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Informations générales

Événement : 80e Congrès de l’Acfas

Type : Colloque

Section : Section 400 - Sciences sociales

Description :

La communication des organisations, telle que développée à partir des théories des actes de langage ou de la pragmatique, est une production langagière voire discursive (Taylor et Van Every, 2000 ; Gramaccia, 2001) qui est rendue possible par l’engagement de ses interlocuteurs (Searle, 1972 ; Winograd, 1988).

Cet engagement est une des conditions de l’interaction et de la réalisation des effets perlocutoires qui permet à un acteur ou locuteur d’amener un interlocuteur à agir. Nous retrouvons cette notion dans ce que Mead (1934) appelle l’action conjointe. Pour lui, l’homme est un acteur capable de transformer sa relation au monde. Il y a deux formes d’interaction sociale : l’interaction non symbolique et symbolique. Dans l’action conjointe, l’interaction symbolique prévaut car les différents acteurs de l’interaction interprètent les gestes et actes de l’autre de façon symbolique. Elle implique l'interprétation des actions de l'autre et les indications sur la façon dont l’autre personne doit agir (Mead, 1934). Nous parlons donc d’action conjointe, ou d’engagement de la part de chacun des interlocuteurs pour comprendre et interpréter les actes d’autrui. L’action conjointe est une forme collective de l’action, où les participants adaptent leurs propres actes à ceux en cours et guident ainsi l’autre dans sa manière de (ré)agir (Mead,1934).

Ainsi, l’action peut être une adaptation à la nature de la relation entre acteurs. Mais la théorie des actes de langage ne nous informe pas sur la façon dont se développe et se maintient la relation. Cela nous semble pourtant essentiel pour comprendre la formation de l’effet perlocutoire. Car si la force illocutoire et la performativité sont des concepts qui ont été largement repris, les modalités de l’engagement qui en permettent la portée heuristique méritent encore d’être développées.

Dates :
Responsables :

Programme

Communications orales

Conférence d'ouverture

  • Mot de bienvenue
  • Les gages de l'action organisationnelle : ventriloquie, autorité et constitution
    François Cooren (UdeM - Université de Montréal)

    Dans cette communication, je tâcherai de démontrer comment les processus organisants s'articulent autour de figures qui nous engagent, que ces figures soient des paroles que nous prononçons, des documents que nous signons ou, plus généralement, des actes que nous posons. Si s'engager, c'est bien donner les gages d'une action à venir, on peut donc tenter de répertorier les différentes formes que ces garanties, précédents et autres cautions prennent, que ce soit dans l'événement de la parole ou dans la restance d'un document. Si s'engager, c'est donc bien produire quelque chose qui nous lie à une action ou une activité future (que ce soit à nos yeux ou aux yeux des autres), reste à savoir aussi ce que l'on va faire dire à ces figures de l'engagement, ouvrant la porte à des situations de négociations et d'ouvertures où les effets de ventriloquie prennent toute leur place. Tout en faisant écho aux travaux de James R. Taylor et Elizabeth Van Every, je montrerai également qu'à ces figures de l'engagement s'ajoutent, bien entendu, les figures d'autorité, tout aussi cruciales pour comprendre le fonctionnement d'une organisation. Les lois de l'engagement (devoir faire) et de l'autorité (pouvoir faire) sont donc les deux modes prépondérant de l'agir, qu'il soit politique, organisationnel ou, plus généralement, interactionnel.

  • Pause

Communications orales

Responsabilités des organisations et modalités d'engagement

  • La sincérité stratégique : un nouvel oxymore?
    Benoit CORDELIER (UQAM - Université du Québec à Montréal), Gino Gramaccia (Université de Bordeaux)

