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Informations générales

Événement : 91e Congrès de l'Acfas

Type : Colloque

Section : Section 500 - Éducation

Description :

Bien que déterminantes dans les attitudes, décisions et actions d’une personne apprenante ou enseignante (Blaser et al., 2015), les conceptions sont, en tant qu’objet de recherche, difficiles à cerner. À la manière des erreurs, qui sont révélatrices d’obstacles mais aussi de progrès (Astolfi, 2009), les conceptions sont un levier pour l’action didactique, et leur étude paraît incontournable. En contexte de classe de langue (langue d’enseignement, langue seconde ou additionnelle), les conceptions, dont celles relatives à la grammaire et à l’écriture, peuvent influer de manière importante sur l’appropriation et l’enseignement des objets d’enseignement et le développement de compétences (langagières, professionnelles).

Dans le cadre de ce colloque, nous nous intéressons à trois axes principaux en lien avec les conceptions des personnes apprenantes et enseignantes en classe de langue :

  1. Conceptions des personnes apprenantes : description, évolution, liens entre conceptions et compétences langagières
  2. Conceptions des personnes enseignantes : description, évolution, liens entre conceptions et pratiques d’enseignement
  3. Méthodes et outils pour l’étude des conceptions

Les chercheur·ses, d’expérience et émergent·es, sont invité·es à proposer une communication s’inscrivant dans le champ de la didactique de la grammaire, de la didactique de l’écriture ou de la didactique des langues plus généralement, en français ou dans d’autres langues adoptant des perspectives diverses (théorique, empirique, méthodologique) et étudiant des contextes divers (classes plurilingues, contexte francophone minoritaire, etc.).

Date :

Format : Sur place et en ligne

Responsables :

Programme

Communications orales

Axes 1 et 2 : Conceptions des personnes enseignantes et apprenantes

Salle : FSS 9003 — Bâtiment : Pavillon des Sciences sociales (FSS)
  • Communication orale
    Relation entre les représentations d’enseignants ivoiriens et la transgression de la politique linguistique éducative dans les classes
    Adjoua Valérie Djè Epse Éthien (École Normale Supérieure d'Abidjan)

    Le point de départ de notre recherche est le constat de l’utilisation avérée des variétés de français de Côte d’Ivoire par des enseignants pendant le processus didactique et la volonté de comprendre, voire d’expliquer les raisons de cette transgression de la politique linguistique éducative. En effet, présenté comme une condition sine qua non de réussite scolaire, le français académique est l’unique médium prescrit pour l’enseignement-apprentissage à tous les niveaux du système éducatif. Dans cette logique, toute concession faite à une langue/variété linguistique autre que ce français normé dans l’enseignement, est perçue comme un égarement (Kouamé, 2008).
    Alors, pourquoi un tel non-respect de la politique linguistique éducative par des enseignants, censés en être les garants dans l’espace-classe ?
    Partant de l’hypothèse que « les représentations que les locuteurs se font des langues, de leurs normes, de leurs caractéristiques ou de leurs statuts au regard d’autres langues, influencent les procédures et les stratégies qu’ils mettent en oeuvre pour les apprendre et les utiliser » (Castellotti et Moore, 2002 : 7), nous posons que ces pratiques sont intrinsèquement liées aux images et aux jugements subjectifs que les enseignants ont du français académique et de sa pertinence en tant qu’unique médium d’enseignement-apprentissage.
    À partir d’entretiens qualitatifs menés auprès d’enseignants, la présente communication se propose d’étudier les représentations de ces derniers.

  • Communication orale
    Analyser des phrases : le sens a-t-il de l’importance en syntaxe ?
    Rosianne Arseneau (Université du Québec à Montréal), Marie-Hélène Giguère (UQAM - Université du Québec à Montréal), Claude Quevillon Lacasse (Université d'Ottawa), Marie-Neige Senécal (Université du Québec à Montréal)

    La grammaire rénovée (Chartrand, 1999, 2006 ; Boivin et Pinsonneault, 2019), qui est enseignée dans les écoles québécoises depuis le début des années 2000, s’appuie majoritairement sur des critères syntaxiques pour l’analyse des phrases et des groupes de mots. Les manipulations syntaxiques (addition, remplacement, effacement, déplacement) en sont les outils privilégiés (Chartrand, 2014). Or, plusieurs personnes enseignantes ont d’abord connu la grammaire dite traditionnelle (Grevisse et Goose, 2016) au cours de leur scolarité, grammaire qui s’appuie essentiellement sur le sens. Leur outil privilégié est le questionnement sémantique (par ex., Qui est-ce qui ou qu’est-ce qui [fait l’action du verbe] pour trouver le sujet; qui? ou quoi? pour trouver le «COD»; Où? Quand? Comment? Pourquoi? pour identifier le complément circonstanciel). Dans le cadre d’une recherche-action-développement portant sur l’enseignement de la syntaxe et de la ponctuation (FRQSC-PREL-MEES, 2021-2024), sept personnes enseignantes ont été accompagnées dans leur classe pendant une période de deux ans par l’équipe de recherche. Au terme de ces deux années, un entretien semi-dirigé a été mené pour décrire l’évolution de leurs savoirs et de leurs pratiques (linguistiques et didactiques). Leur conception de l’importance qu’elles accordent au sens d’une phrase par rapport à sa structure a été questionnée. Cette communication fera état de cette conception déclarée et mise en relation avec leur pratique en classe.

