Informations générales
Événement : 88e Congrès de l'Acfas
Type : Colloque
Section : Section 600 - Colloques multisectoriels
Description :Un survol des 240 000 textes recensés sur le Web contenant le syntagme « crise de la citoyenneté » laisse entendre l’existence d’une crise des identités territoriales, républicaines et nationales, de représentation, des institutions publiques et du politique qui aliénerait au lieu de rassembler. Les jeunes et leur apathie ou cynisme politique supposé (en raison d’une faible adhésion aux structures politiques traditionnelles) seraient parmi les premiers responsables. Leur formation citoyenne serait déficitaire, ce qui se traduit dans le discours public par un appel « aux autorités publiques pour contrôler une jeunesse qui causerait des problèmes et serait menaçante » (Demers et coll., 2017). Considérant que « le registre de la citoyenneté constitue un des systèmes de représentation des problèmes et des solutions construits par les différents acteurs pour intervenir auprès des enfants, des adolescents et des jeunes » (Becquet, 2018, p. 15), on peut se demander quelle citoyenneté est proposée aux jeunes. Et de fait, quels normes et comportements supposément citoyens leur feraient défaut?
Alors que les programmes d’éducation à la citoyenneté définissent celle-ci par des injonctions consistant à s’identifier comme membre moralement engagé envers sa communauté, à connaître le cadre juridico-légal de sa citoyenneté et à participer aux institutions publiques au sein de ce cadre (Demers et coll., 2017), les réponses des jeunes aux enquêtes portant sur leurs conceptions de la citoyenneté (Lane et Barnett, 2011; Shulz et coll., 2009) placent ces injonctions en rupture avec les représentations qu’ils en ont et les pratiques qu’ils y accolent. D’autres recherches font état d’une mutation dans leur conception de la citoyenneté, des rapports aux institutions publiques et des pratiques citoyennes (Robert-Mazaye et coll., 2016). Dans ces conditions, comment les jeunes arrivent-ils à ces définitions, et par quelles expériences? Quelles actions y associent-ils?
Dates :Format : Uniquement en ligne
Responsables :- Stéphanie Demers (UQO - Université du Québec en Outaouais)
- Ania Beaumatin (Université de Toulouse Jean-Jaurès)
- Christelle Robert-Mazaye (UQO - Université du Québec en Outaouais)
Programme
Conférence d’ouverture : comment être, devenir et agir comme citoyen.ne?
Perspectives théoriques
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Communication orale
Une lecture de Honneth sur le devenir citoyenCharles-Antoine Bachand (Cégep de l'Outaouais)Présentation Slideshare
Il y a quelques années, les chercheurs Westheimer et Kahne (2004) proposaient une riche typologie de la citoyenneté et de l’éducation à la citoyenneté. Leur cadre, repris par plusieurs auteurs·trices, propose 3 types de citoyen·ne·s qui permet de poser un regard avisé sur les curricula qui ont comme visée le développement d’habiletés citoyennes. Or, dans ses derniers écrits, Honneth (2015, 2017) concentre justement son analyse sur les conditions de la citoyenneté libre et émancipée. Honneth (2015, 2017), en actualisant l’idée du socialisme ou de la liberté sociale, brosse ainsi un portrait des conditions qui doivent, selon lui, être remplies afin de permettre le devenir citoyen et l’être citoyen alors qu’il s’inscrit résolument au sein d’une communauté ou, plus largement de la société (Honneth reprend le concept de « fraternité »). Cette grille d’analyse paraît tout particulièrement importante pour le pédagogue s’intéressant à l’éducation citoyenne ou à l’éducation à la citoyenneté. En ce sens, il nous paraît d’intérêt d’utiliser les outils développés par Honneth dans ses derniers travaux pour poser un regard critique sur la citoyenneté telle qu’elle est comprise dans les curricula de formation actuels ou même sur la typologie développée par Westheimer et Kahne. Cette communication cherchera ainsi à poser un regard honnethien et donc critique sur certaines thèses liées à l’éducation citoyenne présente au Québec et ailleurs.