    L'anticipation du risque, la gestion des crises ou des catastrophes ou, plus positivement, l'invocation, pour une entreprise, de sa "responsabilité sociale" sont des formes diverses d'engagement en directiondes parties prenantes diversement concernés par l'impact de ses activités économiques, de ses"externalités négatives". Il faut garantir ou rétablir la réputation, la légitimité sociale du groupe, restaurer la confiance ou, plus encore, arbitrer en faveur de choix stratégiques conformes à une éthique affichée. Tout cela est admis. Mais cette construction symbolique, au cœur de la communication de l'entreprise et, au fond, d'un discours de légitimation sociétale, s'appuie sur ce que nous proposons d'appeler une "stratégie sincère" en faveur d'un engagement responsable. Cette figure s'apparente à un oxymore. Elle devient ici une injonction ou encore une sommation à se justifier dans la sphère publique : le fait de désigner comme oxymore la sincérité stratégique constitue une pause critique dans la "fabrication" du discours environnementaliste, en particulier lorsqu'il s'agit, par exemple, pour un grand groupe impliqué dans une catastrophe, defournir, comme autant de performatifs, des explications, de présenter des excuses, de rassurer des victimes, de redorer son blason. Pointer l'oxymore en révélant l'impossibilité d'être sincère lorsqu'on élabore une stratégie de restauration éthique (pour le dire vite), restaure surtout les conditions du débat public.

  • Questionner les processus d'engagement : la proposition de la communication engageante
    Françoise Bernard (Université de Provence Aix-Marseille)

    A partir d'un ensemble de projets de recherche financés, l'auteur propose de définir théoriquement et pratiquement le cadre de la “communication engageante”. Il s'agit principalement de mettre en relation la théorie de l'engagement issue du champ de la psychologie sociale avec des questions relevant de la communication des organisations (changement, apprentissage, publicisation, etc.). L'auteur propose un bilan d'étapes dans un programme de recherche en cours, en identifiant les questions soulevées par les terrains où ont été conduits ces projets de recherche. Parmi ces questions , l'une d'entre elles consiste à réfléchir sur la relation entre théories de l'influence sociale et théories de l'autonomie sociale. Les terrains concernent à la fois le domaine de l'environnement, de l'écoresponsabilité, du DD et celui de la santé.

  • Dîner

Communications orales

Gestions discursives de l'engagement

Présidence : Céline Pascual Espuny (Université de Provence Aix-Marseille)
  • Des discours de crise aux discours d'engagement
    Jean-Jacques Pluchart (Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1))

    Les reconfigurations organisationnelles sont porteuses de ruptures du consensus social et de crise au sein des entreprises. Afin de prévenir ou de maîtriser les situations de crise engendrées par la perte du sens du changement, les dirigeants des entreprises doivent faire appel à certains systèmes de représentation, processus communicationnels et procédés du discours, que cette recherche s'attache à identifier et analyser, à partir de l'interrogation d'un terrain constitué de 47 entreprises en difficultés. L'observation montre en particulier l'importance d'une maîtrise de la gestion de l'ambiguïté face à une situation complexe et incertaine.

  • Équilibres discursifs et engagement organisationnel
    Benoit Cordelier (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Dans le cadre d'un projet de recherche dans une organisation de santé qui reorganise ses processus sur le mode projet, nous étudions les discours des acteurs organisationnels autour de la mise en place d'un dossier patient informatisé. Nous avons recueillis leurs appreciations à la suite d'une première phase de cette implantation à travers des entretiens semi-dirigés. Malgré les propos essentiellement critiques qui y sont produits et qui pourraient être un symptôme d'une opposition forte à ce changement organisationnel, les acteurs de l'organisation passent outre leurs resistances et leurs divergences discursives pour s'aligner dans le processus organisationnel. Cette communication sera l'occasion de s'interroger sur la performativité des discours au regard de la force de l'engagement des acteurs en fonction de leur différentes identités organisationnelles.

  • Performance du discours managérial entre partenaires institutionnels
    Frédéric Moulene (Université de Strasbourg)

    En nous appuyant sur le film de Jean-Marc Moutout, Violences des échanges en milieu tempéré (2003), nous verrons comment le discours managérial est mobilisé pour convaincre les partenaires d'une organisation à agir dans le sens recherché par elle, surtout lorsqu'ils sont impliqués dans une mission aussi délicate que celle d'une restructuration d'entreprise. L'issue d'un désaccord ou d'un conflit entre partenaires dépend en grande partie du rapport de force qui les oppose, lequel renvoie potentiellement à de multiples éléments : leurs statuts respectifs, la performativité des discours adverses ou la nature de l'engagement qui les relie. En l'occurrence, le film sélectionné ici envisage le cas où c'est le supérieur hiérarchique qui se révèle le plus habile dans le face-à-face discursif. Notre étude de cas tentera d'éclairer le rôle de l'action conjointe dans le processus performatif.

