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Informations générales

Événement : 90e Congrès de l'Acfas

Type : Colloque

Section : Section 400 - Sciences sociales

Description :

En 1994, dans le cadre d’un colloque intitulé La précarité dans l’enseignement, organisé par la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ), le sociologue Claude Lessard, doyen de la Faculté des sciences de l’éducation à l’Université de Montréal, proposait de « civiliser la précarité ». Qu’en est-il trois décennies plus tard ? Au niveau universitaire, selon les participants au colloque du congrès de l’Acfas 2021, intitulé Les enseignantes et enseignants contractuels au sein des universités du 21e siècle, la précarité aurait plutôt été systématisée que civilisée tel que l’entendait Claude Lessard. C’est l’évolution et l’intégration de cette précarité, non seulement à l’université mais dans tous les milieux de l’éducation, que nous proposons ici d’explorer.

La réalité des précaires a des répercussions autant sur les modalités de l’enseignement, le sentiment d’appartenance au milieu de travail que sur la qualité de vie de ces enseignantes et enseignants précaires. On peut conséquemment se demander quels sont les effets de la précarité sur les milieux d’enseignement et la société. Comment l’évolution des institutions met en relief et définit la précarité ? Comment les précaires se perçoivent, agissent et construisent leurs solidarités ? Comment l’arrivée des technologies dans l’enseignement modifie (ou non) cette précarité et ses répercussions ?

Ce colloque cherche à mieux comprendre les enjeux de précarité dans les milieux de l’enseignement; il vise à créer un espace d’échange entre les acteurs des différents milieux ainsi qu’à examiner les conditions et manières de l’agir. Il réunira délibérément des témoins et représentantes, représentants, ainsi que des spécialistes des diverses disciplines pertinentes. Ce colloque cherche à construire des savoirs et pratiques permettant de transformer le secteur de l’éducation dans l’intérêt commun, celui de ses travailleuses, travailleurs, élèves, étudiantes et étudiants, ainsi que des communautés qui les entourent.

Remerciements :

Le comité de coordination remercie le Syndicat des chargées et chargés de cours de l'Université de Montréal (SCCCUM-CSN), la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), la Fédération de la recherche et de l'enseignement universitaire du Québec (FREUQ-CSQ) et le Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN) pour leur soutien financier et logistique.

Date :

Format : Sur place et en ligne

Responsables : Partenaires :

Programme

Communications orales

Parole des précaires

Salle : Forestville - Secteur Nord — Bâtiment : HEC Montréal - Decelles
  • Communication orale
    Autisme = activisme. La précarité est intersectionnelle !
    Émilie Dubé (UdeS - Université de Sherbrooke)

    En tant que femme Autiste diagnostiquée tardivement, je suis placée à l’intersection de plusieurs facteurs de précarité qui ont abouti en 2022 en un cas de discrimination à l’emploi fondée sur le handicap (motif prohibé selon la Charte des droits et libertés de la personne, Chapitre I.1-10). Je souhaite partager mon vécu dans l’espoir d’encourager la solidarité et l’activisme personnel et organisationnel en matière d’équité, diversité et inclusion dans les milieux de l’enseignement et de sensibiliser aux défis de précarité que présentent l’invisibilité de certains handicaps et neurodivergences.

    J'aborderai : mes handicaps (et autres facteurs intersectionnels de précarité); mon histoire : de l’attitude handicapiste d'une poignée de personnes, à la décision discriminatoire de ma direction; mes démarches : solidarités trouvées et difficultés rencontrées
    mes espoirs : que chaque cas de discrimination soit utilisé pour apprendre et incarner l’ÉDI, continuer la démarche en tant qu’organisation apprenante.

  • Communication orale
    Un changement de paradigme de l’enseignement universitaire gagnant pour tous
    Amélie-Hélène Rheault (UdeS - Université de Sherbrooke)

    Les actes du précédent colloque sur la précarité des personnes chargées de cours concluent par la nécessité d’un changement de paradigme (Lewis et al., 2022), le paradigme actuel nous reléguant au rôle de pis-aller comblant à faible cout la tâche professorale. Deux freins principaux à ce changement ont été mis en lumière (Lewis et Boucher, 2022: 128-129), soit l’aspect financier et, non le moindre, l’aspect symbolique: notre profession est pratiquement invisible aux yeux de la société, l’université reconnait peu le problème que constitue notre précarité, et des changements en ce sens sont perçus comme une menace de la part du corps professoral.

