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Informations générales

Événement : 90e Congrès de l'Acfas

Type : Colloque

Section : Section 600 - Colloques multisectoriels

Description :

Les dernières années ont été témoin d’une prolifération de politiques institutionnelles dans divers milieux, dont les milieux de l’éducation, visant à renforcer l’équité, la diversité et inclusion (EDI). Ces politiques ciblent notamment l’amélioration de la participation des personnes sous-représentées ou marginalisées dans ces milieux, en considérant leurs diverses réalités et en éliminant les obstacles et préjudices d’ordre systémique favorisant leur épanouissement (Gouvernement du Canada, 2021). Or, ces politiques sont complexes, et parfois même contestées de par l’incompréhension de certains décideurs ou intervenants des principes d’équité et des moyens à prendre pour favoriser une plus grande inclusion des personnes concernées par l’EDI (Tamtik et Guenter, 2019). De plus, l’adhésion stricte à une politique EDI ne permet pas nécessairement de confronter les structures à la source des inégalités (Scott, 2020). Si les stratégies EDI peuvent faciliter l’inclusion de personnes issues des groupes concernés dans les milieux d’enseignement, sans un changement sur le plan structurel, sans la mise en place de nouvelles pratiques institutionnelles et sans l’établissement des meilleures conditions pour soutenir ces pratiques, les inégalités sociales ne peuvent que se perpétuer; ces inégalités se nourrissant des structures qui ont contribué à la construction et au maintien des conditions ayant mené à l’exclusion des personnes. En effet, l’oppression, la discrimination et l’exclusion sont à la fois des processus et les résultats de ces processus qui se développent à travers les inégalités et les divisions sociales (Thompson, 2001). Un changement sur le plan des inégalités sociales dans les milieux de l’éducation passe donc nécessairement par un changement de pratiques permettant la confrontation de ces processus et par la reprise de pouvoir par les groupes concernés (Pullen Sansfaçon, 2013; Van Wormer, 2010), et ce, afin de favoriser l’inclusion et le plein épanouissement des personnes.

En conférence d’ouverture : Johnny Boivin

Panélistes invité.e.s : Amandine Catala (UQAM), Emanuelle Dufour (Concordia), Félix Bélanger (UdeM) et Aranzazu Recalde (Ministère de l’Éducation du Québec)

Date :

Format : Sur place et en ligne

Responsables :

Programme

Communications orales

Conférence d'ouverture de Johnny Boivin

Salle : TAL Gestion globale d'actifs - Secteur Vert — Bâtiment : HEC Montréal - Côte-Sainte-Catherine
Présidence : Isabelle Archambault
Discutant·e·s : Johnny Boivin
  • Communication orale
    Conférence d'ouverture
    Johnny Boivin

    Johnny Boivin, des nations Innu et Atikamekw, apportera un témoignage sur son parcours dans les institutions d'enseignement en tant que personne située à l'intersection de multiples identités et phénomènes de vulnérabilisation.


Communications orales

Les conditions organisationnelles à mettre en place pour que les politiques EDI qui prévalent dans les établissements d'enseignement se traduisent par un changement de pratiques

Salle : TAL Gestion globale d'actifs - Secteur Vert — Bâtiment : HEC Montréal - Côte-Sainte-Catherine
  • Communication orale
    Repenser l’équité et la justice sociale en éducation : état des lieux et pistes envisageables
    Pierre Canisius Kamanzi (UdeM - Université de Montréal)

    Économistes et sociologues s’accordent sur le fait que l’école est un instrument de développement durable, de réduction des inégalités sociales et d’amélioration du bien-être social et individuel (McMahon & Oketch, 2013; Pallas, 2003). Sous cet angle, l’école est un instrument de réparation sociale, pour reprendre les termes de Rawls (1987). Cette fonction de réduction des inégalités sociales pose au moins une condition pour être remplie: l’égalité sociale au sein de l’école elle-même. La persistance des inégalités sociales en éducation pose des défis, mais leur acuité varie entre les sociétés selon les politiques publiques, les pratiques institutionnelles et les idéologies dominantes (Dubet, Duru-Bellat & Vérétout, 2010). Bien que les formes de ces inégalités soient quasi similaires entre les pays, les mécanismes à la base de leur (re)production varient entre contextes sociaux. Qu’en est-il au Québec? Quelles seraient les pistes envisageables pour instaurer un système éducatif juste et équitable? Après avoir montré que les inégalités sociales en éducation y sont prononcées et sont perpétuées par la « colonisation » de la société par l’idéologie néolibérale et du système éducatif par les pratiques de marché depuis les années 1980, nous proposons quelques pistes de « décolonisation » inspirées du Mouvement École Ensemble (2017) et fondées sur la construction de la cohésion scolaire par le vivre-ensemble et une école riche de tous ses élèves (Conseil supérieur, 2017).

