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Informations générales

Événement : 90e Congrès de l'Acfas

Type : Colloque

Section : Section 600 - Colloques multisectoriels

Description :

Avant la Convention sur la diversité biologique tenue en 1992 à Rio, les efforts de conservation déployés à l’international pour préserver les écosystèmes étaient principalement axés sur une approche de conservation stricte réalisée en terres publiques sur de larges superficies. La Convention a permis de souligner les limites d’une telle approche, notamment les difficultés à préserver la biodiversité en terres privées ainsi que les enjeux sociaux en résultant. Les pays engagés dans la Convention ont depuis revisité leurs objectifs et ajusté leurs actions continuellement, menant à la 15e Conférence des Parties (COP15) tenue en deux phases en 2022, à Kumming (Chine) et à Montréal (Canada).

Malgré l’engagement d’un grand nombre de pays, dont le Canada, en faveur de la Convention, la mise en place de mesures de conservation demeure difficile à l’échelle régionale pour diverses raisons. D’une part, les rapports entretenus avec la biodiversité par les divers acteurs concernés varient en fonction du contexte socioéconomique, biophysique et culturel. D’autre part, les connaissances, les perceptions, les intérêts personnels et collectifs influent, à leur façon, sur l’acceptabilité sociale et les succès des mesures de conservation. Cela entraîne des représentations sociales de la biodiversité très variées et parfois divergentes, et, par conséquent, un certain désengagement politique et civil à l’égard de celle-ci. Dans ce contexte, nous posons la question : comment redéfinir nos rapports à la biodiversité et la considérer dans les efforts d’aménagement du territoire ?

Nous proposons d’explorer cette question par la tenue d’un colloque qui permettra d’explorer le thème de la conservation de la biodiversité grâce à des connaissances théoriques et empiriques. De plus, il permettra de réunir des expertises complémentaires afin de présenter différentes perspectives sur les efforts de conservation de la biodiversité à différentes échelles territoriales. Grâce à une formule combinant des présentations de conférenciers, entrecoupées d’une activité de discussion en atelier, nous encouragerons les participants à approfondir leurs réflexions quant aux rapports qu’entretient la société avec la biodiversité. Ces discussions permettront de souligner le caractère intersectoriel de la conservation qui, en terres privées, passe forcément par un aménagement durable du territoire, tout en mettant en lumière comment la perception de la biodiversité influence nos façons d’appréhender la conservation. Avec un regard rivé sur la COP15, nous aborderons les notions de droit, de justice environnementale, de conservation de la nature, d’acceptabilité sociale et d’aménagement du territoire pour la protection de la biodiversité et l’atteinte des objectifs de développement durable des Nations Unies. Nous valoriserons ainsi la vulgarisation, l’intégration et le transfert de connaissances, notamment en encourageant l’ouverture au dialogue.

Remerciements :

Nous remercions le MELCCFP et le Centre de la science de la biodiversité du Québec (CSBQ), financé par le FRQNT, pour leur soutien financier permettant de mettre en oeuvre les activités de CESCO, ainsi que la Chaire de recherche du Canada en économie écologique, le CRSNG, et une fois encore, le MELCCFP, pour leur soutien financier accordé aux étudiants de l'URGENCSE.

Date :

Format : Sur place et en ligne

Responsables : Partenaires :

Programme

Communications orales

Mot de bienvenue

Bienvenue au colloque CESCO-URGENCSE !

Salle : B-3270 — Bâtiment : Université de Montréal - Jean-Brillant

Communications orales

Bloc 1 — Regard sur la COP15, ses implications à l’international et ses applications au niveau régional

À la suite de la COP15 qui s’est conclue en décembre dernier à Montréal, nous ferons un retour sur les implications de ses conclusions au niveau international comme national. Nous inviterons à cette fin des conférencières et conférenciers de la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa, et du MELCCFP afin d’en comprendre les implications d’un point de vue juridique, et les responsabilités gouvernementales comme entrepreneuriales.

Salle : B-3270 — Bâtiment : Université de Montréal - Jean-Brillant
  • Communication orale
    La COP15 : un succès diplomatique… dont tout reste à confirmer
    Thomas Burelli

    Depuis son adoption en 1992, la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (CDB) a permis aux États parties de travailler conjointement à l’élaboration de cadres et d’objectifs visant à freiner la perte de biodiversité à l’échelle de la planète. La dernière Conférence des Parties en date - la COP15 - a vu les États adopter un nouveau cadre mondial pour la protection de la biodiversité. Ce cadre, adopté avec deux ans de retard, fixe des objectifs ambitieux, par exemple celui visant à protéger 30% des espaces terrestres, des eaux intérieures, des espaces côtiers et des zones marines. Dans le cadre de sa présentation, M. Burelli brossera un portrait général de la COP15, des décisions adoptées et des obligations légales qui découlent de cette initiative pour les États parties. Le rôle et l’engagement du Canada durant la COP15 seront également présentés. Finalement, les perspectives de mises en œuvre du cadre mondial pour la biodiversité en particulier au Canada seront abordées.

