Informations générales
Événement : 87e Congrès de l'Acfas
Type : Domaine
Section : Section 100 - Sciences de la santé
Description :Les personnes aux prises avec des troubles de santé mentale doivent gérer au quotidien des manifestations et des symptômes, ce qui représente de nombreux défis. De plus, les troubles de santé mentale peuvent affecter le traitement de l’information, un processus indispensable à la communication interpersonnelle. Dès lors, la possibilité de recevoir un traitement efficace et de bénéficier de pratiques prometteuses devient une source d’espoir. Les communications orales en neurosciences, en santé mentale et en toxicomanie, regroupées en trois sessions, donneront l’occasion de discuter des répercussions psychologiques et sociales de ces problèmes et des avancées permettant d’améliorer les traitements individuels et les interventions communautaires.
Dates :- Geneviève Forest (UQO - Université du Québec en Outaouais)
Programme
Améliorer les interventions auprès de la clientèle : facteurs associés au pronostic et à l’efficacité des traitements
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Communication orale
La prédiction précoce de l'aphasie post-AVC à partir de la sévérité initialeAlberto Osa García (UdeM - Université de Montréal)
Problématique : L’aphasie est une des atteintes cognitives les plus invalidantes d’un accident vasculaire-cérébral (AVC), affectant les habiletés langagières. La récupération de l’aphasie est maximale les premières semaines suivant l’AVC. Or, peu d’études se sont intéressées à la récupération pendant cette période. Cette étude vise à savoir s’il est possible de prédire la récupération précoce de l’aphasie post-AVC à partir de l’évaluation initiale.
Méthodes : Deux évaluations langagières chez vingt patients atteints d’une aphasie post-AVC ont été réalisées en moyenne 3 et 10 jours après l’AVC. Des analyses de régression multiple ont été réalisées avec un Index Composé (IC) évaluant la sévérité de l’aphasie comme variable dépendante, ainsi que des mesures du discours spontané extraites d’une description d’image, la taille de lésion et l’âge.
Résultats : La sévérité initiale de l’aphasie mesurée par l’IC et par des mesures discursives représente respectivement 36% et 34,3% de la variance de la sévérité 10 jours après l’AVC. Les modèles de prédiction incluant seulement les variables langagières sont plus significatifs que ceux qui incluent la taille de la lésion et l’âge.
Conclusions : Les mesures tirées de l’évaluation langagière initiale offrent un meilleur niveau de prédiction de la récupération précoce de l’aphasie comparé aux variables qui prédisent la récupération à long terme. Ces données permettront aux cliniciens de mieux orienter les patients après leur hospitalisation.
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Communication orale
Les effets complexes du diagnostic de trouble de santé mentale : étude du lien entre le rapport au diagnostic et le rapport à l’expérience vécue.Isabelle Jacques (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Bien que le diagnostic de trouble de santé mentale puissent être étudié de nombreuses manières (par exemple à travers l’étude de sa fonction pratique qui mène à identifier un traitement ciblé; ou encore à une fonction administrative qui permet l’accès à des services ou des exemptions et accommodements), le diagnostic peut également être étudié en tant qu’événement qui influence le parcours des individus à travers l’impact de l’annonce du diagnostic et de ses effets sous-jacents qui ponctue de diverses manières, à différents niveaux et selon différentes intensités le parcours d’un individu. Dans le cadre de ce mémoire, nous avons choisi de mettre l’emphase sur les effets du diagnostic sur le parcours de rétablissement des personnes qui doivent au quotidien reconstruire un rapport à eux-mêmes et à leur expérience en tenant compte de cette nouvelle définition de soi. Pour ce faire, le corpus analysé fut constitué à partir de messages publiés sur le forum web de l’organisme Revivre, organisme qui offre une plateforme d'échange aux individus concernés par un ou plusieurs diagnostics correspondant aux troubles dépressifs, bipolaires ou anxieux. L’étude nous a permis de mettre en lumière l’articulation entre les dimensions problématiques de l’expérience exprimées par les personnes, les types d’identification au diagnostic (« Je suis malade » vs « J’ai un problème ») et les modes d’adaptation à l’expérience vécue (buts et moyens visés) qui y sont associés.
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Communication orale
Traitement pour le trouble d’anxiété généralisée chez une population adulte : Hostilité, dépression et symptômes anxieux.Michel Dugas (Université du Québec en Outaouais), Gabrielle Marcotte-Beaumier (Université du Québec en Outaouais), Caroline Morrissette-Pronovost (UQO - Université du Québec en Outaouais)
Les individus souffrant du trouble d’anxiété généralisée (TAG) présentent un niveau élevé d’hostilité (Deschênes et al., 2012). Cet essai clinique vise à évaluer l’impact de l’hostilité sur l’efficacité d’une thérapie cognitivo-comportementale chez des adultes atteints du TAG. Hypothèse : L’hostilité au pré-traitement aura un impact négatif sur l’efficacité thérapeutique, et ce, indépendamment des symptômes dépressifs, des symptômes anxieux, de l’âge et du sexe. Méthode : Les 69 participants ont reçu 12 séances de thérapie et ont complétés les questionnaires suivants au pré traitement : Questionnaire d’agressivité, Échelle hostilité (QA-Host) ; Inventaire de dépression de Beck, 2eédition (IDB-II) ; et Inventaire d’anxiété de Beck (IAB). Ils ont aussi complété le Questionnaire sur l’inquiétude et l’anxiété (QIA) au pré et au post traitement. Résultats : Deux analyses de régression hiérarchique linéaire révèlent qu’il y a un impact négatif de l’hostilité sur l’efficacité de la thérapie (β = 0,35, p = 0,01) et ce, indépendamment de la sévérité des symptômes dépressifs (β = -0,02, p = ns), des symptômes anxieux (β = 0,11, p = ns), de l’âge (β = -0,05, p = ns) et du sexe (β = 0,04, p= ns). Conclusion : À notre connaissance, cette étude est la première à démontrer un lien significatif entre l’hostilité et la faible efficacité de la psychothérapie chez les adultes atteints du TAG. Ainsi, elle offre des pistes d’exploration à l’amélioration du traitement.
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Communication orale
Le rôle des caractéristiques féminines dans la compréhension des symptômes anxieuxMaryse Arcand (UQAM - Université du Québec à Montréal), Alexe Bilodeau-Houle (Université de Montréal), Valérie Bouchard (Université du Québec à Montréal), Alexandra Brouillard (Université de Montréal), Robert-Paul Juster (Université de Montréal), Marie-France Marin (Université du Québec à Montréal), Simon Morand-Beaulieu (Université de Montréal), Clémence Peyrot (Université de Montréal), Yasmine Zerroug (Université du Québec à Montréal)
Les statistiques suggèrent que les femmes sont plus vulnérables aux symptômes anxieux que les hommes. Des hypothèses biologiques et psychosociales ont été mises de l’avant pour tenter d’expliquer cette vulnérabilité accrue chez les femmes. Au niveau psychosocial, il importe de porter attention aux caractéristiques de genre des individus, c’est-à-dire, les comportements masculins et féminins que la société attribue aux hommes et aux femmes. La présente étude vise à examiner la relation entre les caractéristiques de genre et les traits anxieux chez des adultes en santé. Ainsi, 80 femmes et 50 hommes, âgés entre 18 et 55 ans, ont été recrutés. Les participants ont rempli un questionnaire mesurant le trait d’anxiété (State and Trait Anxiety Inventory, Forme Trait) ainsi qu’un questionnaire mesurant les rôles de genre (BEM Sex-Role Inventory). Des modèles de régression ont été réalisés pour les femmes et pour les hommes en utilisant le score d’anxiété comme variable dépendante et le score de féminité et de masculinité comme prédicteurs. Les résultats ne démontrent aucune relation entre les caractéristiques de genre et les traits anxieux chez les hommes. Par contre, chez les femmes, un plus fort endossement de caractéristiques féminines est associé à un plus faible trait d’anxiété. En somme, ces résultats permettent de mieux comprendre l’influence des caractéristiques de genre sur l’anxiété et suggèrent des relations distinctes entre les hommes et les femmes.
