Informations générales
Événement : 80e Congrès de l’Acfas
Type : Domaine
Section : Section 500 - Éducation
Description :La gestion de l’éducation et de la formation constitue une fonction délicate, car elle consiste à planifier, organiser, diriger et évaluer des systèmes, des processus et des personnes dont le niveau de complexité est sans égal. De même, il faut mentionner que les différentes acceptions relatives à l'éducation et à la formation prêtent souvent à confusion. C’est que la formation constitue une dimension de l’éducation et vise non seulement l’acquisition de connaissances et de compétences, mais également le développement d’attitudes nécessaires à la pratique d’une activité. Bien que l’éducation poursuive des objectifs similaires, elle est davantage axée sur le développement des potentialités de l’être humain pour lui-même. Conséquemment, si les concepts et les processus liés à l’éducation et à la formation ne sont pas toujours clairs, a fortiori leur gestion. Les communications du domaine Gestion de l'éducation et de la formation traitent des facteurs, des enjeux et des incidences qui peuvent être attribués à la gestion de l’éducation et de la formation. Elles traitent également des modèles d’éducation, de formation et d’évaluation. Différents thèmes, tous plus intéressants les uns que les autres, seront abordés et sauront, à notre avis, captiver les différents intervenants des milieux éducatifs que nous invitons en grand nombre.
Date :- Pierre Toussaint (UQAM - Université du Québec à Montréal)
- Carole Raby (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Programme
Gestion de l'éducation : facteurs, enjeux et incidences
-
Le partenariat décisionnel et les conseils d'établissement au QuébecRénald Beauchesne (UQ - Université du Québec), Catherine LAROUCHE (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Avec l’adoption du projet de loi 180 en 1998, le gouvernement met en place le conseil d’établissement. Il instaure une nouvelle dynamique de gestion qui partage le pouvoir entre les différents acteurs du système d’éducation québécois. Le rôle du parent devient décisionnel.
Une recherche menée par Deniger, en 2001, constate que les parents sont « à la fois très actifs au conseil, mais aussi déçus des pouvoirs des conseils, ainsi que de l’influence dont ils y jouissent»
Qu’en est-il maintenant ? Quelle est la perception des parents élus concernant leur participation au processus décisionnel de leur conseil d’établissement ?Nous avons mené depuis deux années, avec la participation de la Fédération des comités de parents du Québec, et dans le cadre d’un essai à la maîtrise en éducation, une recherche du type exploratoire.
Dans un premier temps, 148 parents ont répondu à un questionnaire écrit. Les thèmes suivants y ont été abordés : sa perception du système scolaire québécois, sa contribution aux travaux du conseil d’établissement, son influence à l’intérieur du processus décisionnel, sa motivation, sa perception de l’implication des autres parents et la documentation reçue.
Dans un deuxième temps, un groupe de discussion a été organisé avec des membres du conseil exécutif de la FCPQ.
Nous présenterons les résultats de la recherche ainsi que nos recommandations pour améliorer la participation du parent au processus décisionnel du conseil d’établissement.
-
Les effets des nouveaux modèles de régulation des systèmes éducatifs sur le champ de l’adaptation scolaireGustavo Gonçalves (UFMG - Universidade Federal de Minas Gerais), Claude LESSARD (UdeM - Université de Montréal)
Le Québec a vécu d’importants changements dans le mode de régulation de son système éducatif au cours des années 90, basé sur le transfert d'une partie du pouvoir des acteurs internes au système scolaire à d'autres acteurs externes. La comparaison et la concurrence sont devenues un moyen de régulation des systèmes éducatifs de plus en plus présent. Il y a par conséquent un accroissement des tensions entre l'inclusion, l'équité et la performance des systèmes. Les études comparatives deviennent de plus en plus importantes pour outiller des gouvernements et faire converger leurs politiques. Sous la pression de critères externes d'évaluation et de performance, s’intensifie le paradoxe d'un système qui doit être à la fois équitable et performant, ce que met en tension le champ de l'adaptation scolaire. Ce texte propose une analyse sociohistorique du champ politique de l'adaptation scolaire au Québec. Il analyse les positions de trois groupes d'intérêt distincts, à savoir : les autorités politiques et administratives, les groupes d’intervenants et les bénéficiaires des politiques. Trois périodes différentes sont identifiées, couvrant une période d’approximativement 50 ans : 1963-1977, 1978-1994 et 1995-2010. Cette communication soutient l’hypothèse d’un couplage entre l’actuel modèle de régulation des systèmes éducatifs et les savoirs issus du courant des résultats probants, particulièrement, le modèle psychomédical.