  • Pause

Communications orales

Modèles et méthodes

  • Transformation des connaissances, une lecture chronologique, hiérarchique et fonctionnelle de l'interaction
    Sylvie Barbier (Université de Bordeaux), Philippe LESTAGE (UNILIM - Université de Limoges)

    Selon quels processus d'interaction s'opèrent les transformations de connaissances dans des groupes coopératifs de 5 étudiants ? Inspirés des modèles de l'interaction, 2 lectures complémentaires d'un dialogue entre pairs saisissent l'articulation des opérations de transformation de connaissances. La 1ière fait apparaître le travail imbriqué des opérateurs sémantiques et des connecteurs interactifs montrant comment s'élabore le sens. Elle est approfondie par une approche hiérarchique et fonctionnelle du dialogue. Les liens sémantiques sont mis en parallèle avec le concept de "raffinements successifs" lors de la négociation du sens entre pairs. La 2nde explicite les actes d'acquiescement et d'argumentation. La négociation engagée entre partenaires se combine avec la structuration hiérarchique des échanges. Les actes de langage sont les points d'ancrage nécessaires à la négociation.

  • La performativité des dispositifs sociotechniques : une coconstruction situationnelle et réflexive
    Catherine De Lavergne (Université Montpellier Sud de France), Marie-Caroline HEÏD (Université Paul-Valéry Montpellier 3)

    Cette communication vise à proposer une méthodologie pour analyser la performativité des dispositifs socio-techniques en la considérant comme une co-construction situationnelle et réflexive qui émerge d'une négociation entre les usagers, le concepteur et le dispositif. Notre approche vise à considérer l'agentivité d'un dispositif, plutôt que celle d'un texte, mais aussi la manière dont des relations physiques et symboliques entre les acteurs vont s'organiser, se structurer et se stabiliser. Nous questionnons les courants théoriques qui nous permettent de comprendre l'interdépendance entre les notions de performativité, d'organisation et d'engagement, en référant la signification au domaine de l'action. Nous détaillons une méthodologie pour appréhender la performativité des dispositifs socio-techniques en situation d'usage, en prenant appui sur nos recherches respectives portant sur les transports en commun et les sites web de journalisme participatif.

  • Limites des analyses conversationnelles dans les usages du Web : des risques d'une naturalisation des technologies
    Bruno Ollivier (Université des Antilles et de la Guyane)

    L'utilisation des technologies dites du web 2.0. dans les organisations suscite des transformations dans la structure de la communication, et à un autre niveau dans les discours qui décrivent cette communication. L'interface informatique et les discours d'escorte des technologies imposent des analogies parfois injustifiées avec la communication humaine.

    Dans la mesure où l'on parle de conversations à l'écran, pourquoi ne pas utiliser les outils déjà existants, de la linguistique de la conversation à la pragmatique? Ce serait pourtant se méprendre profondément sur la nature de cette communication et sources effets. Si Dire, c'est faire dans certaines conditions, taper sur un clavier ou cliquer sur un lien n'impliquent ni engagement illocutoire ni performativité dans le sens classique en raison de la prégnance de la couche technique.

  • Pause

Communications orales

Performativité dans les environnements numériques

  • Le rôle de l'environnement numérique dans l'émergence d'une communauté de communication interculturelle en ligne : isotopie et axiologie dispositive
    Carsten Wilhelm (Université de Haute Alsace)

    Nous avons pu mettre en évidence dans notre étude pluri-méthodologique – prise en compte de traces numériques, enquête et observations d'un master professionnel international -que la nature de l'environnement numérique peut jouer un rôle non-négligeable dans l'adhésion à un dispositif d'apprentissage à distance et dans l'émergence d'une communauté communicationnelle. Cette communauté partage des valeurs du dispositif suite à un vécu collaboratif. La nature de la partie techno-pédagogique et plus spécifiquement l'environnement numérique font partie de cette axiologie partagée qui va jusqu'à engendrer l'engagement associatif. Nous proposons un modèle des éléments constitutifs de ce processus.

