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Informations générales

Événement : 80e Congrès de l’Acfas

Type : Domaine

Section : Section 300 - Lettres, arts et sciences humaines

Dates :
Responsables :

Programme

Communications orales

La langue : acquisition et apprentissage

  • L’examen du traitement des connecteurs logiques dans des manuels de Français langue seconde : les implications pour l’enseignement
    Laura AMBROSIO (Université d’Ottawa), Parvin Movassat (Université d’Ottawa), Sima PARIBAKHT (Université d’Ottawa)

    Les apprenantsdu FLS rencontrent souvent des problèmes dans la compréhension du sens et des
    fonctions des connecteurs logiques (« désormais »,« néanmoins », etc.), et neparviennent donc pas à les intégrer correctement dans leurs productions écrites. Or, en dépit de ces problèmes et du rôle primordial que ces mots
    jouent dans la création d’un texte cohérent et cohésif, très peu d’études systématiques sur
    l’approche pédagogique de ces connecteurs ont été menées jusqu’à présent.

    Cette étude examine le traitement des connecteurs dans les manuels d’écriture et de grammaire de
    FLS. Notre analyse d’environ 150 manuels illustre certaines limitations en ce qui
    concerne l’explication des nuances de sens parmi les connecteurs appartenant à
    la même catégorie, les différentes fonctions du même connecteur, les
    informations sur le mot charnière (le registre auquel il appartient), ou encore
    le type d’exercices et de tâches proposés pour la pratique des apprenants.

    Dans cette communication, nous partagerons ces résultats ainsi que leurs implications pour
    améliorer l’enseignement des connecteurs logiques.

  • Mise en place d’un dispositif d’apprentissage du vocabulaire auprès d’élèves haïtiens pour une plus grande capacité communicationnelle
    Godelieve DEBEURME (UdeS - Université de Sherbrooke), Veronique Telfort (UdeS - Université de Sherbrooke)

    En Haïti, la communication orale est marquée par une absence progressive du français, première langue officielle du pays et langue seconde apprise à l’école. La plupart des études sur le sujet montrent que ce problème est lié à la situation sociopolitique et au contexte d’enseignement/apprentissage du français depuis plus de deux décennies (St-Germain, 1997; Chaudenson, 2006; Joint, 2006). Cependant, peu d’études ont abordé la question sous l’angle des solutions (Gadet, 2003). Pourtant, l’apprentissage du vocabulaire en contexte soutenu par les TIC peut faciliter la communication orale en langue seconde (Tréville, 2000; Strike, 2002; Myers, 2004; Schuler, 2009). Prenant appui sur ces écrits, nous avons élaboré un dispositif d’apprentissage du vocabulaire que nous avons validé auprès de 24 élèves haïtiens.

    Pour ce faire, nous avons expérimenté en classe des situations d’apprentissage et de micro-activités de pratiques de l’oral, utilisé des entrevues, observé des présentations orales et testé les connaissances. L’analyse thématique (Paillé et Mucchielli, 2003) a permis d’analyser les données textuelles (entrevues) et l’analyse statistique (Yergeau, 2009), a permis d’analyser le testing (grille d’observation, test de connaissances).

    Lors de la communication, nous présenterons les principaux résultats qui tendent à démontrer que l’apprentissage du vocabulaire en contexte soutenu par les TIC a un effet favorable sur la capacité communicationnelle des élèves haïtiens.

  • Acquisition de vocabulaire en langue seconde par de jeunes enfants
    Priscilla CORBEIL (Université Laval), François Pichette (TÉLUQ - Université du Québec)

