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Informations générales

Événement : 91e Congrès de l'Acfas

Type : Colloque

Section : Enjeux de la recherche

Description :

La recherche partenariale féministe (RPF) est porteuse d’une double dimension : c’est un projet scientifique et un projet social de transformation des rapports de pouvoir et des expériences individuelles (Bayer, 2018; Courcy, 2021; Ollivier et Tremblay, 2000). Partant du postulat que les savoirs sont socialement, politiquement et historiquement situés et qu’ils induisent une compréhension spécifique des problématiques, la RPF met en relation les chercheuses avec des citoyen·ne·s, militant·e·s, praticien·ne·s et professionnel·le·s dans l’objectif de coconstruire des savoirs par, pour et avec les acteur·trice·s engagé·e·s dans la recherche.

Dans ce colloque, nous souhaitons mettre en dialogue les réflexions, théories et expériences en matière de RPF au sein de la Francophonie internationale. Nous explorons comment les contextes sociopolitiques, historiques et économiques qui caractérisent les différentes régions et pays francophones s’arriment à ce type de recherche et quelles en sont les modulations et particularités. Nous invitons ainsi les chercheur·se·s, expert·e·s et praticien·e·s du Québec et de l’international à dialoguer autour des enjeux suivants :

  • Quels sont les apports et les défis de la RPF dans les différentes régions de la Francophonie ? Quelles sont les incidences des contextes sur la définition de la recherche partenariale féministe, sur les processus de recherche associés, la recherche de financement pour la réaliser, la diffusion de ses résultats et sa reconnaissance ?
  • Comment la RPF prend-elle forme dans le cadre de projets nationaux et dans le cadre de projets internationaux ? Quelle est l’importance des enjeux intersectionnels et décoloniaux dans les démarches partenariales se déroulant dans des perspectives locales et internationales ?

Chaque session du colloque réunira des personnes issues de différentes régions de la Francophonie afin de permettre un dialogue riche ainsi que la rencontre et la confrontation constructive des idées.

Date :

Format : Sur place et en ligne

Responsables :

Programme

Communications orales

Conférence introductive

La recherche partenariale féministe (RPF) est porteuse d’une double dimension : c’est un projet scientifique et un projet social de transformation des rapports de pouvoir et des expériences individuelles (Bayer, 2018 ; Courcy, 2021; Ollivier et Tremblay, 2000). Elle permet de co-construire des savoirs par, pour et avec les acteur·trice·s de tout horizon engagé·e·s dans la recherche. Quelles sont ses particularités dans un contexte international? Comment se déploie-t-elle et selon quelles modalités au sein de la Francophonie? Quelles sont les incidences des contextes sociopolitique, historique et géographique sur ce type de recherche?

À titre de codirectrices de l'Observatoire francophone pour le développement inclusif par le genre (OFDIG), nous présentons dans cette communication introductive nos réflexions concernant les enjeux et les défis de ce type de recherche dans les contextes locaux et internationaux. Nous montrons de plus comment les projets partenariaux et féministes sont des leviers pour l'action et l'atteinte d'une meilleure égalité entre les femmes et les hommes dans la Francophonie.

Salle : FSS 10003 — Bâtiment : Pavillon des Sciences sociales (FSS)

Communications orales

Session 1 : Regards croisés sur les enjeux de la recherche partenariale féministe dans les contextes internationaux

Salle : FSS 10003 — Bâtiment : Pavillon des Sciences sociales (FSS)
  • Communication orale
    Les tendances innovantes et les perspectives éducatives émergentes de la recherche partenariale féministe : Cas du Maroc
    Omayma Achour (Université Mohammed V)

    Cet article appréhendera une analyse prospective inhérente à la recherche partenariale féministe au Maroc et les perspectives interdisciplinaires et interculturelles favorisant l'égalité de genre et l'amplification des voix féminines dans le processus de recherche. Dans un monde en constante évolution, l’université marocaine a investi dans l’innovation dans la recherche et l’importance de repenser la méthodologie éducative et le transfert des connaissances. A cet effet, la recherche partenariale féministe constitue un cadre novateur largement utilisé depuis les années 90 par les universitaires marocaines de la FSJES Agdal pour transcender les inerties, en mettant l'accent sur la transformation des permanences en opportunités pour les droits des femmes.

