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Informations générales

Événement : 85e Congrès de l'Acfas

Type : Colloque

Section : Section 400 - Sciences sociales

Description :

Ce colloque porte sur la victimisation et la perpétration de différentes formes de violence interpersonnelle chez les jeunes. Il vise la présentation de recherches et de pratiques innovantes concernant les facteurs de risque, les parcours de vulnérabilité, de victimisation et de revictimisation, les conséquences, ainsi que les facteurs de protection et les mécanismes de résilience associés à différentes formes de violence interpersonnelle chez les jeunes.

De manière plus spécifique, le colloque permettra d’aborder les facteurs de risque et les conséquences traumatiques associés aux problématiques suivantes : la violence dans les relations amoureuses chez les jeunes (notamment chez les jeunes des minorités sexuelles), la victimisation sexuelle, l’intimidation et la cyberintimidation, la violence scolaire dans les quartiers défavorisés en Europe, le profilage racial et la participation des jeunes à la violence armée.

Date :
Responsables :

Programme

Communications orales

Violences dans les relations amoureuses

Salle : (BR) 360 — Bâtiment : (BR) BRONFMAN
  • Communication orale
    Violence dans les relations amoureuses : effets proximaux d’un programme de prévention selon la victimisation passée
    Karine Côté (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi), Jacinthe Dion (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi), Martine Hébert (Université du Québec à Montréal), Kevin Smith (Université du Québec à Chicoutimi)

    La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean n’échappe pas à la problématique de la violence dans les relations amoureuses. Selon les données de L’Enquête québécoise sur la santé des jeunes pour cette région, un adolescent sur trois a subi ce type de violence et un sur quatre en a infligé (parmi ceux ayant eu une relation amoureuse au cours de la dernière année). En raison de la gravité des conséquences de la violence, il importe que des interventions soient mises en place dès l’adolescence. Dans ce contexte, un programme a vu le jour au Saguenay-Lac-St-Jean: Les couloirs de la violence amoureuse. Bien que ce programme multimédia ait été utilisé dans plusieurs écoles secondaires et que plusieurs en rapportent ses bienfaits, ses retombées n’ont pas encore été évaluées. Un plan quasi expérimental pour deux groupes (1-qui reçoit le programme; 2-contrôle) a été utilisé afin d’évaluer les effets à court termes du programme des Couloirs sur l’augmentation des connaissances et la diminution des attitudes favorisant la violence dans les relations amoureuses. En tout, 294 élèves (56,4% filles) ont complété les questionnaires deux semaines avant (pré) et deux semaines après (post) avoir participé au programme. Les résultats préliminaires indiquent que le programme permet d’accroître certaines connaissances et de diminuer certaines attitudes favorisant la violence, et que ces effets sont plus marqués chez les adolescents ayant une expérience de victimisation passée. Ces données suggèrent que ce programme pourrait avoir des effets bénéfiques, bien que modestes, chez les adolescents.

    Biographie (maximum 850 caractères espaces compris)

    Jacinthe Dion, Ph.D., est psychologue et professeure-chercheure à l’Université l’Université du Québec à Chicoutimi. Elle est co-titulaire de la Chaire de recherche VISAJ sur la santé et l’adaptation des Jeunes, chercheure au CRIPCAS, à ÉVISSA et à Trajetvi. Au cours des dernières années, elle a développé une expertise portant sur les facteurs de risque et de protection reliés à l’adaptation psychosociale des jeunes et des peuples autochtones suite à des évènements de vie adverses tels que l’agression sexuelle et la violence dans les relations amoureuses. Elle a écrit et co-écrit plus de 45 articles et chapitres et a contribué à la formation de plus de 200 intervenants, médecins, psychologues et policiers. Ses travaux ont aussi attiré l’attention des médias (ex.: TVA en direct, Radio-Canada, La Presse).