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Communication orale
Une étude transversale exploratoire des facteurs de stress environnementaux en milieux de soins intensifs et la présence de symptômes de détresse péritraumatiqueEmilie Gosselin (université de Sherbrooke), Yesmine Kabadou (UdeS - Université de Sherbrooke), Stéphane Lavoie (école des sciences infirmières), frédérick d'Aragon (département d'anesthésiologie)
La combinaison de plusieurs facteurs de stress environnementaux (FSE) dans l'unité de soins intensifs (USI) peut devenir un événement traumatique en soit. En effet, le développement de l'état de stress post-traumatique (ESPT) est fréquent chez la clientèle de l’USI. La détresse péritraumatique (DPT) survient quelques jours après l’exposition à l'événement traumatique. Elle est un bon prédicteur de l’ÉSPT. Mais, les symptômes de la DPT n’ont pas été explorés en considérant ces FSE, dans le contexte de l'USI.
L’objectif primaire est d’explorer l’association entre la DPT et les FSE chez les patients hospitalisés aux USI médicale (Med) et chirurgicale (CH). Les objectifs secondaires sont d’explorer la présence des symptômes de DPT auprès des patients, quantifier la perception des FSE et décrire certaines caractéristiques des personnes les plus vulnérables à la DPT.
Le devis est transversal exploratoire corrélationnel. Un minimum de 30 patients seront recrutés par convenance dans les USI Med et CH, Hôpital CHUS-Fleurimont. Une rencontre de 30 min sera envisagée pour chaque participant, par l’étudiante-chercheure. La collecte des données se fera par des questionnaires auto-administrés, fidèles et valides et une consultation des dossiers cliniques.
L’importance de cette étude réside dans le besoin d’améliorer les connaissances infirmières autour de la DPT à l'USI. Également, elle permettra de suggérer des mesures préventives afin de diminuer les symptômes de DPT et par suite l'ESPT.
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Communication orale
Le mouvement social concernant la récupération de la santé mentaleIoana-Smarandita Arbone (University of Toronto), Alireza Jamshidi (University of Toronto), Jessica Wu (University of Toronto)
William Anthony (1993) a proposé une nouvelle vision pour le système de la santé mentale en se basant sur l’idée de récupération. Jusqu’à la fin du 20e siècle, on pensait qu’il était impossible de vaincre la maladie liée à la santé mentale. Cette recherche est une revue de littérature qui examine l’idéologie menant à cette nouvelle vision. Plus précisément, cette étude vise à comprendre les fondements idéologiques de rétablissement de la santé mentale (RSM) grâce à l'utilisation de la théorie de la cognition culturelle (TCC).
En utilisant des bases de données interdisciplinaires (PsycINFO, WebofScience et SCOPUS), 87 articles ont été retenus pour notre étude. Ces articles ont été analysés selon les critères suivants : communautarienne / individualistes, hiérarchique / égalitaire, ainsi que sur la position épistémologique de l'auteur (objectif/subjectif).
La plupart des articles sont catégorisés comme subjectifs (64,7 %) et individualistes (72,4 %).
La conclusion de cette étude supporte l’idée que l’idéologie est un important aspect à considérer dans le discours de récupération de la santé mentale.
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Communication orale
La relation entre les habitudes de sommeil des adolescents et le plaisir dans les sportsGeneviève Forest (Université du Québec en Outaouais), Pascale Gaudreault (Université du Québec en Outaouais), Roxanne Godin (UQO - Université du Québec en Outaouais), Jonathan Roy (Université du Québec en Outaouais)
À l'adolescence, le sommeil se caractérise par un délai dans le cycle veille-sommeil, lequel peut entraîner l’accumulation d’une dette de sommeil. Ce manque de sommeil a été associé à une diminution des émotions positives et à une augmentation des émotions négatives chez les jeunes. Cette étude a pour objectif d’explorer l’association entre le plaisir dans les sports et les habitudes de sommeil chez les jeunes. Quinze adolescents dont le sommeil était enregistré par actigraphie pendant une semaine ont complété le Physical Activity Enjoyment Scale. Des corrélations de Pearson ont été réalisées entre le plaisir dans le sport et les heures de coucher et de lever les nuits d'école et de fin de semaine ainsi que le décalage horaire social. Les résultats montrent une relation négative significative entre le plaisir dans le sport et le décalage horaire social (r=-.60;p<0,05) et les heures de réveil la fin de semaine (r=-.57;p<.05). Le décalage horaire social est aussi lié positivement aux heures de coucher (r=0,62;p<0,05) et les heures de réveil (r=0,80;p<0,001) la fin de semaine. Ces résultats suggèrent que la stabilité de l’horaire de sommeil d’un adolescent, plus spécifiquement, se réveiller plus tôt la fin de semaine comme ils le font durant la semaine, serait associé à un plus grand plaisir dans les activités physiques et sportives. Ceci a des implications importantes pour la compréhension des enjeux liés aux problèmes de motivation sportive et de sédentarité chez les jeunes.
Facteurs psychologiques, neuroanatomiques et culturels affectant les processus de traitement de l’information
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Communication orale
Impact de la chirurgie de l’épilepsie insulaire sur le traitement de l’information.Olivier Boucher (Centre de recherche du Centre Hospitalier de l'Université de Montréal, CRCHUM), Alain Bouthillier (CHUM, service de neurologie), Daphné Citherlet (UdeM - Université de Montréal), Anne Gallagher (Université de Montréal), Franco Lepore (Université de Montréal), Dang Khoa Nguyen (Centre de recherche du Centre Hospitalier de l'Université de Montréal, CRCHUM), Manon Robert (Centre de recherche du Centre Hospitalier de l'Université de Montréal, CRCHUM), Julie Tremblay (Centre de recherche du CHU Sainte-Justine)
Contexte: l’insula est impliquée dans le traitement de l’information. Sa portion antérieure (Ia) jouerait un rôle dans le traitement de la saillance, alors que sa portion postérieure (Ip) serait impliquée dans le traitement sensoriel. La résection de l’insula comme traitement des épilepsies pharmaco-résistantes est parfois envisagée chez les patients atteints d’épilepsie insulaire. Problématique: l’intérêt pour ce type d’épilepsie ne s’est développé que récemment. Des interrogations demeurent concernant l’impact d’une telle chirurgie sur le traitement sensoriel et cognitif. Objectif: distinguer le rôle de chaque portion de l’insula dans le traitement de l’information et identifier l’impact d’une insulectomie sur le traitement sensoriel. Méthode: avec l’EEG intracrânien, nous mesurons l’activité de l’insula durant des tâches cognitives. Les analyses sont en potentiel évoqué et en temps-fréquence. Des questionnaires mesurant les changements multisensoriels sont administrés à deux groupes de patients opérés pour une épilepsie insulaire ou temporale. Les réponses sont comparées selon le type de résection et le temps post-chirurgie. Conclusion: les données iEEG montrent que l’Ia est impliquée dans l’attention volontaire, alors que la réponse de l’Ip reflète un processus automatique. Nous notons aussi des profils sensoriels distincts selon le type de résection. Contribution: l’étude aidera à anticiper l’impact d’une insulectomie et approfondira la compréhension du rôle de l’insula.
