Informations générales
Événement : 81e Congrès de l'Acfas
Type : Colloque
Section : Section 500 - Éducation
Description :Depuis quelques années, la pénurie de main-d’œuvre dans des secteurs reliés aux mathématiques, aux sciences, à l’ingénierie et aux technologies se fait sentir au Québec et ailleurs. Une étude sur l’évolution des effectifs étudiants universitaires (Sévigny et Deschênes, 2007) montre à ce propos que les filles délaissent particulièrement ces domaines depuis le début des années 2000. Selon plusieurs auteurs (Alaluf et al., 2003; Gaudet et Lapointe, 2008; Lafortune et Landry, 2008; Guay et Provencher, 2010; Fortier, 2008; Lafortune, 2010; Mujawamariya, 2010), ce problème de la relève scientifique chez les jeunes filles et les femmes en STIM serait attribuable à divers facteurs. Il prendrait d’ailleurs sa source dans cinq facteurs principaux, soit : 1) les pratiques enseignantes à tous les ordres scolaires; 2) la formation à l’enseignement à l’université; 3) la formation scientifique dans les disciplines rattachées aux STIM; 4) les politiques gouvernementales; 5) la collectivité comprenant les familles, les médias et la population en général.
Ces facteurs s’articulent autour de cinq axes, qui alimenteront notre réflexion et nos discussions dans le cadre du colloque.
Ce colloque de l'Affestim a pour thème "Les filles et les femmes en STIM : À qui la responsabilité?".
- Anne Roy (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
- Donatille Mujawamariya (Université d’Ottawa)
- Sylvie Fréchette (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
Programme
Les représentations des filles à l'égard des sciences et de la technologie
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Mot de bienvenue
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Synthèse des résultats de recherches de langue anglaise publiés depuis 2000 sur l'intérêt des filles à l'égard des sciences et de la technologieMarie-Hélène Bruyère (UQAM - Université du Québec à Montréal), Abdelkrim HASNI (UdeS - Université de Sherbrooke), Patrice POTVIN (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Cette communication présentera une synthèse d'une sélection d'articles de recherche de langue anglaise évalués par les pairs, publiés depuis l'année 2000, répertoriées sur ERIC et portant sur l'intérêt des filles pour les sciences et la technologie (S&T). Ces recherches permettent, entre autres, de mieux comprendre ce qui suscite l'intérêt des filles à l'égard des S&T et les pousse à poursuivre des études ou une carrière dans un domaine scientifique ou technologique. Les articles retenus, issus d'une banque de données plus large qui vise la réalisation d'une méta-analyse des études sur l'intérêt des jeunes à l'égard des S&T, ont été examinés à l'aide de grilles d'analyses développées et utilisées dans le cadre des travaux de la CRIJEST. Ils permettent de fournir des éléments de réponse à trois questions principales: 1) quelles sont les différences observées dans les contenus scolaires qui intéressent plus spécifiquement les filles ou les garçons?; 2) quels facteurs exercent une influence particulière dans l'émergence et le maintien de l'intérêt des filles pour les S&T?; et 3) quels sont les défis particuliers auxquels les filles doivent faire face durant leurs études en S&T? Les réponses apportées à ces questions par les recherches récentes favoriseront la mise en place éventuelle d'interventions plus efficaces pour favoriser l'émergence de l'intérêt des filles pour les S&T dès l'école primaire et de le maintenir au secondaire.
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« Moi, je n'ai pas de rôle à jouer » : enseignantes et enseignants face au choix de carrières et d'études postsecondaires des filles dans des domaines non traditionnelsClaire APOINTE (Université Laval), Jeanne d'Arc GAUDET (Université de Moncton), Donatille Mujawamariya (Université d’Ottawa)
Des études récentes mettent en évidence la faible participation des femmes dans les formations en sciences, mathématiques, génie et technologie (Mujawamariya et Sethna, 2005 ;Gaudet et Lapointe, 2001; AAWU, 2000 ; Cronin et Roger, 1999). Cependant, ces domaines jouent un rôle primordial dans les emplois de la nouvelle économie. Il nous apparaît important d'étudier les facteurs qui expliquent la persistance du peu d'implication des femmes dans ces domaines d'activité. Le projet s'inscrit dans le courant des recherches sur 1) la promotion en milieu scolaire des carrières faisant partie de la nouvelle économie, en particulier auprès des filles et 2) l'influence des intervenant.e.s scolaires dans les choix de carrières des filles.