  • Communication orale
    La violence dans les relations amoureuses des jeunes de la diversité sexuelle et de genre : une recension narrative
    Martin Blais (Université du Québec à Montréal), Bergeron Félix-Antoine (UQAM - Université du Québec à Montréal), Martine Hébert (Université du Québec à Montréal), Olivier Lizotte (Université du Québec à Montréal)

    La violence dans les relations amoureuses (VRA) est considérée comme un problème de santé publique. Toutefois, les données sur la prévalence et les facteurs de risque associés à la VRA chez les jeunes de la diversité sexuelle et de genre (JDS/G) sont peu nombreuses. Cette communication présente les résultats d’une recension narrative sur la prévalence ainsi que les facteurs de risque associés à la VRA chez les JDS/G. En se basant sur les recommandations du PRISMA, la recension a permis d’identifier 18 articles publiés entre les années 2000 et 2015, sur un total de 151 articles, documentant des prévalences ou des facteurs de risque, et qui incluaient des JDS/G âgé de 14 à 25 ans. Les taux moyens des prévalences recensées varient de 24,7% pour la VRA sexuelle à 34,2% pour la VRA psychologique. Pour ce qui est des facteurs de risque identifiés qui placent les JDS/G dans une position de vulnérabilité, on retrouve :1) le milieu de vie (la ruralité chez les garçons); 2) le fait d’être témoin de violence dans son réseau social; 3) la stigmatisation sociale de la diversité sexuelle; et 4) la victimisation hétérocisnormative. Plusieurs pistes et implications pour la recherche et l’intervention sont proposées.

    Félix-Antoine Bergeron est étudiant à la maitrise en sexologie profil recherche. Il s'intéresse notamment aux facteurs sociaux et culturels qui influencent la santé mentale et sexuelle, ainsi qu'à l'inclusion sociale et le bien-être des personnes de la diversité sexuelle. Ses travaux de recherche portent principalement sur les jeunes lesbiennes, gais, bisexuel.le.s, transidentifié.e.s et en questionnement ainsi que sur la violence dans les relations amoureuses.

  • Communication orale
    Caractéristiques des familles et des pairs associés à la victimisation en contexte amoureux chez les adolescents et adolescentes : une méta-analyse
    Marie-Ève Daspe (University of Southern California), Mylène Fernet (Université du Québec à Montréal), Natacha Godbout (Université du Québec à Montréal), Martine Hébert (UQAM - Université du Québec à Montréal), Andréanne Lapierre (Université du Québec à Montréal), Francine Lavoie (Université Laval)

    La violence dans les relations amoureuses (VRA) est répandue et associée à des conséquences préoccupantes pour les adolescents qui en sont victimes. Plusieurs études ont examiné comment les caractéristiques de la famille et des pairs contribuent au risque de victimisation. Cependant, les résultats obtenus à l’aide de méthodes variées tracent un portrait confus du phénomène, rendant difficile l’orientation des initiatives de prévention. Cette méta-analyse a recensé 87 études (N total = 270 712) qui ont examiné l’influence de la famille et des pairs sur la VRA subie. Les résultats révèlent que tous les facteurs considérés prédisent la VRA : la maltraitance subie, l’affiliation aux pairs déviants, la victimisation par les pairs et le harcèlement sexuel par les pairs constituent des facteurs de risque, alors que le soutien de la famille et des pairs ainsi que l’encadrement des parents représentent des facteurs de protection. Ces associations significatives révèlent toutefois des tailles d’effet faibles (-0,109 > r < 0,297). À quelques exceptions près, le genre et l’âge ne modèrent pas les associations obtenues. Ces résultats soutiennent la nécessité de considérer les familles et les pairs comme cibles pertinentes pour l’élaboration de programmes de prévention de la VRA. Les implications pratiques seront discutées.

    Martine Hébert est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les traumas interpersonnels et la résilience. Elle est également responsable de l’Équipe Violence Sexuelle et Santé (FRQSC), de l’Équipe sur les traumas interpersonnels (IRSC) et est cotitulaire de la Chaire interuniversitaire Marie-Vincent sur les agressions sexuelles envers les enfants. Elle possède une vaste expérience dans la coordination d’équipes de recherche travaillant en partenariat avec les milieux d’intervention et s’intéresse à l’agression sexuelle durant l’enfance et la violence dans les relations amoureuses. Elle contribue activement à la diffusion des connaissances par ses publications et sa participation à plusieurs congrès et activités de transfert.


