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Informations générales

Événement : 90e Congrès de l'Acfas

Type : Colloque

Section : Section 300 - Lettres, arts et sciences humaines

Description :

La linguistique appliquée aux domaines de l’enquête et du droit, aussi appelée linguistique légale ou linguistique forensique, est une discipline relativement récente qui a vu le jour dans le monde anglo-saxon vers le début des années 1980. Si cette discipline est en voie d’expansion du côté des États-Unis, de l’Angleterre et du Canada anglais, elle est encore peu connue dans la francophonie et au Québec en particulier. L’expertise des linguistes gagnerait pourtant à être mise à contribution dans les domaines de l’enquête et du droit, des milieux où la parole orale et écrite occupe une place centrale – pensons aux entrevues d’enquête, aux procès criminels ou encore aux appels d’urgence –, mais où les outils et les connaissances requises pour en faire une analyse fine et détaillée sont généralement absents.

L’objectif de ce colloque est donc de mettre de l’avant les travaux de recherche menés par des francophones qui s’intéressent aux discours produits dans des contextes légaux et judiciaires, que ce soient des spécialistes en (socio)linguistiques, en phonétique, en analyse de discours ou encore des juristes et des criminologues. Il sera également pertinent de se pencher sur des recherches dont l’objet d’étude n’est pas le discours juridique lui-même, mais plutôt ce qu’on en dit, par exemple, les spécialistes qui s’intéressent aux discours médiatiques traitant des victimes ou des personnes suspectes d’actes criminels.

Soulignons enfin que ce colloque s’inscrit dans la suite d’un précédent colloque organisé par Pr. Marty Laforest dans le cadre de l'ACFAS en 2017, qui mettait la table à la linguistique légale dans la francophonie et qui pavait la voie aux jeunes chercheur.euse.s désirant faire leurs armes dans cette discipline. Cet événement sera donc l’occasion de réunir des chercheur.euses et des professionnel.le.s de divers horizons autour d’un objectif commun, celui de mettre en lumière les apports de la linguistique légale pour la résolution de problèmes sociaux réels.

Date :

Format : Sur place et en ligne

Responsables :

Programme

Communications orales

Mot d'ouverture

Salle : RONA - Secteur Bleu — Bâtiment : HEC Montréal - Côte-Sainte-Catherine
Discutant·e·s : Noémie Allard-Gaudreau (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue), Julien Plante-Hébert (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Communications orales

Communications 1

Salle : RONA - Secteur Bleu — Bâtiment : HEC Montréal - Côte-Sainte-Catherine
Présidence : Noémie Allard-Gaudreau (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)
  • Communication orale
    L’usage de la communication non verbale pour évaluer la crédibilité des témoins lors de procès
    Vincent Denault, Chloé Leclerc (Université McGill), Victoria Talwar (Université McGill)

    Dans le cadre de cette communication, nous présenterons les résultats d’une étude acceptée pour publication dont l’objet était de mieux comprendre comment, en pratique, les décideurs utilisent la communication non verbale au cours des procès. La présentation commencera par un aperçu des règles juridiques sur la manière dont les décideurs sont censés évaluer la crédibilité des témoins et utiliser la communication non verbale, ainsi que de l'impact de ces règles sur les juridictions inférieures et des données limitées sur les décideurs. Ensuite, la méthode et les résultats d’un sondage mené en ligne auprès de décideurs du Québec seront présentés. Les résultats montrent qu'un certain nombre ont des croyances conformes à la littérature scientifique, mais que d’autres ont des croyances incompatibles avec la littérature scientifique, et beaucoup sont silencieux sur les différences culturelles en matière de communication non verbale. L'article se termine par une discussion sur les implications des résultats pour les chercheurs et les praticiens.