-
Stratégies d’adaptation de l’université aux nouveaux rapports au savoir induits par les technologies éducativesClaude Caron (Université Laval)
Les universités québécoises, à l’instar de leurs homologues dans le monde, sont dans une période de mutation (Bertrand, 2010). L’entrée des universités dans l’ère de l’information (Castells, 1998), qui succède à l’ère industrielle, soulève des remises en question quant aux façons dont elles répondent à de nouvelles exigences. L’évolution rapide du numérique est au cœur d’une nouvelle réalité et ce phénomène bouleverse le rapport au savoir qui définit l’institution universitaire (Moore & Kearsley, 2005). Nous constatons par ailleurs que les ajustements nécessaires à une meilleure adaptation à cette nouvelle réalité sont freinés par des considérations managériales (Bates, 2000, 2011). Les innovations technologiques et pédagogiques ne seraient pas adéquatement supportées par des ajustements nécessaires aux façons dont sont gérées les institutions universitaires.Il semble que le système actuel en est à un carrefour où des changements importants doivent être conduits.Dans notre analyse, nous portons notre attention sur les interactions entre différents aspects à considérer pour en arriver à une compréhension du phénomène d’adaptation qui s’y joue. Les technologies éducatives, le rapport au savoir, les contextes social, économique et politique et la gestion de l’université sont les quatre composantes qui sont analysées.
-
L'endettement étudiant au Québec : état des lieux, déterminants et impactsAriane CAMPEAU (FEUQ - Fédération étudiante universitaire du Québec), Louis-Philippe Savoie (UdeM - Université de Montréal)
La communication présente les résultats d'une vaste étude sur la situation de l'endettement étudiant chez les étudiants universitaires de premier cycle inscrits à temps plein au Québec.
L'étude se structure en trois temps. Elle débute par une discussion théorique sur les déterminants et les impacts de l'endettement étudiant fondée sur une recension des articles publiés, principalement en Amérique du Nord. Par la suite, on passe à une étude principalement quantitative fondée sur la base de données de l'enquête sur les sources et modes de financement des étudiants de premier cycle, publiée par la FEUQ en novembre 2010. Le taux et le niveau d'endettement attendu à la sortie du baccalauréat en provenance du programme public de prêts et bourses, des institutions financières et de la famille sont examinés en fonction des caractéristiques socioéconomiques, scolaires, des sources de financement, des niveaux de dépense. Les interactions entre les différentes formes d'endettement sont aussi examinées.
Il en ressort entre autres que l'endettement est plus présent chez les étudiants en provenance de milieux défavorisés, qu'il a des impacts négatifs sur la poursuite des études universitaires et que certains semblent limiter leur endettement par le travail rémunéré en cours d'études.
Le projet de recherche a été réalisé au cours de l'été 2011 grâce au soutien financier de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). Le rapport de recherche a été lancé au mois de septembre 2011.
