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Informations générales

Événement : 80e Congrès de l’Acfas

Type : Colloque

Section : Section 600 - Colloques multisectoriels

Description :

L’objectif de ce colloque est d’explorer la construction de stratégies d'adaptation innovatrices de l'agriculture face aux changements et à la variabilité climatiques et leur diffusion au sein des communautés agricoles. C'est un sujet innovateur et sommairement abordé dans les autres recherches sur la problématique des changements climatiques et l’agriculture.

Ce colloque sera centré sur le thème de « L’adaptation de l’agriculture aux changements et à la variabilité climatiques ». Il sera question de souligner l’importance des stratégies innovantes en matière d’adaptation (innovation par rapport aux pratiques existantes dans une communauté ou sur un territoire donné …). Les innovations ne sont pas uniquement technologiques, elles peuvent être aussi « soft » contrairement à certaines pensées. De plus, ce colloque va permettra aux participants d’explorer la question de la diffusion des innovations, qui tiendra compte de la dynamique des acteurs au sein de leur communauté ou territoire et dans l’environnement externe aux agriculteurs, les profils des agriculteurs innovateurs, leurs réseaux de relations sociales et comment s’en servir pour faciliter l’adoption des stratégies d’adaptation innovatrices. Les présentations seront basées sur des expériences au Québec, en Ontario, dans l’ouest canadien, en France, en Haïti, et dans quelques pays de l’Afrique.

Date :
Responsables :

Programme

Communications orales

A : L'accent sur l'adaptation des agriculteurs et des communautés rurales : Canada

  • Mot de bienvenue
    Christopher Bryant (UdeM - Université de Montréal)

    L'objectif de ce colloque est d'explorer la construction de stratégies d'adaptation innovatrices de l'agriculture face aux changements climatiques et leur diffusion au sein des communautés agricoles. Ce sujet rentre dans une problématique émergente qui n'a été abordée que sommairement dans le domaine des changements climatiques et de l'agriculture. On souligne l'importance des stratégies d'adaptation comme innovations. Les innovations ne sont pas uniquement que technologiques, elles peuvent être aussi «soft» contrairement à certaines pensées. De plus, ce colloque discute des questions de la diffusion des innovations. Enfin, le colloque se penche aussi sur la co-construction des actions et interventions collectives afin de rehausser la capacité d'adaptation de l'agriculture face aux changements et à la variabilité climatiques. Les communications sont basées sur des recherches au Québec, Ontario, l'Ouest canadien, la France, la Chine et de quelques pays de l'Afrique.

  • Le rôle des réseaux sociaux informels dans la diffusion des pratiques innovantes d'adaptation aux changements et à la variabilité climatiques au Québec
    Christopher BRYANT (UdeM - Université de Montréal), Oumarou Daouda (UdeM - Université de Montréal)

    La prise de décision en rapport avec l'adoption d'une innovation est un processus social, car le décideur fait souvent appel à la participation des autres membres de la société, ou bien il agit dans le cadre d'un groupe familial. Il faut bien comprendre alors les normes ou les types de comportements établis pour les membres du système social. Le leadership d'opinion est le degré auquel une personne peut influencer de façon informelle l'attitude d'autres personnes dans un sens souhaité. L'agent de changement est l'individu qui essaye d'influencer dans une direction qu'il souhaite la décision d'innovation des autres. Au Québec, les club-conseils et les fournisseurs (vendeurs de semences, d'intrant équipement acheteurs, …) sont parmi les acteurs majeurs de la filière agricole. Au-delà des services d'appui-conseil et de suivi qu'elles offrent aux agriculteurs, ces organismes sont devenus des plaques tournantes autour desquelles s'organise tout un système informel de diffusion de pratiques innovantes d'adaptation de l'agriculture face aux aléas climatiques. Ces relations informelles, souvent basées uniquement sur une relation de confiance, se révèlent parfois plus déterminant que les systèmes formels de diffusion. Nous montrerons comment les relations informelles constituent un des éléments pouvant influencer la prise de décision de l'agriculteur en termes d'adoption et de diffusion de pratiques innovantes d'adaptation au changement et à la variabilité climatique.