    Ce cadre de recherche permet une exploration des tendances innovantes du droit et des perspectives éducatives émergentes concernant les droits des femmes qui se concrétisent par le biais de diverses actions qui seront vues dans le cadre de cette communication. La recherche partenariale féministe permet de contribuer à la construction d’un avenir où les femmes prospèrent et jouent un rôle central, en tant qu’actrice de changement pour la construction d'une société plus égalitaire et inclusive.

  • Communication orale
    Vers une gestion de projet féministe: Équilibrer exigences, besoins et solidarité dans les partenariats Internationaux
    Coline Camier (Mission inclusion)

    Nous proposons d’explorer les dynamiques complexes et les défis propres à l'établissement de partenariats internationaux féministes, sur la forme (avec une gestion de projet féministe) comme sur le fond (appliquer une approche transformatrice pour s’attaquer aux racines des inégalités).

    Notre présentation examinera comment renforcer l'aspect féministe des partenariats, en équilibrant les exigences du secteur avec les besoins concrets des organisations féminines et/ou féministes. Nous critiquerons les processus de sélection des organisations, et l’enjeu d’établir des critères dits « de performance » pour des organisations issues du mouvement des femmes. Nous aborderons également les défis liés à la création d'un langage commun féministe qui soit à la fois authentique et inclusif et nous insisterons sur l'importance de l'application pratique des principes féministes. Nous prônerons pour une participation active des personnes visées par les projets, permettant des approches collaboratives enrichies par les connaissances locales, voire coconstruites. Appliquer des approches transformatrices en matière de genre demande beaucoup de dialogue et d’adaptation. La construction de la confiance et de la solidarité entre partenaires est cruciale et demande une vigilance constante. L'approche féministe possède un pouvoir exponentiel lorsqu'elle est pleinement intégrée et vécue au sein des partenariats, soulignant que le processus est tout aussi important que le résultat.

  • Communication orale
    Des principes à la pratique : Enjeux et potentialités des partenariats entre organisations de coopération internationale et institutions académiques
    Julie Théroux-Séguin (Centre d'Études et de Coopération Internationale)

    Depuis 65 ans, le CECI, acteur engagé contre la pauvreté, l'exclusion et les inégalités, se distingue par ses projets en Afrique, en Asie et dans les Amériques, axés sur les droits des femmes, l’égalité des genres et le soutien aux mouvements des femmes. Au sein de ses projets, le CECI collabore étroitement avec des organisations de femmes partenaires et des chercheurs-euses des Suds pour mener des études et des recherches. Engagé pour la transformation des rapports de pouvoir, le CECI a élaboré des principes novateurs pour guider ses recherches et ses partenariats pour une co-construction intersectionnelle et décoloniale des savoirs.

    Cette communication permettra de dévoiler ces principes tout en offrant un éclairage sur leur concrétisation à travers trois exemples inspirants issus de recherches menées en Haïti, en Afrique de l’Ouest (Sénégal et Burkina Faso), et dans les Grands Lacs Africains (Rwanda, Burundi, RDC). Le CECI a joué un rôle clé dans ces recherches en catalysant le croisement des savoirs et en amplifiant la voix des communautés pour une analyse conjointe non-extractive.

    En plus de s’appuyer sur des exemples concrets, la communication mettra en lumière certains des défis rencontrés dans la mise en œuvre des recherches et des pistes de solutions, des enjeux et des potentialités spécifiques à ces partenariats entre organisations de coopération internationale et institutions académiques, du Canada et des Suds.


Communications orales

Table ronde : Regards étudiants sur la recherche intervention, partenariale et collaborative aux cycles supérieurs

Salle : FSS 10003 — Bâtiment : Pavillon des Sciences sociales (FSS)
  • Communication orale
    Enjeux du partage et de l'utilisation des résultats de recherche participative
    Lucie Leledi (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    La recherche participative se distingue par la participation active des parties prenantes dans le processus de recherche. Le partage et l'utilisation des résultats de la recherche participative constituent un élément essentiel pour maximiser l'impact de la recherche et contribuer à l’amélioration des pratiques et les politiques dans l’organisation.

