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Informations générales

Événement : 90e Congrès de l'Acfas

Type : Colloque

Section : Section 400 - Sciences sociales

Description :

James R. Taylor, le fondateur de l’École de Montréal en communication organisationnelle, une école de pensée mondialement reconnue en sciences de la communication et en études organisationnelles, est décédé le 21 avril dernier à l’âge vénérable de 93 ans. Depuis la publication, en 1988, de son ouvrage intitulé Une organisation n’est qu’un tissu de communications, James Taylor n’avait cessé de mettre de l’avant la nécessité de penser les phénomènes organisés à partir d’une perspective résolument communicationnelle, c’est-à-dire d’une perspective centrée sur la manière dont les êtres humains coopèrent pour faire être et fonctionner des ensembles organisés. Alors que la communication était, jusque dans les années 1980, essentiellement pensée comme une diffusion d’informations (comment mieux communiquer les décisions et positions de l’entreprise à l’ensemble du personnel, au grand public, aux actionnaires, etc.), Taylor a proposé ni plus ni moins un changement de paradigme en montrant que la communication était, en fait, constitutive de tout phénomène organisé. Ce programme de recherche, qui fut rétrospectivement baptisé approche CCO (pour constitution communicationnelle de l’organisation), a depuis inspiré des personnes représentant les cinq continents. Toutes et tous tentent ainsi de montrer que la communication n’est pas simplement quelque chose qui se passe dans les organisations, mais que l’organisation elle-même est à trouver, en quelque sorte, dans la communication. Ce colloque propose ainsi de réunir les représentantes et représentants francophones de ce mouvement de pensée afin non seulement de rendre hommage à ce chercheur hors normes qu’était James R. Taylor, mais aussi d’explorer les développements futurs de cette perspective. En particulier, nous inviterons l’ensemble des participants à réhabiliter les phénomènes de diffusion, de propagation et de transmission qui ont peut-être été trop négligés par le mouvement CCO, pour des raisons finalement assez idéologiques. Au-delà des enjeux théoriques et analytiques qui seront explorés au cours de ce colloque, ce dernier a également l’ambition de creuser plus avant les conséquences pratiques du tournant paradigmatique opéré par James R. Taylor. Comme on le sait, quand le milieu des praticiens pense la communication, c’est généralement en termes de transmission d’informations, ce qui est, somme toute, normal et attendu. On ne compte plus, en effet, les « problèmes de communication » qui hantent toute organisation, que l’on parle d’entreprises, d’ONG ou d’administrations gouvernementales. En rejetant le paradigme de la transmission, qui prévalait dans les sciences organisationnelles jusque dans les années 1980, le mouvement CCO a certes pu innover en montrant tout ce qu’une perspective communicationnelle pouvait apporter à notre compréhension des phénomènes organisés, mais il a peut-être négligé la nécessité d’un dialogue avec le monde de la pratique, toujours très axé sur le paradigme diffusionnel.

Dates :

Format : Sur place et en ligne

Responsables :

Programme

Communications orales

Conférence plénière

Salle : B-4325 — Bâtiment : Université de Montréal - Jean-Brillant
  • Communication orale
    Taylor et Van Every comme théoriciens novateurs de la communication : une perspective organisationnelle de la communication
    Nicolas Bencherki (TÉLUQ - Université du Québec)

    James R. Taylor a proposé qu’« une organisation n’est qu’un tissu de communication » (1988). Cet énoncé a eu, en soi, un pouvoir organisant, structurant une communauté autour de l’idée que la communication soit « le site et la surface » de l’organisation (Taylor & Van Every, 2000). Si ces mots – et leurs auteurs – ont changé comment la recherche sur les organisations conçoit son propre objet, ils ont aussi, du même souffle, proposé une nouvelle théorie de la communication. En effet, si l’on peut concevoir l’organisation comme communication, l’équivalence marche aussi dans l’autre sens : on peut formuler une théorie résolument organisationnelle de la communication à partir des travaux de Taylor et Van Every.

    En se basant sur leurs écrits, il est possible de dégager une conception de la communication originale, synthétisant leurs différentes influences, allant de Bateson (Taylor, 2001), Peirce (Taylor & Van Every, 2011) et Greimas (Taylor & Cooren, 2006). Cette conception est pragmatique et performative, cela dit elle ne suppose pas uniquement que la communication produise une action, mais aussi que la communication se définisse par l’action elle-même. La communication correspond donc à la circulation et au partage de l’action, engendrant ses propres acteurs. Prolongeant une réflexion entamée par Bencherki et Iliadis (2021), cette communication rendra hommage à James R. Taylor et Elizabeth J. Van Every en tant que théoriciens novateurs de la communication.


Communications orales

Écologie, RSE et politique

Salle : B-4325 — Bâtiment : Université de Montréal - Jean-Brillant
  • Communication orale
    Dialoguer et s’organiser pour éviter le pire. L’émergence organisationnelle dans un contexte de transition socio-écologique.
    Mathieu Chaput (TÉLUQ - Université du Québec), Sophie Del Fa (Université catholique de Louvain)

    Confrontés à un nouveau régime climatique qui rend imprévisibles les interactions de l’humain avec les éléments de la nature, les visions du monde et modèles d’organisation responsables de l’Anthropocène sont aujourd’hui de plus en plus décriés. En réponse aux appels à de nouveaux types d’agencement pour habiter sereinement et équitablement la Terre, une multitude d’expériences locales œuvrant pour la transition socio-écologique surgissent. Comment s’accomplissent-elles, et parviennent-elles à disséminer des formes alternatives d’organisation ? Nous examinons l’émergence d’une initiative de dialogue citoyen, laquelle vise à établir les jalons d’une transition socio-écologique dans une région du Québec. Nous mobilisons les travaux pionniers de James R. Taylor sur l’émergence des organisations dans la communication en vue de conceptualiser la genèse de ces initiatives qui s’inscrivent dans la perturbation du régime dominant, et recensons quelques-unes des pratiques organisant la construction d’un monde plus sobre et respectueux du vivant.