Nous présenterons les résultats d'une étude menée en milieu francophone minoritaire (Nouveau Brunswick et Ontario) sur les facteurs qui influent sur le choix des carrières et d'études postsecondaires des filles dans les domaines dits non-traditionnels. Parmi ces facteurs, nous nous concentrerons sur l'influence de l'enseignant.e à travers des données d'entrevues semi-structurées recueillies auprès des enseignant.e.s de sciences du secondaire. Ces résultats révèlent qu'il y a encore des enseignant.e.s qui pensent qu'ils n'ont pas de rôle à jouer dans le choix de carrières ou d'études postsecondaires que font les filles. D'où la nécessité d'intégrer une composante sur les questions d'équité dans la formation initiale et continue des enseignant.e.s.
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Étude exploratoire sur les représentations des filles à l'égard des sciences et de la technologie au secondaireSophie Germain (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Ghislain Samson (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
Encore aujourd'hui, des positions diverses fusent quant à une problématique qui ne date pas d'hier : le manque d'intérêt des jeunes pour la S&T (GERSO, 2004 ; Lafortune et Solar, 2003 ; OCDE 2006 ; PISA 2006 ; Samson, 2011 et Toussaint, 2004). En ce sens, la présente recherche explore les représentations, les perceptions et les attitudes qu'entretiennent les filles à l'égard de la science et de la technologie, et plus particulièrement quant à leur choix de carrière.
De façon générale, la problématique dérive de plusieurs facteurs, tels les stéréotypes et croyances véhiculés par la société, la famille et l'école qui influencent de façon probante l'attitude des filles à l'égard de la S&T. Le projet de maîtrise s'est réalisé dans un établissement secondaire québécois non-mixte, en première et deuxième année du deuxième cycle.
Ainsi, suite à notre analyse, les éléments émergents semblent très positifs quant aux différents aspects traités, mais une sectorisation du choix de carrière est manifestement encore marquée par les métiers et professions traditionnellement féminins. Le domaine de la santé apparaît particulièrement intéressant pour les jeunes filles, du moins dans leurs intentions.
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Pause
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Comment « lire » les représentations des filles à l'égard des sciences et de la technologie?Brigitte LALIBERTÉ (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Ghislain Samson (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
Malgré l'avancée rapide des S&T et les perspectives d'avenir liées aux innovations dans les secteurs des STIM au Canada (Gouvernement du Canada, 2010) et partout dans le monde (Zappala, 2009), les femmes restent encore à l'écart du développement scientifique et technologique (UNESCO, 2012).
Plusieurs facteurs contribuent à forger (ou construire) les représentations des jeunes filles à l'égard de la science : les stéréotypes véhiculés par la famille, l'école et la société, les circonstances du milieu et de l'environnement (Lafortune et Solar, 2002), le neurosexisme et les croyances individuelles (Fine, 2011). Pour Samson (2011), la problématique soulevée ici ne serait pas une question d'aptitudes, mais plutôt d'attitudes face à l'enseignement-apprentissage des sciences, à l'image de la science dans notre société ainsi qu'aux connaissances scientifiques et techniques.
Afin de lire les représentations des filles à l'égard de la science, plusieurs instruments dont le test Dessine-moi un scientifique sont utilisés. La communication sera l'occasion de présenter des résultats provenant d'une thèse de doctorat récemment soutenue (Laliberté, 2012). Nous en profiterons également pour exposer de récents résultats de recherche sur les représentations des filles face à la technologie et à l'ingénierie. Prenant appui sur une récente recension des écrits, nous exposerons certaines recommandations et tenterons de répondre à la question soulevée par la thématique du colloque.