  • Communication orale
    La crédibilité des dénonciations d’agressions sexuelles : une question de procès?
    Alexandra Dupuy (UdeM - Université de Montréal), Marianne Laplante (Université York), Charlène Nault (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Cette recherche se penche sur l’agentivité syntaxique utilisée par les médias pour parler de quatre cas d’agressions sexuelles commises par des personnalités publiques du domaine culturel québécois et qui ont été dénoncées publiquement par leurs victimes durant des vagues de dénonciations #MeToo, soit Gilbert Rozon, Éric Salvail, Julien Lacroix et Maripier Morin. Ces cas ont été choisis puisqu’ils se distinguent par leur judiciarisation: alors que Rozon et Salvail ont eu des procès, les victimes de Lacroix et de Morin n’ont pas choisi la voie judiciaire. Considérant que l’agentivité syntaxique a des effets sur la perception des évènements d’agressions sexuelles (Clark, 1992, Henley et al., 1995), notre méthode d’analyse critique du discours (van Dijk, 2015) observe les patrons linguistiques relevant de l’agentivité syntaxique utilisés dans la couverture médiatique des cas, plus précisément dans les titres et premiers paragraphes d’articles de journaux. Nos résultats préliminaires indiquent que l’agentivité syntaxique des personnes dénoncées est rendue plus explicite dans les cas où il y a eu une judiciarisation, renforçant ainsi l’idéologie que les agressions sexuelles judiciarisées sont plus crédibles que celles qui ne le sont pas.


Communications orales

Communications 2

Salle : RONA - Secteur Bleu — Bâtiment : HEC Montréal - Côte-Sainte-Catherine
Discutant·e·s : Noémie Allard-Gaudreau (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue), Véronique Durocher (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
  • Communication orale
    « Somme toute rapidement » : analyse discursive du jugement de première instance dans l’affaire Simon Houle
    Véronique Durocher (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

    En juillet 2022, la décision de la Cour du Québec d’accorder une absolution conditionnelle dans un dossier d’agression sexuelle fait la manchette (R. c. Houle, 2022 QCCQ 4039). Des articles dénoncent cette peine (Hachey, 2022), alors que d’autres la défendent et s’inquiètent que les critiques nuisent à l’indépendance de l’appareil judiciaire (Thériault, 2022). À l’instar d’Ehrlich (2001) qui s’intéresse aux dynamiques discursives qui occurrent dans les procès en matière d’agression sexuelle, dans le cadre de cette communication, nous proposons une analyse discursive du jugement R. c. Houle (2022 QCCQ 4039). Nous accorderons une attention particulière à l’agentivité (Fillmore, 1967) et aux axiologiques (Kerbrat-Orecchioni, 2009) présents. Puisque la peine a depuis été modifiée, nous nous attarderons sur les conclusions du deuxième jugement (R. c. Houle, 2023 QCCA 99) afin de voir s’il est possible de tisser des liens entre les éléments linguistiques relevés dans notre analyse et les motifs derrière l’appel.

  • Communication orale
    « Moi j’aimais pas ça je me sentais mal » : une analyse des procédés évaluatifs dans des récits d’enfants victimes d’agression sexuelle
    Noémie Allard-Gaudreau (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)

    L’introduction de propositions évaluatives dans un récit d’expérience personnelle est sans contredit l’un des moyens les plus efficaces pour rendre le récit plus…personnel. L’intention du narrateur ne serait donc pas simple intention de communiquer une chronologie événementielle : « c’est aussi (d’abord ?) l’intention de produire un effet » (Bres, 1994, p. 83). Toutefois, qu’en est-il lorsque le narrateur en question est un enfant et que l’expérience personnelle est une agression sexuelle ? J’ai tenté de répondre à cette question en analysant les procédés évaluatifs produits lors d’une entrevue d’enquête par de jeunes victimes d’agression sexuelle. Deux catégories de victimes ont été comparées, soit, d’un côté, des victimes qui disent avoir été incitées à poser certains gestes sexuels envers l’agresseur, de l’autre, des victimes qui disent plutôt que c’est l’agresseur qui a posé ces gestes à leur endroit. Les analyses indiquent que les enfants de la première catégorie évaluent davantage leur récit que ceux de la deuxième catégorie, en ayant notamment recours plus fréquemment aux procédés de la catégorie des « modalisateurs » (« j’étais obligé de faire… »). L’ensemble des résultats suggère que ces procédés leur permettent de mettre de l’avant le fait qu’ils n’ont pas aimé poser ces gestes, n’y ont pas consenti et qu’ils ont tenté – en vain – de s’y soustraire.