  • Communication orale
    La COP15 et la responsabilisation des entreprises privées
    Lynda Hubert Ta (Université d’Ottawa)

    La COP15, soit la 15e conférence des parties à la Convention des Nations unies sur la diversité biologique, s’est terminée en décembre dernier à Montréal. 23 objectifs en sont ressortis, aboutissant à l’adoption dite «historique» d’un cadre visant à protéger au moins 30 % des zones terrestres et marines d’ici 2030. Le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal guidera ainsi les efforts mondiaux en matière de conservation et d’utilisation durable de la biodiversité pour les huit prochaines années. La COP15 a également donné lieu à une mobilisation sans précédent des entreprises. Pour la première fois dans une COP sur la biodiversité, de nombreux événements et espaces leur ont été dédiés avec une participation record. Les représentants d’entreprises présents se sont déclarés en faveur de l’adoption de la Cible 15 du cadre, reconnaissant de ce fait les limites des mécanismes volontaires et la nécessité de la régulation étatique pour résoudre la crise de la biodiversité. Nous explorerons dans cette présentation non seulement ce que le Cadre mondial issu de la COP15 représente pour les gouvernements du monde, mais également pour ces entreprises qui se disent prêtes à faire partie du changement.

  • Communication orale
    De la COP15 aux objectifs de conservation dans le Sud du Québec
    Marc-André Bouchard (Ministère Environnement)

    Dans le cadre de la COP15, le Québec a partagé sur la scène internationale ses engagements à l’égard de la biodiversité de son territoire et notamment au regard de la conservation des milieux naturels. Le Gouvernement du Québec s’est engagé à attendre la prochaine cible mondiale de conservation de 30 % de son territoire, terrestre, d’eaux douces et marin, d’ici 2030. Des engagements aussi ambitieux nécessiteront la mise en place de projets de conservation dans le sud du Québec où les milieux naturels se font plus rares, sont particulièrement fragmentés, sont davantage menacés, et ce, tout en étant les milieux les plus riches en biodiversité. En somme, la conservation des milieux naturels au sud du Québec s’avère être un défi d’une envergure jamais vu dans l’histoire du Québec. Afin de de relever ce défi, le MELCCFP privilégie une approche de développement en collaboration avec les différents intervenants du territoire, notamment avec le milieu municipal et les organismes de conservation, qui possèdent tous deux des expertises et expériences pertinentes. L’ensemble des outils légaux seront mis à contribution pour y arriver. Cette présentation brossera un portrait territorial du sud du Québec au regard des objectifs de conservation des milieux naturels. La présentation exposera les principaux défis, les formes de collaboration ainsi que les outils et stratégies à envisager pour réaliser la mise en place d’un réseau de conservation des milieux naturels dans le sud du Québec.


Communications orales

Bloc 2 — La mise en place de projets de conservation et les aménagements durables du territoire

Des exemples locaux de mise en place de projets de conservation seront présentés ici par des représentants d’organismes de conservation ayant pris une part active dans la protection de milieux naturels. Ce bloc permettra donc d’illustrer les différentes échelles en ce qui concerne la réalité terrain pour la mise en place de projets de conservation et de les contraster avec le volet international abordé à la COP15.

Salle : B-3270 — Bâtiment : Université de Montréal - Jean-Brillant
  • Communication orale
    Les corridors écologiques, réseaux structurants pour la conservation
    Kateri Monticone (CNC - Conservation de la nature Canada)

    Les corridors écologiques sont des passages terrestres ou aquatiques qui permettent de connecter des espaces naturels entre eux. Non seulement ils supportent le déplacement et la survie de multiples espèces sur le territoire québécois, mais ils assurent également la résilience de divers écosystèmes face aux changements climatiques ainsi que la durabilité à long terme des projets de conservation. Plusieurs projets de corridors écologiques existent au Québec en milieux agricoles, forestiers, urbains et même aquatiques. La mise en place de ces réseaux répond à divers objectifs internationaux, tels les 2e et 3e Objectifs de Kunming-Montréal. Par l’Initiative québécoise de corridors écologiques (IQCÉ), Conservation de la nature Canada (CNC) et ses partenaires chapeautent des projets de corridors écologiques dans le Sud du Québec. Cette présentation illustrera ainsi de façon exhaustive la démarche et les partenariats de l’IQCÉ sur le territoire québécois.

