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Informations générales

Événement : 89e Congrès de l'Acfas

Type : Colloque

Section : Section 400 - Sciences sociales

Description :

Encore aujourd’hui, les personnes ayant des incapacités représentent l’un des groupes les plus désavantagés sur le marché du travail au Québec. Selon l’Enquête canadienne sur l’incapacité de 2017, un écart de 48 % existerait toujours entre les taux d’emploi des 20-64 ans ayant des incapacités d’avec celles sans incapacités. Ces différences perdurent malgré les différentes lois, politiques et mesures mises en œuvre pour soutenir leur préparation, leur intégration et leur maintien dans l’économie productive. En plus d’interroger l’efficacité de ces mesures et politiques, cet état de fait appelle à mieux comprendre les différentes réalités susceptibles de les défavoriser aux différents moments de leur carrière. Ce constat amène également à proposer de nouvelles interventions contribuant à l’essor d’un marché du travail plus inclusif.

De manière à faire état des connaissances dans ce domaine, l’équipe de recherche Disability, Employment, and Public Policies Initiative (DEPPI) propose, le 12 mai 2022, dans le cadre du 89e colloque de l’Acfas, le colloque intitulé « Handicap, travail et politiques publiques ». Événement scientifique interdisciplinaire et intersectoriel, il vise tout d’abord à discuter des expériences de discrimination vécues en emploi ou en recherche d’emploi par les personnes ayant des incapacités, et ce, en fonction de leur âge, de leur genre, de leur appartenance socioculturelle. Ce colloque cherche ensuite à explorer divers thèmes tels que les enjeux associés à la pandémie de COVID-19, les interactions entre les réalités des sexes, des genres et du travail, le dévoilement des incapacités, la communication de même que la conciliation travail-vie personnelle. Plus précisément, il s’agit d’examiner comment ces différents éléments influent sur les possibilités d’obtenir et d’évoluer dans un milieu d’emploi qui répond aux besoins des personnes ayant des incapacités, correspond à leurs aspirations et leur offre les mêmes occasions de développement professionnel que les autres. Le colloque se propose finalement de discuter des différents effets des politiques et des programmes existants, de même que des pratiques innovantes sur la recherche et l’occupation d’un emploi par les personnes ayant des incapacités.

L’événement se déroulera sur une période d’une journée complète. Les présentations seront d’une durée de 15 minutes, suivi d’une période de questions de 5 minutes. Les communications seront regroupées en blocs thématiques, lesquels seront animés par un.e modérateur.trice afin de favoriser les échanges.

La journée se conclura par un panel sur la thématique « Télétravail et handicap : nouvel eldorado? », regroupant des acteurs des milieux communautaire et gouvernemental ainsi que des personnes ayant des incapacités en emploi. Étant donné le poids des incertitudes liées à la COVID-19, il sera possible de participer au colloque à distance.

Date :
Responsables :

Programme

Communications orales

Information sur l’accessibilité

Présence d'interprète en LSQ tout au long du colloque. Il est cependant nécessaire de l'indiquer au préalable.

Une transcription en simultanée sera disponible.


Communications orales

Accueil et ouverture

  • Communication orale
    DEPPI : Un partenariat de recherche multidisciplinaire pour favoriser l’employabilité des personnes vivant avec des incapacités physiques
    Charles Bellemare (Université Laval)

    Cette communication débutera par une brève présentation du partenariat de recherche DEPPI (deppi.org), incluant les objectifs et principaux thèmes de recherche, l’équipe de chercheurs, et les partenaires impliqués. Par la suite, un survol des travaux et résultats de recherche des chercheurs du DEPPI œuvrant en économique sera présenté. Les thèmes couverts incluront la documentation de l’ampleur de la discrimination sur le marché du travail au Québec ainsi que l’effet de l’utilisation du CV virtuelle sur les taux de convocation aux entrevues des personnes vivant des incapacités motrices. Il sera également question des différences des anticipations subjectives concernant les chances de succès sur le marché du travail des personnes avec et sans incapacités. L’impact attendu de ces différences pour le marché du travail sera également discuté. La communication se terminera avec une présentation des projets de recherche à venir pour le partenariat.


Communications orales

Conférence de la communauté

  • Communication orale
    Stratégies inclusives chez Hydro-Québec pour favoriser l’intégration et le maintien en emploi des employés en situation de handicap
    Caroline Lebeau (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

    Avec près de 22 000 employés, Hydro-Québec est présente dans toutes les régions du Québec avec de multiples secteurs d’emplois. Cette présentation portera sur les pratiques actuelles en termes d’équité, de diversité et d’inclusion favorisant l’intégration et le maintien des employés en situation de handicap à Hydro-Québec.

    Tout d’abord, la présentation du programme de stage d’été pour les étudiants collégiaux et universitaires. Ce programme soutient une cohorte d’étudiants annuellement, dès la préparation à l’entrevue jusqu’à la fin du stage. Un accompagnement est également offert aux gestionnaires et aux équipes d’accueil.

    Ensuite, le projet-pilote favorisant l’intégration en emploi des personnes en situation de handicap présentant, entre autres, une déficience intellectuelle sera présenté. L’implantation du programme à l’interne et la collaboration avec les partenaires externes seront exposées dont les défis et les clés de succès.

    Enfin, la révision actuelle des processus santé et ressources humaines sera abordée. Cela permettant de favoriser des pratiques plus inclusives que ce soit dès l’attraction des candidats ou lors de changement d’état de santé durant le parcours de l’employé.

