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Informations générales

Événement : 81e Congrès de l'Acfas

Type : Domaine

Section : Section 300 - Lettres, arts et sciences humaines

Description :

L’étude des langues et du langage recèle une diversité d’objets, qui vont du phonème au discours, en passant par le mot et la phrase. Ces objets, les linguistes peuvent les observer sous une multitude d’angles (celui de la grammaire, du dictionnaire, de la méthode de langue, etc.) et les analyser selon une variété de courants théoriques (structuralisme, linguistique discursive, générativisme, etc.). Les conférenciers et conférencières dont les communications ont été sélectionnées vous feront découvrir la richesse des avenues de recherches qui s’offrent en linguistique théorique et appliquée.

Dates :
Responsables :

Programme

Communications par affiches

Session d'affiches

  • La construction d'une ressource lexicale pour la langue arabe
    Abdelati HAWWARI, Wajdi Zaghouani (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Levin (1993) donne une description d'environ 3200 verbes de l'anglais. Elle analyse les comportements syntaxiques (alternances) des verbes ainsi que leurs sens en fonction des types d’alternances qu’ils peuvent accepter. Une alternance décrit un changement dans la structure syntaxique du verbe et de ses arguments (passif, transitivité, effacement d'argument, inversion du sujet/verbe, verbe support, etc.). Cette description a permis l'apparition de la notion du schéma prédicatif, inspirée entre autres des travaux de Fillmore (1968), Jackendoff (1972) puis de Saeed (2003) et qui permet d'attribuer un rôle sémantique aux différents arguments des prédicats verbaux dans un corpus donné.

    C'est dans ce cadre que nous avons construit une ressource lexicale pour la langue Arabe. Il s'agit d’une ressource sémantico lexicale informatisée pour les constructions morphologique du verbe dans le corpus du Coran. Une expérience pilote a été conduite sur un échantillon de 140 verbes présents dans le corpus du Coran. Cette ressource propose de fournir un lien entre les racines verbales et la classification sémantique.

    Dans cette communication, nous allons présenter notre méthodologie ainsi que nos plans pour étendre la couverture de notre corpus.

  • Les indices acoustiques marquant les catégories grammaticales dans la production de la parole chez l'adulte
    Sarah Massicotte-Laforge (UQAM - Université du Québec à Montréal), Rushen SHI

    Cette étude a examiné si la parole des adultes comprend des indices acoustiques qui marquent les catégories syntaxiques. Les sujets étaient des adultes Québécois francophones. Dans l’expérience 1, les sujets ont lu des énoncés [Dét+Nom] et [Pron+Verbe]. Les noms et les verbes étaient des pseudo-mots (par ex., mige, crâle) contrebalancés dans la présentation des énoncés. Les résultats suggèrent que les deux types d’énoncés ne diffèrent pas dans les mesures de leur prosodie : la production des pseudo-mots en nom ou en verbe était équivalente au niveau des caractéristiques prosodiques. L’expérience 2 a mesuré si des énoncés plus longs étaient produits avec des indices acoustiques qui supportent les unités grammaticales. Les mêmes pseudo-mots furent les derniers mots (contrebalancés) dans les deux structures suivantes: 1) [Dét+Adj+Nom] et 2) [[Dét+Nom]+Verbe]. Les résultats ont montré que le dernier mot en tant que nom vs verbe diffère significativement au niveau de la durée, amplitude et intensité; la consonne initiale dans la production du verbe était plus longue, et précédée d’une pause distincte. Le mot précédant le verbe (2) a présenté des indices de frontière distincts (durée, amplitude, intensité), significativement différents que le mot précédant le nom (1). Nous suggérons que les indices dans la parole peuvent aider les bébés à segmenter des énoncés, pour par la suite acquérir les propriétés syntactiques des mots et autres unités syntaxiques selon leur distribution.