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Communication orale
Sélectivité de l’hémisphère cérébral droit pour l’information horizontale durant le traitement facialCaroline Blais (Université du Québec en Outaouais), Justin Duncan (UQO - Université du Québec en Outaouais), Daniel Fiset (Université du Québec en Outaouais), Guillaume Lalonde-Beaudoin (Université du Québec en Outaouais)
Le traitement des visages est plus efficace lorsqu’ils sont présentés dans le champ visuel gauche (CVG). Cette supériorité du CVG est attribuée à la dominance de l’hémisphère droit pour les visages, mais peu d’explications fonctionnelles ont été proposées (p.ex., traitement global/local). Des travaux récents ont révélé l’importance des orientations spatiales horizontales dans le traitement facial (ex., Goffaux & Dakin, 2010). Nous avons donc vérifié si leur traitement diffère entre les hémisphères. Trente participants ont complété deux tâches dans lesquelles des visages étaient filtrés avec des bulles d’orientation (Duncan et al., 2017). La première, une tâche d’identification, visait à établir un profil de référence. Dans la seconde tâche, un paradigme pareil/différent, une sonde était présentée au CVG ou CVD pendant que l’autre côté voyait un visage moyen. Une cible était ensuite présentée bilatéralement et les participants devaient indiquer si la sonde et la cible étaient la même personne. Des images de classification ont permis d’extraire les orientations utiles (Zcrit=2,101, p<0,05; Chauvin et al., 2005). Tel qu’attendu, l’information horizontale constitue le meilleur prédicteur de performance dans la tâche de référence, Z=3,38. Cela était aussi vrai pour le CVG (Z=3,45), mais pas le CVD (Z=–1,92). La supériorité de l’hémisphère droit serait donc liée à un meilleur traitement des orientations horizontales, mécanisme qui n’avait jamais été exploré jusqu’à maintenant.
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Communication orale
Impact de l’anxiété sociale sur les représentations visuelles d’expressions facialesCaroline Blais (Université du Québec en Outaouais), Isabelle Charbonneau (UQO - Université du Québec en Outaouais), Daniel Fiset (Université du Québec en Outaouais), Marie-Josée Roy (Université du Québec en Outaouais)
Des études montrent que les personnes souffrant d’anxiété sociale ont des difficultés à reconnaître les expressions faciales. Afin de mieux comprendre ce déficit, nous avons comparé les représentations visuelles (RVs) du dégoût et de la colère de personnes anxieuses avec celles de participants contrôles. Les RVs de ces deux expressions ont été révélées chez 40 participants (20 par groupe) grâce à la corrélation inverse (Mangini & Biederman, 2004). À chaque essai, les participants devaient choisir lequel de 2 stimuli semblait le plus colérique ou le plus dégoûté. Les deux stimuli étaient générés à partir du même visage auquel était ajoutée une plage de bruit aléatoire. Une image de classification a été générée pour chaque groupe et chaque expression en moyennant les plages de bruit sélectionnées à chaque essai. Les résultats ne révèlent aucune différence entre les deux groupes quant aux régions faciales représentées en mémoire pour les deux expressions faciales. Des analyses subséquentes montrent toutefois que les RVs des participants anxieux sont jugées comme plus tristes par des participants naïfs, et ce, pour les deux expressions évaluées (colère=[X2(1)=24.14, p<0.001], dégoût=[X2(1)=28, p<0.001]), ce qui est consistant avec l’observation d’un niveau de dépression plus élevé chez nos participants anxieux [t(38)=2.57, p=0.02]. Ces résultats suggèrent que la présence de dépression chez les anxieux sociaux altère les RVs en les rendant plus tristes.
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Communication orale
Évaluation des processus moteurs au sein du trouble obsessionnel-compulsifPierre Blanchet (Université de Montréal), Marc Lavoie (Université de Montréal), Simon Morand-Beaulieu (UdeM - Université de Montréal), Kieron O'Connor (Université de Montréal)
Plusieurs particularités liées au fonctionnement des régions motrices du cerveau ont été associées au trouble obsessionnel-compulsif (TOC). On y retrouve notamment une plus grande amplitude du potentiel de préparation motrice (readiness potential). Ici, nous proposons d’utiliser les potentiels de latéralisation motrice (LRP) pour évaluer les processus moteurs au sein du TOC. Dans une tâche de compatibilité stimulus-réponse, les LRP permettent d’évaluer les processus de préparation motrice lorsqu’on fait varier la compatibilité entre un stimulus et la réponse attendue. Nous posons l’hypothèse que les patients atteints du TOC devraient présenter un Gratton dip (activation incompatible) et un pic du LRP de plus grande amplitude, ainsi qu’une amorce du LRP plus tardive.
Nous avons enregistré les LRP chez 19 patients atteints du TOC et 19 participants contrôles, alors qu’ils effectuaient une tâche de compatibilité stimulus-réponse. Nous avons comparé les deux groupes selon diverses mesures, comme l’amorce du LRP, le Gratton dip, ainsi que le pic du LRP.
Les résultats démontrent une plus grande amplitude du pic du LRP et du Gratton dip chez les patients atteints du TOC. Toutefois, il n’y avait de différence inter-groupes relative à l’amorce du LRP.
Au sein du TOC, les régions motrices semblent être suractivées lors de la préparation d’un mouvement. Ces résultats suggèrent que la régulation de l’activité sensorimotrice devrait être abordée dans le cadre du traitement du TOC.
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Communication orale
Différences culturelles dans la représentation mentale de la douleur exprimée par des visages d’une autre ethnie que celle de l’observateurCaroline Blais (Université du Québec en Outaouais), Stéphanie Cormier (Université du Québec en Outaouais), Andréa Deschênes (Université du Québec en Outaouais), Daniel Fiset (Université du Québec en Outaouais), Francis Gingras (UQO - Université du Québec en Outaouais), Marie-Pier Plouffe-Demers (Université du Québec en Outaouais; Université du Québec à Montréal)
Une reconnaissance efficace de l’expression faciale de douleur est cruciale afin de réagir correctement face aux personnes souffrantes. La présente étude visait à révéler la représentation perceptive de l’expression faciale de douleur pour deux groupes ethniques. Des images de classification (ICs) ont été générées afin de visualiser les représentations de douleur de visages Blancs et Noirs chez 30 participants occidentaux grâce à la reverse correlation (Mangini & Biederman, 2004). Ces ICs ont ensuite été soumises à un Cluster test (Chauvin et al., 2005; tcrit=3.0, k=246, p<0.025). Les résultats révèlent que l’œil droit et la bouche sont représentés différemment pour les deux ethnies de visages. Puisque ces variations n’étaient pas corrélées aux préjugés ethniques (tous les p>0.5), sept participants africains ont été testés afin de tenter d’expliquer ces différences. On cherchait alors à déterminer si ces différences étaient attribuables à la morphologie des visages ou à l’importance accordée par l’observateur aux traits de douleur pour un visage provenant d’une autre ethnie. Pour les participants africains, la douleur pour les visages Blancs est davantage associée au plissement des sourcils comparativement à celle pour les visages Noirs (tcrit=3.0, k=246, p<0.025). Ces résultats suggèrent que l’importance accordée aux traits de douleur est modulée par l’ethnie du visage qui l’exprime.