    Aussi, plusieurs initiatives relatives à la diversité telle que l’auto déclaration, les groupes d’affinité, le site intranet EDI, des actions de sensibilisation et des formations à l’interne seront proposés parce que l’équité, la diversité et l’inclusion sont l’affaire de tous.


Communications orales

Bloc 1

  • Communication orale
    Emploi et handicap : approches psycho-sociales, socio-économiques et éthiques
    Michel Mercier (Université de Namur)

    Nous aborderons la problématique de l’emploi des personnes en situation de handicap avec trois regards:

    Tout d’abord, l’étude des représentations sociales de la mise à l’emploi, en montrant en quoi les stigmatisations et la culture d’exclusion sont des freins à l’emploi des personnes en situation de handicap.

    Dans un deuxième temps, nous aborderons un point de vue concret de politique d’emploi en examinant quelques chiffres consacrés à ces politiques en Région wallonne de Belgique. Une comparaison sera également abordée avec la problématique des quotas en France.

    Dans un troisième temps, d’un point de vue éthique, nous reprendrons les théories de la justice, notamment de John Rawls, pour montrer en quoi il est important de prendre en compte l’ensemble de la personne pour assurer son épanouissement. Nous tenterons d’appliquer ces théories à la problématique du travail et de sa rémunération pour les personnes en situation de handicap. Dans la perspective éthique, l’enjeu n’est pas uniquement de fournir des emplois ainsi que les rémunérations qui y sont liées, pour être juste. Il s’agit de prendre en compte l’ensemble des dimensions de la vie de la personne et de lui donner les moyens pour s’épanouir et de mettre en œuvre ses capacités, compte tenu du handicap.

  • Communication orale
    Le processus de l’accommodement en milieu de travail : la perspective des personnes ayant des incapacités au Nouveau-Brunswick
    Ann Beaton (Université de Moncton), Charles Gaucher (Université de Moncton), Christine C. Paulin (Université de Moncton), Caroline Vonlanthen (Université de Moncton)

    Pour 37,3% des néo-brunswickois ayant des incapacités et typiquement en âge de travailler (25 à 64 ans), les mesures de soutien et d’adaptation en milieu de travail s’avèrent essentielles pour l’accès et le maintien en emploi. Au Nouveau-Brunswick (N.-B.), les programmes et services publics pour les personnes ayant des incapacités offrent un « soutien » à l’accès à l’emploi, mais trop peu se concentrent sur l’accommodement en emploi. Cette étude examine le processus d’accommodement selon la perspective des personnes ayant des incapacités au N.-B. de manière à comprendre la mise en œuvre des mesures d’accommodement et la façon dont ces mesures répondent (ou non) à leurs besoins. Des entrevues semi-dirigées ont été menées auprès de 22 participants ayant des incapacités et âgés entre 24 à 58 ans (M = 38 ans). La majorité (68%) occupe un emploi. Les résultats des analyses qualitatives révèlent que les personnes ayant des incapacités sont en grande partie tenues responsables de l’accommodement de leur milieu de travail. Selon le discours des participants, le processus d’accommodement se décline en trois étapes : (1) la préparation à l’accommodement qui se traduit en (2) le devenir qui à son tour met en branle (3) les finalités qui émanent d’un environnement qui répond ou non aux besoins des employés ayant des incapacités. Les résultats sont discutés selon l’état des lieux des programmes publics au N.-B. et des politiques qui portent sur l’accommodement en emploi

  • Communication orale
    Les politiques publiques d’activation au travail visant les personnes : Analyse de la dernière stratégie nationale du gouvernement du Québec.
    Jean-François Filiatrault (UdeM - Université de Montréal)

    Depuis les années 1970, l’État provincial a une action structurante dans le domaine de l’emploi des personnes handicapées au Québec. Cette orientation a été renforcée en 2004 par l’adoption de la Loi assurant l’exercice des droits des personnes handicapées en vue de leur intégration scolaire, professionnelle et sociale (RLRQ c E-20.1, 2004) qui impose notamment le gouvernement à mettre en place une Stratégie nationale pour l'intégration et le maintien en emploi des personnes handicapées. Après un bref retour historique, cette communication s’intéresse à la dernière Stratégie, adoptée en 2019, afin de faire ressortir les logiques politiques et économiques qui guident actuellement l’action de l’État québécois. L’étude de la Stratégie, qui prend appuie sur une analyse théorique matérialiste, permet de faire ressortir certaines dynamiques sociales qui caractérisent le rapport social de handicap. Cette présentation permet aussi d’expliquer en partie que les inégalités d’accès et de traitement actuellement vécus par les personnes handicapées sur le marché du travail ne peuvent que partiellement être répondues par les politiques publiques actuelles.


