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Informations générales

Événement : 80e Congrès de l’Acfas

Type : Colloque

Section : Section 400 - Sciences sociales

Description :

L’innovation renvoie à l'idée de concevoir et de réaliser quelque chose de nouveau : une nouvelle organisation du travail, perspective d'intervention, structure ou technologie, etc. Trois enjeux entourant les dynamiques d'innovation dans le secteur public sont abordés ici :
1) La transformation des pratiques professionnelles et organisationnelles. Étant donné les difficultés de diffusion des innovations dans le secteur public, il devient essentiel de mieux comprendre les conditions qui permettent une transformation des pratiques : comment les acteurs font face aux pressions et se les s’approprient en faveur d’une transformation de leurs pratiques? Comment, en retour, les nouvelles pratiques qu’ils développent influencent les structures organisationnelles et institutionnelles?
2) Le rôle des acteurs. Plusieurs études montrent que l’innovation devient possible lorsque des leaders jouent un rôle actif dans le processus. Ceci étant dit, étant donné la complexité des organisations publiques, marquées par un très fort pluralisme, il s’avère que seules des formes plus collectives et distribuées de leadership sont en mesure de produire des innovations. Dans un contexte de changement où le pluralisme est amplifié, comment l’exercice du leadership peut-il produire l’innovation, sachant que la cohérence des actions et des projets de changement est difficile à maintenir au fil du temps? Comment peut-il contribuer à la création de nouveaux savoirs dans et par l’action?
3) Les enjeux de gouvernance. L’innovation passe souvent par un renouvellement des modes de gouvernance, en particulier des modalités de gestion de la performance. En fait, la mise en place de nouveaux instruments constitue en soi une innovation pour les systèmes publics et vise à stimuler l'innovation. L’analyse de la dynamique induite par ces nouveaux instruments est critique pour une meilleure compréhension de leurs effets, entre autres, au niveau de la création des espaces d'innovation.

Date :
Responsables :

Programme

Communications orales

Analyse des pratiques

  • L'innovation dans le secteur public : quelles sont les évidences scientifiques?
    Nassera Touati (ÉNAP - École nationale d'administration publique)

    En guise d'introduction au colloque, cette présentation se propose de faire une analyse de la littérature scientifique portant sur l'innovation dans le secteur public, en vue de répondre aux questions suivantes : quelles formes d'innovation trouve-t-on dans le secteur public ? Quels sont les facteurs facilitant ou entravant l'innovation ? Comment peut-on comprendre les processus d'innovation ?

    En prenant acte des travaux s'inscrivant dans différents courants de recherche (exemple : analyse processuelle versus analyse de variance), cette analyse, sans prétendre à l'exhaustivité, vise d'une part à questionner les discours normatifs sur l'innovation et d'autre part à mettre en évidence les lacunes au niveau des connaissances actuelles.

  • Diversité des acteurs et innovation : quelle co-construction?
    Corinne Grenier (Euromed Management)

    Au cœur d'une large littérature dans le champ de l'organisation, l'innovation est notamment questionnée au regard de la diversité des acteurs, envisagée comme favorisant l'innovation. Mais la relation entre diversité et innovation peut ne pas être vertueuse (confrontation des schémas cognitifs, de pratiques, etc.). On recense une littérature abondante sur la gestion de cette relation ambivalente, voire paradoxale, mais reposant sur une diversité entendue comme une « donnée » définie à travers des attributs dits observables ou non observables, indépendamment, de l'action innovante.Au contraire, nous considérons combien l'acteur est multiple, notamment parce porteur de multiples logiques institutionnelles ; dès lors la diversité est interprétée, voire construite. Nous entendons la diversité comme une posture stratégique de l'organisation (à savoir de faire ou de ne pas faire au regard de la diversité des organisations, et d'agir au regard de certaines formes de diversité). L'organisation ne gère donc pas uniquement la diversité pour piloter l'innovation. Mais elle construit la diversité au regard de visées innovantes qu'elle entend poursuivre.

    Nous proposerons d'interroger la coconstruction entre innovation et diversité des acteurs dans le champ du médico-social, dans deux situations particulières : la création d'un réseau de santé, la mise en place d'une nouvelle organisation instituée par une réforme législative.