  • L'accent étranger lors de l'apprentissage d'une langue étrangère en contexte de non immersion linguistique : identité, motivation et utilisation de la langue
    Carla A Pastorino Campos (Université Concordia)

    Plusieurs études explorent la manière dont divers facteurs liés à l’identité, la motivation et l’utilisation d’une langue étrangère (LE) interagissent dans l’acquisition de la prononciation d’une LE. Toutefois, peu de recherches portent sur l’apprentissage d’une LE lorsque cette LE n’est pas la langue du territoire d’apprentissage. Nous nous sommes penchés principalement sur l’interaction de ces quatre facteurs : 1) le sentiment d’appartenance à un groupe ethnique ; (2) ses relations avec la motivation à la communication ; (3) l’utilisation de la LE ; et (4) le niveau d’accent étranger d’un groupe d’étudiants d’anglais en Argentine. Les résultats montrent que, si l’analyse quantitative n’a pas démontré de résultats significatifs, une analyse qualitative d’une portion des participants ayant répondu au questionnaire d’utilisation de la LE pourrait nous aider à comprendre les raisons de leur haut niveau d’accent étranger. Les conclusions de cette étude suggèrent que les caractéristiques ethno-identitaires et motivationnelles pourraient avoir un impact inférieur à la quantité et la qualité de l’input, ainsi qu’aux opportunités d’utilisation de la LE. Une interprétation possible de ces résultats serait que l’utilisation d’une LE n’est pas nécessairement liée à la volonté d’utilisation. Par conséquent, le contexte d’apprentissage et ses caractéristiques particulières devraient être pris en compte lorsque nous étudions le niveau d’accent étranger en contextes de non immersion.

Communications orales

Lexique et discours

  • Traitement lexicographique des entrées culturelles relatives au domaine de l'éducation
    Yasmina Sefrioui (Université Laval)

    Les unités lexicales à charge culturelle, c'est-à-dire celles qui peuvent porter en elles un poids culturel qui les rendraient opaques aux personnes de cultures différentes, touchent plusieurs domaines. Des catégories sont établies par les linguistes qui se sont penchés sur la question. Selon Surmont (2000:193-194), les domaines « [...] sont entre autres les événements historiques, les fêtes calendaires, l'éducation, la politique, l'économie, le droit, les unités de temps, la technologie, les devises, l'histoire littéraire, les croyances, les coutumes, les institutions, les activités artisanales ou agricole[...]» Dans cette présentation, nous proposons une analyse du traitement lexicographique des entrées relevant du domaine de l'éducation, un domaine culturel par excellence. Il s'agit de dresser un portrait des différentes stratégies auxquelles les lexicographes ont recours afin de proposer un équivalent en langue cible d'entrées non seulement similaires dans les deux cultures, mais aussi de celles qui sont porteuses d'une culture inexistante ou vécue différemment. L'ouvrage de référence soumis à l'étude est le Grand Robert et Collins 2008. Les recherches ont démontré que les procédés sont multiples. Nous retrouvons des équivalents dénotatifs (traduction directe de l'entrée, un emprunt ou une glose), des équivalents connotatifs (équivalent culturel ou une approximation culturelle) ou une combinaison d'équivalents dénotatifs et d'équivalents connotatifs.

  • Mais ce n'est pas dans le dictionnaire! Analyse des lieux communs et de la valeur de l’argument du dictionnaire chez le chroniqueur de langage Gérard Dagenais (1913-1981)
    Alexandra Tremblay-Desrochers (UdeS - Université de Sherbrooke)