    Sur quelque 2000 études en acquisition d’une L2 publiées depuis 25 ans, plus de 98% concernent des adultes ou des enfants d’âge scolaire, ce qui aide peu les éducateurs oeuvrant auprès d’enfants pré-alphabétisés et dépourvus de métacognition. De plus, aucune étude expérimentale n’a encore porté sur l’acquisition par de jeunes enfants en milieu de langue étrangère. Cette étude examine l’acquisition de mots anglais par des francophones âgés de 3 à 5 ans selon deux types d’input: histoires racontées et comptines chantées. Quatre histoires et quatre comptines ont été réparties dans quatre séances d’activités ludo-pédagogiques menées auprès de 23 enfants. 45 mots de longueur et concrétude variées, ciblés dans les comptines anglaises choisies, ont été intégrés dans des histoires narrées en français. Le rappel des mots cibles, mesuré une semaine après le dernier atelier, a été évalué par la méthode standard au préscolaire qui consiste à sélectionner une image parmi quatre après avoir entendu le mot cible (p. ex., Dunn et al, 1993). Le taux de rappel pour les deux types d’input (raconté et chanté) permettra d’identifier les activités les plus efficaces pour l’acquisition de vocabulaire en L2 pour ces apprenants. De plus, les corrélations entre le rappel et les variables liées aux mots permettront de cerner les mots qui nécessitent davantage d’insistance, et les corrélations avec le nombre d’occurrences suggéreront un nombre de répétitions propice à optimiser l’acquisition.

  • Lire à la maison, lire à l’école : étude comparative du soutien de l’adulte
    Rouba Hassan (Université Lille), Nathalie Salagnac (Université d'Artois), Elise Vinel (Université Sorbonne-Nouvelle (Paris 3))

    Dans le cadre d'une recherche en cours (financée par l'Agence Nationale de la Recherche française) sur l'acquisition en dialogue des expressions référentielles par l'enfant (Salazar-Orvig et al. 2006 ; 2010) nous avons filmé 24 enfants (âgés de 3 à 6 ans) dans des situations de jeu et de lecture (album avec et sans texte) à l'école et à la maison. L'un des buts de cette recherche est de montrer l'influence des contextes (Marcos et al., 2004) et des activités sur l'usage des expressions référentielles et donc conséquemment celle de l'adulte dont le discours fournit à l'enfant l'étayage nécessaire pour construire son propre discours. Notre communication présente une première étude comparative et exploratoire sur une partie des données (6 enfants, 2 par section de maternelle) de l'étayage (Bruner, 1983, Hudelot, 1999) de l'enseignant et de la mère (plus rarement du père) dans les séances de lecture dialoguée d’albums sans texte. Les axes d’analyse retenus pour cette étude sont :

    -les demandes de dénomination,

    -la gestion de la narration : narration vs description, gestion de la continuité thématique,

    -la gestion de la deixis verbale et non verbale.

    Les résultats obtenus sont ensuite croisés avec les productions de l'enfant : le nombre et les types d'expressions référentielles (noms définis ou indéfinis, pronoms, démonstratifs principalement) afin de montrer les effets des diverses conduites d'étayage sur les productions langagières des enfants.

Communications orales

La langue : structures et grammaires

  • Les collocations adjectivales en malgache
    Rita Hanitramalala (UdeM - Université de Montréal)

    Les collocations en malgache- langue nationale de Madagascar, de famille malayo-polynésienne demeurent encore un champ d’investigation quasi-vierge. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous nous sommes intéressés à l’étude des collocations adjectivales telles anatra mafonja ‘conseil solide’, hevitra mitombina ‘argument valable’, safidy masina ‘un choix judicieux’, etc.

    Qualifiée d’expression semi-figée, la collocation, selon la terminologie de Hausmann (1979), est une expression composée de la base et du collocatif. Le premier constituant d’une collocation - la base - est libre et le deuxième, c’est-à-dire, le collocatif, est restreint. La Fonction Lexicale (FL), est un outil formel dont dispose la théorie Sens-Texte, théorie avec laquelle nous allons aborder notre analyse, pour la description des collocations. Une FL, formellement, est une formule f(x) = y dont f est le sens qui s’applique à un mot-clé ou argument x pour donner une valeur y. Par exemple, la FL Magn appliquée à l’argument fisaorana ‘remerciement’ donne les valeurs suivantes :

    Magn(fisaorana) = feno litt.‘rempli’, mitafotafo ‘profond’

    et forme des collocations adjectivales fisaorana feno ‘un grand remerciement’, fisaorana mitafotafo ‘un profond remerciement’.