    Cependant, cette collaboration soulève des questions éthiques concernant le partage et l’utilisation des résultats. Quels sont les risques que peuvent représenter la diffusion de ces résultats ? L'éthique est fondamentale pour garantir que le partage et l'utilisation des résultats de la recherche participative contribuent à un changement positif et respectueux des droits de tous.

    En identifiants les enjeux, notamment l’atteinte à la confidentialité et à l'anonymat des participants, la manipulation et l'exploitation des résultats à des fins malveillantes et autres impact négatif sur les participants et les communautés, les chercheurs et les parties prenantes peuvent contribuer à une utilisation juste et équitable des connaissances produites et à la promotion d'une recherche participative éthique et responsable.

  • Communication orale
    L’ambiguïté et la nécessité d’être flexible dans la recherche partenariale
    Julien Normandeau (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Puisque les recherches partenariales essaient d’instaurer un lien plus intime avec le milieu que dans les recherches « classiques », les étudiant.e.s doivent tenter de mettre en place (et entretenir) une certaine ouverture avec les acteurs du milieu (Merini, 2016, p. 181‑182). De plus, comme la recherche partenariale comprend un souci de (re)valorisation et de (re)légitimation des savoirs pluriels, le statut hiérarchique des chercheur.se.s doit être problématisé d’emblée (Bonny, 2015, p. 36‑38 ; Courcy et al., 2019, p. 297‑299). Aussi, dans les formes de recherches comprenant une plus grande proportion d’interventions concrètes, il y a un équilibre entre les objectifs de changements du milieu et ceux de production de connaissances qui doit être pris en compte (Merini, 2016, p. 185‑186).

    Ces questionnements et négociations, même s’ils ne sont pas spécifiques à la recherche participative, sont néanmoins des enjeux centraux dans celle-ci. Ce genre de relation semble indiquer la nécessité d’une compétence d’adaptation chez les étudiant.e.s s’adonnant à ce genre de recherche. Ainsi, je m’intéresserai à l’ambiguïté et à la négociation pour ma participation à cette table ronde.

  • Communication orale
    L’enjeu de coordination des communications entre les différents acteurs de la recherche
    Sarah Naciri (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Sur la question des enjeux et défis rencontrés par les étudiants dans le cadre d'une recherche intervention, j’aborderai les difficultés liées à la communication entre les acteurs du projet. En effet, afin de répondre aux besoins et attentes de toutes les parties prenantes de la recherche, la planification des communications est essentielle. Dans le processus de co-construction, cela permet aux personnes investies d’ajuster en permanence les attentes communes avec les objectifs de la recherche, ce qui nécessite une validation constante. Cette organisation préalable prend en compte les moyens de communication : s’agit-il de rencontres en personne, d’appels téléphoniques, de messages, de courriels, ou encore de réunions vidéo à distance ? Mais également la fréquence des communications : une fois toutes les deux semaines, une fois par mois, selon les objectifs de la mission assignés à l’étudiants, etc. Enfin, la planification comprend le contenu des communications : qu’est-ce qui est discuté lors des échanges ? Ainsi, une telle organisation permet d’ajuster les visées du projet, d’anticiper les incompréhensions, et de faciliter les négociations. Aussi, la planification des communications vise à établir un consensus quant à la compréhension des tâches confiées à l’ensemble des acteurs de la recherche intervention, évitant ainsi les frustrations liées au manque de compréhension des missions.