  • L'adaptation et la vulnérabilité de l'agriculture et les communautés agricoles aux changements climatiques : la co-construction des actions et politiques locales et régionales
    Mike BRKLACICH (Université Carleton), Maureen Woodrow (Université Carleton)

    L'agriculture opère sous l'influence du climat directement et est également une activité économique primordiale qui contribue au bien-être de la société à tous les niveaux. Canada doit faire face à ses propres défis, y compris les changements climatiques et des coûts d'énergie incertains (probablement une augmentation), l'intrusion continue du Canada urbain dans les régions rurales, et le fait que nos paysages – surtout dans les régions urbaines – sont de plus en plus multifonctionnels, et qui sont appelés de plus en plus à fournir une gamme de services environnementaux. Ce projet entrepris conjointement avec l'Université Carleton, l'Université de Montréal et l'Université McGill examine les adaptations aux changements climatiques dans les régions agricoles près de la métropole de Montréal (Montérégie) et Ottawa (Dundas County). Les deux régions contiennent des ressources agricoles importantes et contribue de façon significative à l'économie agricole du Canada. Cette communication présente les résultats de la recherche dans le Comté de Dundas où la communauté agricole doit réfléchir sur les stratégies adaptatives entreprises au cours des dernières 20 à 30 années et comment ces stratégies les prépare pour l'avenir.

  • Changements climatiques et productivité du maïs-grain en Montérégie-Ouest, Québec : de l'anticipation des impacts à l'identification de quelques pistes d'adaptation
    Christopher BRYANT (UdeM - Université de Montréal), Kénel Delusca (UdeM - Université de Montréal)

    L'environnement décisionnel des producteurs agricoles québécois est très complexe. Les producteurs doivent composer non seulement avec un ensemble de facteurs socio-économiques à différentes échelles spatio-temporelles, mais également avec des éléments biophysiques déterminant, dans une large mesure, le niveau de productivité des plantes. Parmi ceux-ci, les conditions climatiques représentent des éléments fondamentaux pour le développement, la croissance et le rendement des cultures. Cette communication vise un double objectif. Le premier consiste à présenter les impacts potentiels des changements climatiques sur le rendement du maïs-grain dans deux municipalités de la Montérégie-Ouest. Le second, à la lumière des analyses effectuées sur certains stades phénologiques du maïs-grain, porte sur les stratégies d'adaptation à privilégier en vue de diminuer les impacts de cette nouvelle source de pression sur les rendements agricoles ou d'en tirer profit. La méthodologie était basée sur une démarche combinant cinq scénarios issus du modèle régional climatique canadien pour l'horizon 2010-2039 et l'utilisation du modèle de culture CERES intégré dans DSSAT a été adoptée. Les résultats de cette recherche indiquent clairement la nécessité de s'adapter aux nouvelles conditions de production, notamment climatiques si l'on veut éviter une baisse de rendement de cette culture de grande importance pour les systèmes de production agricole de la Montérégie-Ouest.

  • Pause
  • Défis pour un accompagnement approprié des entreprises agricoles novatrices et la relève non familiale face aux stress de leur environnement
    Pascal Cyr (Université Laval), Raymond LEVALLOIS (Université Laval), J.-P. PERRIER (Université Laval)

    La population agricole québécoise est en décroissance depuis plusieurs années dus aux modèles agricoles dominants, au contexte économique actuel, aux attentes sociétales de plus en plus exigeantes sont quelques unes des causes de cette décroissance. Le transfert d'entreprise et le démarrage sont les deux modes d'établissement existants. Aujourd'hui d'autres alternatives doivent être développées: les démarrages agricoles et la relève agricole non-familiale. Pour cela, une vingtaine d'études de cas réalisées auprès de la relève non-familiale ayant démarré un modèle novateur d'entreprise révèlent un rejet du scepticisme du monde agricole québécois et un manque de soutien technique. En effet, ce type de relève crée des entreprises novatrices basées sur la combinaison des activités menées par leur entreprise ou par leur choix de production. Les stratégies menées visent à minimiser les besoins en investissement et la recherche de valeur ajoutée. Ces éléments expliquent que certains intervenants démontrent peu d'intérêt dû à un changement de paradigme. Les tendances ressorties montrent qu'une relève, bien encadrée, atteint plus rapidement la viabilité de son entreprise donc une source d'innovation agroalimentaire pour le secteur. En conséquence, les intervenants agricoles doivent montrer plus d'ouverture et offrir un meilleur encadrement. Les programmes de développement sont des outils facilitant ce processus d'innovation.

  • Les impacts des changements climatiques sur les productions maraîchères : l'adaptation, un problème noyé dans un milieu en plein bouleversement
    Nicolas Milot (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Les producteurs maraîchers s'alimentent en eau potable dans les cours d'eau de surface depuis des décennies dans le sud du Québec. Les pronostics liés aux modifications des régimes hydrologiques laissent entrevoir une diminution des quantités d'eau disponible. La nécessité d'envisager des mesures d'adaptation dans ce secteur est toutefois reléguée au second plan par plusieurs modifications de l'environnement économique qui le caractérisent. De même, la possibilité de puiser de l'eau souterraine contribue à minimiser la portée de ce problème. Nous verrons comment à long terme l'action actuelle des producteurs représente un exemple de mal-adaptation, transférant notamment à d'autres secteurs une part importante de vulnérabilité.