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Communication orale
Rêves et réactivation sonore durant le sommeil pour renforcer la mémoire motriceJulianne Chénier (Département de psychologie - Université de Montréal), Tore Nielsen (1Laboratoire des rêves et des cauchemars, Centre d’études avancées en médecine du sommeil, CIUSSS-NÎM – Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal), Tyna Paqeuette (1Laboratoire des rêves et des cauchemars, Centre d’études avancées en médecine du sommeil, CIUSSS-NÎM – Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal), Claudia Picard-Deland (UdeM - Université de Montréal), Arnaud Samson-Richer (1Laboratoire des rêves et des cauchemars, Centre d’études avancées en médecine du sommeil, CIUSSS-NÎM – Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal)
Les traces mnésiques d’apprentissages récemment encodés sont réactivées de manière spontanée durant le sommeil. Ces réactivations neuronales semblent être un des mécanismes principaux par lequel le sommeil contribue à la consolidation de la mémoire. L’objectif du projet est d’explorer les rôles du sommeil paradoxal (REM), du sommeil lent (NREM), ainsi que des rêves dans la consolidation de la mémoire procédurale en utilisant un protocole de réactivation de mémoire ciblée en sommeil. Chez des sujets en bonne santé physique et mentale (N=59), des sons qui ont été présentés au cours d'une tâche d’apprentissage moteur en réalité virtuelle ont de nouveau été présentés en sommeil REM ou NREM d’une sieste matinale en laboratoire afin d’influencer de manière spécifique la réactivation neurale. Les résultats indiquent qu’une réactivation sonore en sommeil REM renforcerait davantage l’apprentissage moteur qu’une sieste sans stimulation, sans toutefois affecter le contenu des rêves. Cependant, l’incorporation d’éléments de la tâche en réalité virtuelle dans les rêves est associée à une meilleure amélioration à cette tâche, suggérant un lien entre les rêves et les processus de consolidation des apprentissages. Cette étude permet d'enquêter sur la possibilité d'améliorer l'apprentissage moteur avec un protocole non invasif basé sur le sommeil et pourrait mener à une meilleure compréhension de son utilisation dans un contexte clinique, par exemple pour aider en réhabilitation physique.
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Communication orale
De l'autonomie à l’écologie de l'esprit incarné : Les principes fondamentaux de l’approche énactive en science cognitivesMiguel Ángel Sepúlveda Pedro (UdeM - Université de Montréal)
Les sciences cognitives expliquent les fonctions mentales à travers des modèles scientifiques qui impliquent aussi des concepts philosophiques. Une manière récente de classifier la variété des modèles en sciences cognitives est de distinguer les approches traditionnelles qui soutiennent que la cognition est un phénomène qui se passe exclusivement dans le cerveau, et les approches radicales de la cognition incarnée qui affirment que la cognition est constituée nécessairement par des processus d’un système étendu qui comprend le cerveau, le corps, et l’environnement. Dans ce contexte, ma recherche vise à contribuer aux explications d’une approche particulière de la cognition incarnée : l’approche énactive. Pour cette approche, l’esprit se constitue à travers de l’interaction du corps vivant qui est partiellement déterminé par ses propres conditions organisationnelles et des conditions environnementales avec lesquelles il interagit constamment. Dans ma présentation je vise à argumenter que cette approche a des avantages sur les approches traditionnelles sur la base de deux principes théoriques fondamentaux : le principe énactif et le principe de l’autonomie biologique. Malgré ces avantages, je vais, vers la fin de ma présentation, considérer que les deux principes fondamentaux de l’approche énactive n’impliquent pas la dimension écologique qui est nécessaire pour expliquer certains aspects de la cognition sociale et de la cognition abstrait pour un approche du type énactif.
Améliorer la compréhension, la mesure et le diagnostic des troubles de santé mentale
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Communication orale
Effet développemental de l'apprentissage de la peur par observationMaryse Arcand (Université du Québec à Montréal), Alexe Bilodeau-Houle (Université de Montréal), Valérie Bouchard (Université du Québec à Montréal), Alexandra Brouillard (UQAM - Université du Québec à Montréal), Alexandra Brouillard (Université de Montréal), Clémence Peyrot (Université de Montréal), Yasmine Zerroug (Université du Québec à Montréal)
La peur est au cœur des troubles anxieux. L'apprentissage de la peur (AP) est étudié par conditionnement: un stimulus neutre (ex. lumière bleue) est pairé à un stimulus inconditionnel (ex. choc) et suscite alors à lui seul des réponses de peur (SC+), alors qu’un autre stimulus (ex. lumière jaune) n’est jamais pairé au choc (SC-). Des effets développementaux sur le conditionnement ont été montrés, où les enfants de 10 ans et plus différencient mieux les stimuli signalant le danger (SC+) des stimuli neutres (SC-). Par contre, cet effet n'a pas été étudié via l'AP par observation chez les enfants, alors que ceux-ci sont sensibles à leur environnement familial. Un paradigme validé d'AP par observation chez les enfants a été utilisé pour examiner s'il existe des différences d'âge dans le conditionnement de la peur par observation chez les enfants sains de 8 à 12 ans. Ceux-ci observaient le conditionnement de leur parent et d'un étranger, puis étaient exposés aux stimuli. La peur était mesurée par la réponse électrodermale. Les enfants de 10-12 ans (n=33) présentaient une meilleure discrimination des stimuli (F(2, 108)= 4.84, p=.01) que les enfants de 8-9 ans (n=23). En incluant seulement les enfants ayant appris la contingence, les patrons d'apprentissage restent similaires (F(2, 74)=2.52,p=.088). Ceci soutient l'effet développemental quant à l'AP par observation et suggère la pertinence d'étudier les bases biologiques de l'AP, notamment au niveau du développement cognitif.