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Les femmes, l'ingénierie, les sciences et la passion!Claire DESCHESNES (Université Laval), Monique FRIZE (Institut de recherche de l'Hôpital d'Ottawa, Université d'Ottawa), Monique Frize (Carleton University)
Un sondage effectué en septembre et octobre 2010 a suscité 35 réponses, dont 25 jeunes femmes aux études de 1er cycle et 10 aux études supérieures; 31 étaient en ingénierie et 4 en science. Parmi les répondantes, 20/25 de celles en ingénierie choisiraient le même domaine si elles recommençaient leurs études. Seulement 16 participaient dans un groupe de femmes ou aux activités de ces groupes. Parmi les répondantes, 23 avaient eu un ou plusieurs mentors. La grande majorité se disait passionnée pour le domaine de leur choix. Elles avaient toutes des conseils excellents à donner aux jeunes du secondaire ou du CEGEP. La présentation fera l'analyse des résultats et apportera des recommandations, dont une visera les volontaires qui œuvrent au sein des groupes de femmes en science et en ingénierie afin d'augmenter la participation des jeunes femmes aux activités de leurs groupes.
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Dîner
Responsabilités de l'école, de la famille et de la société
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Les stratégies pédagogiques d'enseignantes du primaire en sciences, technologies, ingénierie et mathématiquesMarie-Eve CÔTÉ (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi), Diane Gauthier (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi), Marie-Eve Pedneault (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Dans le cadre de ce colloque, nous proposons de discuter de la formation scientifique des enseignantes du primaire en lien avec les stratégies pédagogiques déployées pour l'enseignement des disciplines associées aux STIM. Selon Mukamurera et Gingras (2005), la formation initiale des futurs maitres doit permettre de donner les outils nécessaires à l'exercice de la profession. En fait, selon Lafortune et Fennema (2003), ces enseignantes ont une formation scientifique plutôt élémentaire tant sur les concepts reliés à ces disciplines que sur la didactique même. D'autre part, il est mentionné par Saint-Jacques, Chené, Lessard et Riopel (2002) et le MELS (2006) que les enseignantes du primaire éprouvent un certain malaise à accorder une place significative aux contenus notionnels reliés aux STIM. Par ailleurs, il est prouvé que ce manque de confiance en elles risque d'engendrer une fragilité voire une certaine insécurité face à l'enseignement de ces disciplines au quotidien (Minier et Gauthier, 2006). Considérant que l'école est le premier lieu où les jeunes sont mis en contact de manière explicite avec les STIM (MEQ, 2001), il est pertinent de s'attarder aux stratégies pédagogiques mises en place par des enseignantes, dans un contexte de formation continue, afin de développer davantage leur rapport au savoir scientifique.
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De mère en fille : les femmes en STIM (Sciences, Technologie, Ingénierie et Mathématiques)Donatille Mujawamariya (Université d’Ottawa)
Notre proposition porte sur le phénomène du modèle maternel plus particulièrement en STIM. Prenant appui sur plusieurs études qui montrent que les parents jouent un rôle crucial dans le choix d'études et de carrière de leurs filles, nous avons invité des filles, des femmes et des mères en STIM à répondre par écrit à deux questions relatives à l'influence de la mère:
1) Vous êtes une fille, une femme en STIM, comment votre mère a-t-elle influencé votre choix?
2) Vous êtes une mère en STIM et votre fille (vos filles) font des études ou carrière en STIM, quelle influence avez-vous et/ou avez-vous eue sur votre fille/vos filles par rapport à leur choix d'études ou carrière? Il ressort des propos de ces femmes scientifiques et ingénieures les différentes façons tantôt explicites, tantôt implicites dont les mères usent pour influencer leurs filles à poursuivre des études et à faire carrière dans les domaines traditionnellement réservés aux hommes. En plus de dresser un portrait de celles à qui nous devons les femmes scientifiques et ingénieures d'aujourd'hui et la relève de demain, l'initiative vise à sensibiliser les mères à leur rôle et à les inciter à agir en conséquence. Ainsi lors de notre présentation, nous convierons les membres de l'audience à partager leurs expériences et points de vue respectifs quant au rôle de la mère dans le choix des études et carrières des filles en STIM.
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Une réflexion-bilan à propos de la responsabilité de la situation des femmes en mathématiquesLouise Lafortune (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
Cette communication propose une réflexion-bilan des actions associées à la situation des femmes en mathématiques depuis 1986. Il sera question du cheminement de MOIFEM (MOuvement International pour les Femmes et l'Enseignement des Mathématiques) en portant un regard particulier sur les actions visant à favoriser un intérêt pour les jeunes filles et les femmes pour les domaines à forte composante mathématique. Il sera également question du passage des mathématiques aux STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques). Des questions seront posées quant à la responsabilité de cette situation et des avancées réalisées.
