Informations générales
Événement : 90e Congrès de l'Acfas
Type : Colloque
Section : Section 400 - Sciences sociales
Description :La grande région métropolitaine de Montréal est présentement secouée par une vague de violences par arme à feu. Pour combattre la violence armée, le gouvernement du Québec a mis sur pied la Stratégie québécoise de lutte contre la violence armée (CENTAURE). Le gouvernement fédéral a emboîté le pas en introduisant une série de modifications législatives incluant notamment le gel de toute transaction d’armes de poing et un système de drapeaux rouges et jaunes pour éventuellement saisir les armes de toute personne représentant un danger pour soi-même ou autrui. Malgré ces initiatives, le niveau des violences par arme à feu ne semble pas fléchir. Il est d’ailleurs difficile de se prononcer sur le potentiel des mesures préventives proposées par les gouvernements à défaut d’avoir une connaissance fine des dynamiques en cause dans la vague de violences par arme à feu qui sévit dans la grande région métropolitaine de Montréal depuis environ cinq ans. De même, il existe peu de connaissances sur les programmes efficaces pour lutter contre les violences par arme à feu sur la scène locale. La majorité des expériences proviennent de l'étranger et ne sont pas nécessairement transposables au contexte montréalais. L’objectif de ce colloque est justement de réunir différents experts et chercheurs qui ont récemment entamé des études sur la question de la violence par arme à feu et de sa prévention au Québec. À défaut d’obtenir des données probantes qui reflètent les réalités vécues par les communautés locales, il reste difficile de mettre en place des mesures prometteuses pour prévenir cette violence. Ce colloque offrira donc une occasion de partager des résultats et de partager des points de vue.
Date :Format : Sur place et en ligne
Responsables :Programme
Comprendre et prévenir les violences armées au Québec, partie 1
La grande région métropolitaine de Montréal est secouée par une vague de violences par arme à feu. Peu d’études ont été menées jusqu’à présent sur les dynamiques impliquées dans ces violences et les stratégies pour les prévenir. Le développement de connaissances à partir de situations vécues localement est nécessaire pour amorcer une réflexion sur les solutions. Ce colloque regroupe une diversité d’experts qui présenteront leurs résultats de recherche pour mieux comprendre le phénomène de la violence par arme à feu et proposer des pistes de prévention. Ce colloque propose ainsi une approche holistique afin de se pencher sur le phénomène de la violence par arme à feu, ce qui n’a pas encore été fait au Québec. Des présentations porteront notamment sur le trafic d’armes à feu au Québec, l’acquisition et l’utilisation des armes par les contrevenants, le potentiel des mesures de prévention et la prise en charge des victimes lors de fusillades. Cette diversité d’approches permettra de rejoindre un public varié comme des chercheurs, intervenants et décideurs. Ces quatre communications s'inscrivent dans la première session de l'atelier.
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Communication orale
Faire face à la violence armée : ce qu’en dit la santé publiqueRené-André Brisebois (CIUSSS Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal), Ariane De Palacio (CIUSSS Centre-Sud de Montréal)
Le terme « santé publique » trouve ses racines au 19e siècle, au moment où de nombreux mouvements sociaux, à travers le monde, militaient pour faire reconnaitre que plusieurs problèmes de santé sont causés non pas par des individus aux valeurs et à la morale défaillantes, mais bien par des conditions de vie difficiles et précaires (ex. : des inégalités économiques, mauvaises conditions de travail, pauvreté). Ce changement de perspective est venu mettre en lumière les actions que les gouvernements peuvent poser pour protéger la santé de leur population. La violence par arme à feu est aujourd’hui reconnue, par l’Organisation mondiale de la Santé, comme une problématique de santé publique qui est tristement responsable de plus de 250 000 morts à travers le monde. Cette présentation a pour objectif d’offrir une perspective globale et systémique des enjeux de violence. Cette perspective est doublement ancrée : d’une part dans le modèle épidémiologique via les notions d’exposition et de propagation et, de l’autre, dans le constat que les dynamiques de violence et d’insécurité sont très dépendantes des contextes spécifiques (temporels, spatiaux, individuels, etc.). Aussi, elle propose d’agir tant sur les individus que les communautés et les systèmes en renforçant leur résilience et en contribuant à réduire toutes les formes de violence et leurs impacts pour la santé et le bien-être.