Communications orales

Pause santé


Communications orales

Bloc 2

  • Communication orale
    Sexe, genre, incapacités et emploi : portrait de comportements institutionnalisés
    Audrey Dupont (UQAR - Université du Québec à Rimouski), Marie Laberge (Université de Montréal/CHU Ste-Justine), Sylvain Letscher (Université du Québec à Rimouski)

    Encore aujourd’hui, il existe des normes et des valeurs ancrées dans ce qui est appelé le « genre institutionnalisé », défini par la répartition du pouvoir entre les sexes dans les institutions politiques, éducatives, religieuses, médicales, culturelles ou sociales d’une société. Ces institutions influentes façonnent les normes sociales qui définissent, reproduisent et justifient souvent des attentes et des opportunités différentes pour les femmes et les hommes, les filles et les garçons. Dans le cadre du projet multidisciplinaire DEPPI, près de 160 personnes, présentant une surdité, une cécité, des incapacités motrices ou des douleurs chroniques, en emploi ou en recherche d’emploi, ont été interviewées à travers le Québec. C’est à partir d’une méthodologie qualitative que ces entrevues semi-dirigées ont été analysées. Les résultats montrent que même si le sexe/genre est omniprésent dans le discours des participants, il n’est pas nécessairement associé à l’exclusion en emploi, mais contribue certainement au maintien de formes d’iniquités dans les situations de travail. Des pistes de solutions sont suggérées pour sensibiliser notamment les employeurs, les milieux professionnels et les services d’emploi et de main d’œuvre dans leurs interventions auprès de populations en situation de handicap.

  • Communication orale
    « Aucun employeur ne voulait de moi » : Enjeux de discrimination pour les personnes ayant une déficience intellectuelle en emploi.
    Kim Lajoie (Université Laval)

    Avec la complexification du marché du travail et la pénurie de main-d’œuvre, il peut s’avérer intéressant d’observer les composantes pouvant rendre le marché du travail plus inclusif. Cette présentation portera sur les premiers résultats d’un projet de recherche étudiant relatif à l’intégration socioprofessionnelle des personnes ayant une déficience intellectuelle (DI) en emploi. Nous avons réalisé 14 entrevues semi-dirigées auprès de 3 populations distinctes (6 avec des personnes ayant une DI, 5 avec des organismes en employabilité et 3 avec des employeurs embauchant des personnes ayant une DI). Les analyses préliminaires permettent d’identifier certains enjeux de discriminations directes ou indirectes vécues par ces personnes. La discrimination lors du parcours scolaire, de la recherche individuelle d’emploi, de la recherche d’emploi accompagné par un organisme en employabilité, du processus de sélection, de l’embauche et de l’emploi seront au cœur de cette présentation. Le type d’emploi occupé par les personnes ayant une DI qui est souvent influencé par la perception des conseillers en emploi des organismes en employabilité sera présenté. Pour finir, l’effet de la Covid-19 sur la situation d’emploi des personnes ayant une DI sera mis en lumière. En conclusion, le contexte de pénurie de main-d’œuvre, la présence de discrimination et la vision de tous les acteurs peuvent s’avérer des obstacles ou facilitateurs influençant l’intégration de ces personnes.

  • Communication orale
    Continuité et rupture d’intégration et de recherche d’emploi de personnes présentant des incapacités physiques
    Audrey Dupont (Université de Montréal/CHU Ste-Justine), Sandrine Duval (Université de Montréal), Oliver Huynh (UdeM - Université de Montréal), Marie Laberge (Université de Montréal/CHU Ste-Justine)

    Le travail est défini comme étant un des facteurs clés pour favoriser l’inclusion sociale de toute personne vivant en société. Occuper un emploi procure un sentiment d’épanouissement et, de par ses avantages économiques, offre une possibilité d’indépendance et d’autonomie. Selon les données de Statistique Canada, bien que 80% des personnes n’ayant aucune incapacité physique âgées de 25 à 64 ans occupent un emploi, cette réalité n’est vécue que par 59% des personnes ayant déclaré avoir une incapacité. Le but de cette recherche est d’étudier les différents parcours d'intégration à l'emploi et de recherche d'emploi vécus par des personnes présentant des incapacités physiques (cécité, incapacités motrices, douleur chronique et surdité). Dans une perspective qualitative et phénoménologique, les entretiens semi-dirigés de 83 participants issus de la région de Montréal, de la Montérégie, de l’Outaouais, du Bas-Saint-Laurent et de la Côte-Nord ont été analysés. Les résultats ont permis d’identifier quatre parcours relatifs à l’emploi : linéaire, sinueux, réorienté et surspécialisé. Ces parcours correspondent à des profils définis en fonction d’évènement ayant modulé la vie professionnelle de ces personnes. Des mesures de soutien et des services influençant l’insertion professionnelle de ces groupes ont également été identifiés.


Dîner

Pause dîner


Panel / Atelier

Panel

Télétravail et handicap : nouvel Eldorado ?

Présenté tour à tour comme expérimentation, aménagement et solution d’avenir, le télétravail est aujourd’hui une réalité à laquelle quantité de travailleuses et de travailleurs ayant des incapacités, volontairement ou non, sont confrontés. Ce panel, rassemblant à la fois des personnes concernées que des acteurs du milieu de l’emploi, vise tout d’abord à discuter des avantages et des inconvénients de ce mode d’organisation du travail, et ce, tant sur les plans des relations avec les supérieurs et les collègues, de l’autonomie, que de l’accessibilité des infrastructures et des postes de travail. Il traite ensuite des règles encadrant son accès, de ses différentes modalités d’exercice, ainsi que de ses effets sur l’identité professionnelle et de l’équilibre travail-vie personnelle des travailleuses et des travailleurs ayant des incapacités.