  • Communication orale
    Les effets perçus d’un dispositif de développement professionnel en écriture sur la dimension conceptuelle du rapport à l’écriture d’enseignant.es de français au secondaire
    Martin Lépine (Université de Sherbrooke), Anick Sirard (Centre de services scolaire des Samares)

    Afin d’analyser l’influence qu’un dispositif de développement professionnel en écriture offert dans un centre de services scolaire québécois peut avoir sur le rapport à l’écriture des personnes enseignantes de français au secondaire, nous avons réalisé une démarche de recherche suivant un devis séquentiel mixte (Creswell, 2013). Trois objectifs spécifiques de recherche étaient poursuivis : 1) décrire les effets perçus de la participation à un dispositif de développement professionnel en écriture sur les différentes dimensions du rapport à l’écriture des personnes enseignantes de français au secondaire y ayant pris part; 2) identifier des contenus et des modalités susceptibles d’influencer ce rapport; et 3) analyser comment surviennent ces effets perçus. Cette communication vise à présenter les résultats de cette recherche qui pointent, d’une part, la dimension conceptuelle comme étant celle qui aurait été la plus influencée par différents contenus et modalités, et d’autre part, les enjeux d’alignement (Fortier et Therriault, 2019) entre conceptions et pratiques déclarées qui ressortent de l’analyse.

  • Communication orale
    Conceptions d’élèves bilingues sur la construction de phrases à l’écrit
    Claude Quevillon Lacasse (Université d’Ottawa)

    Les élèves des écoles du réseau anglophone au Québec doivent développer des compétences à écrire à la fois en anglais langue d’enseignement (ALE) et en français langue seconde (FLS). Cependant, l’écart perçu entre les langues (ou psychotypologie, selon Kellerman, 1985) et les cours de langues par ces élèves (e.g., Lyster, Quiroga et Ballinger, 2013) pourrait les empêcher de tirer profit de leur répertoire bilingue en construction. Des pratiques d’enseignement visant à favoriser les transferts interlinguistiques (Ballinger, Lau et Quevillon Lacasse, 2020; Cummins, 2008) pourraient toutefois permettre aux élèves de développer leur conscience métalinguistique, un facteur de développement de la compétence à écrire et un aspect de leurs conceptions par rapport à l’apprentissage des langues en contexte scolaire. Dans le cadre d’une recherche doctorale adoptant un devis quasi-expérimental, nous avons mesuré les effets d’un enseignement interlinguistique en classe de FLS et d’ALE sur un aspect de la conscience métalinguistique des élèves, soit leur conscience métasyntaxique, et un aspect de leur compétence à écrire, soit leurs habiletés syntaxiques. Au prétest et au posttest, les élèves ont écrit un court texte en anglais et en français, puis ont répondu à trois questions ouvertes ciblant leur conscience métasyntaxique. Dans cette communication, nous présenterons les résultats des analyses des réponses des élèves à ces trois questions, en français et en anglais.


Dîner

Dîner

Salle : FSS 9003 — Bâtiment : Pavillon des Sciences sociales (FSS)

Communications orales

Axe 3 : Méthodes et outils pour l’étude des conceptions

Salle : FSS 9003 — Bâtiment : Pavillon des Sciences sociales (FSS)
  • Communication orale
    Croissance professionnelle et rapport à l’enseignement des littératies au supérieur
    Stéphanie Lanctôt (UdeS - Université de Sherbrooke)

    Le Modèle Interconnecté de Croissance Professionnelle (MICP) de Clarke et Hollingsworth (2002) est un modèle de développement professionnel à voies multiples, itératives et continues. Considérant que la croissance professionnelle résulte de l’émergence de séquences de changements – sur le plan externe, personnel, de la pratique et des conséquences – durables et véritables chez un individu et dans l’environnement qui lui est propre, le MICP s’est révélé être un outil d’analyse, de prédiction et d’investigation fort utile pour atteindre notre objectif de recherche doctorale qui était de documenter les effets pérennes de deux formations visant le développement des compétences en littératies dans l’enseignement collégial sur la croissance professionnelle de personnes enseignantes. L’interprétation des données nous a amenée à faire des rapprochements entre le MICP et la notion de rapport à l’écrit (Blaser et al., 2015) ainsi qu’à proposer la notion de Rapport à l’Enseignement des Littératies au Supérieur (RELS) afin de mieux décrire les retombées des formations sur les dimensions conceptuelles, praxéologiques, affectives et axiologiques du RELS des personnes participantes. Dans cette contribution, nous présenterons le MICP et la notion de RELS et illustrerons leur utilité pour la recherche en sciences de l’éducation.