Communications orales

Cyberviolences et violences urbaines

Salle : (BR) 360 — Bâtiment : (BR) BRONFMAN
  • Communication orale
    Les conséquences de l’intimidation et du harcèlement sexuel chez l’adolescente avec des antécédents d’agression sexuelle pendant l’enfance
    Arielle Buch-Frohlich (UQAM - Université du Québec à Montréal), Mireille Cyr (Université de Montréal), Jean-Yves Frappier (Université de Montréal), Martine Hébert (Université du Québec à Montréal), Alison Paradis (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Les adolescentes ayant subi une histoire d’agression sexuelle pendant l’enfance présenteraient un risque accru d’être victimisées dans différents contextes, incluant par leurs pairs. Par contre, les conséquences de l’intimidation et du harcèlement sexuel ont été rarement étudiées chez cette clientèle vulnérable. Également, il est incertain si l’intimidation et le harcèlement sexuel font partie d’un même spectre de victimisation, ou si les effets sur la santé psychologique sont différents. La présente étude a été menée auprès de 173 adolescentes victimes d’agression sexuelle (14-18 ans), recrutées dans différents centres d’intervention. Les variables à l’étude étaient l’intimidation et le harcèlement sexuel, les différents indices de détresse psychologique (les symptômes de stress post-traumatique, les idées suicidaires, l’usage de drogues, la réussite scolaire et les stratégies d’adaptation). Les analyses de médiation PROCESS sur les effets directs et indirects montrent que les symptômes de stress post-traumatique modulent la relation entre l’intimidation et les idéations suicidaires, tandis que les stratégies d’évitement agissent comme médiateur entre le harcèlement sexuel et l’usage de drogues. Ces résultats soulignent l’importance d’évaluer la présence possible d’intimidation et de harcèlement sexuel chez les jeunes avec une histoire d’agression sexuelle dans l’enfance.

    Arielle Buch-Frohlich (PhD/PsyD, C.) poursuit son doctorat en psychologie clinique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et est supervisée par Alison Paradis, PhD et Martine Hébert, PhD. Elle étudie le bullying et le harcèlement sexuelle chez les adolescentes ayant déjà vécue des agressions sexuelles. En clinique, Arielle se spécialise sur la thérapie sexuelle et de couple. En ce moment, Arielle travaille à la clinique Santé Mont-Royal sous la direction de Dr Cheryl Rose Blum et Dr Dennis Kalogeropoulos. Elle a complété un internat au Service de Thérapie Sexuelle et Thérapie de Couple à l’Institut Allen Mémorial (CUSM).

  • Communication orale
    Jeunes et pratiques policières à Saint-Michel : une recherche-action participative
    Lourdes Stéphane Alix (Université Laval), Ted Rutland (Concordia University)

    On dispose aujourd'hui de données quantitatives qui permettent d'illustrer l'ampleur des phénomènes de discrimination vécus par les jeunes issus de groupes racisés dans leurs interactions avec la police. On sait par exemple qu'un jeune Noir a deux fois plus de chances d'être arrêté par un policier qu'un jeune Blanc (Bernard et McCall; 2009). On sait également qu'au Canada, l'effectif de la population issue de groupes racisés dans un quartier a une influence significative sur la taille des services de police au sein de ces quartiers (Carmichael et Kent, 2015). Cependant, aucune recherche qualitative n'a exploré en profondeur le point de vue des jeunes exposés à ces pratiques. Pourtant, de tels travaux sont nécessaires pour approfondir notre compréhension de l'effet d'une telle situation sur les premières personnes concernées et pour explorer des avenues de solution. La recherche qui fera l'objet de la présentation comble ce vide. Il s'agit d'une recherche-action participative menée par un groupe constitué de chercheurs universitaires et de jeunes du quartier Saint-Michel. Après avoir exposé la démarche méthodologique utilisée, les conséquences des violences vécues par les jeunes dans le cadre de ces interactions seront discutées, de même que des perspectives en matière de facteurs de protection à développer.

    Lourdes Stéphane Alix est docteure en psychologie et psychologue communautaire. Elle est consultante pour un projet de promotion de la santé mentale des femmes à la Maison d'Haïti. Ses recherches portent sur les processus d'acculturation des familles issues de l'immigration.