-
La persistance des pénuries d’enseignants au primaire en Afrique subsaharienne : une analyse des politiques de recrutement au cours des 50 dernières annéesMartial DEMBÉLÉ (UdeM - Université de Montréal), Geneviève Sirois (UdeM - Université de Montréal)
Au lendemain des indépendances, plusieurs pays d’Afrique subsaharienne décident de faire du développement des systèmes éducatifs une priorité. L’accroissement de l’offre scolaire induit une demande accrue d’enseignants et certains pays font face, dès la décennie 1960-1970, à des pénuries importantes d’enseignants. Un demi-siècle plus tard, les pénuries d’enseignants représentent toujours l’un des freins les plus importants à la réalisation de la scolarisation primaire universelle dans cette région. Cette communication présente les résultats d’une analyse des politiques de recrutement des enseignants dans deux anciennes colonies françaises (Burkina Faso et Sénégal) et deux anglaises (Kenya et Tanzanie). L’analyse des documents et de données disponibles à l’Institut de statistique de l’UNESCO vise à (1) comprendre le contexte historique des pénuries d’enseignants (2) décrire l’évolution du recrutement des enseignants depuis les indépendances et (3) déterminer l’influence du contexte historique sur les pénuries actuelles. Il en ressort que les pénuries ne se sont jamais résorbées depuis les indépendances et qu’elles se sont accentuées avec la mise en place des politiques d’ajustement structurel du FMI. L’analyse des pénuries d’enseignants tend à se centrer sur le présent et/ou le passé récent; le fait de remonter plus loin dans le temps permet de rendre compte des effets à long terme, d'une part, des politiques de recrutement et, d'autre part, du type de colonisation subie.
-
Les tâches professionnelles et la satisfaction au travail des intervenants en loisir œuvrant en milieu institutionnel québécoisAnne-Louise HALLÉ (Fédération québécoise du loisir en institution), Pierre OUELLETTE (Université de Moncton), Hubert Roussel (Université de Moncton), Jerome SINGLETON (Dalhousie University)
Cette étude visait à examiner les tâches professionnelles et la satisfaction au travail des intervenants en loisir œuvrant dans les 350 installations affiliées à la Fédération québécoise du loisir en institution. L’échantillon comprenait 159 répondants, soit des récréologues, des techniciens d’intervention en loisir ou des techniciens en éducation spécialisée. L’âge moyen se situait à 42 ans et 77 % des répondants étaient des femmes. L’analyse factorielle des tâches a identifié quatre facteurs : 1) administration, 2) thérapeutique, 3) animation et 4) perfectionnement. L’analyse factorielle effectuée sur la version abrégée du Minnesota Satisfaction Questionnaire a confirmé les dimensions extrinsèques ou intrinsèques généralement rattachées à cet instrument de mesure. Une analyse canonique a été réalisée afin de déterminer la relation entre les catégories de tâches professionnelles, la satisfaction au travail et certaines variables sociodémographiques. Il en résulte que les intervenants s’adonnant davantage à la thérapie récréative, l’administration, le perfectionnement et moins à celles relevant de l’animation étaient des récréologues, possédant un salaire supérieur et exprimant une satisfaction extrinsèque plus élevée. Cette étude permet de dégager des implications pratiques pour les associations professionnelles, les gestionnaires de programmes de formation et les chercheurs désirant mieux cerner la réalité professionnelle des intervenants en loisir thérapeutique.
Gestion de l'éducation : modèles de formation et d'évaluation
-
Niveaux de compétence linguistique canadiens pour immigrants adultes : un cadre de référence dans le contexte de mouvance sociétaleDaphné BLOUIN CARBONNEAU (Centre des niveaux de compétence linguistique canadiens), Monika Jezak (Université d’Ottawa)
Le but de cette communication de type conceptuel est de retracer le processus de révision des Niveaux de compétence linguistique canadiens (NCLC) et de faire un examen critique des caractéristiques saillantes de la nouvelle version de cet outil.
En effet, la première version des NCLC a vu le jour en 2006 et est actuellement utilisée par les concepteurs de programmes, les auteurs de matériel scolaire, les examinateurs, les enseignants et les formateurs d’enseignants oeuvrant auprès d’immigrants adultes. Elle constitue un cadre de référence pour classer les apprenants au niveau d’habileté appropriée, attester l’atteinte d’un niveau donné, développer des curricula et du matériel pédagogique. Elle assure également une comparabilité nationale et internationale des certifications et autres instruments de reconnaissance des acquis.
Toutefois, de récents changements de politiques d’immigration canadiennes, de nouvelles réalités de salles de classe ainsi que des avancées théoriques en didactique des langues secondes ont eu comme résultat des remises en question menant à la révision de l’échelle de 2006. Fruit de consultation nationale et de collaboration entre chercheurs canadiens, la nouvelle échelle NCLC est un outil de qualité, doté d’un cadre théorique robuste et d’une échelle de compétences reparties sur 12 niveaux pour chacune des quatre habiletés langagières; elle se compare avantageusement aux outils similaires : le Cadre européen commun de référence ou l’Échelle québécoise.