Discutant·e·s : Fouzia Bouguerch (Gouvernement du Québec), Pascale Chanoux, Marie Laberge (UdeM - Université de Montréal), Marie-Josée Paradis (Centre de Réadaptation)

Communications orales

Bloc 3

  • Communication orale
    Accompagnement des élèves à besoins particuliers en formation professionnelle: Comment les acteurs & les milieux éducatifs s’approprient-ils les politiques encadrant les EBP en FP?
    Annie Dubeau (Université du Québec à Montréal), Camille Jutras Dupont (Université du Québec à Montréal), Valérie Kabis (Université du Québec à Montréal), Alexandre Poitras (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    En 2017, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur a fait l’implantation d’un cadre de référence s’adressant spécifiquement au milieu de la formation professionnelle (FP). Bien que les élèves ayant des besoins particuliers (EBP) aient toujours été présents dans ce milieu éducatif (Beaucher et al., 2020), l’encadrement des actions entreprises à leur égard est bien récent. Cinq ans après la mise en place du cadre de référence sur l’accompagnement des EBP (MEES, 2017), comment les centres de FP et les acteurs y œuvrant s’approprient-ils celui-ci ?

    Pour répondre à ce questionnement, nous emploierons l’approche ternaire du dispositif de formation d’Albero (2010) qui permet de rendre compte des diversités de représentations auxquelles est confronté ce cadre de référence. Plus spécifiquement, nous porterons un regard sur trois dispositions de l’environnement de formation : l’idéel, constitué des grandes lois ou chartes encadrant l’accompagnement des EBP, le fonctionnel, se traduisant par l’opérationnalisation des politiques dans les centres de FP, et l’actoriel, correspondant au vécu des acteurs et à la mise en application concrète des politiques dans leur enseignement et leurs interventions.

    Nous conclurons notre présentation en nous attardant aux enjeux engendrés par l’absence d’une définition uniforme pour le concept de « pratique autonome du métier » et des conséquences potentielles pour l’inclusion des EBP sur le marché du travail.

  • Communication orale
    La mesure des anticipations des personnes en situation d’incapacités sur le marché du travail au Canada
    Charles Bellemare (Université Laval), Luc Bissonnette (Université Laval), Cheikh Ahmadou Mbacke Ndiaye (Université Laval)

    Les personnes ayant des incapacités sont confrontées à de multiples difficultés pour intégrer avec succès le marché du travail et trouver un emploi satisfaisant. Nous proposons d'évaluer une explication, du côté de l'offre, de leurs résultats relativement plus faibles sur le marché du travail, en contrastant leurs croyances subjectives concernant diverses perspectives d’emploi avec celles du reste de la population. Nous exploitons de nouvelles données d'enquêtes sur les anticipations administrées à la fois aux travailleurs et aux demandeurs d'emploi dans 2 provinces canadiennes (Québec et N-B.).

    Nous constatons que les personnes en situation d’incapacités sont significativement plus pessimistes quant aux chances d'obtenir une entrevue d’embauche après avoir postulé un emploi, et croient être significativement plus susceptibles de quitter leur emploi au cours des 12 prochains mois, lorsqu'elles sont employées. D'autre part, nous constatons que les personnes en situation d’incapacités sont significativement plus optimistes quant à la possibilité de trouver un meilleur emploi à l'avenir, ce qui est une indication de leur insatisfaction par rapport à leur emploi actuel. Enfin, nous observons que les personnes en situation d’handicap arrondissent plus leurs réponses probabilistes que celles sans incapacités, ce qui pourrait refléter une plus grande incertitude sous-jacente quant aux questions relatives au marché du travail.

  • Communication orale
    Favoriser l’emploi des personnes en situation de handicap par l’accès au transport collectif : état des connaissances et résultats préliminaires d’une étude qualitative
    Philippe Archambault (Université McGill et CRIR), Ikram Ben Sassi (CBC/Radio-Canada), Nadia Bernard (ROSEPH), Normand Boucher (CIRRIS/Université Laval), Marc-André Clément (Université McGill), Claire Croteau (CRIR et Université de Montréal), Iuliana Dicu (STM), Chantal Fifatin (STM), Marpessa Gibus (Université du Québec à Montréal), Isabelle Gélinas (Université McGill et CRIR), Joanie Lavoie (CBC/Radio-Canada), Mathilde Le Bouëdec (STM), Laurence Marin (ROSEPH), Diane Morin (Université du Québec à Montréal), Caroline O’Connor (ROSEPH), Melissa Park (Université McGill et CRIR), Alexandra Tessier (Université McGill), Marie Turcotte (Ex Aequo)

    Le transport joue un rôle incontournable dans l’intégration à l’emploi des personnes en situation de handicap. Or, les problématiques d’accès au transport et d’accès à l’emploi sont rarement abordées simultanément. Pourtant, il est nécessaire de mieux les comprendre pour mettre en place des solutions innovantes qui favoriseront l’emploi des personnes en situation de handicap. Cette communication décrira l’état des connaissances au sujet de ces problématiques en rapportant les résultats d’une revue des écrits scientifiques (revue de la portée) visant à dégager des facilitateurs, barrières et solutions en lien avec l’accès au transport et l’intégration à l’emploi des personnes en situation de handicap. Une synthèse des 74 articles retenus sera présentée. Cette synthèse sera bonifiée et illustrée par les résultats d’une analyse thématique effectuée sur des entrevues conduites auprès de 16 travailleur(euse)s en situation de handicap, 9 employeur(e)s et de 4 représentant(e) des services de transports publics. Ainsi, cette communication permettra de mettre en exergue les différents obstacles, facilitateurs et solutions à l’emploi des personnes en situation de handicap et ce en lien à la fois avec le transport lui-même, les employeur(e)s, le lieu de travail ou les tâches associées aux emplois et ceux propres aux individus en situation de handicap.