  • Communication orale
    RSE et théorisation des pratiques professionnelles
    Catherine Loneux (Université Rennes 2)

    La pensée sur l’évolution des pratiques professionnelles est souvent marquée par l’omniprésence d’un schéma linéaire de l’organisation, renvoyant dos-à-dos pratiques professionnelles et pratiques scientifiques. Or, ces TPP (théories des pratiques professionnelles) et ces TPS (théories des pratiques scientifiques), sont selon Robert Boure deux mondes qui ne sont pas étrangers.

    De la même façon, les approches constitutives de la communication ouvrent selon nous à ce type d’analyses, interrogeant l’action, la communication disséminatrice, les vulgates professionnelles, et « disséquant » les dynamiques organisationnelles.

    Quid des pratiques de la RSE (responsabilité sociale des entreprises) ? Sont-elles réceptives aux propositions de théorisation des pratiques ? Il semble que progressivement, ces démarches aient eu à conjuguer, d’une part une approche « disséminatrice » attentive à transmettre un message cohérent hors les murs de l’organisation, et d’autre part, se soient imprégnées d’une approche en proximité plus « dialogique », attentive aux interactions en situation de travail.

    Nous nous pencherons en particulier sur un label (Envol), mis au service des professionnels pour les former, et les aider à implémenter leurs stratégies, ou à mobiliser leurs interlocuteurs autour des questions environnementales (labels, mesures en matière de ressources humaines).

  • Communication orale
    [À DISTANCE] De la manière organisationnelle de constituer un collectif
    Thomas Martine (Audencia Business School)

    Une contribution majeure de James Taylor est d’avoir montré que tout acte de communication implique un décentrement du locuteur au sens où celui-ci parle toujours au nom d’autres choses. Pour Taylor, un acte de communication est organisant dès lors que l’agent (locuteur) s’exprime au nom d’un collectif de personnes. Si cette proposition s’est avérée être extrêmement fructueuse pour analyser les phénomènes organisationnels « en train de se faire », elle a le défaut de ne pas suffisamment interroger la manière typiquement organisationnelle de former un collectif. Pour ouvrir cette réflexion et ainsi prolonger les intuitions de Taylor, nous proposons de nous appuyer sur le travail de Bruno Latour sur les modes d’existence. Pour Latour, agir (ou communiquer) de façon organisationnelle consiste à s’exprimer au nom de scripts (ex. listes de tâches, rendez-vous, projets, contrats, promesses, etc.), c’est-à-dire de programmes d’action que nous concevons pour nous-mêmes (ou d’autres), mais qui, une fois conçus, ont la particularité de dicter ce que nous devons faire. L’intérêt de cette définition est qu’elle permet de distinguer l’action organisante d’autres manières de constituer un collectif et de s’interroger sur leurs interactions. Dans cette présentation, nous nous intéresserons au contraste entre les manières organisationnelle et politique de produire un collectif.


Communications orales

Textualités, transactions et sémiotiques

Salle : B-4325 — Bâtiment : Université de Montréal - Jean-Brillant
  • Communication orale
    Extension de la textualité organisationnelle : étude d’une plateforme marchande
    Sylvie Alemanno (Conservatoire National des Arts et Métiers - Paris), Salma El Boukardi (Université Sorbonne Paris Nord)

    Les plateformes numériques de transport sont marquées par un « organizing managérial », régi par des textes automatisés et instables selon les mutations et les évolutions du secteur VTC (Voiture de Transport avec Chauffeur), des demandes de transport, et autres facteurs. Ces textes générés par la direction sont non négociés avec les VTC et relèguent les échanges à des micro-conversations entre chauffeurs. L’organizing managérial adossé à une gouvernementalité algorithmique exerce un contrôle sur l’activité des chauffeurs. Pour comprendre, la plateforme construite par une communication organisationnelle fortement médiatisée, nous mobilisons la théorie texte et conversation inaugurée par Taylor (1993) puis co-construite avec Cooren et al. (2006) et d’autres auteurs. Une enquête empirique (50 VTC) en France au moyen d’entretiens semi-directifs du type récit de vie, montre que l’instabilité des textes organisationnels des plateformes intensifie la précarité subjective de ces professionnels. L’absence d’interlocuteurs dans ce type d’activité, déléguée aux algorithmes engendre des formes d’épuisement et donne lieu à des résistances. Les résultats montrent que la textualisation de la plateforme, opérant par une automatisation des informations qui régule l’activité, contraint les conversations à se déterritorialiser. Une extension de la théorie de Taylor sera proposée et des prolongements adaptatifs pour comprendre ces nouvelles communications numériques organisationnelles.