  • Communication orale
    Injustices épistémiques pour les étudiant.e.s au sein des milieux professionnels
    Sunny Mélissa Gabriel (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    À l'occasion de la table ronde sur les enjeux de la recherche partenariale pour les étudiant.e.s de cycles supérieurs, prévue le 14 mai prochain, je souhaite mettre en lumière les enjeux des injustices épistémiques rencontrées par ces dernier.e.s dans le milieu professionnel. Ces injustices, définies comme des inégalités dans l'accès, la valorisation, et la création de savoirs, sont perpétuées par des systèmes d'oppression influençant profondément les interactions sociales (Bourassa-Dansereau, 2023). Ainsi, l'objectif de cette table ronde sera de dresser un comparatif entre les constats de la littérature et les résultats obtenus à travers ma recherche, en mettant un accent particulier sur les formes courantes d'injustices épistémiques au sein du milieu professionnel, leurs impacts sur les étudiant.e.s, et les divergences ou convergences avec la littérature existante. Pour ce faire, la méthodologie utilisée comprendra des entretiens semi-directifs et une revue de littérature scientifique, visant à recueillir des témoignages d'étudiant.e.s et à les contextualiser au sein du discours académique actuel. Finalement, j’espère pouvoir nourrir la réflexion parmi les participant.e.s lors de cette table ronde et enrichir le dialogue sur cet enjeu crucial.

  • Communication orale
    Exploration des liens entre les milieux partenariaux et les étudiant.e.s chercheur.e.s
    Camila Goytisolo (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Les recherches partenariales se démarquent par des recherches dites « classiques » par leur reconnaissance accrue du partage des savoirs croisés et adoptent une vision de la recherche en tant que « processus ouvert et indéterminé » (Morrissette, 2013, p. 47). Cependant, il est essentiel de noter l’absence de consensus sur la définition précise de ce type de recherche, avec des conceptions variées au fil des années (Bonny, 2015; Morrissette, 2013).

    Notre recherche vise à documenter les enjeux et défis rencontrés par les étudiant.e.s engagé.e.s dans ce type de recherche. Il me paraît pertinent de souligner que peu ou pas de recherches actuelles explorent le vécu de ces dernier.e.s. Ainsi, lors du congrès de l’ACFAS 2024, je souhaite présenter une partie de nos constats, en mettant particulièrement l’accent sur le lien entre le milieu et les étudiant.e.s chercheur.e.s. Ces éléments sont cruciaux pour comprendre comment ces dernier.e.s vivent et façonnent leur expérience de recherche participative.

    En partageant ce qui ressort de notre recherche, on espère enrichir le dialogue sur la recherche partenariale, favoriser des échanges dynamiques tout en suscitant des réflexions constructives.


Dîner

Dîner

Salle : FSS 10003 — Bâtiment : Pavillon des Sciences sociales (FSS)

Communications orales

Session 2 : Regards croisés sur les apports et défis de la recherche partenariale féministe dans la Francophonie : expériences terrain

Salle : FSS 10003 — Bâtiment : Pavillon des Sciences sociales (FSS)
Présidence : Eve-Marie Lampron (UQAM - Université du Québec à Montréal)
  • Communication orale
    La recherche partenariale féministe en francophonie pour s’élever et prospérer ensemble : Cas de l’ISTEAH
    Kerline Joseph (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    En naissant et en évoluant dans un environnement restrictif, un individu est susceptible de le concevoir comme une normalité, une réalité incontournable. Il n’en demeure pas moins que ce qui est construit sur des bases inégalitaires peut être déconstruit, en confrontant la réalité imposée, en procédant à la déconstruction sociale efficace et durable des stéréotypes, des préjugés et des discours dominants limitants.

    Par exemple, en Haïti, l’institut des sciences, des technologies et des études avancées d’Haïti a créé la Chaire UNESCO femmes et sciences pour le développement en Haïti pour faciliter notamment la mutualisation des connaissances, des acquis et des expertises, afin de paver la voie vers une pleine jouissance pour les filles d’Haïti à l'égalité du pouvoir et du savoir, dans un contexte de mondialisation.

    Dans le cadre de cette présentation et dans un esprit de re-construction sociale basée sur la justice, l’équité, l’inclusion, l’égalité des chances, des choix et des capacités, nous analyserons le potentiel de la recherche partenariale féministe en francophonie à être une voie idoine pour faciliter à toutes les femmes de s’élever et de prospérer ensemble. Nous nous questionnerons aussi sur les manières dont la recherche partenariale féministe en francophonie peut soutenir et être utilisée au sein de diverses structures et pour outiller les femmes de toutes origines.