Communications orales

Bloc 4

  • Communication orale
    Accès à l’emploi et processus d’embauche : le vécu des personnes avec des incapacités
    Caroline Vonlanthen (Université de Moncton)

    Depuis plusieurs années, le Canada réalise des progrès en matière d’accès à l’emploi pour les personnes ayant des incapacités. Toutefois, de nombreux obstacles continuent à limiter leurs opportunités d’embauche ; ceux-ci ont été largement documentés selon la perspective des employeurs. Cette étude se démarque alors de deux façons. D’abord, elle place en son centre le vécu des personnes ayant des incapacités. Ensuite, elle explore leur trajectoire à travers le processus d’embauche, le but étant de saisir les défis succédant à une postulation et la manière dont les personnes y répondent. Ainsi, 22 Néo-Brunswickois-es ayant des incapacités ont pris part à des entrevues semi-dirigées. La majorité détient un diplôme postsecondaire (82%) et occupe un emploi au moment de l’étude (68%). Les résultats de l’analyse de contenu permettent d’identifier les étapes principales du processus d’embauche : la présélection, les entrevues/tests de recrutement, et la décision d’embauche. Les données révèlent l’émergence, lors des entrevues et des tests, de problématiques déterminantes quant à l’embauche des personnes avec des incapacités : le dévoilement des incapacités, les accommodements, les attitudes des employeurs et les demandes d’évaluation médicale. Les analyses mettent alors en évidence les stratégies déployées par les participant-es pour faire face à ces enjeux. La discussion abordera le dévoilement des incapacités en tant que coming-out ainsi que les concepts d’inclusion/intégration.

  • Communication orale
    Concours unifié au faveur des personnes en situation de handicap au Maroc entre 2018-2021 : un dispositif d’équité ou fabrique des nouvelles formes d’exclusion ?
    Mounir Kheirallah (Université Hassan II)

    Les études empiriques montrent deux types de corrections mises en place pour contrer le taux élevé du chômage chez les personnes handicapées. De fait, les institutions de l’État semblent largement dominées par des mesures de recrutement orientées vers « la demande » exprimée par les employeurs (quota, ateliers protégés et lois anti-discrimination), alors que les actions menées par les associations sont dominées par « l’offre » (p. ex. amélioration des soft-skills). L’évaluation de l’efficacité de ces dispositifs dans la promotion de l’employabilité des personnes handicapées et son impact sur les perceptions à leur égard nécessite par contre plus d’efforts au niveau de l’observation sociologique, d’où l’importance de s'intéresser au concours unifié lancé en 2018.

    De 50 postes à 200 en une année, le concours vient de s’ajouter au système de quota demeuré inactif depuis son lancement en 1993. Le concours organisé pour la 3e année consécutive, vise à garantir l’équité et l’intégration pour les personnes ayant des déficiences de tout type. Toutefois, l’observation des discours des acteurs incite à penser qu’au lieu d’encourager la participation dans les concours d’embauche conventionnels, l’organisation d’un concours spécifique peut renforcer d’avantage la stigmatisation.

    Cette lecture vise à comprendre dans quelles conditions ce concours a été lancé, pourquoi, et comment évaluer son efficacité dans l’insertion des personnes handicapées en changeant les perceptions négatives.

  • Communication orale
    Rapports sociaux de sexe, capacitisme et emploi : conditions d’accès à l’emploi des femmes en situation de handicap en Haïti
    Manuella Jean (Université d’Ottawa)

    Les femmes en situation de handicap vivent une exclusion généralisée dans la société haïtienne. Elles sont exclues des lois et des politiques devant les protéger, notamment la loi sur l’intégration des personnes handicapées de 2012 et la politique Égalité homme-femme (2014-2034) promue par le ministère à la Condition féminine et aux droits des femmes (MCFDF). Leur marginalisation dans le système éducatif et sur le marché du travail accentue leur vulnérabilité. Cependant, leur condition fait rarement l’objet d’analyses académiques et scientifiques.

    Sur base d’une recherche qualitative réalisée entre 2020 et 2021 combinant l'analyse de documents avec une douzaine d’entretiens semi-dirigés effectués avec des militantes clés d’organisations de femmes handicapées, de femmes handicapées en emploi ou en recherche d'emploi, ainsi qu’avec des cadres de l’institution étatique (BSEIPH), nous présenterons des éléments visant à éclairer les conditions d’accès à l’emploi des femmes handicapées en Haïti; les facteurs qui influencent ces conditions; les expériences des femmes en situation de handicap en Haïti au regard de l’emploi; ainsi que les revendications des associations des femmes handicapées en Haïti en lien avec l’emploi et l’éducation.

    Nous conclurons en démontrant comment les conditions d’accès à l’emploi des femmes en situation de handicap en Haïti intègrent la logique de la co-construction de plusieurs systèmes de domination tels le capacitisme, le sexisme et le classisme.


