L’approche du Scholarship of Teaching and Learning (SoTL), apparue au début des années 1990 dans la littérature (Boyer, 1990), entrevoit actuellement la recherche en enseignement comme une source de développement professionnel pour les professeurs de l’enseignement supérieur. C’est également une occasion de s’interroger sur l’enseignement et sur l’apprentissage dans une discipline en vue de favoriser le développement de connaissances et de compétences des étudiants. C’est aussi une occasion de valoriser l’enseignement au même titre que la recherche (Lison, 2013). Devant le nombre d’échecs ou d’abandons ou encore pour améliorer l’expérience étudiante, plusieurs établissements ont intégré l’approche SoTL dans leur politique institutionnelle, toujours dans le but d’améliorer la qualité de la formation.
En prenant du recul sur ces initiatives, il apparaît que l’implémentation d’une approche SoTL touche différents niveaux de la structure institutionnelle :
- Le niveau institutionnel : les politiques de recherche et d’enseignement des établissements d’enseignement supérieur se voient touchées par le souhait d’augmenter la qualité de la formation avec des innovations pédagogiques;
- Le niveau organisationnel : des actions (conférences, séminaires, accompagnement individuel ou d’équipe) sont menées dans des départements ou des facultés afin de sensibiliser la communauté enseignante à l’innovation pédagogique;
- Le niveau individuel : l’enseignant-chercheur met en place des « innovations pédagogiques » et se questionne sur les retombées de celles-ci en adoptant une posture de praticien-chercheur (Bédard, 2014).
Comment ces différents niveaux s’articulent-ils au sein d’un même établissement pour viser l’amélioration de la qualité? Comment gérer les tensions ou les paradoxes qui émergent selon les contextes? Considérant la stratégie d’hybridation mise en œuvre rapidement ces derniers mois, ces différents niveaux sont-ils envisageables en contexte d’urgence? Quelle reconnaissance individuelle ou collective y trouve-t-on?