    Mais comment changer notre statut, alors que la précarité est au cœur de notre identité et que nos efforts pour faire évoluer ce statut s’articulent principalement à l’intérieur de négociations de conventions collectives elles-mêmes au sein du paradigme qui nous enferme (Lewis et al., 2022: 134)?

    Dans l’esprit d’alimenter la réflexion, je propose ici un modèle respectant la pluralité des situations tant pour les personnes chargées de cours que pour le corps professoral, où plusieurs catégories d’enseignants se côtoient, où la division ne se fait plus selon la précarité mais selon les tâches et compétences, où le corps professoral lui-même profite d’une plus grande flexibilité dans la répartition de son travail (plus ou moins de recherche, plus ou moins d’enseignement), où le temps partiel est permis sans aller de pair avec la précarité.

  • Communication orale
    Le précaire et la paie: splendeurs et misères d’un chargé de cours
    Antonin Marquis (UdeS - Université de Sherbrooke)

    Dans son entrée de blogue de février 2018 intitulée « The Sublimated Grief of the Left Behind », Erin Bertram, Ph. D. en histoire et chargée de cours à l’université, exprime sa détresse alors qu’elle se voit dans l’obligation de vendre ses livres pour payer son loyer, dénonçant du même coup la situation inconfortable des précaires de l’enseignement supérieur. J’aimerais proposer ici une approche similaire, adaptée au contexte québécois et à mon expérience personnelle, sans doute similaire à celle de plusieurs chargé.es de cours.

    Tout d’abord, je vais décrire les enjeux de ma situation particulière pour bien montrer comment la précarité a un impact sur mon quotidien. L’idée n’est pas de me plaindre (j’ai fait les choix conscients qui m’ont mené à cette situation), mais de donner à voir la réalité de la précarité. J’aborderai donc les aspects économiques (salaire, avantages sociaux, niveau de vie) et psychologiques (culpabilité, anxiété financière) de la situation.

    Ensuite, en m’appuyant sur le livre The Slow Professor : challenging the culture of speed in the academy (Berg et al., 2016), qui prône un enseignement universitaire plus adapté aux besoins des professeurs et des étudiants, et moins à ceux du marché du travail, je tenterai de montrer que la précarité peut aussi être l’occasion de repenser le rapport entre le milieu académique et la productivité. Je poserai alors la question suivante : quel espace de liberté peuvent créer les chargé.es de cours?


Communications orales

Structures de la précarité et agentivité des précaires

Salle : Forestville - Secteur Nord — Bâtiment : HEC Montréal - Decelles
Présidence : Pierre-David Desjardins
Participant·e·s : Émilie Dubé (UdeS - Université de Sherbrooke), Antonin Marquis (UdeS - Université de Sherbrooke), Amélie-Hélène Rheault (UdeS - Université de Sherbrooke)
  • Communication orale
    Nouvelles formes de précarité dans l’enseignement primaire et secondaire au Québec : le cas des enseignants non-légalement qualifiés
    Geneviève Sirois

    Dans les années 1980, la profession enseignante a vécu une augmentation de la précarité dans un marché de l’emploi caractérisé par des surplus d’enseignants formés par rapport aux besoins en raison d’un déclin des populations scolaires. Alors que les enseignants recrutés entre 1955 et 1970 avaient majoritairement obtenu une permanence d’emploi, les nouvelles générations embauchées dans les années 1980-1990 ont difficilement accès à des postes réguliers à temps plein avec permanence (Tardif, 2013). Cette précarité ne s’est, depuis, pas estompée, mais elle tend à se transformer. Dans le contexte actuel, l’accès à des postes à temps plein permanent est considéré comme plus facile et rapide qu’auparavant. Pourtant, avec la pénurie d'enseignants observée depuis 2017, on note une augmentation fulgurante du recrutement d’enseignants qui ne possèdent pas les qualifications légales requises pour exercer dans la profession. Ces enseignants non-légalement qualifiés sont souvent recrutés dans un contexte d'urgence, sans toujours pouvoir bénéficier d'un accompagnement ou d’une formation minimale adéquats. Ils n’ont accès qu’à de la suppléance à court terme, où pour certains d’entre eux seulement, à des contrats à temps partiels. Ils sont également exposés à des risques de non-renouvellement de leur contrat et à des conditions de travail plus difficiles. Cette situation est paradoxale, car elle montre que la pénurie d'enseignants ne se traduit pas par une valorisation du métier, mais plutôt par une dégradation des conditions d'exercice. Il est donc nécessaire de s'interroger sur les causes et les effets de cette précarisation, ainsi que sur les moyens de la prévenir et de la réduire.