  • Communication orale
    Variation autour des transactions : les configurations transactionnelles
    Manuel Zacklad (CNAM)

    Dans cette communication nous comparons la notion de transaction introduite par Jim Taylor et son équipe avec notre propre acception de ce concept, dans la Sémiotique des Transactions Coopérative (STC). Du fait de l’origine de nos travaux dans le CSCW et le travail coopératif médiatisé, une des spécificités de notre approche des transactions est l’importance accordée à la notion d’artefact médiateur et la prise en compte des dispositifs d’accès aux transactions conceptualisée en termes de dispositifs d’information et de communication. Pour la STC, il est nécessaire de prendre en compte trois dispositifs : actantiel, signifiant et d’accès. A chacun de ces dispositifs correspondent plusieurs configurations transactionnelles qui déterminent les régimes de conversation (Zacklad 2020). Nous présenterons notamment les configurations du dispositif d’accès basées sur notre typologie des dispositifs info-communicationnels (Zacklad 2019) qui nous permet de distinguer : la configuration communicationnelle ou orale, en présentiel ou en distanciel (plus ou moins interactive), la configuration informationnelle ou documentaire (écrite, audio, vidéo, etc.), la configuration info-communicationnelle (basée sur l’écriture interactive et décomposée en sous-catégories, pull, push, rédactionnel, contributif en mode dialogal ou en mode plateforme, attentionnel en mode flux plus ou moins automatisées) et la configuration de transmédiation (articulation élaborée entre les précédentes).

  • Communication orale
    Contribution de la sémiotique aux communications organisationnelles
    Emilie Bouillaguet (Université Rennes 2, France)

    Notre approche s’appuie sur les recherches fondatrices et les évolutions de la théorie sémiotique de l’École de Paris, dite (post-)structurale ou (post-)greimassienne. Elle s’intéresse aux productions symboliques qui accompagnent la constitution et les dynamiques de recompositions d’une organisation. L’entrée par une démarche interprétative des discours, resitués dans les contextes de leurs productions, consiste à questionner et modéliser la manière dont des croyances et des représentations s’expriment, circulent et idéologisent un projet d’organisation.

    Si « les organisations sont « des « machines sémiotiques » à cause de leur incessante production de sens et de textualités. » (Catellani & Versel, 2011, p.7), l’approche structurale tient à éclairer ce qui fait système culturel symbolique (Greimas,1979) au sein de ces productions. Les discours, récits fédérateurs et « légendes » de l’organisation (D’Almeida, 2007) sont des lieux dans lesquels cherche à se positionner l’éthique et l’identité d’une organisation en tant qu’actant collectif (Greimas & Courtès, 1979) d’autant plus lorsqu’elle est en quête d’une reconnaissance sociale et institutionnelle.

    Nous présenterons l’application de cette méthodologie dans l’étude d’une inter-organisation française, la Fédération Nationale des Arts de la rue. Son emblématique Manifeste pour la création artistique dans l’espace public (2017) rend compte d’un projet qui s’énonce sur le modèle d’un « mythe » (Barthes, 1957) de la rue.


Dîner

Lunch

Salle : B-4325 — Bâtiment : Université de Montréal - Jean-Brillant

Communications orales

Conférence plénière

Salle : B-4325 — Bâtiment : Université de Montréal - Jean-Brillant
  • Communication orale
    James R Taylor et ses worldviews. Quels apprentissages pour les praticiens en ÉDI?
    Pascale Caidor (UdeM - Université de Montréal)

    James R Taylor a été un professeur-chercheur dont la pensée originale continue d’influencer de nombreux théoriciens en sciences de la communication. Taylor développera une approche de la communication et des organisations qui mettra en évidence l’effet structurant de la communication. Celui-ci s’actualise lorsqu’une ou plusieurs relations transactionnelles permettent l’établissement d’un certain ordre qui repose, selon Taylor, sur des attentes mutuelles et des croyances partagées. Taylor introduit ainsi la notion de worldviews qui nous montre que ces visions de monde produites dans un cadre transactionnel et interactionnel ne bloquent pas toujours la communication, mais elles entraînent plutôt des attachements et des interprétations inconciliables d'un objet commun (Taylor et Cooren, 2013). Cette communication a pour objectif de montrer par l’entremise d’une étude de cas, la manière dont les worldviews d’une équipe responsable de mettre en place un programme faisant la promotion de l’équité, la diversité et l’inclusion (ÉDI) au sein d’une entreprise parapublique (Caidor, 2021/2018) sont rendues visibles par l’analyse des interactions de l’équipe. Par une recherche de type qualitative et interprétative, nous mettrons en évidence les attachements et les interprétations inconciliables de cette équipe de projet. Cette recherche nous a permis de montrer différentes formes d’attachement qui facilite ou entrave la mise en place du programme.


Communications orales

Résistance, pouvoir et autorité

Salle : B-4325 — Bâtiment : Université de Montréal - Jean-Brillant
  • Communication orale
    Résister par la communication : le cas d’ÉgalitéGenres
    Geneviève Boivin (UdeS - Université de Sherbrooke), Sophie Del Fa (Université catholique de Louvain), Ève Leclair (Université de Sherbrooke)

    La résistance évoque surtout des images de grandes manifestations: mai 68, le printemps arabe, le mouvement #metoo ou les récentes manifestations féministes au Chili et en Iran. Pourtant, des formes et des pratiques de résistance plus subtiles, voire « cachées » (Scott, 1990) ont le potentiel de faire survenir des changements à plusieurs échelles. S’intéresser à ces formes et pratiques de résistance plus subtiles et non matérialisées dans des évènements d’ampleur nationale, voire internationale, soulève des enjeux méthodologiques et théoriques. En effet, comment saisir et comprendre l’organisation de ces « micro-pratiques »? À travers le cas d’une organisation féministe dont l’objectif est de sensibiliser la population aux discriminations liées aux genres, nous proposons qu’une approche constitutive de la résistance peut permettre de mettre en lumière la subtilité et de la complexité du travail réalisé au sein des organisations dites militantes. Pour ce faire, nous mettrons l’accent sur trois pratiques de résistance mobilisées par l’équipe en charge du projet ÉgalitéGenres.