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Communication orale
Les QSV à l’épreuve des euristiques disciplinaires en sciences sociales : des élèves critiques, des enseignants formésDavid Lefrançois (Université du Québec en Outaouais), Marc-André Éthier (UdeM - Université de Montréal)
Suivant entre autres les recherches empiriques et théoriques menées dans plusieurs écoles états-uniennes par Hess (2002, 2004, 2009, 2011) sur les « questions publiques controversées » (controversial public issues, analogues aux QSV), nous verrons que, sous certaines conditions, l’apprentissage et la mobilisation des problématisations et euristiques (contextualisation, corroboration, etc., Wineburg, 2001) exercées dans les disciplines des sciences sociales préparent les élèves à délibérer sur des questions controversées de manière procéduralement régulée au sein de ce que Peirce et Dewey appelaient la « communauté de recherche » (community of inquiry) induisant un rapport critique et pragmatique aux savoirs. Parmi ces conditions et à partir d’une recherche en cours, nous soulignerons que les enseignants possédant un bagage épistémologique historique riche tendent à viser de façon plus explicite le développement de la pensée historienne chez leurs élèves. De là, nous proposerons quelques pistes de formation continue des enseignants insistant sur la consolidation des concepts et outils puisant, entre autres, dans les cadres analytiques de l’histoire pour contextualiser, voire pour déconstruire les dynamiques structurales, les différenciations minorisantes, idéologies, intérêts, forces, oppressions, etc. en jeu dans les délibérations publiques. Enfin, nous réfléchirons à ce que cela peut apporter à l’agentivité (agency) et à la capacitation (empowerment) des élèves.
Dîner
Le devenir citoyen accompagné
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Communication orale
Quelle est la contribution des organismes de la société civile à l’éducation à la citoyenneté des jeunes? Le cas de Force des filles, force du mondeCaroline Caron (Université du Québec en Outaouais), Stéphanie Gaudet (Université d'Ottawa), Sophie Théwissen-Leblanc (Université d’Ottawa)
Au Canada, nombre de programmes initiés par les milieux communautaires contribuent à éduquer les jeunes à une citoyenneté active. Cependant, les diverses approches adoptées par ces programmes, tout comme l’expérience informelle d’apprentissage de la citoyenneté qu’y font les participants et participantes, restent peu documentées. Cette communication a pour but de présenter les résultats d’une enquête ethnographique réalisée en 2017-2018 au Y des femmes de Montréal durant le déroulement d’une année du programme jeunesse féministe Force des filles, force du monde. L’objectif de cette enquête était double. D’une part, il s’agissait d’observer, de documenter et d’analyser la mise en œuvre du programme pour dégager la conception de la citoyenneté et l’approche pédagogique à son fondement. D’autre part, il s’agissait d’analyser l’expérience d’apprentissage réalisée par les participantes âgées de 17 à 20 ans. S’appuyant sur des théories féministes, dont les girlhood studies, l’analyse révèle que l’approche pédagogique féministe adoptée par les animatrices contribue au développement et à l’approfondissement de savoirs féministes chez les participantes, et que ces apprentissages soutiennent l’affirmation d’une identité féministe et d’une appartenance à un collectif animé par des valeurs d’égalité et de justice sociale. Plus généralement, l’enquête souligne la contribution des programmes jeunesse à l’éducation à la citoyenneté des jeunes, en complémentarité à des programmes scolaires.
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Communication orale
Codes de conduite et règles scolaires : quelle conception des droits, de la justice et de la citoyenneté ?Stéphanie Demers (UQO - Université du Québec en Outaouais), Annik Hupé (Université du Québec en Outaouais), Marc-André Éthier (Université de Montréal)
Les codes de conduites et les règles scolaires construisent ensemble dans leur application quotidienne un ordre qui caractérise l’École comme institution publique (Durkheim, 1934/2008). Bourdieu (1986) suggère que les codes en généralne seraient pas émis à partir d’un principe, mais découleraient d’une aspiration à corriger un schème pratique du passé. Un code scolaire viserait à contrôler la cohérence des conduites actuelles à l’école et à fixer à leur égard un horizon d’attentes et de prévisibilité, contribuant de façon durable à la conception que les élèves peuvent avoir des rapports sociaux acceptables, en se basant sur des pratiques passées.