    Ainsi, notre article traite les différents sens de collocations adjectivales, le rôle qu’occupent les adjectifs dans le syntagme collocationnel, la typologie de ces collocations et leur description lexicographique.

  • Récents changements dans le schéma transitif du dialecte inuktitut de la baie d’Hudson
    Julien Carrier (University of Toronto)

    L’exposé que je propose porte sur le dialecte inuktitut de la baie d’Hudson, et traite
    de récents changements morphosyntaxiques dans les constructions transitives. Il
    existe peu de travaux linguistiques qui ont étudié l’inuktitut du Québec,
    hormis les travaux de Lucien Schneider (1966; 1976; 1979) et de Louis-Jacques
    Dorais (1977; 1978), ainsi que des publications en pédagogie (Mallon, 1992;
    Ortiz, 1993). À l’été 2011, j’ai effectué une collecte de données à Inukjuak. L’examen
    du corpus linguistique révèle que les analyses proposées par les auteurs ci-dessus
    ne rendent pas compte de données actuelles. Traditionnellement, il est reconnu
    que l’inuktitut affiche un alignement morphologique ergatif, c’est-à-dire que
    le sujet d’une construction intransitive et l’objet d’une construction
    transitive sont marqués morphologiquement de la même façon, tandis que le sujet
    d’une construction transitive reçoit une marque morphologique distincte (un cas
    ergatif). Il est admis aussi que l’inuktitut présente un syncrétisme morphologique
    entre les constructions transitives et possessives. Ces caractéristiques ont
    été rapportées dans tous les dialectes de la langue inuite. Or, dans le dialecte
    de la baie d’Hudson, la marque casuelle ergative n’est plus employée, et le
    syncrétisme entre les constructions transitives et possessives est ainsi en
    train de disparaître. Ma communication vise à analyser ces changements et leurs
    implications dans le fonctionnement de la transitivité dans ce dialecte.

  • Grammaires et dictionnaires : histoire d’un décalage
    Sophie Piron (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Les dictionnaires présentent un certain nombre d'informations grammaticales, au rang desquelles figurent les classements des verbes (intransitif, transitif indirect, etc.).

    Si la grammaticographie et la lexicographie françaises ont beaucoup évolué depuis leurs débuts, elles ne l'ont pas fait au même rythme, la seconde ayant toujours été distancée par la première. Cela n'a rien d'étonnant. D'une part, il faut attendre que certaines avancées grammaticales soient suffisamment stables pour les transposer au dictionnaire. D'autre part, le transfert de la théorie grammaticale nécessite un travail titanesque lorsqu'il faut l'implanter à l'échelle du dictionnaire.

    L'objectif de cette communication est de montrer le décalage entre les concepts proposés dans les grammaires et ceux qu'utilisent les dictionnaires, et ce, depuis le XVIIe siècle.

    Le thème grammatical étudié est le classement des verbes construits avec ou sans groupe prépositionnel obligatoire (nuire à quelqu'un, revenir de Montréal, dormir). Ces verbes ont d'abord été catégorisés uniformément (comme neutres, puis comme intransitifs), ils ont ensuite été classés séparément en transitifs indirects et en intransitifs.

    La recherche menée montre qu'il existe, dans l'histoire de ce classement, un décalage (parfois de plus d'un siècle) entre, d'une part, la définition des concepts grammaticaux dans les grammaires et, d'autre part, leur insertion dans les dictionnaires.

  • Étude en temps réel de l’influence des écrans dans les processus d’accord sujet-verbe
    Maude Fryer (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Problématique : Dans la dernière décennie, nombreuses sont les recherches qui se sont intéressées à l’accord sujet-verbe et sur l’influence des écrans possibles lors de l’accord. On trouve parfois des erreurs de type (1) Le père des enfants arrivent (Fayol & Got, 1991) où un complément du donneur d’accord pourrait être un sujet grammatical plausible. De telles erreurs révèlent des processus de production du langage beaucoup plus complexes. Notre observons l’importance de certains facteurs syntaxiques ( Franck, et al., 2002) et sémantiques (Michel Hupet & Fayol, 1998)et leur interaction lors de l’accord sujet-verbe. Méthodologie:La transcription écrite est observée en temps réel à partir d’un logiciel. Le protocole expérimental autorise un regard sur les erreurs et sur les énoncés corrects. Les sujets (des étudiants francophones) doivent transcrire des phrases (subordonnées relatives, complétives) et les réviser. Au moment de la présentation, les données seront analysées. Notre hypothèse est qu'une configuration syntaxique plus complexe entrainera des temps de lecture plus longs, et que le lien sémantique entre le sujet et le verbe de chacune des phrases aura aussi une influence dans les processus d'accord. Contribution à l'avancement des connaissances: Par sa méthodologie et son intégration de plusieurs variables, la présente recherche servira à mieux saisir le fonctionnement de l’encodage grammatical lors des processus d’accord du sujet-verbe.