  • Communication orale
    Enjeux et défis relatifs aux politiques d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI) dans l’enseignement supérieur
    Karine Fofou (UdeM - Université de Montréal)

    En conformité avec le cadre législatif et réglementaire canadien, les institutions universitaires canadiennes ont mis en place des plans d’actions Équité, diversité et inclusion (EDI), et renforcé, depuis les années 2000, les actions visant à augmenter le recrutement et la rétention d’étudiants et de professionnels appartenant aux groupes historiquement sous-représentés. Des mécanismes incitatifs sont notamment mis en place dans l’enseignement supérieur canadien, à travers l’association canadienne des chaires de recherche ou encore à travers des politiques de financement de projets en lien avec l’équité, la diversité et l’inclusion. Certains programmes d'équité en matière d'éducation ont ainsi été développés avec l'objectif explicite d'identifier et de corriger les discriminations systémiques empêchant le recrutement ou la rétention d’étudiants ou de professionnels historiquement discriminés en raison notamment de l’appartenance ethnique, du sexe, du genre, du handicap, etc. Ces politiques visent principalement à augmenter l’accès à l’université et la persévérance des étudiants issus de groupes sous-représentés au moyen d’actions incitatives ou à titre exceptionnel par le biais de quotas ou pourcentages de places réservés à certains groupes sociaux historiquement discriminés tels que les Autochtones ou les personnes d’ascendance africaine. Le recrutement de professeurs ou de professionnels issus de ces groupes est également encouragé .

  • Communication orale
    Une approche paritaire et participative de la promotion de l’ÉDI à l’Université Téluq
    Martin Blais (Université TÉLUQ), Anne-Renée Gravel (TÉLUQ - Université du Québec)

    Le Syndicat des professeures et des professeurs de la Télé-Université (SPPTU) a créé un comité ÉDI syndical en 2019. Le mandat de ce comité vise à sensibiliser les membres du SPPTU aux biais de genre, de race, et aux marques d’inégalité ainsi que promouvoir l’équité, la diversité et l’inclusion (ÉDI) au sein du SPPTU et de l’Université Téluq. L’Université a formé son comité institutionnel ÉDI en janvier 2020. Les liens rapidement établis entre les deux comités ont permis de créer les collaborations nécessaires pour implanter des politiques et pratiques ÉDI dans notre institution. Des actions ont déjà été mises en place telles que des formations ÉDI pour les membres des comités de sélection et d’évaluation, des webinaires de formation, du partage d’informations au sein du corps professoral, etc. Cette communication présente les principes et l’historique de cette collaboration ainsi que des outils développés paritairement pour implanter des pratiques ÉDI dans l’enseignement et le recrutement à la Téluq. Elle aborde comment les structures organisationnelles et la taille de l' institution constituent des leviers et des contraintes pour l’implantation des pratiques ÉDI.

  • Communication orale
    Reconnaissance territoriale et accueil des aîné.e.s en milieu universitaire : recommandations pour le développement de pratiques cohérentes aux valeurs autochtones
    Karine Millaire (UdeM - Université de Montréal), Annie Pullen Sansfaçon (Université de Montréal)

    Depuis quelques années, dans une perspective de décolonisation et de réconciliation, les milieux universitaires font de plus en plus souvent appel aux énoncés de reconnaissances territoriales et à l’accueil des aîné.e.s, lesquels partagent leurs pratiques et savoirs. Certains enjeux éthiques et juridiques persistent, lesquels touchent notamment les droits linguistiques, les libertés de conscience et d’expression ainsi que la protection contre la discrimination des aîné.e.s et de la communauté universitaire plus largement. Une équipe composée de deux professeures Wendat, en partenariat avec le RÉSEAU de la communauté autochtone à Montréal, ont mené un projet de développement de guide de reconnaissance territoriale et d’accueil des aîné.e.s. Financé par le CRI-JaDE, le projet présente une analyse approfondie des enjeux éthiques et juridiques sous-jacents à ces pratiques et effectue une recension des énoncés et protocoles adoptés dans toutes les universités québécoises ainsi que les universités canadiennes présentant les protocoles les plus développés. Afin d’assurer une cohérence avec pratiques et cultures autochtones du Québec, une consultation auprès d’aîné.e.s de diverses nations a été menée. Elle a permis d’intégrer leur vision et leurs savoirs transmis oralement afin de que celles-ci façonnent tant le fond que la forme que doit prendre un tel guide.Cette communication présentera brièvement la démarche entreprise, puis le guide qui a été produit au terme de ce projet.