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Communication orale
Notre capacité d'apprendre la peur est-elle liée à nos stratégies de coping?Maryse Arcand (Centre de recherche de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal), Alexe Bilodeau-Houle (Centre de recherche de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal), Valérie Bouchard (Centre de recherche de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal), Alexandra Brouillard (Centre de recherche de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal), Marie-France Marin (Centre de recherche de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal), Clémence Peyrot (Centre de recherche de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal), Yasmine Zerroug (UQAM - Université du Québec à Montréal)
La peur est une fonction essentielle à la survie, car elle permet à un individu d'adapter son comportement. Il existe des différences individuelles quant à la façon dont les individus apprennent la peur, mais la nature de ces différences nécessite davantage d'exploration. Plusieurs stratégies se mobilisent pour réguler la peur, dont les stratégies de coping. Par contre, peu d’études ont étudié l’impact des stratégies de coping sur l’apprentissage de la peur. La présente étude exploratoire cherche à examiner le lien entre les stratégies de coping et l’apprentissage de la peur. 133 hommes et femmes en santé, âgés entre 18 et 55 ans, ont pris part à un paradigme de conditionnement de la peur validé, où un stimulus neutre (ex. lumière bleue) est associé à un léger choc électrique et devient un stimulus conditionné (SC+). La sudation de la peau permet de quantifier objectivement les niveaux de peur. Ils ont ensuite répondu au Brief COPE, questionnaire mesurant la fréquence d’utilisation des stratégies de coping. Les résultats suggèrent que les stratégies de coping ne sont pas associées aux réponses de peur en réaction au choc. En revanche, certaines stratégies de coping sont associées aux réponses conditionnées, soit l’indicateur d’un apprentissage de la peur. De plus, cette association diffère entre les hommes et les femmes. Ces résultats permettent de mieux comprendre les facteurs psychologiques contribuant aux différences individuelles quant à l’apprentissage de la peur.
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Communication orale
L’étiologie et le traitement du trouble d’anxiété généralisée : le biais d’interprétation est-il spécifique aux situations ambiguës?Michel Dugas (UQO - Université du Québec en Outaouais), Isabelle Fortin-Delisle (Université du Québec en Outaouais), Gabrielle Marcotte-Beaumier (Université du Québec en Outaouais)
Cette étude évalue la spécificité du lien entre le biais d’interprétation pour les situations ambiguës (BI-Amb) et la sévérité du trouble d’anxiété généralisée (TAG). Hypothèses: 1- comparé aux biais d’interprétation pour les situations positives (BI-Pos) et négatives (BI-Nég), le BI-Amb sera plus fortement lié à la sévérité des symptômes du TAG au pré traitement; 2- comparé au changement du BI-Pos et du BI-Nég, le changement du BI-Amb sera plus fortement associé au changement dans la sévérité des symptômes du TAG suite au traitement. Méthode:Les participants (N=69) reçoivent une psychothérapie de 12 séances et complètent le Questionnaire sur les Inquiétudes et l’Anxiété (Dugas et al., 2001), l’Inventaire de Dépression de Beck (Beck et., 1996) et le Journal des Situations Ambiguës et Non-Ambiguës (Davey et al., 1992) au pré et post traitement.Les hypothèses sont éprouvées par des analyses corrélationnelles. Résultats: 1- en contrôlant pour les symptômes dépressifs, le lien entre le BI-Amb est spécifique à la sévérité des symptômes du TAG (r= 0,41, p< 0,001) au pré traitement; et 2- en contrôlant pour le changement dans les symptômes dépressifs, le lien entre le changement du BI-Amb est spécifique au changement de la sévérité des symptômes du TAG (r= 0,49, p< 0,001) suite au traitement. Conclusion: Concernant l’étiologie et le traitement du TAG, le BI pour les situations ambiguës semble jouer un rôle plus important que les BI pour les situations positives et négatives.
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Communication orale
Validation préliminaire du Questionnaire sur les comportements sécurisants du trouble d’anxiété généralisée (QCS-TAG) : Comment se manifeste le TAG ?Michel J. Dugas (Université du Québec en Outaouais), Elizabeth Hebert (University of Manitoba), Gabrielle Marcotte-Beaumier (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Le trouble d’anxiété généralisée (TAG) est le seul trouble anxieux sans critères diagnostiques comportementaux. Dans leur revue des critères diagnostiques du TAG pour le DSM-5, Andrews et ses collègues (2010) ont suggéré l’ajout de quatre comportements sécurisants, qui n’ont toutefois pas été retenus. À partir de ces recommandations, nous avons développé un questionnaire auto-rapporté de 18 items (Questionnaire sur les comportements sécurisants du trouble d’anxiété généralisée, QCS-TAG) évaluant la présence de comportements sécurisants cliniquement liés au TAG. L’objectif est d’évaluer les qualités psychométriques du questionnaire afin de proposer une version abrégée valide. Soixante (60) participants ayant un TAG primaire ont été évalués avant et après avoir reçu un traitement cognitivo-comportemental de 12 rencontres hebdomadaires. Différents questionnaires ont été complétés par les participants afin d’évaluer les symptômes du TAG, l’intolérance à l’incertitude, l’anxiété générale, l’acceptation et l’engagement, les symptômes dépressifs, la dramatisation de la douleur et la qualité du sommeil. La version abrégée proposée est composée de 10 items. La cohérence interne, la fidélité test-retest ainsi que la validité convergente, divergente et prédictive ont été supportées. Les résultats appuient la pertinence du questionnaire, pour un contexte clinique et de recherche. Les considérations théoriques pour le diagnostic du TAG seront présentées.
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Communication orale
Validation canadienne-française du Gatineau Presence Questionnaire auprès d’adultes immergés en réalité virtuelleStéphane Bouchard (UQO - Université du Québec en Outaouais), Geneviève Robillard (Universite du Quebec en Outaouais)
La réalité virtuelle gagne en popularité et de plus en plus de chercheurs tentent de mesurer le sentiment de présence ressentie lors d’immersion en réalité virtuelle. Le principal défi réside dans le recours à un instrument de mesure qui soit simple à comprendre par les utilisateurs et dont l’administration interfère le moins possible avec l’expérience ressentie. L’instrument le plus utilisé, le Presence Questionnaire (Witmer & Singer, 1998; Robillard et al., 2002), ne mesure malheureusement pas l’expérience ressentie par l’utilisateur (Slater, 1999), inclut des items difficiles à comprendre (Bouchard et al., 2007), et contient plus de 25 items (selon les versions). D’autres instruments ont été proposés, notamment l’ITC-SOPI (Lessiter et al., 2001), mais ils demeurent longs à administrer. Une mesure brève à quatre items a été proposée (Laforest et al., 2016) mais n’a pas encore été validée. Cette présentation a pour objectif de présenter des données psychométriques pour la version française du Gatineau Presence Questionnaire (GPQ). Le GPQ a été administré après 117 immersions en réalité virtuelle avec une voûte immersive (CAVE) ou un visiocasque. L’analyse factorielle avec rotation varimax révèle deux facteurs distincts, avec la moitié des items présentant des saturations de plus de .50 sur l’un ou l’autre des facteurs. L’alpha de Cronbach est de .73. La présentation fera aussi état de données sur la validité convergente et divergente du GPQ.