    Cette communication présentera les résultats de mon mémoire dans lequel j’effectue une analyse discursive de chroniques de langage, soit des articles parus dans la presse et ayant pour objectif premier de corriger la langue. J’analyse les textes de Gérard Dagenais, un chroniqueur de langage influent des années 1960 et 1970, tant pour la quantité de chroniques qu’il a écrites que pour la nature de ses propos puristes (Remysen, 2009; Bouchard, 2002). Dans ses textes, Dagenais privilégie la norme qui a cours en France et s’appuie fréquemment sur le discours d’autres institutions normatives, à commencer par les dictionnaires hexagonaux. Ces derniers servent à alimenter le contenu de ses chroniques ou à justifier ses positions normatives, comme c’est le cas de plusieurs autres chroniques publiées dans la presse québécoise (Prévost, 1996; Gagné, 2004; Pellerin, 2007; Remysen, 2009). J’ai donc analysé quatre chroniques de Dagenais dans le but de comprendre l’exploitation des dictionnaires dans son discours normatif sur la langue française au Québec. Dans cette communication, grâce aux théories de la concession (Vincent et Heisler, 1999 ; Morel, 1996; Moeschel et Spengler, 1982), j’examinerai la valeur d’autorité que Dagenais accorde à ces ouvrages de référence (un dictionnaire par rapport à d’autres ou, plus largement, l’argument d’autorité par rapport à d’autres). Je me pencherai également sur les différents lieux communs (Amossy, 2010) relatif aux dictionnaires qu’il invoque.

  • Établir une liste de mots spécialisés du football en français
    Farzin Gazerani (UdeM - Université de Montréal)

    Chaque langue possède des mots techniques qui appartiennent à des domaines spécifiques et comptent, en général, pour 5% de mots des textes spécialisés (Nation, 2001). La connaissance de ces mots techniques est utile pour les buts spécifiques comme lire des articles, écrire des rapports techniques, etc. (Nation, 2001). L’élaboration des listes de mots spécialisés est une tâche complexe. Le progrès de l’informatique nous permet aujourd’hui de travailler sur les corpus de langue afin d’établir ces listes. Le but de cette étude est de créer une liste du vocabulaire spécialisé du football (soccer au Canada) en français en utilisant les outils conçus par Tom Cobb, sur le site d’internet de Lextutor et de répondre aux questions portant sur la possibilité d’établir une liste de mots spécialisés du football, sa validité, le pourcentage de mots dans un texte du football, couvert par la liste des mots spécialisés du football et la ressemblance du vocabulaire du football avec d’autres domaines.

    Un corpus de 200,000 mots des textes du football a été réuni et une liste de 368 mots les plus récurrents dans le corpus du football a été établie. Les analyses et les tests de validation corroborent en grand partie la fiabilité de la liste technique. En fait, la liste des mots techniques du football fournit une couverture de 5.04% des mots d’un texte du football et a très peu en commun avec le vocabulaire des autres domaines. Les outils et les limites de la recherche sont également analysés.

  • « Féminiser? Mais faut pas... ». Ou quand les locuteurs font de la linguistique de comptoir.
    Anne Dister (FUSL - Facultés universitaires Saint-Louis Bruxelles)

    Dans cette communication, nous voudrions nous pencher sur deux classes d’arguments mis en avant par les opposants à la féminisation des noms de professions : les arguments linguistiques et sur ceux relatifs à la politique linguistique. En effet, on constate que souvent, les opposants à la féminisation mobilisent dans leurs discours un savoir sur la langue et parfois même la terminologie du spécialiste : « le genre est arbitraire », « le masculin est non marqué », « les nouveaux féminins créent de l’ambigüité parce beaucoup de formes sont homonymes » (qu’on pense à la célèbre cafetière, forme emblématique des opposants), « l’euphonie est menacée », « on ne respecte pas la morphologie du français », « mais c’est Babel ! » ou encore « laissons faire l’Usage ». Ces arguments, qu’ils soient convoqués isolément ou mis bout à bout, prennent sous la plume de leurs auteurs une valeur de vérité scientifique imparable, notamment parce qu’ils empruntent au métalangage des linguistes. A travers des courriers des lecteurs, des blogs et autres publications sur les réseaux sociaux, nous tenterons de voir ce que ce métalangage recouvre exactement, ainsi que les supposées connaissances de la langue et de ses mécanismes qu’il met en avant.