Communications orales

Bloc 5

  • Communication orale
    Révéler ou se taire? L’influence des politiques et programmes sur la divulgation d’une situation de handicap invisible dans la transition en emploi
    Marie-Ève Rioux-Massie (Université Laval)

    Au Québec, de plus en plus de personnes en situation de handicap obtiennent un diplôme d’études postsecondaires, au point où l’écart avec leurs pairs sans handicap tend à se combler. Toutefois, cette amélioration n'est pas aussi perceptible en ce qui concerne le taux d'emploi. La composition de la clientèle étudiante en situation de handicap a également changé. Elle est aujourd’hui très majoritairement composée de personnes en situation de handicaps émergents. Or, il semble que les situations de handicap invisibles aient des enjeux qui leur soient propres. Cette étude porte sur les services offerts, les obstacles et les facilitateurs lors de la transition vers un emploi de qualité des diplômés du collégial technique ayant soit des troubles d’apprentissage, dyslexie, dysorthographie ou dyscalculie, soit un déficit d’attention avec ou sans hyperactivité. Nous nous intéressons aux professionnels soutenant cette transition, de même qu’aux diplômés afin de déterminer par qui et comment ces personnes sont accompagnées dans leurs parcours d’insertion professionnelle dans un emploi de qualité. Cette communication présentera les résultats et l’analyse du thème du dévoilement des incapacités en contexte de transition en emploi. Plus précisément, comment les programmes et politiques publiques actuels influencent non seulement la décision de divulguer une situation de handicap et les conséquences associées, mais également l’existence et la compétence des ressources à leur disposition.

  • Communication orale
    Exercer ou non son pouvoir de divulgation de l’incapacité : Quel choix font les personnes ayant des incapacités?
    Normand Boucher (CIRRIS/Université Laval), Louise Duchesne (CIRRIS/Université Laval), Véronique Garcia (CIRRIS - Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale), Marie Laberge (Centre de recherche du CHU Ste-Justine et Université de Montréal), Sylvain Letscher (Université du Québec à Rimouski)

    Cet exposé constitue le premier de trois présentations dévoilant les conclusions d’une recherche explorant le processus de divulgation d’incapacités lors de l’embauche et en milieu d’emploi. Cette étude s’inscrit aussi dans le cadre du projet Disability, Employment, and Public Policies Initiative (Deppi).

    Des entrevues semi-dirigées ont été menées auprès de 186 répondants dans l’ensemble du Québec et au Nouveau-Brunswick. 29 participants présentant des incapacités motrices, visuelles, auditives ou un problème de santé chronique et étant à l’emploi depuis au moins cinq ans ont été sélectionnés aléatoirement parmi cet échantillon. Les données ont été ensuite traitées selon les principes de l’analyse qualitative de type thématique.

    Les résultats montrent que peu de participants racontent n’avoir divulgué leur incapacité ni lors de l’embauche et ni une fois à l’emploi. S’ils perçoivent le marché du travail comme discriminant à leur égard, la plupart mentionne même plus d’avantages que de risques associés à la divulgation. Plusieurs facteurs, tels que le milieu d’emploi, la perception du marché de l’emploi, les savoirs-faires acquis et la visibilité de l’incapacité influencent aussi l’expérience et le choix de la divulgation. Cette étude conclue enfin à la nécessité de sensibiliser les milieux de travail et de bien outiller les personnes ayant des incapacités afin d’éviter qu’elles soient victimes de capacitisme lorsqu’elles choisissent d’exercer leur pouvoir de divulgation.

  • Communication orale
    Les stratégies du dévoilement des incapacités aux employeurs utilisées en emploi par les travailleurs ayant une surdité
    Normand Boucher (CIRRIS et Université Laval), Marie Crevier (UdeS - Université de Sherbrooke), Louise Duchesne (CIRRIS et Université du Québec à Trois-Rivières), Audrey Dupont (Université du Québec à Rimouski), Sylvain Letscher (Université du Québec à Rimouski)

    L’inclusion des personnes ayant une surdité au marché du travail constitue un élément susceptible de favoriser leur participation sociale et leur satisfaction personnelle. Les travailleurs ayant une surdité rencontrent un certain nombre de défis en emploi, dont le dévoilement de leurs incapacités. Cette présentation vise à documenter les stratégies des personnes ayant des incapacités en recherche et en emploi concernant le dévoilement de leur incapacité. Dans le cadre d’un projet d’une plus grande envergure portant sur l’employabilité, 47 personnes sourdes en emploi ont pris part à une entrevue qualitative. Les entrevues ont fait l’objet d’une analyse thématique. L’analyse soulève que si certains travailleurs tentent de dissimuler leur surdité à leur employeur afin d’éviter des situations de discrimination, la plupart des participants insistent plutôt sur l’importance du dévoilement de leur incapacité afin de faciliter la communication avec l’employeur et d’obtenir des mesures d’accommodement pour les soutenir. Par ailleurs, les participants ont révélé diverses stratégies pour divulguer leurs incapacités qui peuvent se déployer à différents moments du processus d’embauche ou lorsqu’ils sont au travail. En conclusion, nous discuterons des pistes d’intervention pour soutenir les travailleurs sourds dans le dévoilement de leurs incapacités.

    Financement : Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH) et Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).


Communications orales

Bloc 6

Présidence : Caroline Vonlanthen (Université de Moncton)
  • Communication orale
    Exploration des liens entre le capacitisme, les identités professionnelles et l’équilibre travail-vie personnelle chez les travailleur.se.s ayant des incapacités motrices sévères e
    Normand Boucher (CIRRIS/Université Laval), Francis Charrier (Université Laval), Bernadette Dallaire (Université Laval)

    Jusqu’à présent très peu d’études se sont intéressées à l’équilibre travail-vie personnelle des travailleur.se.s ayant des incapacités motrices sévères et très sévères. Si cette situation s’explique tout d’abord parce qu’ils sont moins nombreux que les autres à avoir des enfants et vivre en couple, et donc à conjuguer simultanément les rôles de travailleur, de parent et de partenaire, elle se comprend ensuite parce que les chercheur.se.s n’ont pas encore su reconnaître comment le capacitisme peut contribuer à l’émergence d’enrichissements ou de conflits travail-vie personnelle.