L’expérience que font les élèves de ces codes façonnerait les rapports qu’ils entretiennent aux institutions, aux autres et à la justice et contribue à leur conception de la citoyenneté. Quelles expériences les élèves de l’école secondaire ont-ils des codes de conduites, des règles et de leur application ? En quoi ces expériences influencent-elles leur conception des droits, de la justice et des actrices et acteurs sociaux qui les entourent ? Ces expériences offrent-elles des horizons d’action adéquats pour les situations actuelles ? Nous proposons d’offrir des pistes de réponse à ces questions en présentant les résultats préliminaires d’une recherche en cours réalisée auprès d’élèves de quatrième et cinquième secondaire.
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Communication orale
Coéducation des membres de la société d’accueil et des enfants nouveaux arrivants à la reconnaissance réciproqueStéphanie Demers (Université du Québec en Outaouais), Carole Fleuret (Université d'Ottawa), Geneviève Lessard (UQO - Université du Québec en Outaouais), Catherine Nadon (Université du Québec en Outaouais)
L’enfance est encore aujourd’hui un phénomène associé à un état de manque ou objet de normes à atteindre et les discours dominants sur l’enfance ont comme corollaire de réduire leur participation sociale, citoyenne et communautaire. Le désir de changement de la perception qu’ont les membres de la communauté scolaire et civile à l’égard des enfants nouveaux arrivants nous a conduit à réaliser une recherche-action participative. Celle-ci nous a notamment permis d’identifier les préconditions 1) d’une activité coéducative et communicationnelle spontanée des élèves au contact d’une diversité des lieux, d’acteurs, et des sphères d’activités 2) d’interactions au sein de communautés communicationnelles variées lui permettant de tisser des relations de reconnaissance réciproque. La première condition semble reposer sur la reconnaissance de l’universel humain dans l’enfant immigrant. La deuxième condition se définit par la confiance et l’estime – de soi et de l’autre. Enfin, la troisième condition relève du « lâcher prise » de l’adulte et des horizons d’action ouverts aux enfants. À travers ce projet partenarial École-Famille-Communauté, les élèves arrivent à une forme d’autoréalisation et d’autodétermination dans la participation que nous pouvons associer à une conception écosystémique de l’enfant-sujet de droits.
Être, devenir, agir écocitoyen
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Communication orale
La citoyenneté vue sous l’angle du sentiment de pouvoir agir de jeunes Québécois face aux changements climatiquesBarbara Bader (Université Laval), Émilie Morin (UQAR - Université du Québec à Rimouski), Geneviève Therriault (Université du Québec à Rimouski)
Pour faire face aux changements climatiques, l’éducation pour le développement du pouvoir agir semble constituer une avenue incontournable (Schreiner et al., 2005). De plus, il apparaît pertinent, pour soutenir le développement de ce pouvoir agir, de s’attarder à ses dimensions affectives (Zeyer et Kelsey, 2013) et, plus particulièrement, à ce que nous nommons le sentiment de pouvoir agir. Ce concept nous permet entre autres de prendre en considération la liberté qu’ont les jeunes d’agir, ou non, face aux changements climatiques en fonction de leurs diverses capabilités (Sen, 2010). En ce sens, le sentiment de pouvoir agir, comme concept en émergence, nous permet de considérer à la fois les libertés d’agentivité et les libertés d’opportunité et de bien-être (Sen, 2010) des jeunes face à cette problématique sociale et environnementale. En faisant la promotion de ces libertés liées à l’être et l’agir citoyen, tant chez l’élève que chez l’enseignant.e, nous nous inscrivons dans un modèle pédagogique et social à visée transformatrice et sociocritique (Jickling et Wals, 2018). Dans le cadre de cette communication, nous présentons les diverses dimensions du sentiment de pouvoir agir des jeunes face aux changements climatiques issues de l’analyse des propos de 29 jeunes Québécois de la fin du secondaire. Nous présentons également les principales conditions favorables à mettre en place à l’école pour supporter le développement de ce sentiment de pouvoir agir des jeunes.