  • Communication orale
    "I'm way too cute to be a cop": Gérer la maîtrise des impressions en tant qu'agent inflitrateur
    Annie Houle (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

    Maintenir sa couverture en contexte de cyberprédation n’est pas tâche aisée : l’agent infiltrateur doit pouvoir converser de manière fluide en se faisant passer pour un (pré)adolescent auprès de sa cible qui a pu préalablement avoir des contacts répétés avec des jeunes et être au fait de leurs tendances discursives. De plus, le niveau de méfiance et les connaissances relatives aux techniques de lutte policière contre le leurre informatique varient d’un cyberprédateur à l’autre et l’agent infiltrateur, évoluant en interaction, doit, à chacune de ses interventions, négocier l’identité qu’il a forgée pour se soumettre au comportement que le cyberprédateur attend de lui de manière à éviter de semer le doute chez son interlocuteur quant à son identité. Afin de mieux aiguiller l’agent infiltrateur dans sa tâche, nous avons identifié, dans les archives de clavardage publiées sur Perverted-Justice.com, les failles menant à un risque de rupture de cadre (Goffman, 1973, 1991 ; Houle, 2016, 2023) dans le jeu des agents infiltrateurs, les contextes dans lesquels elles apparaissent ainsi que les stratégies discursives utilisées pour les dissiper et rétablir ainsi la confiance de leur cible.


Dîner

Diner

Salle : RONA - Secteur Bleu — Bâtiment : HEC Montréal - Côte-Sainte-Catherine

Communications orales

Communications 3

Salle : RONA - Secteur Bleu — Bâtiment : HEC Montréal - Côte-Sainte-Catherine
  • Communication orale
    Nomination du racisme systémique au Québec et au Canada : termes, expressions et débats
    Isabelle Lévesque (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

    En tant que formule discursive (Lévesque et Bernard Barbeau, 2022), l’expression racisme systémique, qui s’est frayée un chemin dans le discours courant ces dernières années, est moteur de polémiques, notamment en raison de sa non-reconnaissance par le gouvernement québécois. Au cœur même de la formule, c’est le caractère systémique du racisme qui est largement débattu. Bien au-delà du débat sur ce mot et sur la reconnaissance de son référent par le gouvernement, plusieurs questions se posent, notamment la définition de racisme systémique dans l’usage et le parcours de cette expression dans la société, sachant qu’elle n’est désormais plus seulement utilisée par les scientifiques et les militants, mais aussi par les citoyens et dans les médias en général. Ainsi, on peut se demander ce qu’il en est dans le domaine juridique, mais aussi dans les différents paliers gouvernementaux, et aborder l’expression racisme systémique en regard des mots qui font référence à ce concept ou à des concepts apparentés, comme racisme institutionnel/institutionnalisé, discrimination/inégalité systémique ou, plus largement, racisme tout court. Cette communication se veut donc une réflexion sur la nomination du racisme en société. L’objectif sera ainsi de faire le point sur la notion de racisme systémique et sur les concepts apparentés au racisme qui ne se veut pas individuel, mais qui fait plutôt partie d’un système, soit la société québécoise.

  • Communication orale
    De l’expression du rattachement identitaire à l’exclusion d’autrui : les discours entourant l’adoption de la loi 21
    Amal Ben Ismail (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

    Le 16 juin 2019, l’Assemblée nationale du Québec a adopté la loi 21 sur la laïcité, qui interdit le port des signes religieux aux employés de l’État en position d’autorité et aux enseignants du réseau scolaire public. L’adoption de cette loi a suscité de vives tensions.

    Sur Facebook, les réactions des internautes qui ont vu dans l’adoption de cette loi une préservation de leur culture commune ne portent pas seulement sur l’expression de leur rattachement identitaire au Québec, mais, motivés par la volonté de défendre leur identité, ils font aussi circuler des représentations sociales stigmatisantes à l’encontre de minorités religieuses. De même, les internautes qui ont perçu cette loi en tant que loi discriminatoire ne se sont pas contentés de manifester leur désaccord, mais ils font également circuler des propos méprisants à l’endroit du gouvernement et de personnes favorables à cette loi (Bernard Barbeau et Moïse, 2020 ; Lorenzi Bailly et Moïse, 2020).