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Communication orale
Évaluation de l’impact psychologique et de l’intervention psychologique à la suite de la fusillade au Collège Dawson le 13 septembre 2006Stéphane Guay (UdeM - Université de Montréal)
Le 13 septembre 2006, un tireur fait irruption au Collège Dawson. Ce jeune adulte tue une personne, en blesse 19 autres et se suicide par la suite. Il s’agit de la troisième tragédie du genre à survenir au Québec; une tragédie qui a laissé sa marque dans la mémoire collective. Le Collège Dawson, par sa mission d’enseignement, a souhaité que l’analyse de la situation permette d’améliorer les interventions si de tels événements devaient se reproduire. C’est dans ce contexte que l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) a reçu, en 2007, une subvention du Gouvernement du Québec pour étudier les impacts psychologiques de ce drame. Pour ce faire, une collaboration interuniversitaire dynamique a été instituée entre l’Université McGill, l’Université de Montréal et l’Université du Québec en Outaouais, de même qu’avec le Collège Dawson. En plus d’aborder les impacts psychologiques de ce drame sur la population exposée, l’étude a permis d’évaluer le plan d’intervention psychologique mis en place et de proposer un modèle de plan d’intervention pour faire face à des situations similaires si une tragédie aussi terrible devait se reproduire.
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Communication orale
Potentiel du projet de loi C-21 à prévenir les violences par arme à feuEtienne Blais (Etienne Blais), David Décary-Hétu (Université de Montréal), Brigitte Poirier (ENAP - École nationale d'administration publique)
Pour contrer les violences par arme à feu (VAF), le gouvernement du Canada a introduit le projet de loi C-21 qui prévoit notamment un gel de toutes les transactions d’arme de poing, un système de drapeaux rouges et jaunes permettant de confisquer les armes d’individus qui représentent un danger pour elle-même ou autrui, et une augmentation des pouvoirs policiers. L’objectif de notre communication est d’établir le potentiel du projet de loi C-21 à réduire les VAF et de proposer des recommandations sur les meilleures pratiques pour les prévenir au Québec et au Canada. Pour y arriver, des entretiens ont été menés auprès d’experts et un bilan des synthèses systématiques a été réalisé. Les résultats des synthèses systématiques et des entretiens permettent d’identifier les meilleures pratiques pour prévenir les VAF ainsi que de se prononcer sur le potentiel du projet de loi C-21. De façon générale, les mesures législatives semblent peu efficaces pour réduire les VAF. Introduire de nouvelles mesures aurait des bénéfices marginaux étant donné que le Canada et le Québec possèdent déjà une législation relativement stricte en matière de contrôle des armes à feu. Les programmes de dissuasion ciblée, les programmes de prévention offerts aux jeunes à risque ou dans les communautés à risque semblent particulièrement efficaces. Sur la base des résultats, les mesures du projet de loi C-21 semblent avoir peu de potentiel pour prévenir les VAF.