-
Modélisation prédictive visant l’amélioration du rendement des élèves francophones en Ontario : approche pratique et individuelle permettant de cibler les interventionsSerge Boulé (Université d’Ottawa), Mario GAGNON (Ministère de l'éducation de l'Ontario)
La modélisation prédictive est employée afin d’anticiper le rendement des élèves lors d’évaluations à grande échelle de manière à permettre la mise sur pied d’interventions pédagogiques ciblées. Les données des bulletins scolaires des élèves sont utilisées afin d’identifier les facteurs spécifiques qui permettent la prédiction des résultats lors d’évaluations à grande échelle. Les modèles obtenus à la suite d’analyses de régression logistique binaire sont ajustés en fonction du sexe des élèves et des différences de sévérité d’une école à l’autre lors de l’attribution de notes aux bulletins.
Cette approche permet d’identifier certains facteurs probables de risque. L’importance de cette recherche est qu'elle démontre l'applicabilité de la modélisation prédictive au rendement futur des élèves et la volonté des enseignants et du personnel de soutient à employer ce genre d'approche dans l’élaboration des plans d’amélioration du rendement au niveau des écoles et des conseils.
Malgré qu’il ne soit pas possible d'attribuer l'amélioration des résultats des écoles à un seul facteur tel que l'approche proposée, nous notons une amélioration continue des résultats des écoles parmi les conseils qui adhèrent à cette approche. Il est considérablement avantageux et économique de pouvoir anticiper les résultats des élèves à partir d'une source déjà existante de données comme le bulletin.
-
Sources d'erreurs dans la correction d'auxiliaires d'enseignementAndré-Sébastien Aubin (UQAM - Université du Québec à Montréal)
En Amérique du Nord, il est fréquent d’utiliser des étudiants de 2e ou 3e cycle pour corriger (Park,2004). Ces auxiliaires d’enseignement deviennent un rouage de l’évaluation des apprentissages en contexte universitaire. Or, leurs pratiques sont très peu étudiées et leurs rôles rarement analysés.
En 2008 à l’ACFAS, nous avons montré que dans une faculté de génie, 91% des nouveaux auxiliaires se voyaient attribuer une tâche de correction, faisant de la correction la principale activité des auxiliaires. Suchaut (2008) a illustré comment l’acte de corriger n’est pas un acte simple et la formation qui est offerte aux auxiliaires pour la réaliser est très variable, lorsqu'elle existe (Marincovish,1998).
Ici, nous présentons l’analyse de la correction de 95 auxiliaires en formation, chacun d’eux ayant corrigé deux exercices. Nous avons étudié les différences selon le programme d’études, le niveau de scolarité et l’expérience. Nous présentons aussi les différences selon la provenance des auxiliaires, puisque la littérature sur les auxiliaires se penche souvent sur la réalité des auxiliaires d’enseignement internationaux. Nous présentons autant l’angle de l'édumétrie que celui des écrits en évaluation des apprentissages décrivant les caractéristiques des corrections analysées.
L’évaluation des apprentissages est une longue chaîne et la validité augmente à chaque preuve probante amassée. Les résultats présentés permettront de mieux documenter, en partie, le maillon de la correction.