  • Les corps sociaux du printemps érable : processus communicatifs et sémiotique textuelle
    Davide Pulizzotto (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Depuis quelques années, la théorie sémiotique a exploré le territoire des signes en relation aux faits sociaux. Le concept de sociosémiotique s’est alors imposé dans la recherche sémiotique à partir de certains ouvrages de sémiologie française (Landowsky [1989], Greimas [1976]) et italienne (Pozzato [1992, 1998, 1999]). Au Québec, cette question, en plus des enjeux épistémologiques qu’elle soulève au sein de la sémiologie générale, est pourtant laissée pour compte. La sociosémiotique n’est pas une application élargie des méthodes de la sociolinguistique (Klinkemberg [1996]), mais plutôt l’étude des conditions de possibilité du social. Ainsi, le social ne serait pas une donnée empirique à l’état brut, mais un effet de sens construit par des processus particuliers (Marrone [2001]).

    L’objet principal de la sémiologie est la relation entre deux termes (expression et contenu) construite par les agents cognitifs: la signification. Notre thèse cherchera alors à démontrer en quelle mesure ce lien est socialisé, par exemple via des institutions et des codes sociaux et collectifs qui caractérisent la signification comme étant supra-individuelle.

    Le but de notre communication sera à la fois d’ouvrir ce débat au Québec et d’illustrer les principaux concepts théoriques à travers une analyse concrète du printemps érable, afin de répondre au principal défi de la sociosémiotique: construire le chaînon manquant entre philosophie du langage et analyse des phénomènes sociaux (Fabbri [1998]).

  • La place de l'indétermination dans le discours : regards croisés - Laclau et Mouffe, Bourdieu et Hall
    Sabrina Zeghiche (Université d’Ottawa)

    Dans cette communication, je me propose de réfléchir à la question de l’indétermination dans la production discursive. Cela implique plusieurs sous-questions : Quels processus permettent de faire sens du monde social? Peut-on relever des régularités discursives? Comment en rendre compte? Les processus discursifs sont-ils « nécessaires »? Comment se brisent ces régularités et se formulent des contre-discours?
    J’ai donc choisi de me pencher sur les écrits de quatre auteurs majeurs qui me paraissent apporter une contribution considérable. Il s’agit de Laclau et Mouffe (1985), Pierre Bourdieu (1977;1982; 1984) et Stuart Hall (1997). Si mon choix s’est porté sur ces quatre auteurs, c’est qu’ils me semblent éviter les écueils des approches hyper-structuralistes, qui ne voient dans les phénomènes sociaux que des effets structurés, et certaines approches hyper-constructivistes, qui n’y voient que le résultat de choix individuels. Autrement dit, à trop prendre de la hauteur, on perd de vue la marge de manœuvre individuelle et on ne parvient pas à expliquer le changement social; à en prendre trop peu, on met tous les individus sur un pied d’égalité et on manque d’apercevoir les limites de l’agentivité et les facteurs qui sous-tendent les régularités discursives. L’intérêt de ces auteurs est justement d’avoir trouvé l’angle qui leur permet d’apercevoir les deux forces à l’œuvre et d’examiner les tensions qui les opposent.


Communications orales

Production et perception de la parole

  • Le sexe des auditeurs et l’intensité du sourire perçu : des variables à ne pas négliger dans l’étude de la parole souriante
    Marty LAFOREST (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Lucie MÉNARD (UQAM - Université du Québec à Montréal), Caroline Émond (LIMSI-Laboratoire d'Informatique et la Mécanique des Sciences de l'Ingénieur)

    Le sourire est une expression visuelle qui est audible également lorsqu’il est simultané à la parole. Bien que plusieurs auteurs aient démontré l'audibilité de cette parole souriante, peu d’études se sont intéressé à sa perception selon le sexe des auditeurs. Le but de cette étude est de décrire la perception de la parole souriante selon le sexe des auditeurs. Un test de perception constitué de 140 énoncés tirés du corpus Montréal 1995 a été administré à 40 auditeurs (20 hommes, 20 femmes). Les temps de réponse et le degré d’intensité du sourire perçu ont également été mesurés. Les résultats démontrent que les hommes et les femmes perçoivent la parole souriante différemment : les femmes sont plus rapides que les hommes pour faire leur choix. De plus, les temps de réponses des énoncés perçus souriants avec un fort degré d’intensité sont plus courts que ceux avec un faible degré d’intensité et ce, autant chez les hommes que chez les femmes.