  • Communication orale
    Les médias, un tissu d’agentivités : une étude de l’autorité et du pouvoir
    Cassandre Burnier (Université libre de Bruxelles)

    Cette communication articule l’approche de la Communication Constitutive des Organisations (CCO) avec l’analyse stratégique de Crozier et Friedberg (1977) pour étudier un cas de gestion des médias. James R. Taylor, qui pose les bases d’une théorie de la communication en 1988, s’intéresse alors aux processus organisationnels, à partir de son expérience à Radio Canada. Il conceptualise la façon dont une organisation, en tant que tissu de pratiques, d’engagements et d’interprétations, émerge et se maintient dans les interactions. Il part de la dialectique texte-conversation, qui est par la suite réinterprétée par la notion d’agentivité (Cooren, 2006). Ponctuellement, il s’intéresse, avec Elizabeth Van Every (2014), à un cas de production audiovisuelle pour montrer comment l’autorité peut échouer. Mais la question de la gestion des médias semble avoir été abandonnée, alors même que l’approche CCO offre un cadre théorique riche pour l’appréhender. Elle partage avec la sociologie des organisations (Crozier & Friedberg, 2014; Reynaud, 2003; Sainsaulieu, 2019) la conception de l’organisation produite dans la relation qui est toujours asymétrique, hiérarchique et réciproque. Les rôles et les identités y sont négociés en permanence par des jeux de pouvoir et d’autorité (Crozier & Friedberg, 2014; Taylor, 1988, 1993; Taylor et al., 1996). À partir d’une ethnographie de médias, nous verrons comment ces jeux façonnent l’organisation médiatique.

  • Communication orale
    Enseigner les approches CCO : enjeux pratiques et avenues
    Simon Mallette (UdeM - Université de Montréal)

    Les approches CCO offrent une lentille conceptuelle intéressante pour comprendre la façon dont les collectifs sociaux jouent un rôle dans la création et l'évolution des organisations dont ils font partie. Cependant, quiconque est amené à enseigner les approches CCO dans un contexte académique ou professionnel peut se trouver face à un défi important : comment démontrer concrètement que ces approches sont utiles dans le quotidien d'une organisation ou celui d'un.e professionnel.le des communications? En continuation avec l'article de 2017 de Boivin, Brummans et Barker sur l'institutionnalisation des approches CCO dans le champ d'étude sur la communication organisationnelle, cette présentation explorera comment des professeur.e.s, chargé.e.s de cours ou encore des consultant.e.s en communication ayant été formé.e.s par l'École de Montréal peuvent enseigner ces notions afin de mieux préparer les étudiant.e.s au marché professionnel ou encore former les membres d'une organisation à améliorer leurs pratiques communicationnelles. Pour ce faire, je mobiliserai mon expérience en tant que chargé de cours ainsi que consultant en communication, qui m'a notamment amené à utiliser des concepts et approches CCO pour former des employé.e.s de Service Canada sur le rôle de la communication interne. Cette présentation a pour objectif de contribuer à une réflexion collective sur les enjeux pratiques et les avenues à explorer pour contribuer au rayonnement des approches CCO.


Communications orales

Culture, créativité et innovation

Salle : B-4325 — Bâtiment : Université de Montréal - Jean-Brillant
  • Communication orale
    L’organisation comme espace d’interculturation : penser l’évolution des cultures à travers la CCO
    Alexander Frame (Université de Bourgogne)

    Le changement de paradigme institué par James R Taylor et l’Ecole de Montréal, grâce à l’approche de la communication constitutive des organisations (CCO), permet de repenser l’organisation à travers l’activité communicationnelle, et de la voir comme un espace de médiation culturelle, de « cultivation » (Bencherki et al., 2020), où s’actualisent de multiples cultures (organisationnelles, professionnelles, sectorielles, départementales, nationales, religieuses, ethniques, etc.). En prenant comme cadre théorique l’approche sémiopragmatique (Boutaud, 1998 ; Frame, 2013), cette contribution répondra en partie à l’appel lancé par Nicolas Bencherki et ses collègues pour des études portant sur « la nature véritablement communicationnelle de la culture organisationnelle » (Bencherki et al., 2020). Elle interrogera également le phénomène d’interculturation (Demorgon, 2000 ; Frame, 2021), qui se joue à travers les figures et les pratiques mobilisées dans les interactions, dans un contexte organisationnel caractérisé par des « tensions interculturelles » (Frame & Sommier, 2020) : par des rapports de pouvoir et une pluralité identitaire. Aussi, cette réflexion questionnera l’impact macrosocial de l’activité communicationnelle des organisations et dessinera ainsi de nouvelles pistes pour relier la CCO à un contexte sociétal plus large, mondialisé et marqué par la médiatisation profonde (Hepp et al., 2018).