-
De l’évaluation d’un dispositif de formationLucie Aussel (ENFA - École nationale de formation agronomique)
Notre objet de recherche est un dispositif de formation qui se destine à des étudiants de BTSA (brevet de technicien supérieur agricole). Nous proposons dans cette communication de présenter les résultats de son évaluation quant à son impact sur les étudiants. Ce dispositif (Peeters & Charlier, 1999) a été lancé en 2009 par un appel à projets visant à promouvoir des expérimentations sociales, il tend à favoriser l’orientation et l’insertion des étudiants. Il a été mis en place dans un échantillon d’établissements agricoles (74 classes) par des intervenants extérieurs (conseiller emploi formation). Pour être efficient et répondre à ses objectifs, le dispositif devrait permettre une orientation jugée a posteriori satisfaisante par les étudiants. Nous formulons l’hypothèse que pour favoriser une « bonne orientation », le dispositif doit parvenir à modifier les représentations (Piaget, 1978) d’étudiants en celles de futurs professionnels capables de se projeter dans le monde du travail et ainsi aider au développement de leur autonomie (Belin, 2002). Nous présenterons les évolutions des représentations en lien avec les différents contextes de mise en œuvre et de réalisation du dispositif. L’enquête a été menée auprès d’un groupe expérimental et d’un groupe témoin. Les évolutions des représentations ont été obtenues par l’analyse statistique des questionnaires renseignés avant et pendant le dispositif (analyse factorielle de correspondances et U de Man Whitney).
-
Les apports de la validation des acquis de l’expérience en France au champ de la formation tout au long de la vie : enjeux et perspectives pour demainSandrine ANSART (Grenoble Ecole de Management), Pierre-Yves Sanséau (Grenoble Ecole de Management)
L’objectif de cette communication est d’analyser en quoi et comment le concept de formation tout au long de la vie peut s’enrichir et développer de nouvelles perspectives à partir de l’expérience de la Validation des Acquis de l’Expérience, menée en France dans l’enseignement supérieur. La VAE a pour objet la validation des acquis de l’expérience issus d’expériences passées (professionnelles et autres) et permet de déboucher sur l’obtention de certificats ou de diplômes universitaires dans leur totalité.
Les résultats de la recherche montrent, qu’un acquis d’expérience analysé et approfondi : (i) améliore la qualité de l’expérience et de son potentiel à être source de compétences, (ii) peut fournir des pistes d’amélioration des acquis du candidat, (iii) peut contribuer à définir l’orientation à donner à la formation tout au long de la vie. Dès lors, cette reconnaissance des acquis d’expérience pourrait être un catalyseur déterminant de la formation tout au long de la vie.
La discussion des résultats traite de deux arguments essentiels étayant une position prônant un rôle central de la VAE dans les processus de formation tout au long de la vie : (i) un potentiel de formation qui favorise l’individualisation du parcours, l’autonomisation du candidat et la réduction des temps de formation, (ii) un centrage sur l’expérience –et une expérience non exclusivement professionnelle- qui est en phase avec l’évolution de la société et les aspirations/contraintes des individus.
-
De la consommation des savoirs à leur construction : transformer les rapports aux savoirs des futurs enseignantsStéphanie Demers (UQO - Université du Québec en Outaouais), Mylène LEROUX (UQO - Université du Québec en Outaouais), Francine SINCLAIR (UQO - Université du Québec en Outaouais)
À leur entrée à l’université, les étudiants s’inscrivent dans une situation de consommation de savoirs, où ils «achètent» les savoirs d’experts (Reboul 1984). Malgré le virage socioconstructiviste qui marque les milieux d’enseignement de tous les paliers depuis au moins dix ans, les interventions pédagogiques à l’université demeurent résolument dans un mode transmissif et positiviste (Viau, Joly et Bédard, 2004). Ce faisant, les étudiants peuvent difficilement entrevoir d’autre rapports aux savoirs que ceux associés à l’assimilation des savoirs absolus détenus par l’autorité experte (Loiola et Tardif, 2001). Comment alors s’attendre à ce que des étudiants en formation initiale à l’enseignement mettent en œuvre des pratiques qui s’inscrivent dans un paradigme constructiviste, tel que proposé par la recherche ? Cet écart entre la théorie et la pratique est d’autant plus important qu’à la transmission des préceptes socioconstructivistes s’ajoute un milieu de formation pratique parfois hostile aux approches prônées par les données probantes de la recherche (Michaud, 2003). C’est dans une perspective de renouvèlement curriculaire que le corps professoral du département des sciences de l’éducation de l’UQO a élaboré un modèle de formation systémique, dont le noyau conceptuel s’inspire du discours novateur et qui a pour but de favoriser de nouveaux rapports aux savoirs chez les futurs enseignants.