  • Défis de la gestion intégrée et de l'adaptation dans le contexte du changement climatique
    Omer Chouinard (Université de Moncton)

    La gestion intégrée pose d'énormes défis (Chouinard et al., 2011). Le Littoral canadien du sud du Golfe du Saint-Laurent ne fait pas exception (Plante et al., 2011). Nous faisons état des défis de la gestion intégrée mais aussi de l'adaptation au changement climatique dans cinq études de cas. Au Nouveau-Brunswick (N-B) un des défis est l'absence de municipalisation pour 35% de la population (en partie sur le littoral côtier). Un autre défi est celui de la taille des municipalités: le rapport Finn (2008) montrait que le N-B comptait 260 districts de services locaux (DSL), plus de cent municipalités et trois communautés rurales. Ainsi, la possibilité d'aménagement du territoire par les municipalités devient extrêmement difficile étant donné la taille des municipalités et l'insuffisance des ressources. Qui plus est, l'aménagement du territoire est exacerbé avec l'élévation du niveau marin. Dans cette communication, sera présentée la démarche de recherche action participative menée dans DSL et deux municipalités du littoral canadien. Les résultats démontrent que la prise de conscience de la possibilité d'agir est souvent freinée par les difficultés d'accompagnement ou d'expertise. Toutefois, l'accompagnement des universitaires, sollicité par les communautés locales, s'est transformé en gouvernance locale (Chouinard et al., 2008) étant donné le rôle que ceux-ci ont dû jouer dans la coordination des diverses agences à différentes échelles en vue de la prise de décision.


Communications orales

B : Accent sur l'adaptation dans d'autres pays

  • Innovation dans l'élaboration d'un modèle de prévision des rendements de l'arachide au Sénégal en lien avec l'occurrence, la durée et l'intensité des événements de pluie
    Christopher BRYANT (UdeM - Université de Montréal), Philippe GACHON (EC - Environnement Canada), Ousmane SEIDOU (Université d’Ottawa), Adama Sarr (UdeM - Université de Montréal)

    L'Afrique reste le continent le plus vulnérable aux changements climatiques en raison de nombreux facteurs de vulnérabilité socio-économiques et environnementaux et de sa faible capacité d'adaptation. La réduction de la vulnérabilité face aux changements climatiques constitue un enjeu de société majeur pour le sahel compte tenu de l'étroite relation entre le climat, les activités agricoles (et élevage) et le bien être des populations (santé, sécurité alimentaire, alimentation en eau potable). Dans ce contexte, notre étude vise à élaborer un modèle de prévision des rendements agricoles arachidiers au niveau national afin de tenir compte de la variabilité et des changements en cours et à venir dans le régime de précipitation. Pour cela, un modèle statistique a été développé pour prédire les valeurs annuelles de rendement de l'arachide au Sénégal en utilisant des indices de précipitation sélectionnés qui tiennent compte de l'occurrence et de la durée des séquences humides et sèches, de l'intensité moyenne de pluie par jours humides et des précipitations les plus intenses ou extrêmes. Cette étude montre que la relation entre le rendement et les variables explicatives de précipitation (observées) fournit une bonne prévision (ou reconstitution) du rendement de l'arachide à l'échelle nationale. Des résultats préliminaires sont concluants sur l'applicabilité d'un tel outil d'aide à la décision en matière de politiques agricoles.

  • Du Burkina Faso à la Chine, les points communs pour une agriculture durable à l'heure des changements climatiques
    Liette Vasseur (Brock University), M. YOU (Fujian Agricultural and Forestry University)

    Malgré la distance qui les sépare, le Burkina Faso et la Chine se trouvent confrontés aux aléas des changements climatiques. Dans le cas du Burkina Faso, la variabilité pluviométrique cause des problèmes de croissance des cultures. En Chine, l'augmentation des températures provoque la réduction de la productivité de certaines cultures ou leur qualité. Dans les deux cas, les systèmes agricoles ont commencé à s'adapter à ces changements. De ces pays des leçons sur leurs points communs sont à tirer: l'introduction des cultures intercalaires (riz, tabac et thé, selon le pays). Ces cultures aident à réduire les risques d'érosion et les taux d'évapotranspiration. Mais est-ce que ces cultures peuvent avoir d'autres effets bénéfiques? Les recherches en Chine suggèrent que ces cultures auraient un avantage de contrôle des insectes pestes et de leurs prédateurs. Cependant, les variations saisonnières pourraient aussi influencer les interactions des pestes et leurs ennemis. Cette présentation ciblera surtout les résultats de la Chine et commentera sur les leçons apprises qui pourraient être aussi transférées pour le cas du Burkina Faso. En premier, un résumé des observations et des recherches présentement effectuées seront présentées. Ensuite, nous explorerons les manques de connaissances et les défis à relever pour l'accessibilité des adaptations. Finalement, nous discuterons des nouveaux projets commencés sur les plantations de thé.