    La présence conférence vise à éclaircir, au moyen de douze récits de vie effectués dans le cadre d’une thèse en cours, les liens existant entre le mythe du travailleur idéal, leurs identités professionnelles et les pressions physiques et psychologiques ressenties au quotidien. Elle présente comment leur volonté de se présenter comme de « bons travailleurs » les conduisent souvent à vouloir apparaître comme des superhéro.ïne.s (supercrip), des figures emblématiques (poster boy/girl) ou des travailleur.se.s sans incapacités (able-bodied passer), identités professionnelles auxquelles sont associées des attitudes et des comportements susceptibles d’influencer positivement ou négativement leur équilibre travail-vie personnelle. Elle présente finalement les conséquences que peuvent avoir leurs difficultés à incarner le mythe du travailleur idéal sur leurs possibilités de poursuivre une carrière soutenable.

  • Communication orale
    L’impact de la COVID sur les obstacles et les facilitateurs à l’emploi chez des personnes en situation de handicap
    Audrey Dupont (Centre de recherche du CHU Ste-Justine), Marie Laberge (UdeM - Université de Montréal)

    L’équipe DEPPI a démarré un vaste projet d’analyse des expériences d’emploi auprès des personnes avec des incapacités à l’automne 2019. Ce projet souhaitait rendre compte des expériences de recherche et d’insertion en emploi dans toutes les régions du Québec. Sur 83 entrevues réalisées auprès de participants des régions de Montréal, Montérégie, Outaouais, Côte-Nord et Bas-du-Fleuve, 57 ont été réalisées après l’annonce des mesures de restriction sanitaires en mars 2020. Le guide d’entrevue est resté le même avant et après et il visait à connaître la perspective des participants concernant les obstacles et les facilitateurs à l’emploi, selon les catégories factorielles du modèle PPH. Parmi les participants rencontrés après le début de la pandémie, 26 ont spontanément évoqués des thèmes liés à cette crise mondiale (21 en emploi et 5 en recherche d’emploi). Des impacts de la pandémie ont été identifiés concernant le télétravail, l’accès aux transports, les communications, la charge de travail, la socialisation, les adaptations fournies, les services d’aide, les opportunités vs perte emploi ainsi que la fragilisation de la santé. Ces impacts ont été parfois perçus positivement (9/29), négativement (9/26) ou présentant un mélange d’avantages / désavantages (8/26). Ces impacts sont souvent variables selon le type d’incapacité. Cette communication vise à discuter des difficultés et nouvelles opportunités d’emploi découlant de la pandémie pour les personnes en situation handicap.

  • Communication orale
    Vivre avec une surdité depuis la naissance : quels impacts sur le travail ?
    Normand Boucher (Université Laval et Cirris), Marjolaine Caron (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Louise Duchesne (UQTR et CIRIIS)

    La majorité des personnes présentant des incapacités auditives sont des adultes actifs, remplissant une foule de rôles sociaux, tels occuper ou rechercher un emploi. Or, il ressort des écrits scientifiques que les personnes ayant une surdité rencontrent des obstacles en milieu de travail, surtout en ce qui concerne la communication. Dans ce domaine, des mesures ou programmes existent afin de faciliter la réalisation de ce rôle social. Il est donc essentiel de décrire, en vue de mieux comprendre, l’expérience de personnes ayant une surdité depuis la naissance ou le tout jeune âge en lien avec le travail afin d’améliorer, le cas échéant, ces mesures.

    La présente étude s’inscrit dans le projet DEPPI. Pour la présente étude, 7 participants ayant une surdité depuis la naissance ou un très jeune âge ont été sélectionnés parmi une banque d’une quarantaine de participants ayant des incapacités auditives. L’analyse qualitative montre que les impacts les plus importants touchent effectivement la communication : même si plusieurs arrivent à entendre, ils ne perçoivent pas tous les sons. Si l’interlocuteur ne se positionne pas bien, la communication est entravée. On remarque aussi que la majorité des participants travaillent ou ont déjà travaillé pour des entreprises ayant un lien avec la surdité. En somme, les participants sourds de naissance ont tendance à se diriger vers des milieux de travail qui facilitent leur intégration.


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Pause santé


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Bloc 7

  • Communication orale
    Qui trouble l’ordre de l’entreprise ? La figure du travailleur idéal au croisement entre genre et handicap
    Mathéa Boudinet (Sciences Po)

    Résumé : Les travaux de Acker (1990) ont mis en lumière les biais de genre existant dans les structures mêmes des organisations, en montrant que la figure du travailleur idéal n’est pas neutre. Celui-ci ne tombe pas enceinte, n’a pas de contraintes domestiques, et peut se consacrer entièrement à son emploi. Foster et Wass (2013) ajoutent la dimension du handicap à ces critères implicites d’évaluation : la figure du travailleur idéal supposément neutre imaginée par les employeurs est également incompatible avec les aménagements de poste.