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Pause
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Lier les sciences à l'éducation : redonner à la société?Liette Vasseur (Brock University)
Maîtriser les sciences requiert beaucoup de temps et de connaissances. Pour les étudiantes arrivant à l'université avec comme objectif de faire un double baccalauréat en éducation et en sciences, le défi est multiple : compétition pour les meilleures notes, balance des cours à suivre, cheminement en sciences, cheminement en éducation et demande du marché. Ces aspects sont surtout importants pour les femmes qui choisissent ce parcours, car elles doivent aussi briser le stéréotype que les femmes ne sont pas en sciences. L'objectif de cette étude est, d'une part, de mieux comprendre les enjeux des femmes qui choisissent ce parcours et, d'autre part, d'examiner avec elles les enjeux les plus importants auxquels elles pensent devoir faire face. Il est clair que la plupart sont très douées et réussissent avec grand succès en sciences. Alors pourquoi ne restent-elles pas en sciences? Les raisons sont diverses et elles sont explorées dans cette étude. Le besoin de servir la société est un facteur majeur. Le prestige est peu important pour elles. Perdons-nous ainsi un grand potentiel? Cela est à voir! Leur contribution en éducation pourrait être à la source de solutions. Leur contribution en éducation pourrait aider à amorcer des changements dans la perception des sciences si celles-ci en ont eu une bonne expérience.
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L'influence de la contextualisation d'exercices de physique mécanique sur la réponse émotionnelle : une piste pour expliquer la sous-représentativité des femmes, Patrick CHARLAND (UQAM - Université du Québec à Montréal), Martin Riopel (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Il est souvent évoqué que les cours de physique au niveau postsecondaire proposent aux étudiants des problèmes mis en contexte essentiellement par des expériences associées à la masculinité (ex: les objets techniques, les sports ou les activités militaires (Holme et al., 2003; Murphy, 1990; Srivastava, 1996). Conséquemment, il peut s'avérer plus difficile pour les femmes de dégager un sens et une utilité à l'apprentissage de la physique (Murphy & Whitelegg, 2006) et cela expliquerait en partie leur sous-représentativité. Cette recherche mesure la réponse émotionnelle (emotional arousal), notamment par activité électrodermale, d'étudiants réalisant des exercices de physique dont certains sont contextualisé de manière plus traditionnelle, alors que d'autres reflètent des intérêts plus humanistes (ex : applications médicales, environnement). Ces derniers contextes sont reconnus comme suscitant mieux l'intérêt des femmes (Duit et al.,1992;Hart, 2002;Hoffmann, 2002). Les résultats en cours d'analyse seront présentés dans la perspective de comparer la réponse émotionnelle selon le sexe et selon le type de contexte. La recherche vise à fournir des pistes de recommandations sur l'approche contextualisée en enseignement de la physique dans le but de favoriser une participation plus équitable entre hommes et femmes dans ce domaine. La communication permettra de présenter sous un angle novateur l'expérience d'apprentissage en physique à l'aide de données neuroaffectives.
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Géniales les filles! Un programme de sensibilisation des filles au secondaire et de leurs parents en OntarioValérie DAVIDSON (Université de Guelph), Catherine Mavriplis (Université d’Ottawa)
La présentation décrira et analysera le programme de sensibilisation auprès des jeunes filles du secondaire en Ontario, GÉNiales les filles! (Go Eng Girl), qui existe depuis 2005 et se déroule en octobre chaque année sur les 14 campus universitaires qui offrent des programmes de génie. L'appui du conseil des doyens de génie de l'Ontario (CODE) et des commanditaires industriels d'où proviennent les fonds pour couvrir les coûts chaque année est essentiel pour le recrutement des femmes aux programmes universitaires. Dans le cadre du thème du colloque, “Les filles et les femmes en STIM : à qui la responsabilité?” nous discuterons de l'engagement des divers partenaires envers ce programme et d'autres qui lui sont reliés.
Table ronde sur le thème du colloque
Synthèse de la journée
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À qui la responsabilité d'engager les filles et les femmes en STIM ?Sylvie FRÉCHETTE (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Anne Roy (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
Cette communication apportera une synthèse au colloque. Elle soulignera d'abord les différents constats émis concernant les responsabilités de la formation en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM). Elle tentera ensuite d'établir des pistes à suivre pour favoriser une meilleure participation des filles et des femmes dans le domaine des STIM.