  • Communication orale
    « Ça tient la route » : les attachements créatifs dans le processus d’innovation
    Dany Baillargeon (UdeS - Université de Sherbrooke), Nicolas Bencherki (Université Téluq)

    Le management de l’innovation s’attarde à mettre en place les conditions, le climat et les processus nécessaires à l’émergence des idées qui seront potentiellement adoptées, pour devenir des innovations à part entière (ex. Rip, 2012). Les idées sont alors débattues à l’aulne de leur originalité et de leur pertinence (Brem et al., 2017), lors d’interactions où sont mis en relation ce qui compte pour apprécier la créativité d’une idée et la faire gagner en solidité (Martine et al., 2019). Reconnaissant la « créativité de la communication », idée chère à Taylor (1993), pour qui une « conversation est un acte de création » (Taylor et Cooren, 2006, p. 123; notre traduction), nous souhaitons approfondir les dynamiques relationnelles participant à la solidité d’une idée et à ses transitions vers l’innovation, et ce, grâce à la notion d’« attachement » (Hennion, 2004, 2013). En identifiant des séquences d'attachements / détachements / rattachements, nous proposons : 1) que la créativité d'une idée repose sur la nouveauté de ses attachements; 2) que les attachements « rétrospectifs » permettent à l'idée d'exister et les attachements « prospectifs » la font progresser; et 3) qu'une innovation est une idée qui « tient » par elle-même grâce à de multiples attachements. Notre proposition permet ainsi de suivre une idée, de saisir les facteurs, objectifs ou triviaux, qui contribuent à son autonomie, et ce, sans égard aux traditionnels critères ou phases d’une « bonne » innovation.

  • Communication orale
    La planification des stratégies et des plans de communication dans un contexte complexe : utilisation d’une méthode agile en agence de communication dans une perspective CCO.
    Elyane Jourdenais-Lemaire (Université Catholique de Louvain)

    Certains modèles de planification et de stratégie de la communication, tels que Smith (2013) sont basés sur des approches de gestion de projet linéaires. Selon Mintzberg (1994), la planification stratégique linéaire dans certains environnements complexes peut réduire la capacité d’adaptation à l’environnement. Jett et George (2005) mentionnent que les formes délibérées d'élaboration de stratégies sont mal avisées et souvent irréalisables dans des environnements hautement dynamiques. Cela représente un problème dans un environnement complexe où une organisation serait forcée d’intégrer des changements à sa stratégie.

    Selon Van Ruler (2014a et 2014b) les méthodes agiles semblent être une réponse à cette problématique. Notamment puisqu’elles sont basées sur un processus itératif et non linéaire pour développer des produits dans des contextes complexes (Canty, 2015). Les méthodes agiles apportent aussi un fonctionnement différent de l’organisation et impactent la façon dont les individus coopèrent et communiquent.

    Suivant cette pensée, une agence de communication de plus de 300 employés a tenté d’implanter les méthodes agiles dans l’organisation. À travers une approche ethnographique, une série d'entretiens individuels a été menée auprès des dirigeants de cette agence. Cette étude de cas met donc en lumière les difficultés et les bénéfices d’utiliser la méthode agile Scrum en agence de communication.

Communications orales

Conférence plénière

Salle : B-4325 — Bâtiment : Université de Montréal - Jean-Brillant
  • Communication orale
    De conversations « multiples » à la « fabrication » d’un futur réseau de soins intégré : Pour une approche constitutive du co-design en santé
    Sylvie Grosjean (Université d’Ottawa), Frédérick Matte (Université d'Ottawa), Consuelo Vasquez (Université du Québec à Montréal)

    Certaines organisations de soins adoptent une approche de co-design afin d’engager de multiples parties prenantes à penser ensemble le design de services de santé. Ce type d’approche vise notamment à créer des espaces de dialogues, à générer un « tissu de conversations » dans le but ultime d’organiser progressivement le futur des services de santé. L’objectif de cette communication est de souligner l’apport d’une approche de co-design dans sa capacité à « performer » et « fabriquer » des futurs possibles. Pour ce faire, nous prendrons appui sur un projet dont l’objectif est de concevoir un réseau de soins intégrés, c’est-à-dire une manière d’organiser la prestation de soins afin de mieux répondre aux besoins médicaux et sociaux des patients. L’idée d’intégration (du cure et du care) – qui fait l’objet de multiples définitions et déclinaisons - est au cœur de cette organisation en devenir. À partir de l’analyse d’interactions ayant eu lieu lors d’ateliers avec des patients, aidants et professionnels de la santé, nous tenterons de montrer comment à l’issue de conversations multiples, différentes « manières de voir » l’intégration des soins et de mettre en récit le présent vont alors permettre de « fabriquer » des avenues possibles pour le futur. Les résultats de ces conversations multiples vont alors progressivement s’incarner dans des solutions concrètes et définir les contours du futur réseau de soins intégrés.


Communications orales

ACO, CCO et technologies

Salle : B-4325 — Bâtiment : Université de Montréal - Jean-Brillant
  • Communication orale
    Communication et technologies numériques en contexte organisationnel : vers une approche CCO
    Stéphane Couture (UdeM - Université de Montréal), Lorna Heaton (Université de Montréal)

    L’activité en organisation est désormais très fortement médiée par les multiples technologies de communication. Si on peut aborder les technologies et les médias numériques comme des instruments permettant de communiquer plus efficacement, une approche communicationnelle oriente le regard sur la manière dont celles-ci peuvent influencer les pratiques de travail et les formes organisationnelles, voire en créer d’autres. À l’inverse, le travail en organisation joue un rôle important dans la constitution des technologies, que ce soit par l’adaptation à des besoins particuliers, l’émergence de nouveaux usages, ou la conception de nouvelles fonctionnalités.