  • Discrimination de marqueurs dialectaux du français québécois
    Lucie MÉNARD, Droit Oubli (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Les locuteurs du français québécois n’attribuent pas la même valeur perceptive, dans une tâche de reconnaissance dialectale, aux principaux phénomènes caractéristiques du français québécois, le phénomène ayant la plus grande pertinence perceptive étant le relâchement des voyelles hautes (Brasseur & Ménard 2011). De plus, la réalisation de ce phénomène avec chacune des voyelles hautes du français (/i/, /y/ et /u/) n’a pas la même pertinence perceptive; le relâchement de /i/ et de /u/ étant mieux reconnu que le relâchement de /y/.

    Afin de vérifier si la pertinence perceptive est due aux propriétés acoustiques des segments, deux tests de discrimination dans le bruit, RSB de 0 à 21 dB, (/i/ tendu et relâché dans le mot rapide, /y/ tendu et relâché dans le mot perruque) ont été soumis à 62 participants locuteurs natifs du français québécois. Les résultats montrent une meilleure discrimination de /y/. La valeur de marqueur dialectal attribuée par les locuteurs au relâchement de /i/ n’est pas due à une plus grande robustesse de ce segment, ce qui indique qu’un traitement auditif primaire de l’information n’est pas suffisant pour expliquer les différences de perception des marqueurs dialectaux et qu’un traitement phonétique catégoriel doit nécessairement être inclus dans ce processus.

    BRASSEUR, Annie & MÉNARD, Lucie, 2011. Les marqueurs dialectaux du français québécois : Perception de locuteurs québécois. La perception des accents du français hors de France. Avignon : 2011.

  • Étude de la relation entre la production et la perception de la parole chez des adultes entendants et des adultes porteurs d’un implant cochléaire : une étude de perturbation labiale
    Lucie MÉNARD, Amélie PRÉMONT, Christine Turgeon (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Il a été démontré que les mécanismes de rétroaction auditive permettent la calibration de nos commandes motrices lors de la production de la parole. Ainsi, une perturbation de la rétroaction auditive peut interférer avec nos stratégies de compensation qui deviennent nécessaires lors de situations de paroles perturbées. Cette étude évalue l’effet d’une privation auditive sur la production de voyelle lors d’une perturbation labiale. Onze entendants et dix-sept porteurs d’un implant cochléaire (7 prélanguage et 10 postlanguage) ont été enregistrés lors de la production de la voyelle /u/. Des analyses acoustiques et articulatoires ont été effectuées avec et sans perturbation labiale (tube de 15 mm inséré entre les lèvres). Des enregistrements ont été faits avant et après les conditions perturbées, et ce, avec et sans rétroaction auditive. Chez les porteurs d’un implant cochléaire, la rétroaction auditive était interrompue par une mise à arrêt du processeur de l’implant. Des analyses séparées ont été conduites sur les paramètres acoustiques (fréquence fondamentale, premier et deuxième formant) et les paramètres articulatoires (position de la langue). Les résultats indiquent un effet principal de groupe et une interaction entre les conditions et la présence ou non de rétroaction auditive. Les résultats suggèrent qu’une privation auditive, et que la rétroaction auditive, jouent un rôle important dans la compensation de la production de la parole lors de perturbation labiale.