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Communication orale
Phénoménologie husserlienne : Affectivité et modalités sensorimotricesMartin Moore (UQAM - Université du Québec à Montréal)
La négligence du trait développemental et de la dimension corporelle sont grandement répandues dans les domaines des sciences neurocognitives, de l’esprit (mind) et de la conscience. Une majorité importante des modèles contemporains sont fréquemment désincorporés, et/ou sur-intellectualisés. Il y a peu de modèles permettant de comprendre les expériences vécues des organismes humains. La phénoménologie de Husserl semble offrir un modèle permettant une compréhension des expériences vécues par les organismes animés. Ses écrits posthumes encore méconnus ont des considérations importantes pour les organismes, l’affectivité et les modalités sensorielles de la tactilité et de la kinesthésie. Mon objectif est de déterminer le modèle de la phénoménologie husserlienne autour de l’affectivité. En considérant l’entièreté de ses écrits, la tactilité et la kinesthésie occupent une place importante reposant sur l’affectivité. De plus, Husserl confère un rôle central à la motivation qui vient articuler les expériences vécues des organismes animés. Avec les résultats de mon analyse, je vais pouvoir vérifier la validité de ce modèle avec l’aide d’évidences théorétiques et empiriques. Les conclusions de ma recherche seront pertinentes dans une perspective historique et contemporaine. Dans une perspective historique, pour la philosophie et phénoménologie de Husserl. Dans une perspective contemporaine, pour les théories de l’esprit, de la conscience, de l’affectivité et de la perception.
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Communication orale
L’association prospective entre le climat de sécurité en milieu scolaire et les symptômes dépressifs chez les adolescents : Une étude multiniveauxIsabelle Archambault (Université de Montréal), Marie-Christine Brault (Université du Québec à Chicoutimi), Frédéric Nault-Brière (Université de Montréal), Elizabeth Olivier (Université de Montréal), Gabrielle Yale-Soulière (UdeM - Université de Montréal)
La violence en milieu scolaire a été mainte fois associée aux difficultés intériorisées des adolescents, comme les symptômes dépressifs. Celle-ci a toutefois été principalement étudiée en termes de violence directe (intimidation, victimisation, etc.). Pourtant, l’exposition à la violence est plus large que la violence directement vécue par les adolescents. La majorité de ceux-ci ne se sentent pas en sécurité dans leur propre école. Cette étude regarde le lien prospectif entre le climat de sécurité en milieu scolaire et les symptômes dépressifs à l’adolescence par le biais d’un devis multiniveaux, tout en déterminant l’impact du sexe sur cette relation.
À l’aide d’un échantillon de 5 262 élèves suivis annuellement, des analyses multiniveaux ont testé le lien entre le climat de sécurité en secondaire 2 et les symptômes dépressifs deux ans plus tard, en contrôlant pour les symptômes dépressifs initiaux en plus des caractéristiques individuelles. La modération par le sexe a ensuite été étudiée.
Les résultats ont montré un lien significatif entre le climat de sécurité au niveau-élève et les symptômes dépressifs. Les analyses modératrices ont montré que cette relation est significative que chez les filles. Aucune association significative n’a été trouvée entre le climat de sécurité au niveau-école et les symptômes dépressifs.
Cette étude soutient l’importance de considérer l’impact de la perception du climat de sécurité sur le bien-être émotionnel des adolescents en milieu scolaire.
Session d’affiches
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Communication par affiche
La cognition sociale comme variable médiatrice de l'adaptation à la rupture amoureuse chez les jeunes ayant vécu un traumatisme durant l'enfance.Audrey Brassard (Université de Sherbrooke), Isabelle Daigneault (Université de Montréal), Audrey Francoeur (UdeM - Université de Montréal), Catherine Hache-Labelle (Université de Montréal), Tania Lecomte (Université de Montréal), Véronique Lecours (Université de Montréal)
Objectifs : Déterminer si : 1) la maltraitance durant l'enfance et divers aspects de la cognition sociale (régulation émotionnelle, mentalisation, attributions causales) sont associés à l'adaptation à la rupture amoureuse chez les jeunes (résilience, symptômes psychiatriques, détresse); 2) la cognition sociale agit comme médiateur dans la relation entre la maltraitance durant l'enfance et l'adaptation à la rupture amoureuse. Méthode : Nous avons évalué la maltraitance, la cognition sociale et l'adaptation à la rupture chez 482 étudiants universitaires ayant vécu une rupture durant les trois derniers mois. Résultats : 1) La maltraitance prédit l'adaptation à la rupture lorsque les médiateurs sont considérés dans le modèle et lorsqu'ils ne le sont pas. La régulation émotionnelle a eu des résultats significatifs sur les trois mesures d’adaptation à la rupture alors que la mentalisation et le contrôle personnel n’ont donné des résultats significatifs que sur la résilience et les symptômes. 2) La maltraitance était indirectement associée aux mesures d’adaptation par la régulation émotionnelle. Elle était aussi indirectement associée aux symptômes par la mentalisation, tandis qu'elle était indirectement associée aux trois mesures d'adaptation par la mentalisation liée à soi. Conclusions : Les jeunes ayant vécu de la maltraitance qui ont récemment vécu une rupture pourraient bénéficier d'interventions visant à améliorer la régulation émotionnelle et la mentalisation.
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Communication par affiche
Impacts du style d’attachement et du type de soutien social sur la symptomatologie psychotraumatique et le fonctionnement global chez des Canadiens-français aux prises avec un TSPTMalik Ait Aoudia (Université Paris-Descartes - Faculté de Médecine), Jean-Philippe Daoust (Université d'Ottawa-Faculté de médecine (département de psychiatrie)), Catherine Juéry (UQO - Université du Québec en Outaouais), Monique Séguin (Université du Québec en Outaouais-Département de psychoéducation et psychologie)
Cette recherche vise l'étude des relations entre le style d’attachement, le soutien social, les symptômes post-traumatiques et le fonctionnement global chez des individus canadiens-français aux prises avec un trouble de stress post-traumatique (TSPT). Cent patients ayant un TSPT ont été recrutés dans une clinique externe de psychiatrie. Les résultats indiquent qu’un style d’attachement sécure est associé à moins de symptômes post-traumatiques et à un niveau global de fonctionnement plus élevé. Une quantité adéquate/élevée de soutien social est associée à moins de symptômes post-traumatiques et à un meilleur niveau global de fonctionnement. Une qualité adéquate/élevée de soutien social serait aussi associée à moins de symptômes post-traumatiques et à un meilleur niveau global de fonctionnement. En considérant la combinaison quantité et qualité du soutien social, il semblerait que l'aspect qualitatif du soutien social soit minimalement nécessaire pour une moindre symptomatologie psychotraumatique alors que l'aspect quantitatif du soutien social serait minimalement nécessaire pour assurer un meilleur niveau global de fonctionnement. Les résultats indiquent toutefois qu'il ne semble pas y avoir d’effet combiné du style d’attachement et du type de soutien social sur les symptômes post-traumatiques et le fonctionnement global. Les résultats viennent confirmer l’hétérogénéité de la population ayant un TSPT et ouvrent la voie à une prise en charge psychothérapeutique bonifiée.