  • Le participe passé employé avec l’auxiliaire « avoir » et précédé du pronom complément direct « en » : accord ou non-accord ?
    Marie-Josée Daviau (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Notre recherche traite de l’accord du participe passé, souvent perçu comme la bête noire de la langue française (Chervel, 1977). Il est bien connu qu’il n’y a pas d’accord du participe passé employé avec l’auxiliaire avoir (PPavoir) lorsque le complément direct se trouve à la suite du PP, mais que l’accord est présent sur le PP lorsque ce CD est extrait de sa position de base pour être antéposé au PP (Kayne, 1989; Boivin, 2005). Nous observerons d’abord ce qui, dans l’évolution de la théorie grammaticale, justifie le fait que l’accord du PPavoir précédé de en ait été traité différemment de l’accord avec les autres pronoms CD. Ensuite, en observant d’abord les cas les plus simples où cette règle s’applique, par exemple en présence des pronoms CD le, la et les, il sera proposé que la règle devrait également inclure les cas où le PPavoir est précédé du pronom CD en reprenant un GN entier. Ainsi, non seulement cet accord pourrait être appliqué dans cette structure syntaxique (Arrêté Haby, 1976; Boivin et Pinsonneault, 2008; Riegel et al., 2009), mais il devrait l’être.

    Nous nous appuierons ensuite sur des données actuelles collectées auprès d’une centaine d’étudiants universitaires afin de dresser un portrait de l’usage relatif à l’accord du PP et, plus précisément, dans le cas où il est précédé de l’auxiliaire avoir et du pronom CD en. Ces données reposent sur une dictée de phrases présentant les différents contextes syntaxiques dans lesquels peut apparaitre le PP.

  • Justification sémantique et syntaxique à la règle d’accord du participe passé avec « avoir » : le cas des compléments de mesure
    Véronique Fortin (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Parmi les points orthographiques amendés par l'arrêté Haby (1976) figure celui de l’accord du participe passé avec des verbes tels que coûter, valoir, courir, vivre, etc., lorsque ce participe suit un complément : il sera permis d’écrire Les cinq dollars que ce livre m’a coûtés, alors que l’usage laisse ce participe invariable.

    Les compléments de type les cinq dollars peuvent-ils, à partir d'une analyse syntaxique et sémantique, être distingués des compléments de type une pomme dans Je mange une pomme ?

    Pour répondre à cette question, nous étudierons l’évolution de la règle d’accord du participe passé avec avoir. Nous chercherons à savoir comment les théories grammaticales couvrant les quatre grandes périodes de la grammaire scolaire ont analysé les compléments de type cinq dollars dans Ce livre coûte cinq dollars.

    Pour cerner les raisons justifiant l'accord du participe passé, nous explorerons les différentes explications proposées par Bouchard (1987) et Kayne (1989). Nous présenterons l’analyse d’un corpus d’une quinzaine de verbes, sur lesquels nous mettrons en application différents tests linguistiques: utilisation de questions; pronominalisation; passivation; transformation en proposition participiale dont la copule est sous-entendue; substitution adverbiale.

    À partir de nos résultats et des travaux de Gross (1969) et de Smith (1996), nous questionnerons la pertinence de la notion d’objet direct et l'utilité de l’accord du participe passé dans la langue française.