  • Communication orale
    Réussite universitaire des étudiant.es concernés par les politiques EDI : rôle de l’identité
    Lauriol Djehounke (UdeM - Université de Montréal)

    Cette communication sera axée sur l’identité et la réussite des étudiant.es concernés par les politiques EDI à l’université en général et un accent particulier sera mis sur les étudiant.es des minorités culturelles. L’identité se construit progressivement et cette construction serait le résultat de plusieurs éléments tels que l’environnement, les expériences et la culture de l’individu. L’identité de l’étudiant est certes conditionnée en partie par son milieu, cependant, certains auteurs estiment qu’il a aussi la capacité d’agir et développer des stratégies contribuant à la construction de son identité. Les nombreux défis comme la nouveauté de la réalité étudiante ou l’éloignement des siens peuvent renforcer des questionnements identitaires. Bien que l’identité chez l’étudiant serait le fait de facteurs extérieurs à l’université, l’institution exerce également son influence sur les étudiants et leur construction identitaire. De nombreuses études rapportent que l’identité positive pourrait avoir un lien bénéfique sur la réussite et le bien-être des étudiants à l’université, peu importe leur groupe. Il est aussi rapporté qu’une identité culturelle ou ethnique positive a un lien positif chez les étudiants concernés par les politiques EDI. Les politiques EDI devraient mettre davantage l’accent sur les identités des étudiants.


Dîner

Dîner libre

Salle : TAL Gestion globale d'actifs - Secteur Vert — Bâtiment : HEC Montréal - Côte-Sainte-Catherine

Communications orales

Les exemples de pratiques favorisant la prise en compte de l’EDI dans les institutions

Salle : TAL Gestion globale d'actifs - Secteur Vert — Bâtiment : HEC Montréal - Côte-Sainte-Catherine
  • Communication orale
    De la souffrance raciale à l’action : engager à la lutte contre le racisme en contexte universitaire et pédagogique
    Thierry Casseus (Université de Montréal), Sophie Hamisultane (Université de Montréal), Edward Ou Jin Lee (UdeM - Université de Montréal)

    Suite aux manifestations entrainées par la mort de George Floyd et la dénonciation du racisme anti-noir, plusieurs membres de l’école de travail social de l’Université de Montréal ont coconstruit et lancé un comité antiraciste et inclusif et par la suite piloté le développement et l’implantation d’une websérie sur le racisme et les multiples oppressions vécus par les étudiant·e·s racisé·e·s. Cette présentation tracera les origines de ce comité antiraciste et de la websérie et réfléchira à la place des personnes autochtones, noires et racisées dans la co-construction des initiatives antiracistes en contexte universitaire.

  • Communication orale
    L’équité, la diversité et l’inclusion ne sont pas des cases à cocher : accorder sa juste place à la réflexion en éducation
    Jessica Saada (Commission scolaire Riverside)

    Dans certains milieux scolaires, les premiers pas collectifs vers le travail incontournable lié à la diversité, à l’équité et à l’inclusion semblent réactifs et impulsifs. Un faux-pas, une bavure et les divers acteurs tentent de se mobiliser pour rapidement s’ajuster, corriger le tir. La pression à réagir est forte, mais avons-nous ce dont nous avons besoin pour agir? Pouvons-nous vraiment comprendre, apprendre et participer à une réelle transformation si nous sommes figés dans l’urgence? Et qu’en est-il des milieux qui ne se sentent pas directement interpellés par la conversation sur l’équité et l’inclusion, ceux qui ont une compréhension erronée de la diversité, ou qui n’ont pas été confrontés à un incident? Qui s’assoit à la table, qui peut s’y assoir, qui doit s’y assoir, et pourquoi? L’équité, la diversité et l’inclusion ne sont pas des cases à cocher. Ils exigent une réflexion profonde sur soi, sur les personnes que nous côtoyons, sur ceux dont nous avons la charge, sur le monde qui nous entoure et dont nous faisons partie. Cette communication porte sur des expériences concrètes, des initiatives dont le but était de donner sa juste place à la réflexion dans nos milieux scolaires, là où l’urgence quotidienne, très réelle, peut facilement éclipser le travail en profondeur que nous devons effectuer sur l’équité, la diversité et l’inclusion.