    Cette communication présente une approche communicationnelle qui aborde les relations entre technologies et communication sous un angle de « co-production » ou de « co-constitution ». Nous exposerons d’abord quelques repères historiques sur la manière dont les liens entre organisation et technologies de communication ont été étudiés. Nous présenterons ensuite cinq points d’entrée pour aborder ces liens dans une perspective « co-constitutive » : 1) La flexibilité organisationnelle et les arrangements alternatifs de travail; 2) La fragmentation du travail et la multi-activité; 3) L’aspect de plus en plus distribué des organisations; 4) Les discours organisationnels sur les technologies; 5) Le contrôle et/ou les inégalités par les technologies.

  • Communication orale
    Une forme scolaire communicante émergente
    Michel Durampart (Université De Toulon)

    Au regard des travaux de James R. Taylor, il nous parait intéressant de traiter des organisations éducatives et de leur relation aux technologies numériques avec des évolutions pédagogiques, organisationnelles qui se traduisent peu dans une évolution de la forme scolaire, spécifiquement en France. Il est possible que le couple transmission/diffusion reste figé et premier dans l’institution alors que le rôle de la communication reste un impensé, même s’il s’est révélé notamment dans la période de confinement Covid 19 en France et ailleurs auprès des acteurs clefs de l’éducation. L’insertion des dispositifs numériques dans l’école et l’éducation conduit conjointement à de nombreuses transformations des pratiques et bouscule les formes en vigueur. Ainsi, le sens nouveau apporté par un rôle mieux perçu de la communication pourrait favoriser une meilleure prise en compte d’enjeux et de tensions liés aux démarches nouvelles et innovantes. Ces démarches peinent à traduire et à cristalliser une évolution des organisations éducatives et provoquent de nombreux contresens dans les discours transmis et diffusés dans l’institution. Nous voudrions ainsi traiter ces questions en référence aux travaux de R.J. Taylor tout en nous appuyant sur des travaux issus de la communication des organisations, de la littéracie, des sciences de l’éducation.

  • Communication orale
    Vers une approche transactionnelle de la construction des organisations-plateforme : réflexions autour des contrats transactionnels et de leur interprétation.
    Damien Lamine (Conservatoire national des arts et métiers)

    Notre thèse s’intéresse aux articulations organisant-organisé de Doctolib, entreprise privée qui met en relation des soignants et des patients, au travers d’une plateforme numérique, dans leur prise de rendez-vous médicaux en France. Nous essayons de comprendre comment les parties constituantes, les collaborateurs Doctolib, les soignants et les patients, entrent dans des transactions coopératives. Notre communication interrogera les relations entre ces acteurs-passeurs in media res et cet artefact plateforme. Ancré dans une approche communicationnelle, telle que la communication crée l’organisation, ce travail interroge les modalités contractuelles derrière ces transactions, telles qu’elles assurent « la permanence de la structure organisationnelle » (Taylor, 1993). Lors de ce colloque, nous présenterons une comparaison et une réflexion théorique autour des contrats et de leur interprétation par les parties constituantes dans la construction organisationnelle. D’un côté, ces plateformes numériques seraient des dispositifs capacitants, avec de véritables transactions collaboratives, aux modalités contractuelles claires. D’un autre côté, ces plateformes numériques seraient des dispositifs exploitants, aux modalités contractuelles opaques, qui mèneraient à des dévoiements transactionnels. Nous nous appuierons sur des entretiens compréhensifs auprès des différentes parties constituantes pour vous présenter une première analyse de l’organisation Doctolib.


Communications orales

Co-orientation, santé et gestion de crise

Salle : B-4325 — Bâtiment : Université de Montréal - Jean-Brillant
  • Communication orale
    Les soins d’équipe pour l’équipe de soins
    Jacinthe Dupuis (Université de Montréal), Stephanie Fox (UdeM - Université de Montréal), Laura Ginoux (Université de Montréal), Kirstie McAllum (Université de Montréal), Léna Meyer (Université de Montréal)

    Alors qu'il est largement admis en communication organisationnelle que les phénomènes d'organisation, comme le travail d'équipe, sont constitués de manière communicative, les recherches ont tendance à négliger leurs dimensions relationnelles, en particulier le « care » pour et entre les membres de l'organisation. Par exemple, les recherches sur le sensemaking et l'organisation à haute fiabilité considèrent les processus de communication en termes de coordination d’actions dans des circonstances stressantes ou difficiles. Pourtant, les défis organisationnels et les crises ont un impact sur le bien-être des membres de l'organisation, car ils altèrent la capacité de ceux-ci à fonctionner, chose que la pandémie de COVID-19 a mise en évidence. Nous présenterons la théorisation préliminaire d'un projet de recherche en cours qui étudie les pratiques de communication relationnelle et compatissante de ce que nous appelons « les soins d'équipe pour l'équipe de soins » dans les organisations de soins de santé. Ces pratiques peuvent contribuer au bien-être et à la résilience dans des contextes difficiles. Ainsi, les avantages « thérapeutiques » des soins d’équipe se produisent lorsque la coorientation se concentre sur la souffrance et le bien-être des collègues-interlocuteurs. Nous développons ainsi théoriquement les dimensions relationnelles de la coorientation, et contribuons à la conversation naissante sur les conséquences pratiques de la théorisation du CCO.