  • Communication orale
    Regard sur les multiples formes de la précarité vécue par les chargé-es de cours universitaires: analyse et pistes d’action
    Christine Gauthier (Université Laval)

    Loin d’être un phénomène marginal, le recours aux enseignant-es contractuel-les dans les universités est en augmentation. De fait, des données récentes révèlent que les nominations de personnels contractuels sont dorénavant majoritaires en enseignement universitaire, et ce, tant au Québec qu’au Canada (Shaker et Pasma, Centre canadien de politiques alternatives, 2018). Cette précarisation durable et croissante de tout un corps d’emploi est particulièrement inquiétante.

    Appuyée sur le modèle de Paugam (2007), qui distingue la précarité du travail de la précarité d’emploi, la présente communication vise à explorer la situation vécue par les personnes chargées de cours au regard de divers indicateurs économiques et psychosociaux. Face à une intégration plus qu’incertaine à l’université, l’analyse montre que tant les conditions d’emploi que la nature et l’organisation du travail pourraient contribuer à la détérioration de leur situation professionnelle, selon l’évolution des modèles d’enseignement.

    À partir de travaux du Comité école et société de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec, est proposé certaines pistes d’action pouvant contrer la précarité de l’enseignement universitaire sous toutes ces formes, au regard des logiques à l’œuvre de l’université néolibérale et au croisement de divers zones de pouvoir (département, établissement, gouvernement).

  • Communication orale
    L’intensification du travail des enseignantes au primaire au sein des écoles publiques au Québec
    Martine Lauzier (INRS - Institut national de la recherche scientifique)

    Dans le cadre de notre mémoire de maîtrise, nous souhaitions mieux comprendre quels étaient les impacts de plusieurs réformes et compressions budgétaires sur le travail des enseignantes au primaire (Lauzier, 2020). Pour ce faire, nous avons réalisé 8 entretiens semi-dirigés avec des enseignantes au primaire du secteur public. Un des résultats principaux de cette recherche est que leur travail s’est intensifié ces dix dernières années. Cela s’exprime notamment par un manque de ressources pour accompagner les élèves à défi; une augmentation de la bureaucratie; une relation client avec les directions et les parents; des attentes plus élevées en termes d’implication (comité, matière enseignée élargie, etc.); un manque de locaux dans les écoles (ajout de maison mobile); une augmentation des remplaçantes non qualifiées exigeant plus d’assistance; etc.

    Ces différentes transformations concourent à augmenter la charge de travail, et à faire en sorte que le flux du travail soit continu; sans ces espaces « tampon » qui permettaient auparavant de souffler un peu et de mieux préparer ses journées. Il en découle une précarisation du travail des enseignantes au primaire ainsi qu’à de l’épuisement professionnel, des sentiments de frustration et de non-reconnaissance, etc.

    Nous proposons donc pour le colloque #449 une communication individuelle où nous exposerions quelques transformations du travail des enseignantes au primaire et les impacts sur les travailleuses.

  • Communication orale
    La précarité en permanence dans l’enseignement collégial
    Véronique Lépine (Cégep Régional de Lanaudière à Terrebonne)

    Dans le milieu de l’enseignement collégial, environ 40% des enseignant.es possèdent un statut précaire qu’ils conservent souvent pendant plusieurs années. Ce statut, au-delà des difficultés concrètes qu’il engendre, telle l’insécurité financière, entraîne une série de conséquences tant dans la vie professionnelle que personnelle des enseignant.es. Dans cette communication, nous souhaitons présenter les formes de la précarité au collégial tant à l’enseignement régulier qu’à la formation continue. Ainsi, nous verrons comment cette précarité se déploie et se maintient parfois de façon systémique, notamment à la formation continue et dans certains programmes ou certaines disciplines de l’enseignement régulier. Nous évoquerons également les formes que la précarité revêt dans les établissements de certaines régions plus éloignées. Enfin, nous montrerons comment la précarité s’inscrit dans les limites même imposées par la convention collective des enseignant.es du collégial quant à certains droits ou avantages auxquels le personnel enseignant permanent peut prétendre.