  • Importance de l’audition dans la perception et la production de la modalité
    Marie-Ève BOUCHARD (UQAM - Université du Québec à Montréal), Marilyn Giroux (UQAM - Université du Québec à Montréal), Lucie MÉNARD (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    La théorie du contrôle moteur de la parole par buts auditifs soutient qu’une fois qu’un modèle interne associant articulation et résultat acoustique est construit, l’audition ne sert plus qu’à le maintenir à jour et à ajuster la parole en temps réel. Or, ces fonctions ne sont pas remplies chez les sourds profonds, et les implants cochléaires ne pallient pas totalement la perte d’audition. Cette recherche vise à étudier l’importance de l’audition dans la production de la modalité d’énoncés et à voir si l’implantation permet aux sourds de percevoir la modalité comme les entendants. Trois sourds postlinguistiques implantés (avec implant éteint puis en marche) et trois contrôles ont produit des énoncés dont la modalité a été cotée par 5 juges (donnant aux énoncés un score modal moyen, ou SMM), puis ils ont passé un test de perception où ils devaient indiquer la modalité d’énoncés. En production, le SMM des énoncés interrogatifs était meilleur chez les contrôles, et pour ces énoncés, le passage d’implant éteint à en marche a profité à l’un des sourds. Les facteurs influençant le plus le SMM sont la différence de hauteur entre les deux dernières syllabes et le ratio durée de la dernière syllabe/durée totale de l’énoncé. L’audition jouerait donc un rôle dans la production de la modalité d’énoncés. En perception, il y a une différence dans l’acuité de perception des modalités entre les deux groupes. L’implant cochléaire ne permettrait donc pas de percevoir normalement la modalité.

  • La sémantique des verbes de son en français : étude des verbes « gargouiller » et « retentir »
    Geneviève Domingue (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Cette étude s'intéresse au fonctionnement d'une classe de verbes spécifique : les verbes de son, qui forment une classe sémantiquement homogène parce qu'ils partagent un sens relatif à l'émission d'un bruit ou d'un son. Plus particulièrement, il s'agit d'une description des verbes gargouiller et retentir. L'étude de ces verbes repose sur l'analyse d'un corpus écrit et comporte trois étapes : une analyse syntaxique, un typage lexical et une analyse en sémantique cognitive. L'analyse syntaxique consiste à identifier les éléments qui apparaissent aux côtés des verbes ciblés (syntagme nominal, syntagme prépositionnel) et à dégager les patrons syntaxiques dans lesquels ces verbes de son peuvent entrer. Ces patrons syntaxiques sont précisés par le typage lexical : les éléments qui accompagnent les verbes sont associés à des types sémantiques (entité concrète, lieu, partie du corps, etc.). Les résultats obtenus sont ensuite insérés dans le schéma conceptuel de la perception auditive proposé par Piron (2006). Les trois premiers paramètres de ce schéma, soit l'émission sonore, la propagation sonore et la réception acoustique, permettent de rendre compte des verbes de son à l'étude. Il est montré que les différentes acceptions des verbes de son correspondent à différents cas d'exploitation du schéma conceptuel.


Communications orales

La langue : contextes

  • L’activisme judiciaire en droit linguistique
    Denis Roy (Université de Moncton)

    Vers la fin des années 90, la Cour suprême du Canada a infirmé des décisions portant sur les droits linguistiques qui restreignaient considérablement la portée de ces droits. C’est à partir de ce moment qu’on a commencé à parler d’activisme judiciaire en droits linguistiques. Mon propos, à contre-courant, est que l’activisme judiciaire a bel et bien eu lieu en droits linguistiques, mais pas récemment et pas dans le sens généralement perçu. L’activisme judiciaire en droits linguistiques a eu lieu vers le milieu des années 80, lorsque la Cour suprême a tenté, à partir d’un raisonnement qui défie l’intelligence, de nous convaincre que les droits constitutionnels linguistiques n’avaient pas la même valeur que les autres droits constitutionnels. La Cour suprême a finalement rectifié le tir en reconnaissant que si la société canadienne avait choisi d’inscrire les garanties linguistiques dans la Constitution, c’est qu’elle leur accordait la même importance que les autres droits constitutionnels. La trilogie Sécession du Québec, Beaulac, et Arsenault-Cameron n’est pas le résultat de l’activisme judiciaire. Il est plus probable qu'il s’agit plutôt de la correction d’une jurisprudence qui elle découlait de l’activisme judiciaire.

