV) " le développement de la personnalité par l’accès à la culture à travers le processus créatif " (PER, Arts - Corps et mouvement, 2010, p. 5). Le processus créatif est considéré comme prépondérant d’une formation équilibrée de l’individu et donc constitutif du devenir citoyen. Néanmoins, il n’existe ni programme ni directive quant à l’opérationnalisation d’un enseignement basé sur l’expérimentation.

    Dans ce contexte, nous nous demandons comment l’enseignant favorise et articule-t-il "des mises en situations permettant à chaque élève d'exercer" (CIIP, 2011, p. 6, Capacités transversales) sa pensée créatrice et divergente en termes d’apprentissages ?

    Dans cette optique, nous avons analysé dans une démarche clinique (Schubauer-Leoni &Leutenegger, 2002) des vidéoscopies de deux enseignants et mené avec ces derniers des entretiens d'explicitation (Vermersh, 1991). Nos premiers résultats démontrent une difficulté des enseignant-e-s à coconstruire une référence commune en termes d'apprentissages et à se détacher d'une approche sélective et « traditionnelle » de l’éducation. Ces constats soulèvent la question de comment favoriser en rapport à des contenus disciplinaires un enseignement « développant la personnalité » au service de la participation à la démocratie (Zask, 2011).

  • Communication orale
    Inclure la culture des jeunes en classe d’arts au secondaire : vers une pédagogie artistique favorisant la transformation sociale
    Christine Faucher (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    La culture des jeunes, riche en pratiques variées et ancrées dans les médias numériques, constitue un terreau fertile pour l'apprentissage d’une citoyenneté active. Ces pratiques permettent aux jeunes de construire leur identité, de produire des contenus innovants et de faire preuve d’agentivité au regard d’enjeux planétaires qui leur tiennent à cœur. Le potentiel de ces pratiques est toutefois sous-estimé dans l'éducation formelle et dans les programmes (Richard et Lacelle, 2020). Notre recherche, arrimée à une perspective théorique liée aux études culturelles, reconnaît les jeunes comme acteurs dynamiques de leur propre culture, tout en les considérant au sein de dynamiques sociales plus larges, influençant les rapports de pouvoir (Holt, 2009).

    Cette étude explore les approches adoptées par 16 spécialistes pour intégrer la culture non formelle de leurs élèves dans l'enseignement des « 4 arts ». L’analyse d’entretiens avec NVivo a permis d’identifier des approches jetant un éclairage sur une zone de la situation pédagogique demeurant souvent dans l’ombre, soit l’aménagement d’espaces de dialogue où culture juvénile et enseignement formel se rencontrent. Ces « troisièmes sites » (Wilson, 2008) permettent de partager passions culturelles et créations informelles. Certains participant.e.s estiment que cette approche participe à la transformation sociale durable (Le Breton, 2008) en soutenant chez les élèves le développement d'une citoyenneté active axée sur un avenir durable.