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Communication par affiche
L’expérience de la douleur induite en contexte expérimental: Quand les consignes sont déterminantesStéphanie Cormier (Université du Québec en Outaouais), Alexandra Lévesque-Lacasse (UQO - Université du Québec en Outaouais)
Des études suggèrent l’incidence de la communication verbale sur l’expérience de la douleur en contexte clinique, mais ce lien demeure peu exploré en contexte expérimental. La présente étude a donc pour but d’évaluer l’effet de la nature des consignes transmises sur une douleur induite par l’entremise de la tâche d’eau froide chez des adultes en bonne santé. Les participants devaient immerger leur main dans un bassin d’eau froide, avant quoi des consignes verbales concernant le déroulement de la tâche leurs ont été offertes. Trois groupes égaux ont été formés de façon pseudo-aléatoire: consignes positives (la tâche est décrite comme provocant une douleur supportable), consignes négatives (la tâche est décrite comme provocant une douleur difficile à supporter) ou consignes neutres (seul le déroulement de la tâche est décrit). La tolérance à la douleur, c’est-à-dire la durée en secondes de l’immersion de la main dans l’eau, a été évaluée. Une ANOVA a été effectuée afin de comparer l’effet des consignes (positives, négatives, neutres) sur la tolérance à la douleur (F(2, 57) = 5,882, p = 0,006). Les résultats révèlent que les participants ayant eu des consignes positives (M = 127,94s) tolèrent mieux la douleur et que les participants ayant eu des consignes négatives (M = 82,33s) tolèrent moins bien la douleur que ceux ayant reçu des consignes neutres (M = 95,31s). Cette étude démontre que la nature des messages transmis teinte l’expérience de la douleur induite en laboratoire.
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Communication par affiche
L’impact du genre sur la capacité à discriminer l’expression faciale de douleur.Caroline Blais (Université du Québec en Outaouais), Stéphanie Cormier (Université du Québec en Outaouais), Daniel Fiset (Université du Québec en Outaouais), Miriam Kunz (University of Groningen), Marie-Pier Plouffe-Demers (UQAM - Université du Québec à Montréal), Camille Saumure (Université du Québec en Ouataouais)
Des études ont démontré un avantage des femmes en reconnaissance des expressions de douleur (e.g. Hill and Craig, 2004), mais l’impact du genre sur les stratégies visuelles qui y sont sous-jacentes demeure inexploré. Nous avons mesuré les stratégies visuelles de 30 participants (15 hommes) avec la méthode Bubbles (Gosselin & Schyns, 2001), qui échantillonne aléatoirement des traits du visage dans 5 bandes de fréquences spatiales. Pour chacun des 1512 essais, deux avatars bullés (parmis 2 genres x 4 niveaux d’intensité de douleur) étaient présentés au participant qui devait identifier celui présentant le plus haut niveau de douleur. L’écart d’intensité entre les 2 visages variait entre 100% (facile), 66% (moyen) et 33% (difficile). Le nombre de bulles nécessaire au maintien d’une précision moyenne de 75% faisait office de mesure de performance (Royer et al., 2015). Les résultats indiquent la nécessité d’un plus grand nombre de bulles pour les hommes (M=77.6, SD=36.8) que les femmes (M=52.3, SD=24.5) dans la condition la plus difficile [t(28)=2.22, p=0.04], suggérant une performance supérieure des femmes. De plus, les résultats indiquent que les femmes utilisent davantage la bande de fréquence spatiale la plus basse comparativement aux hommes (Zcrit=2.7, p<0.05; 5.4-2.7 cycles par visage). Ces résultats suggèrent un impact du genre de l’observateur sur la performance et sur les stratégies visuelles sous-jacentes à la discrimination de l’expression faciale de la douleur.
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Communication par affiche
le rôle de la flexibilité psychologique dans le perfectionnismeJustine Bordeleau (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Frédéric Langlois (Université du Québec à Trois-Rivières)
Deux facteurs semblent expliquer le perfectionnisme : la recherche de haut standard et les préoccupations perfectionnistes. Le premier serait lié à des variables de fonctionnement positives, alors que le second serait lié à la pathologie. Ce qui pourrait les distinguer serait la flexibilité psychologique. Cette fonction exécutive correspond à la capacité à s’adapter aux demandes de l’environnement. La recherche vise à déterminer le rôle de la flexibilité en regard des deux facteurs en utilisant des questionnaires et une tâche neuropsychologique. Des corrélations ont été effectuées entre les mesures de flexibilité. Des corrélations partielles ont été réalisées entre les facteurs (variance commune contrôlée) et les mesures de flexibilité. Les résultats illustrent que la flexibilité mesurée par questionnaires corrèlent entre elles. Les préoccupations perfectionnistes sont négativement corrélées à la flexibilité et la recherche de hauts standards est positivement liée avec la flexibilité. Malgré la petitesse de l’échantillon (n=40), il a été possible d’obtenir des corrélations intéressantes entre les facteurs et certaines mesures de flexibilité. Le perfectionnisme ne semble pas lié à une mesure objective de flexibilité. La tâche utilisée pourrait être moins affectée par les préoccupations que la résolution de problème de la vie quotidienne. Reproduire une l'étude avec un échantillon plus grand pourrait être nécessaire afin de confirmer ou non cela.
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Communication par affiche
Les orientations spatiales spécifiques à l’identification des visagesCaroline Blais (Université du Québec en Outaouais), Gabrielle Dugas (UQO - Université du Québec en Outaouais), Justin Duncan (Université du Québec à Montréal), Daniel Fiset (Université du Québec en Outaouais)
Plusieurs études ont révélé le rôle fondamental des orientations horizontales en identification de visages. Or, les tâches utilisées pour l’instant ne permettent pas discerner l’impact de l’information d’identité de celle de l’information physique de bas niveau. Afin de contourner ce problème, nous avons utilisé une méthode contrôlant précisément les différences physiques entre des stimuli qui peuvent être catégorisés comme provenant de la même identité ou non. À chaque essai, les participants (N = 10) voyaient une cible et deux choix de réponse dont l’information visuelle était échantillonnée avec des bulles d'orientation. L’un des choix, la bonne réponse, était identique à la cible. Les possibles choix alternatifs, créés par un logiciel de morphing, pouvaient soit partager l’identité de la cible ou provenir d’une identité différente. De façon importante, tous les choix alternatifs étaient identiques quant à leur distance physique avec la cible. Les orientations horizontales étaient significativement associées aux bonnes réponses (Zcrit=2.101; Zmax=4,25, p<0,05) mais uniquement quand les deux choix de réponse différaient sur l’identité. Par contre, aucune orientation n'a atteint le seuil lorsque les deux choix différaient uniquement sur l’information de bas niveau (Zmax=1,41, p>0,05). Une comparaison à l'aide d'un test-t apparié a révélé une spécificité du traitement des horizontales lorsque la tâche implique de reconnaitre l’identité d’un visage (t(9)=2,8, p<0,05).
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Communication par affiche
Synesthésies liées à la sérotonine et à l'ocytocineGuillaume-Alexandre Beaufils (Université du Québec à Montréal), Cathy Lebeau (UQAM - Université du Québec à Montréal), François Richer (Université du Québec à Montréal)
La synesthésie est une condition neurologique caractérisée par des perceptions supplémentaires lors de certaines sensations (ex : lettres évoquent des couleurs, mots évoquent des goûts) et représente une fenêtre pour étudier la plasticité des connexions cérébrales. La synesthésie est le plus souvent développementale mais une forme intermittente peut être induite par la consommation de substances agonistes de la sérotonine (MDMA, psilocybine, LSD). Plusieurs données suggèrent que les systèmes cérébraux de modulation associés à la sérotonine sont impliqués dans la synesthésie. Nous présentons des cas de synesthésies (perceptions de couleurs) durant l'accouchement et l'excitation sexuelle comportant une intensité émotionnelle élevée. Les participantes ont été évaluées à l’aide d’une entrevue, de questionnaires sur les états de conscience et d’une batterie de synesthésie. Ces observations suggèrent un effet de l'ocytocine cérébrale sur les synesthésies et soulèvent l'hypothèse d'interactions entre les systèmes de sérotonine et d'ocytocine chez certains synesthètes.