    Ted Rutland est professeur adjoint au département de géographie, d'urbanisme et d'environnement de l'Université Concordia. Ses recherches portent sur les politiques raciales de la police, de l'urbanisme et du logement dans les villes canadiennes.

  • Communication orale
    Cybervictimisation chez les jeunes au Québec : prévalence, conséquences, facteurs de risque et de protection
    Martin Blais (Université du Québec à Montréal), Jude Mary Cénat (UQAM - Université du Québec à Montréal), Martine Hébert (Université du Québec à Montréal), Francine Lavoie (Université Laval)

    Si l'avènement des nouvelles technologies et des médias sociaux offre une foule de possibilités pour les jeunes, ces nouvelles plateformes d’interaction représentent également un cadre potentiel pour des expériences de victimisation. Cette présentation traite de la prévalence, des facteurs de risque et de protection et des conséquences associés à la cybervictimisation auprès d’un échantillon représentatif de 8 194 jeunes au Québec (Enquête Parcours Amoureux des Jeunes). Les résultats indiquent que près d’un garçon sur cinq et près d’une fille sur quatre rapportent avoir vécu au moins un événement de cyberintimidation au cours des 12 derniers mois et la vulnérabilité des jeunes des minorités sexuelles. Ils montrent également que la cybervictimisation contribue à la prédiction d’une faible estime de soi, de la détresse psychologique et des idéations suicidaires, au-delà d’autres expériences d’intimidation à l’école et ailleurs. Si l’abus sexuel durant l’enfance présente des liens positifs avec la cybervictimisation, les résultats ont également montré que le soutien maternel joue un rôle protecteur entre la victimisation sexuelle durant l’enfance et la cybervictimisation à l’adolescence, ainsi que les problèmes de santé mentale qui y sont associés. L’importance significative des résultats pour la prévention et l’intervention, ainsi que la nécessité d’avoir des interventions différenciées selon le sexe et l’orientation sexuelle seront discutées.

    Jude Mary Cénat (Ph.D. Psychologie) est un jeune chercheur spécialisé dans la recherche et l’intervention sur les traumas interpersonnels, les traumas issus des catastrophes naturelles et la résilience. Il a mené durant deux ans des recherches postdoctorales au sein de l’équipe des IRSC (Instituts de recherche en santé du Canada) sur les traumas interpersonnels. Il a particulièrement travaillé dans le cadre de l’enquête nationale représentative sur le parcours amoureux des jeunes au Québec. Il mène actuellement des recherches postdoctorales financées par les Fonds de recherche du Québec – Société et Culture (FQRSC) dans le cadre de la chaire de recherche sur les traumas interpersonnels et la résilience dirigée par Martine Hébert.


Communications orales

Violences interpersonnelles dans le monde

Salle : (BR) 360 — Bâtiment : (BR) BRONFMAN
Participant·e·s : Jean Robert Desrosiers (Université d'État d'Haïti), Patricia Eid (Notre Dame University Louaize), Amira Karray (Aix-Marseille Université)
  • Communication orale
    Violences interpersonnelles chez les mineurs en conflit avec la loi en Haïti : perpétration, victimisation et prise en charge psychosociale
    Jean Robert Desrosiers (Université d'État d'Haïti)

    L’accompagnement psychosocial et les programmes d’intégration des mineurs en conflit avec la loi en Haïti préoccupent, parce que les crimes commis dépassent souvent le simple cadre de la délinquance juvénile. En effet, de la perpétration de la violence sexuelle aux meurtres, l’implication de ces jeunes dans des actes de violence interpersonnelle complique et limite les interventions psychologiques et sociales visant leur réinsertion sociale. En recensant les actes de violence interpersonnelle vécus et perpétrés par ces jeunes, ce travail a pour but de proposer un modèle de prise en charge basé sur leurs besoins réels. Une trentaine de mineurs dont l’âge moyen est de 16 ans, qui ont déjà été accusés d’avoir commis des actes répréhensibles par la loi haïtienne et incarcérés au Centre de rééducation des mineurs en conflit avec la loi (CERMICOL) durant les deux dernières années ont été évalués avec des entretiens individuels semi-directifs, le test de personnalité D10, l’Echelle Toulousaine d’Estime de Soi (ETES), et le Clinician-Administered Ptsd Scale. Ce travail discute le caractère victime/ délinquant des jeunes, des limites de l’intervention (en ce qui concerne le CERMICOL en tant que Centre de réinsertion) ; et propose un modèle d’intervention basé sur les besoins réels exprimés par les jeunes eux-mêmes.