  • Communication orale
    Des corridors aux espèces
    Genevieve Poirier-Ghys (Connexion Nature)

    En partant des grands mammifères (caribous, orignaux…) au plus petit des pollinisateurs (abeilles indigènes, papillons…) en passant par la dispersion des végétaux, plusieurs espèces bénéficient des corridors écologiques pour avoir accès à l’entièreté de leur habitat. En effet, pour répondre à leurs besoins physiologiques, elles occupent parfois différents milieux d’un même territoire. Au Québec, les grandes infrastructures, comme les réseaux routiers, ont fragmenté le paysage, limitant le déplacement de ces espèces en plus de présenter des dangers pour les usagers du territoire. Les actions de Connexion Nature en Montérégie et au Mont Saint-Hilaire, qui feront l’objet de cette présentation, permettent de mieux saisir les enjeux liés aux corridors écologiques et les parties prenantes dans ces enjeux territoriaux. L’importance de l’implication des communautés dans l’aménagement des corridors écologiques permettant de rétablir les liens entre le territoire et les espèces sera mise en lumière.

  • Communication orale
    L’analyse des processus de cadrage d’un conflit de conservation : un regard pluriel sur la cohabitation agriculture-faune au lac Saint-Pierre
    Ann Lévesque (UQO - Université du Québec en Outaouais)

    Cette présentation offre un condensé de mes résultats d’études doctorales portant sur le rôle du pluralisme épistémologique dans l’étude des conflits de conservation. Sans vouloir remettre en cause les consensus scientifiques, cette approche s'interroge sur la place de la science pour répondre aux enjeux environnementaux actuels. En effet, les problèmes environnementaux sont souvent multifactoriels et nécessitent non seulement l’apport des scientifiques, mais aussi l’intégration de différents systèmes de connaissance et des préoccupations/préférences citoyennes pour obtenir une meilleure compréhension des problèmes et des stratégies possibles pour les traiter. Durant ma thèse, j’ai analysé les effets du cadrage d’un problème multifactoriel à travers une approche mixte. Le cadrage réfère à l’action de rendre certains aspects d’un phénomène plus visible ou remarquable. Pour y arriver, je me suis penchée sur une étude de cas portant sur les enjeux de cohabitation agriculture-faune au lac Saint-Pierre. Les résultats de ma recherche montrent l’utilité du cadrage pour engendrer des actions, mais aussi les répercussions qu’un tel cadrage génère sur les acteurs du milieu. Pour finir, l’inclusion du pluralisme épistémologique permet d’accroitre la compréhension du problème, de sensibiliser les parties prenantes sur les réalités de chacun, d’accroitre la gamme d’options possibles pour atteindre des gains environnementaux et soutenir l’atteinte d’une meilleure équité entre les parties.


Dîner

Dîner

Salle : B-3270 — Bâtiment : Université de Montréal - Jean-Brillant

Panel / Atelier

Bloc 3 — Atelier sur les perceptions sociales de la biodiversité et du territoire

Animé par Marie Saydeh, Parlvedee Dassachetty et Felipe Moreira, cet atelier a pour objectif d’engager la discussion quant à l’impact des cadres cognitifs sur les actions publiques de protection de la biodiversité. Il sera question d’aborder en quoi les perceptions et les représentations sociales de la biodiversité, tels que ressentis par les acteurs de l'aménagement et de la gestion du territoire, orientent les prises de décision ainsi que les pratiques de conservation, et cela, autant à des échelles locales que régionales. Pour amorcer la discussion, le sujet sera de prime abord présenté par les animateurs. Ensuite, les participants seront divisés par groupes de réflexion autour d’un thème donné par les animateurs. Enfin, un retour en grand groupe permettra de comparer les réflexions partagées durant l’atelier.

Salle : B-3270 — Bâtiment : Université de Montréal - Jean-Brillant

Communications orales

Bloc 4 — L’acceptabilité sociale, la justice environnementale et les aspects relationnels de la conservation

Suivant les tables rondes sur les perceptions sociales de la biodiversité, ce bloc présentera les recherches effectuées par trois membres de CESCO, soit une étudiante à la maîtrise et deux stagiaires postdoctoraux, et portant sur les perceptions des mesures de conservation, l’acceptabilité sociale de celles-ci, les notions de justice environnement, et le capital social pour faire face aux défis d’échelle.