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Communication par affiche
L’impact de PCSK9 sur la neuropathologie de la maladie d’AlzheimerCynthia Picard (Centre de recherche de l'institut Douglas), Judes Poirier (Université McGill), Alexandre Poirier (Centre de recherche de l'institut Douglas)
La protéine PCSK9 est impliquée dans la gestion du cholestérol sanguin et cérébral. Celle-ci contrôle l’internalisation du récepteur au LDL, le principal récepteur des apolipoprotéines. Des niveaux élevés de PSCK9 diminuent l’apport en HDL aux neurones. Certains acteurs impliqués dans le cycle du cholestérol cérébral, tel que APOE-4, sont des facteurs de risque de la maladie d’Alzheimer (AD). De récentes publications ont même montré que les niveaux de PCSK9 dans le liquide céphalorachidien (LCR) sont plus élevés durant la neurodégénérescence. Nous avons donc émis l’hypothèse que les niveaux de PCSK9 et ses variants génétiques influenceraient le risque de développer l’AD via le cycle du cholestérol. Pour investiguer le risque induit par PCSK9, nous avons quantifié les niveaux protéiques de PCSK9 dans une cohorte prospective n’ayant pas la maladie (PREVENT-AD). Les résultats montrent une corrélation positive entre les niveaux de PCSK9 et des biomarqueurs de maladie chez les patients à risque de développer la pathologie. Aussi, des variants génétiques de PCSK9 corrélant à la fois avec les niveaux de cholestérol cérébraux, périphériques et avec les niveaux de PCSK9 dans le LCR ont été identifiés. Ces évidences préliminaires d’un lien entre PCSK9 et la pathogénèse de l’AD montrent que les niveaux de PCSK9 pourraient influencer la maladie. Nous espérons que la poursuite de l’investigation nous permettra de mieux comprendre la neurobiologie de la maladie d’Alzheimer.
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L’amélioration thérapeutique des obsessions répugnantes par la réduction de la peur de soi dans le trouble obsessionnel-compulsifFrederick Aardema (Université de Montréal), Jean-Sébastien Audet (Université de Montréal), Louis-Philippe Baraby (UdeM - Université de Montréal), Gabriele Melli (University of Pisa), Shiu Fung Wong (Concordia University)
Dans la dernière décennie, les croyances vulnérables envers le soi dans le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) ont reçu une attention grandissante au sein des théories cognitivo-comportementales. Des études récentes indiquent que ces croyances auraient potentiellement un rôle causal dans le développement et le maintien du TOC. Cet intérêt a mené à l’élaboration d’un questionnaire autorapporté, le Fear of Self Questionnaire (FSQ), pour mesurer la peur de soi (la peur d’une personne envers qui elle pourrait être ou devenir), un construit théoriquement et empiriquement associé aux obsessions répugnantes dans le TOC. L’objectif de la présente étude était d’examiner si une amélioration des symptômes associés aux obsessions répugnantes (mesurés par le Vancouver Obsessional-Compulsive Inventory) serait prédite par une réduction dans les perceptions envers la peur de soi (mesurées par le FSQ) dans un échantillon de 93 participants recevant une psychothérapie pour traiter le TOC. À l’aide de modèles de régressions hiérarchiques, les résultats ont démontré que des réductions dans le score du FSQ associées au traitement pouvaient prédire significativement les réductions de scores aux échelles d’obsessions et de contamination du VOCI. La présente étude a ainsi répliqué les résultats d’études antérieures, suggérant la pertinence de la peur de soi dans des troubles mentaux comme le TOC, où la perception négative envers le soi est un thème dominant.
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Communication par affiche
Le niveau d'empathie a un impact sur les représentations mentales de l'expression faciale de douleurCaroline Blais (Université du Québec en Outaouais), Stéphanie Cormier (Université du Québec en Outaouais), Daniel Fiset (Université du Québec en Outaouais), Miriam Kunz (University of Groningen), Marie-Pier Plouffe-Demers (Université du Québec en Outaouais), Camille Saumure (UQO - Université du Québec en Outaouais)
L’expérience de douleur entraîne la contraction de muscles faciaux (Kunz et al., 2012) qui sont encodés dans la représentation mentale (RM) de l’observateur (Blais et al., en révision). L’exposition à la douleur entraînerait une réaction cérébrale empathique (Botvinick et al.,2005) qui varie en fonction du niveau d’empathie (Saarela et al. 2007). Dans la présente étude, les RMs de 54 participants (18 hommes) ont été mesurées avec la Reverse Correlation (Mangini & Biederman, 2004). Pour 500 essais, ceux-ci devaient choisir le visage qui semblait le plus en douleur entre deux stimuli. À chaque essai, les stimuli étaient générés à partir du même visage, auquel était ajouté ou soustrait du bruit visuel. Le niveau d'empathie a été mesuré avec le test du quotient émotionnel (Baron-Cohen et Wheelwright, 2004) et utilisé comme poids pour générer deux images de classification (IC) pour les niveaux d'empathie élevée et faible. Des sujets indépendants (N = 24) ont ensuite jugé l'IC de forte empathie comme étant significativement plus intense dans les régions associées à l'expression de douleur (sourcils x2 = 24, nez/lèvre supérieure x2 = 10.67, yeux x2 = 6 [p<0.05]). Une IC de différence (forte–faible empathie), soumise à un Cluster test (Chauvin et al., 2005), a dévoilé une différence significative dans la région de la bouche (ZCrit = 2.7, K = 90, p<0.025). Ces résultats suggèrent que la RM de l'expression de douleur varie selon les différences individuelles d'empathie.
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Communication par affiche
Perception et apprentissage de mélodies chez les musiciens prodiges.Margot Charignon (Université de Montréal), Chanel Marion-St-Onge (UdeM - Université de Montréal), Isabelle Peretz (Université de Montréal), Megha Sharda (Université de Montréal), Michael Weiss (Université de Montréal)
Les prodiges musicaux se distinguent des autres musiciens dès l’enfance. À l’âge adulte, leur prodigieuse maîtrise musicale devrait encore pouvoir être décelable dans des tests de discrimination musicale et d’apprentissage de nouvelles mélodies. Pour le vérifier, nous avons testé 15 prodiges musicaux et 18 musiciens contrôles appariés en âge et en années de pratique musicale. Néanmoins, la pratique musicale a commencé plus tôt chez les prodiges (M = 5.3 ans, ÉT = 2.02) que les contrôles (M = 7.9 ans, ÉT = 2.9), t(31) = 2.79, p < .05. Chaque musicien a effectué une tâche de discrimination de mélodies tonales et atonales (Musical Ear Test, MET; Wallentin et al., 2010) et leurs résultats étaient comparables (90.9% de réponses correctes chez les prodiges et 88.4% chez les contrôles). Par contre, les prodiges ont surpassé les non- prodiges dans l’apprentissage des mélodies tonales, t(31) = 2.59, p < .05. Ces résultats étaient corrélés à ceux obtenus en discrimination, r(31) =.48, p < .01. Il est possible que cet avantage dans l'apprentissage des mélodies tonales soit en lien avec une exposition plus précoce à la musique.