  • Communication orale
    Réflexions sur l'inclusivité et l'accessibilité de recherches portant sur des communautés marginalisées
    Léo Lefebvre (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Dans le cadre d'une recherche précédente sur les migrations queers québécoises, j’ai eu la chance de mettre en lumière quelques-unes des dynamiques complexes et intersectionnelles qui sous-tendent les mouvements d’exodes ruraux des personnes LGBTQIAP2S+ âgées d’entre 18 et 30 ans au Québec. Mes entretiens avec huit participant.e.s m’ont permis de trouver des éléments réponses quant aux motivations profondes derrière ces déplacements, allant de la recherche de communautés plus inclusives à l'accès à des services appropriés. Cependant, au-delà de ces conclusions, cette recherche a suscité en moi une réflexion sur l'essence même de l'impact de la recherche académique.

    En effet, quelle est la pertinence réelle de nos productions si les connaissances qui en découlent ne parviennent pas aux communautés ciblées? Cette remise en question soulève des préoccupations éthiques fondamentales sur l'inclusivité et l'accessibilité de nos travaux de recherche. Comment pouvons-nous garantir que nos efforts de recherche ne se limitent pas à des publications académiques, mais qu'ils bénéficient réellement aux communautés que nous cherchons à comprendre et à soutenir ? Cette réflexion nous invite donc à repenser nos pratiques en tant que chercheurs et chercheuses engagé.e.s dans la promotion du changement social et de la justice, afin de se demander si nos travaux contribuent à l'autonomisation et à l'émancipation des groupes marginalisés (Ahmed, 2012; Harding, 1986; Hooks, 1984; Kafer, 2013).

  • Communication orale
    Regard réflexif sur ma démarche de recherche participative féministe au doctorat : entre expérimentations fructueuses et apprentissages importants
    Marianne Théberge-Guyon (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    À travers cette communication, je propose de porter un regard réflexif sur l’approche partenariale féministe employée dans le cadre de ma thèse. Ayant pour objectif de faire ressortir, valoriser et reconnaître les formes que peuvent prendre les relations sociales et l’expérience de la solitude chez des femmes âgées vivant au Québec et possédant un historique migratoire, ma recherche s’est composée d’un dispositif méthodologique en quatre temps alliant l’approche qualitative à l’arts based research. Mon expérience s’est construite d’expérimentations fructueuses comme d’apprentissages importants quant aux conditions favorables au déploiement d’une recherche participative féministe. Cette communication abordera les défis rencontrés, à commencer par la tenue du terrain de recherche en contexte pandémique et la complexité de créer un dispositif de participation à distance. Il sera également question des obstacles au recrutement des partenaires ainsi que du statut d’étudiante-chercheuse, lequel peut parfois avoir une incidence sur la crédibilité perçue de la démarche. Je ferai par ailleurs état des apports non-négligeables associés à l’emploi d’une démarche participative à savoir ; l’aplanissement des rapports de pouvoir entre les parties concernées, la reconnaissance et l’inclusion des savoirs expérientiels des partenaires, l’établissement d’une réciprocité des apports de la collaboration ainsi que le rapprochement du monde de la recherche et du monde de la pratique.


Communications orales

Session 3 : Regards croisés sur les enjeux intersectionnels et décoloniaux de la recherche partenariale féministe

Salle : FSS 10003 — Bâtiment : Pavillon des Sciences sociales (FSS)
  • Communication orale
    Contrer le paradigme de l’ignorance et l’extractivisme intellectuel : l’expérience de MOUKA.ht
    Denyse Côté (UQO - Université du Québec en Outaouais)

    Les visions du monde sont propres à une société, à une époque ainsi qu’à des groupes sociaux particuliers; il en va de même pour les savoirs et théories féministes (Harding, 2004). Les paradigmes occidentalo-centristes, libéraux, pluralistes et modernisateurs qui dominent encore l’intervention internationale (Conway 2017) servent trop souvent de paravent bloquant la circulation des données issues et produites par le Sud global. Ainsi, les savoirs des femmes du Sud ont été colonisés par la modernité occidentale. Car, encadrée par des règles formelles de disciplines, la recherche universitaire est innervée de paradigmes scientifiques construisant l’Autre idéologiquement et re-contextualisent cette construction pour le discours public occidental par le biais des médias (Smith 2008).