    C’est à cette tension sociale qui peut alimenter des discours haineux entre les communautés que nous nous intéressons.

    Partant de réactions des internautes sur la page Facebook de trois quotidiens québécois à la suite d’articles portant sur l’adoption de la loi 21, nous cherchons à étudier les procédés discursifs par lesquels les internautes font circuler des propos méprisants.


Communications orales

Communications 4

Salle : RONA - Secteur Bleu — Bâtiment : HEC Montréal - Côte-Sainte-Catherine
Présidence : Noémie Allard-Gaudreau (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)
  • Communication orale
    Spécifications nécessaires pour les données linguistiques utilisées dans les applications judiciaires de l’IA
    Cristina Aggazzotti (UQAM - Université du Québec à Montréal), E. Allyn Smith (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    L’utilisation de divers types d’intelligence artificielle (IA) dans le domaine judiciaire suscite un intérêt croissant. Beaucoup de ces systèmes sont conçus par des personnes ayant une expérience limitée dans le domaine d’application, et les définitions importantes peuvent varier selon les groupes. Par exemple, ce que l’on appelle les données de « vérité terrain » fait référence à des faits réels ; des informations qui ont été vérifiées ou des faits qui ont été collectés à la source pour la communauté criminologique, alors qu’en informatique, cela signifie simplement toute donnée annotée, indépendamment du fait que cette annotation ait été fournie automatiquement, vérifiée, etc. Cette présentation introduit une catégorisation des données en source et méthodes, la source étant divisée en qualité et adéquation, et les méthodes étant divisées en annotation et analyse. Nous expliquons comment évaluer chacune de ces catégories pour différents types de données linguistiques et établissons une rubrique que nous suggérons d’inclure dans les publications et avec les corpus destinés à être utilisés pour des applications judiciaires de l’intelligence artificielle basée sur le langage, suivant le modèle des Datasheets.

  • Communication orale
    Analyses exploratoires des caractéristiques prosodiques d’appels trompeurs aux services d’urgence 9-1-1
    Lucie Ménard (UQAM - Université du Québec à Montréal), Julien Plante-Hébert (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    La principale difficulté dans l’étude de la tromperie dans la parole est l’accès à des données reflétant ce phénomène dans un contexte où les enjeux sont réels. La présente étude a été faite en comparant deux dyades d’appels 9-1-1 pour lesquelles une enquête a démontré que l’appelant était trompeur dans un cas et aucune suspicion n’a été signalée dans l’autre.

    En premier lieu, une analyse prosodique a été effectuée afin de comparer le nombre de groupes rythmiques dans la parole des appels trompeurs à celle des appels non trompeurs. Une analyse perceptuelle a ensuite été menée à l’aide de versions filtrées des appels dans lesquelles l’information linguistique n’était plus perceptible et seule l’information prosodique des appelants était préservée. Ces versions modifiées ont été présentées à 5 juges qui devaient déterminer si la personne qui parlait était trompeuse ou non.

    L’analyse prosodique a révélé un nombre significativement plus faible de groupes rythmiques pour une seule des deux dyades. Les données perceptuelles ont quant à elles présenté des taux de catégorisation correcte très faibles à l’exception d’un appel non trompeur correctement catégorisé par l’ensemble des juges. Cet appel fait partie de la dyade pour laquelle l’analyse prosodique s’est avérée significative.

    Ces données exploratoires suggèrent que l’analyse prosodique de la parole trompeuse peut s’avérer une bonne piste de détection de l’honnêteté dans la parole, mais serait insuffisante pour détecter la tromperie.


Panel / Atelier

Table ronde

Salle : RONA - Secteur Bleu — Bâtiment : HEC Montréal - Côte-Sainte-Catherine
Discutant·e·s : Noémie Allard-Gaudreau (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue), Francis Fortin, Julien Plante-Hébert (UQAM - Université du Québec à Montréal), E. Allyn Smith (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Réseautage

Cocktail

Salle : RONA - Secteur Bleu — Bâtiment : HEC Montréal - Côte-Sainte-Catherine