  • Analyse de la transformation des pratiques dans le cadre de l'implantation des technologies de l'information : gérer la résistance à l'implantation des TI
    Liette Lapointe (Université McGill)

    Malgré des investissements importants en technologies de l'information (TI), les projets d'implantation sont truffés de difficultés. En particulier, la résistance des utilisateurs a depuis longtemps été reconnue comme un problème crucial. La résistance aux TI peut être fonctionnelle quand elle signale l'existence de problèmes avec les technologies ou avec ses effets. Elle est dysfonctionnelle lorsqu'elle cause des perturbations contre-productives. Peu importe son caractère, les implémenteurs –dirigeants d'entreprises, gestionnaires ou professionnels de l'informatique– doivent y répondre. Bien que la littérature reconnaisse l'importance de la résistance aux TI, on connait peu de choses sur la façon dont elle est gérée. Sur la base de 89 cas d'implantations de TI, nous proposons une taxonomie qui comporte quatre catégories de réponses à la résistance et en expliquons les effets

  • Pause
  • L'innovation dans le secteur public au Canada : qui, quand, comment et pourquoi?
    Luc Bernier (Université d’Ottawa), Carl DESCHAMPS (ÉNAP - École nationale d'administration publique), Taieb HAFSI (HEC Montréal)

    Les organisations publiques, prises dans un environnement plus turbulent que par le passé et confrontées à une idéologie dominante qui leur est hostile, ont appris à innover. Les prix comme celui de l'Institut d'administration publique du Canada ont souligné la capacité de certaines d'entre elles à proposer de nouveaux services, de nouveaux processus et dans certains cas à se réinventer. En utilisant une banque de données développée qui contient les 1934 applications au prix depuis 1990, nous cherchons à dégager les cycles d'innovation des gouvernements fédéral et provinciaux , l'évolution des divers types d'innovations, etc. Cette base de données nous permet également de voir qui remporte le prix, les divers écarts entre les applications et les lauréats. Dans une approche inductive, nous avons aussi découvert un certain nombre de relations significatives permettant d'expliquer le phénomène. Cette recherche est importante pour les organisations publiques qui doivent aujourd'hui chercher à faire plus avec moins.

  • L'innovation dans les municipalités
    Daniel Lebeau (CST - Conseil de la science et de la technologie du Québec), Brigitte VAN COILLIE-TREMBLAY

    Constatant que l'innovation municipale faisait l'objet d'une littérature plutôt lacunaire alors que l'innovation constitue un levier majeur, le Conseil de la science et de la technologie a produit en 2004 un avis, L'innovation dans les municipalités, perception des acteurs et défis, où il constatait que l'innovation y était surtout le fait des plus grandes municipalités et de l'implication des élus et de la direction. Prenant l'Avis en compte, l'Union des municipalités du Québec, a mis en place le Mérite Ovation municipale, qui offre aux municipalités membres de l'UMQ de présenter leurs projets dans huit catégories allant des transports à l'approche citoyenne. Comme les finalistes présentent leur projet pendant le congrès annuel, l'effet d'émulation n'a pas tardé à se manifester et de nombreux projets exemplaires ont été ainsi portés à la connaissance de la communauté municipale.

  • La pratique du leadership dans les organisations pluralistes : comparaison de deux organisations du secteur de la santé québécois
    Ann Langley (HEC Montréal), Viviane Sergi (École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM)

    Les organisations de la santé québécoises sont actuellement soumises à d'importantes pressions pour réaliser des changements organisationnels significatifs. Dans ce contexte, qu'en est-il de la pratique du leadership? Si des formes plurales de leadership ont pu être recommandées pour faire face, voire tirer parti, des particularités propres aux organisations pluralistes, le partage de la direction n'est pas sans poser des défis concrets, surtout dans un secteur public soumis à diverses contraintes. Dans un premier temps, notre communication présentera certaines de ces modalités de partage du leadership. À partir d'une étude qualitative et longitudinale de deux organisations du secteur de la santé québécois, nous analyserons les défis que comporte l'exercice du leadership dans ce contexte. Nous illustrerons comment les équipes de direction de chacune de ces organisations partagent le leadership. Nous conclurons sur les effets associés à ce partage du leadership, en particulier en matière de pilotage du changement.

  • L'entrepreneuriat dans le secteur public : vers une théorie
    Taïeb Hafsi (HEC Montréal)

    Les États ont évolué et il en va de même de la nature de l'entreprenariat du secteur public. Dans ce texte, les patterns de co-évolution de l'État et de l'entreprenariat du secteur public sont décrits en utilisant les résultats de recherche rapportés dans la documentation ainsi que ceux de nos recherches propres. Lorsqu'il y a un besoin urgent d'innovation administrative, l'État relâche les contrôles bureaucratiques traditionnels et crée les conditions nécessaires à la promotion d'un comportement innovateur adéquat (fit) face à un tel besoin. Lorsque le besoin est satisfait, la bureaucratie prend à nouveau les devants. Depuis la deuxième Guerre mondiale, trois patterns ont été identifiés : (1) des grands entrepreneurs qui élaborent de nouvelles activités ou de nouvelles organisations; (2) des entrepreneurs systémiques en quête d'améliorations quant à la gestion de la bureaucratie; et (3) des entrepreneurs législatifs souhaitant repenser et refaire le système étatique. Ces patterns constituent les fondements d'une théorie de la contingence de l'entreprenariat du secteur public; c'est ce que nous nous proposons de démontrer dans cet article puis en guise de conclusion, nous suggérons quelques implications de cette théorie.