    Pour contrer les ressorts de la production de mécanismes sexistes et occidentalo-centristes oblitérant les femmes et les groupes féministes du Sud, cette communication présentera une expérience de mise à disposition virtuelle de données produites par et sur les femmes et les droits des femmes haïtiennes : MOUKA.ht. Particulièrement visées par les différentes crises qui secouent Haïti, il devient plus urgent que jamais de regrouper l’information produite par et sur les femmes haïtiennes pour mieux connaître et comprendre, tout en facilitant le partage des savoirs, des publications ainsi que l’archivage de production haïtiennes difficilement accessibles.

  • Communication orale
    La recherche partenariale : un outil de renforcement des collectivités féministes du Québec
    Eve-Marie Lampron (UQAM - Université du Québec à Montréal), Marianne Théberge-Guyon (UQAM - Service aux collectivités)

    Depuis plus de 40 ans, le Service aux collectivités de l’UQAM et son Protocole UQAM/Relais-femmes favorisent la réponse aux besoins des groupes sociaux porteurs de besoins collectifs du Québec. C’est par le truchement d’une alliance explicite entre l'institution et des groupes féministes ou LGBTQIA2E+ qu’ont émergé plusieurs projets de recherche ou formation, porteurs de transformations sociales et menés en coconstruction entre les milieux universitaires et de pratique. Cette communication abordera les ressources institutionnelles mises à disposition, les modus operandi et les retombées de plusieurs projets partenariaux s’étant déroulés au cours des dernières années, retombées se déclinant tant à l’échelle sociopolitique qu’au niveau des réseaux d’engagement des individus et des collectivités. La présentation abordera également les spécificités des groupes féministes rejoints et ceux qui peuvent parfois demeurer dans l’angle-mort, ainsi que les moyens déployés afin de susciter de nouvelles collaborations par, pour et avec les collectivités réunissant des femme·x·s aux marges. Nous conclurons par le rayonnement national et international de l’approche du Service aux collectivités – centrée sur la réponse aux besoins d’abord formulés par les groupes et sur l’interdépendance des savoirs scientifiques, terrain et expérientiels – et par le survol de certaines initiatives qui s'en inspirent.

  • Communication orale
    La voix des jeunes Innues d’Uashat mak Mani-utenam et l’intérêt de l’enfant : une recherche participative communautaire par et pour les premiers concernés
    Fanny Jolicoeur (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    La volonté des Premières Nations d’assurer elles-mêmes la gouvernance de leurs institutions s’observe sur divers terrains et celui de la protection de la jeunesse n’y fait pas exception. Centrale dans ce domaine, la notion « d’intérêt supérieur de l’enfant » est au cœur des décisions qui sont prises pour ces enfants. Dans cette recherche participative communautaire, nous avons accompagné un groupe de jeunes Innues de la communauté d’Uashat-mak Mani-utenam, laquelle est à se doter de son propre système de protection de l’enfance et de la famille. Bien que l’intérêt de l’enfant autochtone commence peu à peu à se faire connaître dans les milieux sociaux et juridiques, la conception que s’en font les enfants autochtones n’a, à notre connaissance, jamais été étudiée. Or, la participation de mineur.e.s à l’élaboration de politiques publiques pose des défis méthodologiques, et demande une sensibilité particulière en contexte autochtone. Nous verrons dans cette communication comment la méthodologie choisie a permis aux jeunes filles de dégager une conception de l’intérêt de l’enfant qui représente la vision singulière qu’elles en ont. Si la voix des jeunes promet d’être au cœur de cette présentation, nous traiterons également de l’importance des relations de confiance établies avec les partenaires Innues dans la réussite de ce terrain de recherche en illustrant, par la même occasion, son caractère féministe.