  • Communication orale
    La création de comités étudiants pour l’amélioration de l’EDI en contexte universitaire
    Claudiane Coutu Arbour (UdeM - Université de Montréal), Éloise Poitras (Université de Montréal), Yvelyne Sanon (UdeM - Université de Montréal)

    Dans les dernières années, les étudiant.e.s en contexte de diversité ont su mettre de l’avant leurs préoccupations. Afin de mener à bien leur mission, plusieurs moyens ayant comme visé le progrès ont été déployés. Parmi eux, il y a la création de comités EDI (équité, diversité et inclusion) à l’intérieur de plusieurs associations étudiantes. L’AGEPEUM soutient ce mouvement en suivant l’avis de ses membres. Elle a créé en 2020 les comités suivants : comité diversité sexuelle et de genre et le comité diversité culturelle. Ces deux comités ont une mission de sensibilisation des enjeux présents vécus par les personnes en contexte EDI, auprès des étudiant.e.s et du corps professorale. Leurs actions concrètes sont de fournir un soutien aux étudiants qui en font la demande, d’informer sur les ressources existantes et de fournir un espace sécuritaire pour partager leurs vécus. Cependant, plusieurs enjeux sont apparus au cours du processus, liés à la visibilité et à la communication de la part des comités, à l’invisibilité de certains de leurs membres, à l’attraction et rétention des membres et à la relation entre le corps professoral et les étudiant.e.s, plus spécifiquement en contexte EDI. Les comités étudiants ont trouvé différentes stratégies pour faire face à ces enjeux: leur implication au développement d’un comité EDI professorale en psychoéducation, la création d’une procédure en cas de situation problématique lié à l’EDI et l’application de stratégies de recrutement variées.

  • Communication orale
    Décoloniser son enseignement? Pratiques d’enseignants de cégep pour aborder les réalités autochtones et l’histoire coloniale
    Léa Lefevre-Radelli (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

    En 2012, la Commission vérité et réconciliation du Canada (CVR), établie pour faire la lumière sur les conséquences des pensionnats indiens, a reconnu le rôle clé de l’éducation dans la création d’une société inclusive. Elle recommande entre autres « [l]’élaboration et la mise en œuvre (…) de programmes d’études et de ressources d’apprentissage sur les peuples autochtones dans l’histoire du Canada » et « le renforcement de la compréhension interculturelle, de l’empathie et du respect mutuel » (CVR, 2012 : 9). La mise en œuvre de ces initiatives comporte cependant plusieurs difficultés, notamment une formation adéquate des enseignants (Fast et Drouin-Gagné 2019). Les programmes du niveau primaire au niveau postsecondaire ne permettent pas d’élaborer une réflexion critique systématique sur les conséquences de la colonisation et des pensionnats indiens et risquent de reproduire une vision stéréotypée et négative des peuples autochtones (Bories-Sawala, 2017). L'auteure a réalisé en 2022-2023 une recherche qualitative documentant les défis, questionnements et pratiques d'enseignants du milieu collégial qui enseignent les réalités autochtones et d'autres sujets sensibles liés à la décolonisation. Cette communication présente des pistes pouvant outiller les enseignants qui souhaitent aborder les réalités autochtones, en faisant des liens avec d’autres sujets sensibles liés à l’oppression coloniale.

  • Communication orale
    Équité, diversité et inclusion à partir des idées de Paolo Freire : Projet Someone au Québec et ailleurs
    Marina Slavutzky (Università di Siena)

    Les idées de Paulo Freire sont profondément utiles pour réfléchir sur l’équité, la diversité et l’inclusion dans l’éducation. Le pédagogue brésilien a développé un modèle libératoire dans lequel les apprenants sont encouragés à "lire le monde" qui les entoure, en comprenant leur propre oppression dans un contexte historique et actuel . Ce processus, qu'il a appelé "conscientização", consiste à aider les apprenants à prendre conscience de la nature des inégalités sociales et, par conséquent, à agir pour les changer. Il est basé sur des dialogues au sein de communautés d'apprenants et d'enseignants, plutôt que sur la transmission de connaissances de l'enseignant aux apprenants, perspective que Freire a tourné en dérision comme un "modèle bancaire" d'éducation . Ainsi, appliquer les principes freiriens à un programme pédagogique conduit à parler d'émancipation, de transformation respective et à renforcer le développement de la pensée critique et réflexive pour promouvoir l’inclusion sociale. Le projet SOMEONE (Social Media Education Every Day), dirigé par le Prof. Vivek Venkatesh est fortement influencé par la pensée freirienne. Il s’agit d’un consortium international de partenaires communautaires, politiques et de recherche qui renforce la résilience des communautés et le dialogue pluraliste pour lutter contre la discrimination. Le projet est basé sur un réseau de partenaires en Amérique du Nord, en Europe et au Moyen-Orient.


Panel / Atelier

Identifier des pistes d’action et de solutions prioritaires

Salle : TAL Gestion globale d'actifs - Secteur Vert — Bâtiment : HEC Montréal - Côte-Sainte-Catherine
Participant·e·s : Louis-Philippe Boivin-Grenon, Félix Bélanger (UdeM - Université de Montréal), Amandine Catala (UQAM - Université du Québec à Montréal), Aranzazu Recalde (Ministère de l'Éducation du Québec)