Dîner

Dîner 12 h 30 à 14 h

Salle : Forestville - Secteur Nord — Bâtiment : HEC Montréal - Decelles

Communications orales

Enseignantes et enseignants contractuels à l’Université

Salle : Forestville - Secteur Nord — Bâtiment : HEC Montréal - Decelles
Présidence : Olivier Aubry
  • Communication orale
    Les nouvelles formes de discrimination dans le monde universitaire: effets pervers et institutionnalisation de la précarité
    Yves Laberge

    En dépit de sa volonté inclusive, il existe de nouvelles formes de discrimination dans le monde universitaire québécois et canadien. Ce processus subtil de discrimination s'opère à divers niveaux, notamment dans les comités de sélection, qui opèrent comme des mécanismes de rejet de la multidisciplinarité et encourage la surspécialisation. Le but de cette communication est précisément de mettre en évidence les effets pervers qui contribuent à l'institutionnalisation de la précarité, voire à sa perpétuation. Les organismes subventionnaires comme le CRSH contribuent à alimenter ces disparités et à creuser le fossé entre les favorisés et les exclus dans les milieux académiques.

    Sur le plan théorique, cette conférence empruntera à la sociologie des minorités, à l’épistémologie et à la sociologie du travail. L'approche méthodologique sera qualitative et comparative, selon une perspective transdisciplinaire.

  • Communication orale
    Portrait des chargées et chargés de cours de l'Université de Sherbrooke
    Vincent Beaucher (UdeS - Université de Sherbrooke)

    En mars 2022, le Syndicat des chargées et chargés de cours de l'Université de Sherbrooke lançait un questionnaire afin de sonder ses membres sur divers aspects entourant leur tâche de personnes enseignantes universitaires contractuelles. Combinés à des données administratives, les résultats de l'enquête (n = 673) permettent d'avoir un portrait de plus en plus précis du membership du SCCCUS, bien que celui-ci soit extrêmement mouvant, avec un roulement qui implique entre 300 et 400 membres par année.

    Dans cette communication, nous proposons dans un premier temps d'exposer quelques données « démographiques » des personnes chargées de cours de l'UdeS. La représentation qu'on peut se faire de celles-ci n'est peut-être pas aussi simple qu'on le croit, en 2023... Dans un deuxième temps, nous traiterons des aspirations de ces personnes quant à la perspective d'enseigner davantage, ou pas, à l'université. Dans un troisième temps, il sera question de la volonté présente, ou pas, de faire de la recherche chez ce personnel chargé de cours. Dans un quatrième et dernier temps, nous soumettrons quelques réflexions issus des constats mis en lumière et ce que cela pourrait vouloir dire en termes de stratégies de communication, de représentation et de sensibilisation quant à la place des chargées et chargés de cours dans les universités et une certaine diminution de la précarité qu'ils et elles vivent.


Communications orales

L’éducation néolibérale : entre capitalisme, précarisation, éthos et mobilisation

Salle : Forestville - Secteur Nord — Bâtiment : HEC Montréal - Decelles
  • Communication orale
    La précarisation de l’éducation
    Ricardo Peñafiel (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Le néolibéralisme, en tant que remise en question de l’intervention étatique dans le social et le politique, s’est attaqué à l’éducation dès le début des années 1980. C’est qu’avec la crise économique et des dettes souveraines de 1982 que cette idéologie est devenue « réalité », s’incarnant dans des réformes et décisions politiques qui firent en sorte que l’éducation publique se comporte comme une entreprise. Appliquant la stratégie consistant à « affamer la bête » afin de lui faire avaler n’importe quoi, les pouvoirs publics compriment les budgets de l’éducation publique pour ainsi faciliter sa prise en charge (ou plutôt sa dépossession) par le privé.