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Communication orale
Regards croisés sur l’expérience et l’engagement écocitoyens des jeunesElorri Corbin (Université de Toulouse Jean-Jaurès), Stéphanie Demers (Université du Québec en Outaouais), Samba Diouf (Université Cheikh Anta Diop), Frédéric Fourchard (Institu National Universitaire JF Champollion), Priska Manga (Université Cheikh Anta DIOP de Dakar), Yoan Mieyaa (Université Toulouse J. Jaurès), Christelle Robert-Mazaye (Université du Québec en Outaouais)
Actuellement les questions de citoyenneté et d’environnement se télescopent avec force au sein de nombreux mouvements sociaux à travers le monde. Ces mouvements, portés en grande partie par la jeunesse, nous amènent ainsi à considérer les alternatives citoyennes comme réponses collectives aux problématiques environnementales contemporaines. Afin de proposer des perspectives nouvelles, les études scientifiques se doivent de mieux comprendre ce qui caractérise une expérience écocitoyenne significative en s’appuyant sur ce qui constituent les ressorts de l’engagement.
Notre communication présentera les résultats préliminaires d’une étude portant sur le point de vue d’adolescents, au sujet de leurs expériences écocitoyennes, de leurs représentations de l’engagement citoyen et de leur motivation à agir. Croisant les perspectives de la psychologie du développement, des sciences de l’éducation et de la sociologie, notre objectif est de comprendre les ressorts du développement de l’agentivité citoyenne à l’adolescence, laquelle permet de se concevoir comme agent et sujet du changement et de s’engager dans la lutte pour la préservation de la planète.
Notre recherche s’appuie sur des données qualitatives issues de 6 focus-groupes d’adolescents. Les résultats permettront d’appréhender différents types d’expériences écocitoyennes, vécues au sein d’une variété de microsystèmes, et ce qui constitue des conditions facilitantes ou des obstacles à l’expression de leur engagement écocitoyen.
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Communication orale
Expériences citoyennes écologiques chez les jeunes à DakarSamba Diouf (Université Cheikh Anta Diop), Priska Manga (Université Cheikh Anta Diop de Dakar)
Dans le cadre de cette étude, nous nous intéressons aux expériences citoyennes écologiques chez les jeunes. Beaucoup d’auteurs évoquent la notion de participation citoyenne, qui renvoie aux occasions d'implication au sein d'un espace de délibération permettant aux jeunes de participer à l'élaboration des règles du vivre ensemble, de faire l'exercice de la citoyenneté à la mesure de l'adolescence, et de participer à un processus démocratique. Plus que dans leur seul intérêt, la participation citoyenne des adolescents contient une dimension collective dans l'agir, pour changer les choses dans l'intérêt de tous les pairs concernés par la situation, à travers un processus de groupe leur permettant de donner leur opinion, d'entendre celle des autres, de les confronter et de construire ensemble ce qui constituera une solution collective à une situation donnée.
Cette volonté de la jeunesse de prendre en main de son destin par elle-même, est le moteur de ces expériences diverses de par le sens de l’initiative, de leur capacité créatrice, et de leur don à transformer les pratiques artistiques en leviers de conscientisation, de résistance et de combat. Ces mouvements sont ainsi incontestablement à voir, comme révélateur et comme catalyseur, avec les deux alternances démocratiques qu’a connues le Sénégal. Il s’agira de mettre en perspective ces mouvements, de voir les expériences citoyennes écologiques chez les jeunes de Dakar afin de comprendre les enjeux et les limites.
Quelle citoyenneté à l’école?