  • Communication orale
    Pour un jeu de perspectives sur la coorientation : Est-ce que la communication organisationnelle est forcément jonctive ?
    Simon Smith (Charles University)

    Compte tenu de l’emprunt fait par le mouvement CCO à la sémiotique narrative et sa logique de la jonction pour concevoir la coorientation (Robichaud, Giroux et Taylor 2004), ses distances prises avec le paradigme de la transmission paraîtraient paradoxales, même si la transmission chez Greimas diffère de celle de Shannon. Pour Greimas, un acte communicationnel implique non seulement l’échange d’un objet (l'information, par exemple) mais aussi une grammaire modale rendant l'échange contractuelle : « le destinateur enjoint au destinataire d’agir » au moyen d’une in-jonction (1966). D’où le « modèle ditransitive élargi » de Taylor et Van Every (2000), qui appréhende l'événement communicationnel comme transfert ou transformation imbriqué(e) par la transmission d’un objet modale, l’imbrication constituant l’injonction à l’action. Cependant, l’émergence d'une socio-sémiotique relativisant le pouvoir explicatif du modèle narratif en réclamant une pluralité de régimes d’interaction (Landowski 2005), invite le mouvement CCO à revoir « son » paradigme de la transmission. Y aurait-il une stratégie analytique en communication organisationnelle qui se livrerait au jeu de perspectives sur la coorientation permutant la logique de la jonction avec une im-médiate logique de l’union (Landowski 2004) ? Je montrerai l’apport d'une telle approche en tirant des exemples de la diffusion des conseils sanitaires par les autorités publiques et médias tchèques pendant la pandémie du Covid-19.

  • Communication orale
    La gestion de crise par le prisme de la communication organisationnelle: matérialité, agentivité et discours
    Ivan Ivanov (Université d'Ottawa), Frederik Matte (Université d’Ottawa)

    Nous aborderons l’étude de la communication de crise dans les organisations en mettant l’accent sur la nature processuelle des phases de gestion de crise. Pour ce faire, nous analyserons la crise « en train de se faire » et apporterons un éclairage sur ses dimensions matérielle et spatio-temporelle. Avec cela, nous serons en mesure de mieux saisir l’apport crucial de la communication dès son avènement jusqu’à la phase d’après-crise. Pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants d’un phénomène complexe comme la crise, nous croyons qu’il faut rendre explicite l’articulation de différents aspects communicationnels que sont la matérialité, l’agentivité et le discours. Grâce à une approche constitutive de la communication, nous serons en mesure de dévoiler comment et en quoi ces trois aspects configurent la crise tout au long de son développement. Pour ce faire, nous allons explorer la littérature portant sur les trois phases classiques de la communication de crise. Cette dernière adopte principalement une approche fonctionnaliste et normative, axée sur la résolution rapide et effective d’une crise. Afin de pallier cette lacune, nous développerons quelques éléments de l’approche constitutive de la communication appliquée à l'étude de la gestion de crise. Nous analyserons ensuite le cas du Convoi de la liberté s’étant déroulé à Ottawa à l’hiver 2022 pour illustrer notre approche à travers les aspects constitutifs que sont la matérialité, l’agentivité et le discours.

  • Communication orale
    L’organisation comme dialogue : Pour une sociopragmatique de la CCO
    Jo Katambwe (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

    L’organisation est constituée par la multiplicité proliférante (ni début ni fin) d’énoncés. Ces énoncés contiennent toujours des concepts/idées, et sont dans une lutte pour la survie (Taylor & Van Every, 2014, 2011) qui se résout dans les rapports de connivence par où ils se combinent avec d’autres énoncés du dehors comme du dedans.

    La sociopragmatique est une perspective qui articule la thèse selon laquelle l’énonciation des idées ou leur expression dans un régime de signes est conditionnée par des présupposés implicites et des sous-entendus. Ces derniers vont faire émerger des agences de communication et des formes de synthèse ou d’agencement qui vont constituer l’organisation en fonction des rapports de voisinage entre les idées (Deleuze & Guattari, 1980). Elle considère la communication organisationnelle comme un vaste discours rapporté/indirect qui fait émerger des rapports dialogiques entre des éléments ou des énoncés de la chaîne d’agentivité que représente l’organisation.

    Cette contribution poursuit quatre objectifs: 1) présenter cette perspective sociopragmatique et la manière dont elle dépeint le processus organisant comme un processus dialogique, 2) décrire le formalisme qui en découle, 3) proposer une typologie des formes d’organisation qui se déduisent du modèle sociopragmatique du dialogue au centre de cette perspective, 4) brosser une esquisse du type d’analyse dialogique permettant la description de l’organisation et l’identification des processus organisants.


Dîner

Lunch

Salle : B-4325 — Bâtiment : Université de Montréal - Jean-Brillant

Communications orales

Conférence plénière

Salle : B-4325 — Bâtiment : Université de Montréal - Jean-Brillant
  • Communication orale
    Présentifier Jim, ou comment garder une impulsion et un héritage présents
    Joelle Basque (TÉLUQ - Université du Québec), Viviane Sergi (Université du Québec à Montréal)

    Un fondateur décédé peut-il continuer d’inspirer, voire d’influencer les gens qui lui succèdent? Peut-il continuer de communiquer avec les membres de l’organisation qu’il a fondée en parlant à travers elles et eux? Si les notions de présentification (Benoit-Barné & Cooren, 2009) et de ventriloquie (Cooren, 2010) nous permettent de penser que cela est possible, les nuances et la variété de forme qui caractérisent ces phénomènes demeurent à être explorées en détail. Dans cette communication, nous présenterons brièvement les résultats d’une étude que nous avons réalisée en analysant la présence et le rôle du (ou des) fondateur(s) décédé(s) dans le discours organisationnel à des moments-charnières pour trois organisations. Puis, nous proposons d’utiliser les résultats de cette étude pour penser comment James R. Taylor continuera d’être présent parmi nous suite à son décès. Nous proposerons quelques pistes de réflexions à partir d’exemples concrets puis inviterons l’audience à réfléchir avec nous sur comment nous utilisons le leg de Jim (ses écrits, nos expériences avec lui, etc.) et comment nous continuons de le garder vivant et de le faire parler pour nous guider et nous inspirer. Nous conclurons en élargissant la réflexion aux manières dont des penseurs et penseuses-clés continuent d’influencer les communautés de recherche après leur disparition.