  • L’effet de la familiarité sur l’identification des locuteurs : pour une méthodologie de la « parade vocale »
    Victor BOUCHER (UdeM - Université de Montréal), Julien Plante-Hébert (UdeM - Université de Montréal)

    L’identification visuelle à l’aide d’une parade d’individus est une technique connue dans les milieux judiciaire. Or il arrive dans certaines enquêtes portant sur les menaces par téléphone qu’il n’y ait aucun témoin oculaire et que les seules preuves pouvant mener à l’identification d’un suspect soient auditives. Dans ces situations, un témoin, un proche ou une victime pourrait alors être en mesure de reconnaître la voix dans une « parade vocale », mais plusieurs facteurs peuvent invalider ce type d’identification.

    Notre résumons d’abord les considérations méthodologiques dans l’élaboration de la parade vocale. Plusieurs aspects de méthode ont fait l’objet de standardisation. Nous revoyons certains protocoles avec pour objectif d’élaborer une procédure applicable à des appels. Puis nous présentons les facteurs intrinsèques et extrinsèques à considérer dans une parade vocale. Pour les facteurs intrinsèques, on considère la qualité des enregistrements, la similitude acoustique des voix présentées, la similitude dans le dialecte et la longueur des énoncés présentés. Pour les facteurs extrinsèques, on considère le niveau de familiarité de la voix. Ce dernier facteur peu considéré dans la littérature et constitue l’objet premier de notre études. Notre recherche vise à définir le niveau de familiarité nécessaire à une identification vocale fiable en tenant compte de différentes variables extrinsèques. Nous présenterons l’essentiel de notre protocole et nos résultats.

  • Une nouvelle analyse du raisonnement juridique
    Isabo Deschamps (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Au fil des années, les juges, les juristes et les avocats ont développé une logique qui leur est spécifique. Nous appellerons cette logique : la logique du droit. Or, qu’est-ce que la logique du droit ? Cette conférence répondra à cette question et elle démontrera que la logique du droit est un système qui comprend l’ensemble des règles de cohérence utilisées par les juges, les juristes et les avocats. Ce système – lorsqu’il sera explicité à la « manière » des logiciens – permettra d’affirmer, dans un premier temps, qu’un raisonnement juridique est valide ou non valide et il permettra d’affirmer, dans un deuxième temps, qu’une argumentation juridique est valide ou non valide. Or, comment expliciter ce système ? Tout simplement par une analyse logique des raisonnements juridiques. C’est cette analyse logique qui fera ressortir les règles de cohérence utilisées par les juges, les juristes et les avocats, car elle fera ressortir les lois et les contradictions logiques utilisées par ceux-ci.

    Notre objectif pour cette conférence sera de démontrer qu’il est possible de dégager de la pratique des juges, des juristes et des avocats, une logique spécifiquement juridique. La première partie résumera et critiquera le travail de ceux qui nous ont précédé en logique juridique (1). La deuxième partie analysera plusieurs raisonnements juridiques (2). La troisième partie proposera une nouvelle façon de concevoir la logique des juges, des juristes et des avocats (3).

  • Pouls universitaire : les attentes quant au rôle des décideurs dans la dissémination des dernières rectifications orthographiques du français
    Linda De Serres (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

    Une langue peut susciter aussi violemment passions que frustrations. Au fil des siècles, changeante, elle engendre l’appréhension. Pourtant « [l]’évolution de l’orthographe n’est […] pas nouvelle – au contraire : c’est une caractéristique des langues vivantes. » (Renouvo, 2011, 2). Souscrire à une évolution commande souplesse et adaptabilité. La réforme de 1990 est encensée ou décriée : « [s]es propositions […] tiennent plus d’une bonne action, modeste, que d’une réforme en règle. » (Desrochers et al., 2008, 17).