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Communication orale
Se construire comme citoyen dès l’enfance : Quelle contribution du « conseil d’élèves » au développement de l’agir et du sentiment d’être citoyen ?Ania Beaumatin (Université de Toulouse Jean-Jaurès), Frédéric Fourchard (Institu National Universitaire JF Champollion), Marie Huet-Gueye (Université de Toulouse Jean Jaurès), Hervé Larroze-Marracq (Université de Toulouse Jean-Jaurès), Yoan Mieyaa (Université Toulouse J. Jaurès)
Dans quelle mesure le conseil d’élèves (CE) constitue-t-il une expérience de socialisation particulière, susceptible de contribuer de façon originale à la construction de l’enfant comme personne citoyenne ? Si, dans le cadre scolaire, l’éducation à la citoyenneté est souvent réduite à la connaissance du cadre juridico-légal, le dispositif CE offre un cadre de mise en acte de la citoyenneté permettant aux enfants de s’engager concrètement dans le collectif. Partant d’une conception de la socialisation plurielle, active, conflictuelle et prospective (Malrieu, 2003), nous appréhendons la construction de la personne à travers la relation dialectique entre deux activités psychologiques fondamentales : l’acculturation et la personnalisation.
Dans ce cadre, nous présenterons les résultats de l’analyse qualitative du discours de 24 élèves français scolarisés en école élémentaire (CM1 / 9-10 ans) à propos de leur expérience du CE. Il s’agit pour nous d’apprécier dans quelle mesure l’activité d’acculturation suscitée par l’expérience du CE contribue à l’élaboration d’un système de représentations, de valeurs et d’attitudes susceptible de contribuer de façon spécifique à la personnalisation de l’enfant, notamment par l’étayage d’un «moi citoyen», dans le présent et l’avenir.
Les résultats obtenus soulignent l’hétérogénéité des formes d’appropriation et de participation des enfants au dispositif, ainsi que des apports de ces expériences à la construction de leur rapport à la citoyenneté.
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Communication orale
Une communauté d’enquête de sens commun en classe comme révélateur des conceptions de la citoyenneté d’élèves du secondaireStéphanie Demers (Université du Québec en Outaouais), Stéphanie Didier (UdeM - Université de Montréal), Marc-André Éthier (Université de Montréal)
Pour Dewey (1927), former à la communication publique autour d’enjeux d’intérêts communs peut aider à renouveler la démocratie en promouvant l’engagement libre des personnes dans un processus par lequel se constitue une communauté capable de réaliser des enquêtes sociales, c’est-à-dire d’établir collectivement, par la discussion, les possibles et les souhaitables pour poser et résoudre les problèmes qui la concerne.
Nous inspirant de Dewey (1938) et de sa proposition de communauté d’enquête de sens commun (1927), nous décrivons comment des élèves québécois de quatrième et cinquième secondaire (de 15 à 17 ans) examinent un problème sociopolitique et analysons ce que leur position révèle (ou non) de leur conception de la citoyenneté. Nous avons formé six «communautés d’enquête» regroupant 80 volontaires, qui devaient prendre position sur la potentiel de changement social des manifestations. Nous avons filmé ces communautés et les avons soumises à une analyse de contenu thématique.
Nous présenterons les types de citoyens qui émergent de ces discours selon la typologie de Westheimer et Kahne (2004), ainsi que les étapes de l’enquête (Dewey, 1938) qui mènent à une solution partielle du problème.
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Communication orale
Perspectives d’élèves sur les espaces et les modèles de citoyenneté et de participation politique proposés à l’école secondaire au Québec entre 1956 et 1982Andréanne Lebrun (UdeS - Université de Sherbrooke)
Cette communication propose une incursion dans des écoles secondaires du Québec entre 1956 et 1982 (soit de la création du secondaire public à l’implantation des programmes par objectifs) afin de situer l’évolution des rapports École, Jeunes et Citoyenneté. Elle s’intéresse plus particulièrement aux points de vue des élèves qui, loin d’être passifs, s’inscrivent à leur façon dans la culture politique de leur époque en acceptant, contestant, négociant ou en se montrant indifférents aux modèles et espaces de citoyenneté proposés par l’institution scolaire. Leurs journaux étudiants ouvrent une fenêtre intéressante pour saisir leur expérience au sein de l’école et accéder à leur lecture de la société. Dans leurs pages, des élèves commentent notamment l’actualité, lancent des appels à la responsabilisation de leurs pairs, demandent plus de pouvoirs et de libertés à la direction, critiquent leur conseil étudiant ou encore, célèbrent leurs coups d’éclat lors de manifestations. Si l’on peut questionner leur représentativité par rapport à l’ensemble de leur groupe d’âge, considérer leurs perspectives nous apparaît d’un grand intérêt afin d’appréhender les enjeux relatifs à la formation citoyenne dans leur complexité. Les vives réactions que suscitent leurs prises de parole et d’action citoyenne témoignent d’ailleurs de la tension entre la volonté affirmée de politiser la future génération de citoyens et le désir de tenir les mineurs éloignés de la politique.