Communications orales

ACO, CCO et diffusion

Salle : B-4325 — Bâtiment : Université de Montréal - Jean-Brillant
Présidence : Simon Smith (Charles University)
  • Communication orale
    Au-delà de la dissémination : apport de la CCO à la réflexion sur la réorganisation par la communication
    Mylene Hardy (Inalco)

    Nous examinerons comment l’approche CCO peut accueillir tout en même temps le dialogue et la dissémination à travers deux exemples de réorganisation (re-organizing) liés à la communication d’influence.

    Si une approche diffusionniste permet d’expliquer comment les idées se propagent, l’approche CCO permet d’étudier l’ancrage des idées dans un système socio-discursif et matériel, sa déstabilisation et sa réorganisation. La réorganisation sous l’effet d’un discours pourrait en effet être considérée comme le lieu de rencontre entre la conversation et le texte de l’organisation, engendrant une nouvelle organisation (organizing) émergente.Nous nous pencherons sur la réorganisation socio-discursive dans les organisations causée par les modes managériales (management fashion), le plus souvent étudiées à partir d’une approche diffusionniste.

    Nous examinerons ensuite la réorganisation dans les phénomènes d’organisationalité en nous intéressant aux luttes d’influence entre États. Un premier cas d’analyse nous permettra de comprendre comment l’introduction d’un concept américain a contribué à la réorganisation institutionnelle des sciences de l’information et de la communication en Chine. Un second cas d’analyse nous permettra d’explorer comment la guerre en Ukraine a motivé le changement d’une lecture sous une forme diffusionniste de « guerre de l’information » à une lecture communicationnelle de « guerre cognitive »

  • Communication orale
    Deux « incapacités » actuelles des recherches en communication organisationnelles
    Nicolas Arnaud (Audencia), Bertrand Fauré (Université de Toulouse)

    Cet article soulève deux « incapacités » actuelles des recherches en communication organisationnelles : incapacité à anticiper l’essor technologique ; incapacité à réaliser l’utopie organisationnelle portée par les sciences de la communication. En réponse à ces « incapacités », nous proposons des pistes de recherches futures pour contribuer à les dépasser en nous appuyant notamment sur les travaux d’Habermas.

  • Communication orale
    L’amitié construite dans la vie quotidienne à l’Institut Confucius : spontanée ou organisée ?
    Zhao Alexandre Huang (Université Paris Nanterre)

    Cette recherche entend explorer comment les stratégies de communication organisationnelle des Instituts Confucius servent la diplomatie publique chinoise. La diplomatie publique se réfère au fait qu’un État mobilise de manière stratégique divers instruments communicationnels dans sa communication internationale à long terme. Elle rassemble un ensemble de discours et de pratiques par lequel les organisations,, qu’elles soient gouvernementales ou non gouvernementales, visent à influencer, de manière discrète, les attitudes et les perceptions des publics étrangers envers l’image non seulement de l’organisation, mais aussi du pays qu’elles représentent. En même temps, elle est mise en œuvre pour améliorer la réputation et le rayonnement politico-culturel de l’État-nation sur la scène internationale, ce qui suppose de développer leurs échanges transculturels. À partir d’une enquête ethnographique organisationnelle de l’Institut Confucius de l’Université de Nairobi, cette étude vise à comprendre et interpréter comment les employés de l’Institut Confucius participent à la gestion des relations entre organisation et publics (organisation-public relationship management) à travers les activités communicationnelles, pédagogiques et culturelles quotidiennement organisées pour déployer le soft power chinois.


Communications orales

Conférence de clôture

Salle : B-4325 — Bâtiment : Université de Montréal - Jean-Brillant
  • Communication orale
    Approches constitutives et enjeux professionnels de la communication : quand les « problèmes de communication » révèlent des « problèmes d’organisation »
    Jean-Luc Bouillon (Université Rennes 2 - Laboratoire PREFICS - France)

    Les recherches conduites dans le cadre des approches constitutives (courants de la CCO et des ACO) rejoignent directement les enjeux managériaux contemporains ; tout en étant susceptibles de révéler d’importantes tensions organisationnelles lorsqu’elles s’aventurent au-delà du strict champ communicationnel.

    Le paradigme diffusionniste demeure largement présent dans les préoccupations des professionnels de la communication en organisation et des managers. Mais ces derniers sont également conscients du fait que les « problèmes de communication » ne sauraient se réduire à des problèmes de transmission : ils reflètent des difficultés de coproduction du sens, dans des espaces organisationnels hétérogènes. Comment partager du sens, dès lors que les divergences d’interprétation sont courantes ? Les problèmes de communication ne hantent pas l’organisation, ils sont l’organisation.

    Parce qu’elles analysent les dynamiques communicationnelles qui constituent les espaces organisés, les approches constitutives peuvent offrir un regard original sur les tensions organisationnelles, au risque de mettre au grand jour les méandres du fonctionnement des espaces organisés et des rapports de pouvoir existants.

    Nous appuierons nos réflexions sur l’analyse de trois programmes de recherche appliquée associant chercheurs, professionnels de la communication et managers, dont le point commun était dès l’origine de poser simultanément les questions organisationnelles et communicationnelles.