  • Communication orale
    Méthodes et outils dans la documentation de l’apport des approches plurilingues aux élèves bi/plurilingues
    Marie-Elen Archambault (Université Laval)

    Selon Cummins (2000), « le niveau de compétence qu’un élève est susceptible d’atteindre en L2 est tributaire du niveau atteint dans sa langue maternelle (LM) au moment où il commence l’apprentissage de la L2 ». Dans le cas où l’élève a peu, voire aucune, connaissance en littéracie dans sa LM, il serait important de continuer à soutenir l’apprentissage de la LM tout au long de l’enseignement de la langue cible (LC) à travers les approches plurilingues. Mais sur quels critères sont documentés les compétences langagières de ces élèves? Quels sont les outils et les méthodes utilisées à cette fin? À travers une recherche documentaire extensive, je propose une critique des outils utilisés pour évaluer les compétences des apprenants plurilingues. J’aborderai les conceptions de l’évaluation des bi/plurilingues et de l’enseignement de la LC, et comment ces dernières peuvent influencer les résultats obtenus (Hur et al., 2020; Mancilla-Martinez et al., 2020) et la méthode adoptée en classe (Mendez et al., 2018).

  • Communication orale
    Le recours à des vignettes pour explorer les connaissances, croyances et pratiques d’enseignants de français L2 sur la variation stylistique
    Marie Duchemin (Université Laval)

    Dans le cadre de cette présentation, nous proposons de décrire le développement ainsi que le pilotage de scénarios d’apprentissage (vignettes) portant sur les croyances et connaissances (Verloop et al., 2001) ainsi que sur les pratiques d’enseignants de français langue seconde (FLS) aux adultes (N=36) à propos de la variation stylistique (ex. : absence/présence du ne de négation). À notre connaissance, très peu d’études se sont penchées sur le sujet, notamment dans le domaine de la cognition des enseignants de langue (CEL) (p. ex. Borg, 2015). Les instruments généralement utilisés dans ce cadre théorique sont les entrevues semi-dirigées et l’observation en milieu scolaire. Or, la variation stylistique est habituellement peu abordée en classe (Beaulieu et Dupont Rochette, 2014) et les croyances sur la langue constituent un sujet considéré sensible. En l’absence d’instruments adaptés en CEL, nous avons choisi d’avoir recours à des vignettes (voir notamment Simon et Tierney, 2011), qui permettent entre autres d’aborder des sujets qui sont difficilement observables (Tierney, 2010). Comme l’ont fait remarquer Waterhouse et Barros Santiago (2017), leur utilisation est cependant peu répandue dans les recherches en linguistique appliquée. Pour cette présentation, nous aborderons les éléments à considérer lors de l’élaboration des vignettes, la façon de collecter les données qualitatives et de les analyser ainsi que les défis rencontrés aux différentes étapes de la recherche.

  • Communication orale
    Perceptions à propos de la place de l’enseignement grammatical et de son impact sur la performance orale
    Maria Lizette Tucto Lopez (UdeM - Université de Montréal)

    La maîtrise de la grammaire est cruciale dans l'apprentissage des langues, impactant significativement la performance orale. DeKeyser (2015) souligne que l'enseignement des règles grammaticales facilite un discours spontané, fluide et précis. Ellis (2006), Gass et Selinker (2008), et Larsen-Freeman (2011) appuient cette idée, mettant en avant une approche systématique pour une communication efficace. Plus encore, Seidlhofer et al. (2003) avancent que l'apprentissage intégré de la grammaire à l'oral produit une meilleure qualité de discours. D’ailleurs, l'évolution vers des méthodes d'enseignement interactives et communicatives, intégrant la grammaire dans des tâches pragmatiques, est conforme aux principes de l'enseignement basé sur les tâches (Ellis, 2003).

    En parallèle, des enquêtes, telles celle de Borg et Burns (2008), montrent que les enseignants valorisent fortement la correction grammaticale, affirmant qu'elle améliore l'expression orale. Cependant, les données sur la place accordée à la grammaire en lien avec le développement de la compétence à l’oral demeurent rares.

    Lors de notre communication, nous présenterons la méthodologie d’une étude exploratoire et descriptive examinant les perceptions d'enseignants à propos de la place de l’enseignement grammatical et de son impact sur la performance orale. Cette recherche est fondée sur une méthode qualitative impliquant des questionnaires et des entretiens.