Dîner libre
Phénomènes émergents
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Communication orale
Exercer sa citoyenneté façon web 2.0 Observation des interactions des jeunes sur Facebook autour de questions socialement vivesClaudia Leblanc (UQO - Université du Québec en Outaouais)
La prolifération d’informations circulant sur le web fait que la difficulté à distinguer les savoirs scientifiques des savoirs de sens commun devient une tâche de plus en plus complexe. Si l’exercice de la citoyenneté nous oblige à nous informer afin de participer activement aux débats sociaux et agir en conséquence, force est de constater que la prudence à l’égard des informations diffusées dans les divers médias est de mise. Il importe ainsi que le citoyen déploie son pouvoir d’agir par, sur et avec les savoirs, soit son agentivité épistémique.
Notre recherche s’est intéressée aux interactions des jeunes du 2e cycle secondaire et des jeunes étudiants postsecondaires sur Facebook, sur des groupes ou des pages publiques, autour de questions socialement vives. Facebook est un média social permettant la discussion entre les participants. Nos résultats montrent que les jeunes posent certaines actions liées à l’agenvitié épistémique. Les jeunes participent aux débats, hors du contexte scolaire, sans obligation de commenter. Ainsi, dans une perspective citoyenne, nous constatons que des jeunes s’engagent dans les débats de société, notamment en argumentant autour et par des savoirs qu’ils et elles puisent dans les médias. Les médias sociaux semblent être un vecteur favorisant l’interaction entre les jeunes autour de questions socialement vives, leur permettant de développer des compétences liées à l’agentivité épistémique, à l’esprit critique et à l’implication citoyenne.
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Communication orale
Effets de la Loi 21 sur les facultés et les départements d’éducation des universités québécoises et sur les acteurs universitaires qui oeuvrent et étudient en leur seinEmmanuelle Doré (Université de Sherbrooke), David Lefrançois (Université du Québec en Outaouais), Bronwen Low (Université McGill), Lucian Nenciovici (Université du Québec à Montréal), Léonidas Nsabimana (Université du Québec en Outaouais), Maryse Potvin (UQAM - Université du Québec à Montréal), Marilyn Steinbach (Université de Sherbrooke), Stéphanie Tremblay (Université du Québec à Montréal)
La Loi 21 (Loi sur la laïcité de l’État), adoptée par l’Assemblée nationale du Québec le 16 juin 2019, interdit notamment le port de signes religieux aux enseignant.e.s et directions des écoles primaires et secondaires publiques, les agents de la paix, les procureurs de la Couronne, les juges de nomination québécoise ainsi que le président et les vice-présidents de l’Assemblée nationale. Un groupe de travail interuniversitaire a recueilli des données d’un sondage visait à déterminer les effets de la Loi 21 sur les facultés et les départements d’éducation des universités québécoises et sur les acteur.trice.s universitaires qui œuvrent ou étudient en leur sein.
Les données issues des réponses de 972 participant.e.s au sondage ont entre autres permis de documenter certains traitements négatifs ou discriminatoires, subis par les stagiaires des programmes de 1er cycle en enseignement, traitements qui seraient plus fréquents, banalisés, décomplexés, voire légitimés (alors que la loi ne s’applique pas aux stagiaires) ; ainsi que des effets polarisants, des échanges plus conflictuels en classe ou des propos qui auraient heurté des personnes en lien avec la Loi 21, voire des conflits ouverts dans certains cas. Cette communication présentera les résultats de ce sondage et leurs implications sur l’être et l’agir citoyen.