  • En quoi une approche de l'enseignement de la prononciation basée sur des recherches empiriques peut améliorer la perception et la production des apprenants de français langue seconde
    Diane Poisson (Université Laval)

    Dans le domaine de la prononciation en langues secondes, plusieurs pratiques sont basées sur l'intuition des praticiens plutôt que sur les résultats de recherches scientifiques (Derwind & Munro, 2005). Lors de cette discussion, la présentatrice partage de quelle façon les résultats de recherches empiriques ont modifié son approche de l’enseignement de la prononciation du français langue seconde et comment elle les intègre à son enseignement. Cet enseignement spécifique de la prononciation porte principalement sur la prosodie puisque la littérature démontre son lien avec l'intelligibilité (Derwing, Munro & Wiebe, 97; 98; Derwing& Rossiter, 2003; Kang, Ruben & Pickering, 2010). Elle s'intéresse entre autres au cas des apprenants anglophones qui de façon typique transfèrent en FL2 le patron mélodique du mot anglais (Guilbault & Beaudoin, 2009). Son intervention est composée de plusieurs étapes: l'explication (Schmidt, 1990; Venkatagiri & Levis, 2007), la perception auditive intégrée au programme d'enseignement (Zielinski, 2008) qui inclut la désyllabification (Saunders,2007). Une pratique étendue de l'expression orale est essentielle à l'amélioration de le prononciation (Gilbert, 2009; Reed & Michaud, 2011; Tremblay, 2009).

  • L’apport de la rétroaction auditive sur la production vocalique : analyse de la voyelle /u/ produite par des adultes entendants et des adultes sourds porteurs d’implant cochléaire
    Lucie MÉNARD, Christine TURGEON, Paméla Trudeau-Fisette (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Il a été démontré que la rétroaction auditive joue un rôle majeur dans la production de la parole. Chez les individus sourds profonds pour qui l’utilisation d’une prothèse auditive n’a pas les effets escomptés ou n’est pas possible, l’implant cochléaire est proposé. Considérant l’importance de la rétroaction auditive dans la production de la parole, qu’advient-il de la production vocalique en contexte de rétroaction auditive déficiente? Cinq adultes ayant une audition normale et cinq adultes sourds porteurs d’un implant cochléaire ont été enregistrés en contexte de production de la voyelle / u /. Des mesures acoustiques relevant des formants 1 (F1) et 2 (F2) et de la fréquence fondamentale (F0) ont été effectuées. De plus, des données articulatoires provenant d’un système d’imagerie par ultrasons ont été recueillies afin de permettre l’analyse du contour sagittal médian de la langue. Globalement, les résultats suggèrent que la rétroaction auditive joue un rôle important dans la production de la parole.


Communications orales

Acquisition, apprentissage et description des langues

  • Que faire des données de recherches manquantes en langues et linguistique?
    Sébastien BÉLAND, Shahab JOLANI, François Pichette (TÉLUQ - Université du Québec)

    Les chercheurs en langue et linguistique sont fréquemment confrontés à des réponses manquantes dans leurs tests. L’exclusion de participants qui ont des réponses manquantes peut causer la perte de précieuses informations. Des méthodes d’imputation simples sont courantes, où l’on remplace une valeur manquante par zéro, par la moyenne du participant, ou par la moyenne de l’item en question. Bien que les données manquantes soient “un problème courant dans la recherche sur l’acquisition du langage” (Blom & Unsworth, 2010:3), dans un grand nombre d’études, le sort des données manquantes est passé sous silence.

    Cette étude vise à comparer diverses options de remplacement pour les données manquantes en acquisition des langues secondes. Notre corpus consiste en des données authentiques obtenues via un éventail de tests de langue, formant six matrices de tailles variées (N = [60-320]; [15-64] items) avec divers pourcentages de données manquantes ([0.5-20] %). En comparant l’impact des diverses options de remplacement sur les qualités psychométriques des tests (e.g., alpha de Cronbach), nos résultats suggèrent que le pourcentage de données manquantes est important pour déterminer le caractère adéquat de chaque méthode. Les méthodes tendent à s’équivaloir pour de bas pourcentages, alors que plusieurs sont moins adéquates pour les pourcentages plus élevés. Des lignes directrices sont fournies aux chercheurs en langue pour choisir la meilleure stratégie de remplacement.

