Avec l’étalement urbain, l’accès à une mobilité sûre, saine et durable est un besoin vital pour l’accès à l’éducation, au travail, à la santé et à toutes les activités socioculturelles. La mobilité et les conditions d’accès à cette mobilité nous exposent à un risque de traumatisme routier dont nous sommes plus ou moins conscients et que nous mesurons plus ou moins bien selon notre parcours de vie, nos conditions de travail, notre éducation, notre culture et nos pratiques de mobilité.
Avec l’intégration des nouvelles technologies dans le champ des transports, l’hétérogénéité des modes et des conditions de déplacement s’aggrave ou en tout cas s’accélère. Ces nouvelles offres de transport, essentiellement disponibles dans les grandes agglomérations, creusent l’écart entre ces agglomérations et les périphéries plus lointaines ou les zones rurales.
Les plus démunis risquent d’être de plus en plus exclus de ces progrès techniques, et les répercussions sur leur niveau de sécurité routière risquent d’augmenter aussi.
Les disparités socioterritoriales persistent, voire s’aggravent, dans beaucoup de pays et entre les pays à revenus élevés, les pays à revenus intermédiaires et les pays à faibles revenus.
La question des inégalités socioterritoriales face aux traumatismes liés aux accidents de la route et à leurs conséquences reste une préoccupation sociétale importante, mais les recherches en ce domaine sont clairsemées. L’impact des inégalités sociales ou socioterritoriales sur l’exposition au risque d’accident de la route, les facteurs de risque d’accident grave ou mortel de la route, la prise en charge des blessés de la route, et plus largement le devenir du blessé, méritent une évaluation actualisée compte tenu des évolutions sociodémographiques, de la diversification des pratiques de mobilité et des conditions socioéconomiques des usagers.
Notre hypothèse est que les inégalités sociales et socioterritoriales sont multiformes et contribuent de multiples façons à l’insécurité routière. Un colloque pluridisciplinaire embrassant tous ces champs de la traumatologie liés aux accidents de la route, dans les pays à revenus élevés ou à revenus moyens ou faibles, nous semble pertinent. Il s’agit de faire le point sur les principales études menées sur cette problématique dans le monde, d’en tirer un bilan et de suggérer des perspectives d’études à mener pour affiner les enjeux.
Ce colloque a pour but de réunir des chercheurs, des étudiants, des experts et des décideurs qui désirent partager leurs connaissances scientifiques sur cette thématique des liens entre inégalités socioterritoriales et traumatismes liés aux accidents de la route. Il vise à ouvrir de nouvelles perspectives en recherche et en stratégies visant à promouvoir l’équité sociale en sécurité routière.
Ce colloque s’appuie sur les travaux réalisés dans le cadre du projet SaNuiT-Trauma et du réseau SaNuiT-Maghreb de chercheurs qui s’intéressent à la promotion de la recherche en sécurité routière au Maghreb.
Remerciements
Nous remercions les participants au colloque pour leur intérêt, leurs contributions au débat et leurs réflexions. Nous remercions également l'ensemble des auteurs pour leurs contributions orales ou par affiches. Nous remercions également leurs co-auteurs.
Enfin, il nous reste à remercier les organisateurs de l'ACFAS, sans qui ce colloque n'aurait pas pu se tenir.