    Les personnes chargées de cours, et d’autres figures de l’enseignement précarisé, sont parmi les premières touchées par les coupures. En tant qu’armée de réserve, elles sont sollicitées lors de moments d’expansion, puis éliminées du système lors de contractions. Les réinvestissements austéritaires, dans la technologie ou l’enseignement à distance par exemple, tendent à précariser davantage ce corps d’emploi. Toutefois, c’est l’ensemble de l’éducation qui se voit précarisé par cette dépossession.

    En s’appuyant sur les travaux du Comité école et société de la FNEEQ-CSN, cette communication entend analyser les multiples facettes de cette précarisation généralisée de l’éducation pour réfléchir aux convergences possibles entre différents acteurs de l’éducation (Professeur-e-s; chargé-e-s de cours; employé-e-s; étudiant-e-s...).

  • Communication orale
    La nouvelle gestion publique comme vecteur néolibéral dans l'université capitaliste
    Sylvain Marois (Université Laval)

    La nouvelle gestion publique dans les services publics les a transformés de l'intérieur. L’université n’y a pas échappé. Cette vision néolibérale du rôle de l’État a affecté autant le financement public que la gouvernance interne (Harvey, 2014). On parlera souvent de l'importation de modes de gestion issus du secteur privé. Ceux-ci nécessitent des outils pour se déployer, comme les directions des ressources humaines (RH). L’arrivée des RH parachute un nouvel acteur stratégique au sein des relations du travail dans les universités transformant ainsi les rapports de pouvoir. En parallèle de ce déploiement, l’ensemble des travailleurs universitaires fera le choix de se syndiquer. L’université ressemble de plus en plus à une entreprise avec ses RH et ses salariés; la table est mise pour le capitalisme universitaire (Slaughter et Rhoades, 2009).

    L’université capitaliste repose, notamment, sur deux axes : 1) on remplace la collaboration par la compétition, on fractionne les emplois, on contractualise dans un objectif de réduction des coûts de production; 2) pour maximiser les profits et viser une croissance infinie, on fétichise la philanthropie et le marché des cohortes internationales. Les conséquences sont nombreuses : détérioration de bons emplois, précarité, augmentation de la charge administrative, lourdeur de la reddition de compte, chronophagie, perte de sens du travail, surcharge, épuisement, marchandisation du savoir: un véritable processus d’enclosure de l’immatériel.

  • Communication orale
    Le surpoids de l’ethos professionnel des personnes chargées de cours : exploration et questionnement d’une identité exacerbée
    Valérie Roberge (Université Laval)

    L’ethos professionnel est défini par Bernard Zarca comme étant des « dispositions acquises, par expérience et relatives à ce qui vaut plus ou moins sur toute dimension (épistémique, esthétique, sociale, etc.) pertinente dans l’exercice d’un métier » (2009 : 352) et qui consiste entre autres « à apprendre […] ce qu’il convient de faire pour respecter les règles non écrites de son art » (Ibid.). L’ethos professionnel n’est donc pas sans lien avec le concept grec d’ ἔθος (éthos) qui fait référence à la coutume et l’usage. Dans un premier temps, cette présentation aura pour but de pousser le lien entre les coutumes et le caractère de la vieille définition grecque moins primée pour explorer les coutumes propres de la profession des personnes chargées de cours et de la création de l’identité correspondante à celle-ci. Une grande partie de cet examen portera sur l’influence de la contractualité et de l’accent mis sur l’enseignement pour démontrer comment ces deux pôles accentuent l’urgence et la surresponsabilisation des personnes chargées de cours les contraignant ainsi à supporter un ethos souvent trop lourd.

    Dans un second temps, une fois le surpoids de cette identité posée, on tentera de voir comment l’individu pourrait modifier cet ethos pour retrouver une force d’autonomie au plein sens du terme et rééquilibrer la dynamique du pouvoir qui lui échoie par sa participation à l’éducation néolibérale au sein de l’université capitaliste.


Réseautage

Cinq à sept de la solidarité

Cinq à sept

Salle : Forestville - Secteur Nord — Bâtiment : HEC Montréal - Decelles