  • Dimension ludique et création verbale
    Kenny GARCIA, Maria Sandra Mennella (Universidad del Zulia)

    La didactique contemporaine maintient la thèse posant la langue en tant qu’outil de communication. Sur la base de la tradition de Port-Royal, le langage est compris comme expression de la pensée, mettant en avant certains critères qui rendent compte d’une tendance fonctionnelle du langage. Pourtant, la parole des sujets révèle une tout autre chose, laquelle est ignorée à l’heure actuelle : certains manques produits dans la communication. Cela dévoile une autre dimension faisant référence à une position débordant le point de vue de l’« instrument de communication ». Dans cet autre contexte, la langue est perçue comme substance et transforme, cela est mis en évidence par différents éléments. D’une part, la position de certains linguistes – accordant un statut prioritaire au langage par rapport à la pensée – révèle le rôle du langage dans la constitution du sujet. D’autre part, la relation des écrivains avec la langue montre certains faits importants : le pouvoir de la parole, son rôle transformateur, une fonction créative. Aspects mis en valeur par la théorie psychanalytique lorsqu’elle valorise une vision du langage notablement différente de celle préconisée par l’enseignement actuel. Sur la base de cette problématique, je formule une question : comment la classe de langue étrangère se constitue en un espace créateur ? Pour y répondre, j’entreprends une analyse sur la base d’un paradigme rationnel, appuyée par des observations des classes hispanophones apprenant le français.

  • Approche intuitive de l’interaction par la métalangue sémantique naturelle : des universaux du lexique au sens, du sens aux mots, et des mots aux actes de langage
    Geneviève Pinard-Prévost (UdeS - Université de Sherbrooke)

    Depuis 40 ans, Anna Wierzbicka et environ 50 chercheurs se penchent sur plus de 30 langues pour en extraire des universaux du lexique. À ce jour, une liste de 63 primitifs sémantiques a été empiriquement dressée. Ceux-ci, parfaitement traduisibles dans toutes les langues, sémantiquement simples et universellement intelligibles, se passent de définition : « toi, moi, quelqu'un, quelque chose, penser, vouloir, ressentir, dire, vrai, ne...pas, quand, où, bien, mal, grand, petit, vivre, mourir, etc. ». Accompagnés de leurs règles combinatoires universelles, ils forment la métalangue sémantique naturelle (MSN).

    Nous exploitons ce cadre théorique pour décrire les plus fréquents actes de langage qui composent la conversation spontanée telle que transcrite dans le Corpus de français parlé au Québec (CFPQ).

    Nous posons l'hypothèse qu'une telle description en MSN peut permettre à un apprenant du français de découvrir les différentes réalisations d'un acte de langage dans sa langue cible, à partir d'une construction intuitive en MSN de ce qu'il veut dire.

    Nos résultats attestent de cette nouvelle possibilité pour l'enseignement du français. Nous présenterons un extrait du paradigme « dire » en exemple, où les simples concepts universaux de « vérité, volonté, ressenti » peuvent notamment guider l'étudiant vers 7 actes de langage distincts. Ceux-ci peuvent se réaliser de diverses façons et offrir des variantes ou des dérivés : nous démontrerons que la MSN réussit à décrire tous ces usages.

  • Rôle du concept de monotonicité dans l'acquisition du subjonctif en espagnol langue seconde
    Cynthia Potvin (Université Laval)

    L’acquisition du subjonctif implique l’interaction d’une multitude de composantes linguistiques. Communément connu sous le nom d’interface, le phénomène d’interaction se manifeste lors de la distribution du subjonctif dans les propositions subordonnées complétives en espagnol. En effet, Potvin (2004) attribue au mode subjonctif (ex.1) la particularité d’être une manifestation morphologique de la monotonicité décroissante (ex. 2) en espagnol, puisqu’il apparait dans les mêmes contextes que les termes de polarité négative (par exemple, grand-chose) (ex. 3) :

    (1) Je ne crois pas qu’il vienne.