    Jean Robert Desrosiers est psychologue clinicien et enseignant-chercheur à l’Université d’Etat d’Haïti et à l’Université Notre-Dame d’Haïti (UNDH).

  • Communication orale
    Attitudes face à la violence conjugale chez de jeunes adultes libanais
    Patricia Eid (Notre Dame University Louaize)

    L’objectif principal de cette étude est de dresser le portrait attitudinal face à la violence entre partenaires intimes (VPI) chez les jeunes adultes libanais. Ceux-ci, au moment de vivre leurs premières relations amoureuses adultes, arrivent avec un bagage d’attitudes face à la VPI tinté par le contexte culturel et religieux. Afin de comprendre quels sont les déterminants des attitudes face à la VPI, 675 participants entre 18 et 23 ans ont été questionnés sur leur acceptation de la VPI à travers une échelle évaluant les attitudes face à la violence verbale, physique et sexuelle (Eid, 2017). En plus des déterminants sociodémographiques tels l’âge et le sexe, la religion et le degré de religiosité semblent avoir un lien avec l’acceptation de la VPI. Au niveau psychologique, le rôle sexuel (BEM Sex Role Inventory; Bem, 1981) et l’estime de soi (Rosemberg Self Esteem Scale; Rosenberg, 1965) sont aussi associés à la justification de la VPI. Les enjeux culturels spécifiques à la société patriarcale sont discutés.

    À la suite de ses études doctorales à l’Université du Québec à Montréal, Patricia Eid occupe un poste de professeur adjointe en psychologie à la Notre Dame University – Louaize, Liban. Ses intérêts de recherche évoluent autour des processus attitudinaux et perceptuels, des dynamiques de communication conjugale ainsi que de la violence entre partenaires intimes. Dr. Eid est également psychologue clinicienne.

  • Communication orale
    La violence en milieu scolaire : de l’extrême à la banalisation, à propos d’une étude auprès d’adolescents en France
    Amira Karray (Aix-Marseille Université)

    Cette communication porte sur la violence scolaire chez des adolescents vulnérables, dans des environnements scolaires et sociaux fragilisés. A partir des résultats d’une recherche à méthodologie mixte dans le milieu scolaire (deux lycées en « zone sensible » dans le département du Rhône, en France), nous proposons un état des lieux de la violence scolaire, notamment les types de violences et leurs liens avec le parcours scolaire, les rapports aux savoirs et le contexte institutionnel (étude auprès de N=112 adolescents). Nous proposons aussi une mise en évidence à travers des récits de professionnels (n=8) et ceux d’adolescents (n=10) désignés comme violents et en difficulté, un croisement de regards sur cette problématique.

    Nos données permettent de montrer l’interrelation des trajectoires scolaires, familiales (parfois migratoires), institutionnelles et sociales. Elles montrent également les mécanismes de la violence (dans l’environnement social, scolaire, interpersonnel, et au niveau individuel) ainsi que les effets graves et parfois invisibles de sa banalisation. Parmi ces mécanismes nous illustrerons en particulier la discrimination, l’exclusion, la réaction en miroir et l’auto-désignation.

    Amira Karray, Ph.D. est maître de conférences en psychologie clinique à Aix-Marseille Université. Ses recherches portent sur l’adolescence (violences, comportements à risques, vulnérabilité, problématiques identitaires), sur la clinique des décrochages scolaires et des rapports aux savoirs chez l’enfant et l’adolescent. Elle s’intéresse également à la violence dans le lien familial, éducatif et social, ainsi qu’aux traumatismes en contexte humanitaire, aux trajectoires migratoires et processus résilients. Actuellement, elle mène une recherche-action sur la prévention des violences entre pairs et de la victimisation en école primaire. Elle fait aussi partie de l’équipe de la recherche Parcours Amoureux des Jeunes-France.