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Communication orale
La victimisation au sein de membre de gang de rue : Contagion sociale, propension à la violence et enchâssement au gangYanick Charette (Université Laval), Ilvy Goossens (Simon Fraser University)
Les gangs sont un microcosme propice à la violence. Si on sait que l’affiliation à ces groupes augmente les risques de perpétration et de victimisation violente, on n’en sait peu sur les facteurs, au sein de ces groupes, qui influence les risque de victimisation. Dans le cadre de cette étude, nous nous intéressons à l’influence des caractéristiques des membres de gangs, ainsi que de leur entourage, sur la probabilité de victimisation violente. En utilisant des données policières sur une période de 20 ans et des analyses de réseaux, nous constaterons les facteurs prédisposant à la victimisation auprès de 1 587 membres de gangs de rue haïtiens de la région de Montréal. Nos résultats montrent la violence se retrouve en grappe au sein de ses groupes. La propension à la violence est un bon prédicteur de la violence subie. Les membres ayant comme partenaires des auteurs de violence, mais aussi des victimes de violence étaient eux aussi plus enclins à être victime. Ces trois effets sont d’ailleurs interdépendants, créant un effet d’aggravation mutuelle. La structure des relations des pairs jouent aussi dans la balance, les réseaux plus denses étant moins ciblés par la violence. Cette relation est toutefois dépendante à la propension à violence, les auteurs ne bénéficiant pas de cette protection relationnelle. Cette compréhension de la violence au sein de ces groupes pourrait nous permettre de mettre en place des interventions ciblées dans le but de prévenir la violence.
Dîner
Comprendre et prévenir les violences armées au Québec, partie 2
La grande région métropolitaine de Montréal est secouée par une vague de violences par arme à feu. Peu d’études ont été menées jusqu’à présent sur les dynamiques impliquées dans ces violences et les stratégies pour les prévenir. Le développement de connaissances à partir de situations vécues localement est nécessaire pour amorcer une réflexion sur les solutions. Ce colloque regroupe une diversité d’experts qui présenteront leurs résultats de recherche pour mieux comprendre le phénomène de la violence par arme à feu et proposer des pistes de prévention. Ce colloque propose ainsi une approche holistique afin de se pencher sur le phénomène de la violence par arme à feu, ce qui n’a pas encore été fait au Québec. Des présentations porteront notamment sur le trafic d’armes à feu au Québec, l’acquisition et l’utilisation des armes par les contrevenants, le potentiel des mesures de prévention et la prise en charge des victimes lors de fusillades. Cette diversité d’approches permettra de rejoindre un public varié comme des chercheurs, intervenants et décideurs. Ces quatre communications s'inscrivent dans la deuxième session de l'atelier.
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Communication orale
Lutter contre le trafic d’armes à feu en provenance des États-Unis au Québec : État de la questionFrancis Langlois (Cégep de Trois-Rivières)
Selon les autorités policières, une forte proportion des armes à feu utilisées illégalement au Canada provient des États-Unis. Leur accessibilité facilite la création de réseaux de contrebande organisés ou improvisés que les autorités frontalières et policières, tant américaines que canadiennes, doivent contrecarrer. Bien que l’objectif des différents organismes de sécurité frontalière soit commun en ce qui concerne le trafic d’armes à feu, ceux-ci font face à de nombreux défis. Ces défis logistiques et institutionnels demandent des ressources humaines et financières et sont exacerbé par des enjeux de juridictions internationales. À ce contexte déjà complexe s’ajoute des variations de juridiction entre les États américains, des territoires ayant une souveraineté particulière comme la réserve d’Akwesasne qui chevauche l’État de New York, le Québec et l’Ontario ou encore la communauté de Stanstead dont certains habitants traversent la frontière sur une base quotidienne. Dans cet état de la question, nous regarderons comment les autorités policières canadiennes, québécoise et américaines tentent de relever ces défis aux dimensions internationales, locales et institutionnelles et quels ajustements pourraient être apportés à la lutte contre la contrebande d’armes à feu en provenance des États-Unis.