  • Les stratégies d'adaptation dans la vallée du fleuve Sénégal : une perspective sociale des changements climatiques
    Gabrielle Tremblay (UdeM - Université de Montréal)

    Au Sénégal, la grande sécheresse des années 1970 marque le moment charnière à partir duquel les modifications environnementales sont identifiées comme des conséquences directes des changements climatiques. La dégradation et la précarisation de l'accès aux ressources naturelles, conséquences d'ordre écologique et politique, posent d'importants défis socio-environnementaux. Dans la région sahélo-soudanienne de Bakel les communautés rurales sont dorénavant quotidiennement confrontées à un accès déficient aux ressources hydriques, ainsi qu'à un environnement fortement dégradé par la transhumance non-planifiée, la déforestation et les feux de brousse. Face à l'adversité, les populations démontrent cependant une capacité d'adaptation aux transformations environnementales et au stress hydrique. Ils mettent à profit leurs savoirs endogènes et élaborent des stratégies d'adaptation, afin d'atténuer les risques d'insécurité et leur vulnérabilité. Concrètement, ces stratégies prennent forme au sein de différents procédés de diversifications, d'innovations et de restaurations. Ces pratiques sont notamment appuyées par l'ONG Lead Afrique Francophone, qui intervient auprès des acteurs locaux par le transfert de connaissances et le renforcement des capacités. Les concepts de vulnérabilité, de gouvernance et de développement local, d'adaptation, de renforcement de capacités et de transfert de connaissances seront appliqués au contexte socio-environnemental du département de Bakel.

  • Pause
  • Le renforcement des capacités d'adaptation en milieu sahélien : la difficile rencontre de la science et de la tradition
    Laurent Lepage (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Le Sahel est particulièrement exposé aux impacts négatifs des bouleversements du climat. La vulnérabilité de cette région tient à plusieurs facteurs dont une pauvreté généralisée, des cadres institutionnels très faibles, l'enchaînement des sécheresses, voire des écosystèmes de plus en plus fragilisés. Notre présentation portera sur les défis que représente la mise en place de stratégies d'adaptation en Afrique subsaharienne. En puisant dans une expérience canadienne d'appui à l'adaptation au Mali, au Burkina Faso et au Niger, nous poserons le problème de la rencontre de la science et de la tradition dans les domaines de l'agriculture et de la gestion de l'eau. Étude de cas à l'appui, nous conclurons sur la nécessité d'une approche transdisciplinarité dans les projets de renforcement des capacités d'adaptation.

  • Quelle contribution de la recherche agronomique à l'innovation? L'expérience du département SAD de l'INRA en France
    Jean-Marc MEYNARD (INRA - Institut national de la recherche agronomique), Christophe Soulard (INRA - Institut national de la recherche agronomique)

    Face aux défis des changements globaux, l'innovation est une des stratégies d'adaptation de l'agriculture. Pourtant, si des solutions techniques existent et si le développement durable est présent dans les politiques publiques, la mise en place d'alternatives agricoles durables peine à s'imposer. Ce contexte interpelle la contribution de la recherche agronomique à l'innovation. Notre communication s'appuie sur l'expérience des auteurs pour discuter des modes de recherche à promouvoir aujourd'hui. J-M. Meynard, s'appuyant sur ses travaux d'agronome sur le développement d'alternatives techniques aux pesticides en grande culture intensive, a mis au point de nouvelles démarches intégratrices de conception de systèmes agricoles économes en intrants. CT. Soulard, expérimenté dans le développement des territoires agricoles, a travaillé sur la conception de « dispositifs apprenants » destinés à détecter des pratiques innovantes et à les mettre en dialogue avec des acteurs du territoire, un passage au changement créant une interface entre acteurs locaux et acteurs institutionnels. Ces expériences innovantes et leurs limites conduisent à s'interroger sur le renforcement de la recherche qui contribue à l'innovation, depuis la conception d'idées nouvelles au sein de « laboratoires de plein air » où chercheurs et acteurs co-construisent des solutions au sein de « communautés de pratiques », jusqu'à leur appropriation par des acteurs.

  • Plénière
  • Synthèse