    Nous avons provoqué une réflexion sur le rôle que devraient jouer les décideurs dans sa diffusion ou son étouffement en sollicitant la collaboration de plus de 450 étudiants inscrits au 1er cycle à l’UQTR et de membres du corps professoral. Notre échantillon ne se limite pas à des personnes spécialisées dans l’enseignement du français à différents ordres d’enseignement (Simard, 1994), mais à une gente en milieu universitaire francophone appelée à recourir au français écrit pour mener à bien ses tâches quotidiennes.

    À partir d’items ciblés à juger selon une échelle graduée, suivis d’une question ouverte, chacun a exprimé ses expectatives sur le sujet. Après avoir discuté les résultats obtenus à partir des données quantitatives et présenté les données qualitatives compilées à l’issue de la question ouverte, nous esquisserons des recommandations à destination d’instances qui ont en charge la gestion de la qualité de la langue française écrite en milieu universitaire.

  • Quand la traductrice s’installe dans la traduction : Erin Mouré « transelates » Fernando Pessoa
    Julie Côté (Université McGill)

    La neutralité et l’invisibilité du traducteur sont deux idéaux souvent véhiculés en traduction littéraire. Pourtant, un traducteur est nécessairement subjectif; ses choix de traductions reflètent sa position traductive (Berman). Assumant cette situation, certains traducteurs choisissent de s’approprier le texte qu’ils traduisent et d’y exposer leur subjectivité.

    C’est le cas de l’écrivaine et traductrice Erin Mouré qui, dans sa traduction vers l’anglais de l’auteur portugais Fernando Pessoa/Alberto Caeiro, Sheep’s Vigil by a Fervent Person (2001), a opté pour ce qu’elle appelle une transelation, où elle incarne (embodies) la traduction en faisant le texte sien. Car selon Mouré, une traduction ne dépend pas seulement de l’original, mais surtout de la culture du traducteur ainsi que de ses préférences de lecture; la traduction devient une performance mettant en scène la traductrice et son environnement. Voilà qui explique que le texte de Pessoa revu par Mouré migre du Portugal vers Toronto, comporte quelques mots de français tout en conservant certains mots en portugais.

    En s’appropriant le texte de Pessoa, Mouré va au-delà de la traduction et adopte le statut d’auteure. Toutefois, dans sa transelation, elle garde Pessoa au cœur de sa démarche. Son incursion dans le texte de Pessoa, à la fois audacieuse et respectueuse, confère à la traductrice une certaine visibilité et conteste l’idée d’une traduction neutre et objective.

  • Le langage humain est-il une adaptation biologique ? Un regard critique sur une explication adaptationniste
    Louis-Philippe Demars (UdeM - Université de Montréal)

    Steven Pinker et Paul Bloom (1990), deux représentants de la psychologie évolutionniste, soutiennent que le langage humain est une adaptation biologique ayant pour fonction la communication. Selon eux, deux critères nous autorisent à invoquer la sélection naturelle pour expliquer l’évolution d’un trait : 1) la présence d’un design complexe permettant l’accomplissement d’une certaine fonction, et 2) l’absence d’autres processus évolutifs permettant d’expliquer la complexité en question. Pinker et Bloom avancent des arguments pour démontrer que le cas du langage répond à ces deux critères et répondent aux objections de ceux qui voient une incompatibilité entre l’évolution du langage par sélection naturelle et certains principes de la théorie évolutionniste. En nous inspirant de la philosophie des sciences, nous ferons ici ressortir quelques présupposés problématiques de la position de Pinker et Bloom. Nous nous appuierons principalement sur la critique de la psychologie évolutionniste faite par Robert C. Richardson (2007). Nous examinerons le cadre théorique et méthodologique adopté par Pinker et Bloom, en nous interrogeant tout particulièrement sur ce qui constitue une bonne explication offerte en termes d’adaptation biologique.

  • Les éléments culturels et la religiosité amérindienne dans les traductions anglaises de Des Sauvages de Samuel de Champlain
    Alexandra Hillinger (Université Concordia)

    Dans le texte original de Champlain, les éléments culturels et la religiosité amérindienne contribuent à produire une certaine représentation du « Sauvage », et celle-ci se transforme au fil des versions anglaises.