    (2) « Paul ne mange pas de fruit. » implique « Paul ne mange pas de pomme. »

    (3) Je ne vois pas grand-chose.

    Puisqu’il a été démontré empiriquement que les enfants disposent de certaines « notions » de monotonicité (par exemple, la loi de De Morgan) tôt dans l’acquisition de leur langue maternelle (voir Gualmini et Crain, 2002), nous avons mené une étude sur le rôle que peut jouer le concept de monotonicité dans l’acquisition du subjonctif chez des apprenants d’espagnol langue seconde. L’objectif principal de notre communication sera de partager les résultats de notre recherche, lesquels montrent une corrélation entre les manifestations monotoniques et l’utilisation du subjonctif chez les apprenants. Il en ressortira qu’en dépit d’être très peu étudié en acquisition, la monotonicité offre un nouveau regard sur le phénomène d’acquisition du subjonctif et sur celui d’interface.

  • Le contrôle et les infinitives ou gérondives : une explication sémantico-pragmatique
    Patrick Duffley (Université Laval)

    Cet exposé apportera une explication plus adéquate du contrôle en anglais et en français, en partant d’une description plus adéquate du signifié des unités linguistiques en jeu : l’infinitif, le gérondif et les prépositions to, à et de, complétée par des processus pragmatiques (Duffley 2006). Face aux approches purement formelles (Boeckx, Hornstein et Nunes 2010) ou purement notionnelles (Culicover et Jackendoff 2005), une analyse sera proposée qui est fondée sur la fonction sémiologique du langage, à savoir celle de permettre la symbolisation de conceptualisations au moyen de séquences phonologiques. Il sera démontré que cette analyse peut rendre compte de phénomènes de contrôle non expliqués par d’autres approches tels : (1) le fait que la séquence verbe + to + infinitif implique invariablement contrôle par le sujet, alors que la structure verbe + gérondif se caractérise par la variabilité du contrôle (The doctor enjoyed/recommended working out three times a week) ; (2) le fait que la séquence verbe + to + infinitif en anglais implique invariablement contrôle par le sujet, alors que la structure verbe + to + gérondif permet le non contrôle par le sujet (He agreed to kill bin Laden/killing bin Laden) ; (3) le fait les séquences verbe + infinitif et verbe + à + infinitif impliquent invariablement contrôle par le sujet (Elle veut/cherche à s’en sortir), alors que la structure verbe + de + infinitif permet le non contrôle par le sujet (Il a décidé/suggéré de démissionner).

  • Les verbes neutres au cours de la première grammaire scolaire
    Sophie Piron (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Cette communication s’inscrit dans la perspective historique de la grammaire française et couvre la première moitié du XIXe siècle, c’est-à-dire la période de la première grammaire scolaire (Chervel 1977). L’objet de la recherche que nous proposons est la classe des verbes neutres. Syntaxiquement, les verbes neutres sont construits avec ou sans groupe prépositionnel obligatoire (nuire à quelqu'un, aller à Québec, dormir). Sémantiquent, ils expriment des actions ou des états.

    L’étude des verbes neutres est intéressante parce qu’ils sont les ancêtres des verbes transitifs indirects et intransitifs. Il est dès lors important de voir comment leur définition s’est transformée au fil du temps et quels sont les éléments conceptuels de l’époque porteurs de la scission future en deux classes de verbes. De plus, le remodelage des classes verbales à partir du XIXe siècle permet de périodiser l’histoire de la grammaire dite scolaire.

    Le premier objectif de la communication est de présenter les définitions proposées pour la classe des verbes neutres au cours des premières décennies du XIXe siècle dans un corpus de grammaires et de dictionnaires. Nous verrons ainsi qu’il existe une certaine variation dans l’usage des critères de définition (syntaxiques, sémantiques, syntaxico-sémantiques et morphologiques). Le second objectif est d’évaluer la distance qui peut exister entre les définitions proposées par la grammaticographie et par la lexicographie.