    L’étude se base sur une enquête sociologique par entretiens biographiques menés auprès de 41 femmes et 9 hommes handicapés en France. J’analyse la manière dont le genre et le handicap structurent les environnements de travail, à partir de la réception de l’action publique relative aux aménagements de poste dans le cadre du handicap ou de la maternité.

    À partir de l’analyse de deux cas spécifiques, je montre que malgré l’ancienneté de ces politiques publiques en France, ces deux sujets demeurent envisagés comme des perturbations de l’organisation normale du travail, à la fois par les femmes handicapées et par les employeurs.

  • Communication orale
    Milieux de travail inclusifs: quels enjeux pour les travailleurs sourds et malentendants ?
    Normand Boucher (Université Laval), Marie Crevier (UdeS - Université de Sherbrooke), Louise Duchesne (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

    Quel que soit le statut identitaire, le degré de surdité et l’usage d’aides auditives, la communication et l’accès à l’information demeurent un problème important pour les personnes sourdes et malentendantes, particulièrement en matière d’interaction avec les personnes entendantes et d’accès à l’information dans divers espaces de participation sociale, dont le travail. Si la discrimination à l’embauche, les emplois sous-qualifiés et les revenus moindres font actuellement ou ont déjà fait l’objet de recherches, peu d’études se sont jusqu’ici attardées à comprendre les dynamiques sociales en jeu au travail pour les personnes sourdes et malentendantes, à travers le prisme de la communication (Foster & MacLeod, 2003). Nous avons mené 23 entrevues individuelles avec des travailleurs sourds et malentendants et procédé à une analyse qualitative des données. Les résultats montrent que l’inclusion des personnes sourdes et malentendantes en milieu de travail ne passe pas uniquement par la communication « formelle » : les interactions sociales, y compris celles qui ne sont pas reliées à la tâche, sont tout aussi importantes. Or, si les technologies et les mesures d’accommodement facilitent la communication et l’accès à l’information, les travailleurs ayant une surdité se retrouvent souvent isolés et plusieurs ont renoncé aux interactions sociales en milieu de travail. Cette étude soulève la question de la responsabilité du travailleur avec une surdité versus celle du milieu de travail et met de nouveau en lumière l’importance de la sensibilisation en milieu de travail comme facilitateur de l’inclusion des travailleurs sourds et malentendants.

  • Communication orale
    Intervention et environnements capacitants : exemple d’un projet d’intervention ergonomique dans une entreprise adaptée
    Savanah Laurence (Université Laval)

    Falzon (2013) propose une vision de l’ergonomie reposant sur la mise en place d’interventions et d’environnements dits capacitants. Des éléments contributifs de ces situations capacitantes seront discutés à partir d’une intervention ergonomique réalisée pour une entreprise adaptée de Québec employant des travailleurs en situation de handicap.

    Un diagnostic ciblant les situations de travail critiques, du point de vue de la santé et de la sécurité des travailleurs, a été établi à partir de données recueillies via questionnaires, observations et entrevues. Un plan d’action comprenant trois projets de transformation a ensuite été proposé. Une démarche ergonomique de coconception a été développée pour soutenir la mise en place de ces transformations, incluant trois rencontres de type « remue-méninges » avec les travailleurs concernés, des simulations et des essais à partir de ces propositions coconstruites et des recommandations pour le futur.

    Les étapes de coconception ayant contribué à rendre l’intervention capacitante et ayant permis la mise en place d’un environnement dit capacitant, à partir de solutions avancées par les travailleurs et favorisant le maintien à l’emploi, seront présentées. Des pistes d’amélioration aux programmes de soutien aux entreprises adaptées, notamment au regard de la prise en compte de la capacité d’agir des travailleurs en situation de handicap dans l’amélioration de leurs conditions de travail, seront proposées.

  • Communication orale
    Analyse d’un dispositif de soutien à l’emploi des personnes ayant des incapacités. Le rôle des agents d’intégration du point de vue des travailleurs et des employeurs.
    Normand Boucher (Université Laval), Francis Charrier (Université Laval et CIRRIS), Marie Crevier (CIRRIS), Marie-Ève Schmouth (CIRRIS), Myreille St-Onge (Université Laval et CIRRIS)

    Les enjeux relatifs à l’intégration et au maintien en emploi des personnes ayant des incapacités révèlent l’existence de moments charnières requérant un changement de pratiques au sein de ce processus. L’instauration d’une nouvelle pratique a donné forme à un partenariat entre le Regroupement des organismes spécialisés pour l’emploi des personnes handicapées et notre équipe de recherche afin de réaliser une évaluation de cette pratique d’accompagnement de 3 populations ayant des incapacités considérées comme prioritaires par les autorités politiques: des personnes ayant un trouble de santé mentale, une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme. L’objectif général de ce partenariat porte sur l’évaluation de l’apport d’une nouvelle offre de service par des agents d’intégration dans les Services spécialisés de main d’œuvre personnes handicapées. Dans cette étude, des entretiens semi-dirigées ont réalisées auprès de travailleurs et d’employeurs afin de documenter l’apport des agents d’intégration lors de ces moments charnières. L’analyse qualitative révèle qu’ils constituent un apport significatif notamment en procédant à l’adaptation et en soutenant l’apprentissage des tâches de travail, prodiguant des consignes, outillant le travailleur ou encore effectuant de la sensibilisation au sein du milieu de travail quant à la problématique vécue. En conclusion, ces résultats jettent un éclairage nouveau à l’égard d’une problématique qui perdure depuis des années.


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Mot de clôture