    Premièrement, il existe deux catégories d’éléments culturels. La première inclut les noms de lieux et les personnages historiques, alors que la deuxième inclut les pratiques, les habitudes, et les comportements marqués par les conditions et les traditions d’un endroit (Gambier, 2008, p. 179). Ces catégories comprennent donc le vocabulaire propre à l’environnement et au mode de vie des « Sauvages ». La représentation de l’Amérindien devient donc faussée lorsque ces éléments ne sont pas rendus adéquatement dans les traductions.

    Deuxièmement, la religiosité amérindienne est un autre point qui influence la représentation de l’Autochtone. Lorsque Champlain décrit les pratiques spirituelles des Amérindiens, il utilise un vocabulaire religieux qui lui est familier et donc marqué par le christianisme. Nous cherchons à déterminer si les traducteurs produisent une traduction adéquate ou s’ils décrivent les Autochtones différemment de Champlain, et si oui, quel type de représentation ils produisent.

  • La grammaire du cri de Joseph Howse ou comment analyser une langue polysynthétique au 19e siècle
    Fanny York (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Nous proposons une analyse de la grammaire du nīhithawīwin (cri du bois) de Joseph Howse (1844), considérée comme la première grammaire du cri (Wolfart 1985). Une esquisse biographique et une présentation de la philologie indianiste au XIXème siècle permettront d’abord de situer l’ouvrage dans son contexte, avant de présenter la structure de la grammaire et le système orthographique utilisé. Nous nous concentrerons ensuite sur le traitement des données morphosyntaxiques et notamment de la morphologie verbale, avec une attention particulière sur la façon dont l'auteur analyse les caractéristiques typologiques propres au cri tel que le polysynthétisme. Nous montrerons que malgré l’influence du modèle latin, le travail de distanciation de l'auteur par rapport aux catégories grammaticales traditionnelles est remarquable pour un premier travail de description. Enfin, nous essayerons de mettre en relief la pensée philosophique et linguistique de Howse et verrons que son œuvre se situe à mi-chemin entre une conception utilitaire de l’étude philologique, incarnée par la linguistique missionnaire, et une approche scientifique de description linguistique influencée par le comparativisme.

    Références

    Howse, J. (1844). A grammar of the Cree Language; with which is combined an analysis of the chippeway dialect. London, J. G. F. & J. Rivington.

    Wolfart, H. C. (1985). Joseph Howse. Dictionary of Canadian Biography. F. G. Halpenny. University of Toronto Press. 8: 411-414.

  • Le statut du langage dans le Zhuangzi : les bornes de l’humain
    Marion Avargues (UdeM - Université de Montréal)

    Notre étude a pour objet le traitement du langage dans le Zhuangzi – une œuvre taoïste et chinoise datant du IVe siècle avant notre ère. Il s’agira d’expliciter en quoi, dans cette œuvre, le langage est remis en cause au nom d’une visée mystique, à savoir l’anéantissement du « je » dans son harmonisation avec la totalité des choses.

    Tout d’abord, nous verrons que dans le cadre de cet horizon mystique, le langage constitue une limitation purement humaine. Nous nous concentrerons alors sur la nécessité de transformer sa fonction de catégorisation des choses en fonction purement poétique de saisie des choses dans leur globalité, soit sur la substitution de l’imaginaire ouvert sur tous les possibles à la distinction multiple. Enfin, parce que la mystique s’expérimente dans la non pensée absolue, nous nous focaliserons sur l’en deçà du langage qui conditionne le renouement avec le premier principe du monde. Nous tâcherons d’expliciter ce retour à la mère originelle en nous référant aux notions d'état embryonnaire et de « cosmogenèse » (cf. Jean Lévi).

    Cette étude apporte deux contributions majeures : elle permet d’abord, par la mise en lumière d’une pensée chinoise des plus ingénieuses, de lutter contre la mainmise de l'Occident sur la sphère philosophique. Elle favorise également la valorisation d’un thème trop souvent négligé dans les travaux actuels, à savoir la mystique, qui pose des questions fondamentales sur l’origine et les premiers principes du monde.