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Communication orale
Une analyse du script du trafic d’armes à feu au Québec et implications pour sa préventionÉtienne Blais (UdeM - Université de Montréal), David Décary-Hétu (Université de Montréal), Benoit Leclerc (Griffith University)
L’analyse de scripts permet de reconstituer les étapes centrales du processus de commission du crime en identifiant les acteurs clés, leurs actions et tout autre condition facilitante. Cette présentation applique l’analyse de script au trafic des armes à feu au Québec pour ensuite proposer des mesures de prévention. L’analyse repose sur les dossiers de 85 enquêtes menées entre le 1er janvier 1996 et le 30 novembre 2020. L’analyse a permis d’identifier six étapes centrales au trafic d’armes à feu : 1) la préparation, 2) l’acquisition des armes, 3) l’entreposage des armes, 4) la recherche de clients potentiels, 5) la transaction, et 6) l’arrestation. Pour mener ces étapes, pas moins de 200 combinaisons d’action sont possibles, montrant que le trafic d’armes est une problématique complexe dont les manifestations sont multiples. La majorité des transactions sont de nature opportuniste et impliquent une ou deux armes. À cet effet, le trafic à grande échelle (20 armes ou plus) représente moins de 20 % des dossiers d’enquête. Le trafic à grande échelle se caractérise par la présence de plusieurs complices et la fabrication artisanale d’armes à feu. La communication se termine par la présentation de diverses mesures de prévention.
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Communication orale
La vente d'armes à feu sur le darkweb au QuébecEtienne Blais (Etienne Blais), David Décary-Hétu (UdeM - Université de Montréal), Fraser Isabelle (Groupe Vidocq), Benoit Leclerc (Griffith University)
Peu études existent sur l’acquisition des armes à feu sur le darkweb et particulièrement au Canada. Le peu d’études empêchent de bâtir des politiques publiques ou des stratégies de prévention basées sur des données probantes. Cette présentation s’attaquera à ce problème en fournissant des données empiriques qui décrivent le trafic illicite d’armes à feu. Plus précisément, la présentation décrira le rôle des technologies d’anonymat comme le darknet et les cryptomonnaies dans le trafic d’armes à feu. Les résultats identifient le rôle des Canadiens dans le trafic illicite d’armes à feu facilité par les technologies d’anonymat tant sur la scène locale qu’internationale. Pour y arriver, nous avons collecté toutes les annonces pour des produits et services illicites sur le darknet entre juillet 2018 et juin 2021 à l’aide du logiciel DATACRYPTO. Les résultats suggèrent une faible implication des Canadiens dans le trafic d’armes à feu sur le darknet. Les données sur la demande suggèrent que les activités sur le darknet sont en déclin depuis les trois dernières années. Les nombreuses opérations policières, qui ont ciblé les cryptomarchés, ont miné la confiance et la fluidité des échanges. La présentation suggère que la vente et l’acquisition d’armes à feu sur le darknet semblent plutôt marginales. La faible offre d’armes à feu sur le darknet peut aussi s’expliquer par les politiques mises en place par leurs administrateurs.
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Communication orale
Compter les balles perdues : une estimation des coûts sociaux de la victimisation par arme à feu à Montréal en 2020Yanick Charette (Université Laval), Maude Mailloux-Savard (Université Laval)
La victimisation par arme à feu engendre des coûts substantiels à la société et ses répercussions s’étendent bien au-delà des victimes. Cette étude présente une estimation sommaire des coûts sociaux engendrés par la violence par arme à feu à Montréal pour une année donnée (2020), incluant les coûts liés au système de justice, les coûts en termes de soins de santé, et les coûts relatifs à la perte de productivité. Ces estimations sont basées sur le nombre d’infractions impliquant une arme à feu, selon les données récoltées par le Service de police de la ville de Montréal. Au total, 437 infractions contre la personne où une arme à feu était présente ont été recensées en 2020. Les coûts sociaux furent estimés en lien avec les dépenses engendrées par le système de justice, ainsi que les dommages subis par la victime et les tiers. Au total, les coûts engendrés par la violence par arme à feu sont estimés à 124 millions de dollars, soit 284 milliers par infraction en moyenne. Les événements criminels impliquant des armes à feu représentent des coûts considérables pour la société et leur estimation est importante pour constater la valeur dépensée par les contribuables en conséquence. Avec ces estimations, il devient possible d’évaluer les investissements potentiels, réalistes et optimaux pour contrer ledit phénomène en fonction de l’efficacité escomptée des interventions choisies.