Salle : B-3270 — Bâtiment : Université de Montréal - Jean-Brillant
  • Communication orale
    Valeur-Croyance-Norme. Explorer les effets des antécédents socio-psychologiques sur le comportement environnemental des propriétaires privés
    Juliette Vélu (UQO - Université du Québec en Outaouais)

    Les objectifs et pratiques de conservation sont souvent contestés pour leur manque de considération de la dimension profondément humaine de l’utilisation et de l’occupation du territoire. Avec des terres publiques qui ne suffisent plus à enrayer la dégradation des habitats naturels, l’aménagement des terres privées se retrouve au centre de tous les espoirs mais aussi de toutes les préoccupations en matière de conservation. Face aux réticences de conservation chez certains propriétaires de terres privées, il existe une certaine volonté chez les acteurs gouvernementaux d’identifier les facteurs influençant l’adoption de comportements facilitant la préservation d’espèces menacées et vulnérables. Adoptant une approche socio-écologique, le projet de maîtrise qui fera l’objet de cette présentation se penche sur 1) les pratiques et comportements qui menacent et favorisent la résilience et la survie des populations de tortues d’eau douce en terres privées, et 2) les facteurs socio-psychologiques (valeurs, croyances et normes morales et sociales) qui encouragent la conservation des tortues d’eau douce et leurs habitats chez les propriétaires privés.

  • Communication orale
    Les mesures de conservation sont-elles justes ou injustes aux yeux des propriétaires fonciers? Le cas du sud du Québec
    Adriana Aguilar-Melo (UQO - Université du Québec en Outaouais)

    La nécessité de renforcer l'action en faveur de la conservation de la biodiversité entraine une augmentation des mesures de conservation au niveau global, et leur mise en place sur des terres privés. Cependant, ces mesures dépendent du soutien des communautés locales qui peuvent percevoir une injustice. Négliger ces sentiments d’injustices et l’acceptabilité sociale peut compromettre les objectifs de conservation. Pour gérer les conflits liés à la mise en place des mesures de conservation, il est nécessaire de comprendre comment les sentiments d’injustices sont distribués entre les différents acteurs, et évaluer leurs facteurs d’influence. Notre objectif a été d'identifier et de comprendre les perceptions de justice des propriétaires fonciers dans le sud du Québec en ce qui concerne les mesures de conservation sur les terres privées dédiées à l’agriculture, l’acériculture, la foresterie et la villégiature. Pour cela nous avons utilisé quatre dimensions de la justice environnementale : la justice écologique, la justice de reconnaissance, la justice distributive et la justice procédurale. Spécifiquement, nous avons : 1) déterminé si les mesures de conservation sont perçues comme justes ou injustes, selon les types d'acteurs, et 2) évalué si ces perceptions dépendent de facteurs individuels tels que l'âge des propriétaires fonciers, les années d'expérience dans l'activité productive, le revenu, la surface des terres possédées et la dépendance économique à l'égard des terres.

  • Communication orale
    Une exploration des déficiences du capital social pour soutenir la capacité des communautés à protéger les habitats naturels en terres privées.
    Louis Tanguay (Université Laval)

    La conservation en terres privées nécessite la mobilisation de bon nombre d’acteurs, et notamment des propriétaires qui sont eux-mêmes les premiers concernés par la préservation des habitats fauniques que leurs terres abritent. Dans la littérature, plusieurs auteurs ont concentré leurs recherches sur de nouveaux modèles de gouvernance favorisant une prise de décision ascendante par l’entremise d’actions collectives pour favoriser la conservation en terres privées. Cela dit, à l’échelle provinciale, la conservation nécessite une orchestration plus englobante pour atteindre les objectifs établis dans le cadre de la COP15. Le capital social, qui représente les relations que les acteurs ou regroupements d’acteurs entretiennent pour l’atteinte d’un bénéfice commun – soit, en l’occurrence, la conservation de la biodiversité – peut soutenir la constitution d’une capacité collective à atteindre ce bénéfice recherché. Cette présentation explorera les narratifs entourant le capital social selon le point de vue d’un amalgame d’acteurs de la conservation de la biodiversité, rencontrés en ateliers. Des contrastes seront soulignés entre les contextes réel, perçu et souhaité, et l’importance de valoriser un capital social adéquat pour faire face aux défis de la conservation et développer la capacité à protéger la biodiversité sera mise en lumière.


Communications orales

Session de clôture

Salle : B-3270 — Bâtiment : Université de Montréal - Jean-Brillant

Réseautage

Poursuivons nos échanges au 5 à 7 !

Salle : 1207 — Bâtiment : Université de Montréal - André-Aisenstadt - 572 A