  • Dîner

Communications orales

Enjeux de gouvernance

  • La communauté stratégique : une approche innovante pour accroître la capacité des organisations à travailler en réseau
    Madeleine Audet (UdeS - Université de Sherbrooke)

    Confrontés à la nécessité de trouver des solutions novatrices pour maintenir et améliorer leurs services dans un contexte de pénurie de ressource, le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) et des CSSS de la région de l'Estrie utilisent depuis 2007 l'approche de la communauté stratégique(CS) comme levier de changement pour accroître leur niveau de collaboration interorganisationnelle.

    La CS est une structure temporaire qui prend la forme d'un groupe d'intervention, composée de professionnels, de cadres de premier niveau, d'omnipraticiens, de médecins spécialistes, de représentants d'organismes communautaires, etc., dont le mandat consiste à générer, à mettre en pratique et à évaluer des idées nouvelles concernant l'organisation du travail interétablissements (Roy, Audet, Gosselin, Lortie, Fortier, 2011).

    L'expérience la plus récente, qui visait à améliorer le continuum de soins en santé mentale, a permis d'accroitre de façon notable le niveau de confiance et la qualité de la collaboration entre les partenaires. Cette approche s'est avérée particulièrement pertinente pour agir sur des situations qui semblaient à priori sans issue.

  • Analyse critique d'un outil d'évaluation de la performance comme innovation managériale dans le secteur de la santé
    Marc Lemire (UdeM - Université de Montréal)

    Une étude de cas multiple sur la gestion de la performance a été réalisée dans six organisations de santé de trois régions du Québec ayant expérimenté un nouvel outil d'évaluation de la performance (EGIPSS, pour Évaluation Globale et Intégrée de la Performance des Systèmes de Santé). Nous proposons une analyse critique de cet outil en le situant dans la perspective d'une innovation managériale. L'objectif est de comprendre les principaux facteurs influençant l'appropriation de l'outil par les gestionnaires pour en tirer des leçons quant aux conditions de réussite de ce type d'innovation. Les données sont principalement issues de 48 entrevues semi-dirigées réalisées entre les mois de novembre 2009 et d'août 2010. Les résultats permettent d'examiner différentes catégories de facteurs influençant l'appropriation, outre les caractéristiques intrinsèques de l'outil, en particulier les contextes organisationnels dans lesquels il est expérimenté et l'environnement de régulation plus large dans lequel évoluent les organisations de santé

  • Jauger les effets d'un régime de performance d'intelligence : les indicateurs de gestion municipaux au Québec, 1999-2010
    Étienne Charbonneau (ÉNAP - École nationale d'administration publique)

    Les indicateurs de gestion municipaux au Québec se conforment à ce que Hood (2007) qualifie de « régime d'intelligence ». Dans la présente étude, nous tentons de déterminer si le régime de performance d'intelligence municipal au Québec (Canada) a produit les résultats attendus. Pour répondre à cette question, nous avons utilisé des documents officiels accessibles au public, des procès-verbaux de réunions et des données d'enquête. L'histoire de ce régime au Québec est un contre-exemple à la théorie de Pollitt et de ses collègues (2010), selon laquelle une fois en place, les régimes de performance suivent une logique d'emballement. Le régime municipal d'intelligence au Québec n'est jamais passé de l'état formatif à l'état summatif, de l'intelligence aux cibles et aux classements. L'expérience dans cette province canadienne confirme le modèle de Hood (2007) relatif aux faiblesses des régimes d'intelligence.

  • Pause
  • Les nouvelles formes d'action publique pour l'innovation
    Franck Aggeri (MINES ParisTech)

    La vision classique des politiques des politiques publiques se réfère à une stratégie organisée et mise en œuvre par des institutions et administrations publiques en fonction d'objectifs et dans des domaines d'application fixés à l'avance. Qu'advient-il dès lors que ces objectifs et les domaines d'application se construisent chemin faisant et que leur définition échappe partiellement aux institutions publiques faute de la légitimité et des connaissances nécessaires ? C'est la situation à laquelle sont confrontées les institutions publiques lorsqu'elles doivent conduire ou stimuler des innovations collectives qui ont une dimension publique, c'est-à-dire qui renvoient à la production de biens communs. Du point de vue de l'action publique, le pilotage de l'innovation implique une révision plus ou moins profonde des domaines et des formes d'intervention, des expertises, des collectifs, des techniques et des instruments considérés. C'est à l'analyse de ce changement de perspective de l'action publique que s'attache cette communication. Elle partira de l'analyse de deux exemples (changement climatique et nouvelles politiques urbaines) cas où la transformation des dispositifs d'action publique, transcendant les politiques sectorielles et les frontières public/privé, est particulièrement saillante.

  • Réactions sur la journée
    Eric Litvak (Direction de santé publique de Montréal)

Communications orales

Synthèse

  • Synthèse de la journée
    Jean-Louis Denis (ÉNAP - École nationale d'administration publique)