  • L'engagement : entre agir communicationnel et agir stratégique?

    Nous envisageons ici d'étudier le processus d'engagement dans une perspective délibérative prenant en compte la performativité socio-technique du support de la communication. Dans un premier temps, nous nous demanderons comment les théories de l'engagement disponibles aujourd'hui sont mobilisées pour satisfaire l'injonction collaborative et participative à l'œuvre dans la pensée communicationnelle actuelle. Dans un deuxième temps, nous questionnerons l'imaginaire d'internet et de l'usage des TIC comme participant d'une certaine performativité supposée de l'agir communicationnel. Dans un troisième temps, nous illustrerons notre propos par l'étude des dispositifs socio-techniques d'engagement des citoyens d'un quartier d'une ville moyenne française dans la diffusion de bonnes pratiques de consommation éco-responsables.


Communications orales

Processus et outils de l'engagement organisationnel

Présidence : Yanita Andonova (Université Paris-Nord (Paris 13))
  • La « fabrique de la décision » : de l'engagement illocutoire à l'accomplissement pratique
    Sylvie Grosjean (Université d’Ottawa)

    L'objectif de cette communication est d'étudier « la fabrique de la décision » comme étant une activité conjointe de production de sens et d'engagements qui se constitue progressivement au cours d'une interaction. Une réunion de conception collaborative de produit nous offrira un cadre empirique intéressant pour saisir le processus de co-construction d'une décision collective. Nous montrerons, par une approche multimodale de l'interaction, qu'une décision collective est l'accomplissement d'engagements successifs. Plus spécifiquement, nous verrons comment la décision finale relative au produit à concevoir s'appuie sur un ensemble de micro-décisions qui donnent lieu à des irréversibilités locales portées tant par les « dires » que les « faires » des acteurs organisationnels. Nous verrons qu'il est impossible de concevoir la décision sans s'interroger sur le statut de ces engagements successifs qui l'a constitue progressivement.

  • La planification comme procédure performative
    Nathalie Semal (Ulg - Université de Liège)

    La planification comme énonciation d'un programme d'action à réaliser est au cœur des processus d'organisation et de leur normalisation. Souvent associée à la notion de formalisation rationalisatrice, la planification est aussi porteuse d'une injonction à communiquer. Elle n'exclut pas les situations d'interactions et d'ajustement en face et face ni les pratiques discursives. Bien au contraire, elle repose sur l'articulation de plusieurs formats d'information, de registres d'action et de régimes d'engagement. Basée sur une enquête de type ethnographique menée au cours d'une recherche doctorale, la présente communication s'attache à décrire en quoi ils participent à la mise en convergence d'agentivités qui contribuent à la réalisation ou à la déréalisation de ce programme d'action, à une performance.

  • La communication et les interactions du coaching contribuent-elles à renforcer l'engagement des managers-communicateurs dans les processus de changement organisationnels?
    Geneviève Guilhaume (Université de Bordeaux)

    Cette contribution portant sur le coaching, dispositif destiné aux managers-communicateurs pour accroître leur engagement et leurs performances dans la conduite des changements propose d'analyser les processus organisants émergeant des interactions à l'œuvre dans la relation entre coache et coaché. La construction de sens qui s'opère dans le coaching, à travers des processus cognitifs et des approches psychologiques de type thérapeutique incite les managers à mettre en œuvre des actions communicationnelles porteuses de changement en réduisant les équivoques de leurs rôles. Cependant, ce dispositif, lui-même paradoxal semble plutôt par ses caractéristiques contribuer à faire intérioriser les paradoxes vécus par les managers en partie masqués par une communication euphémisée. Le coaching ne peut donc être questionné seulement au niveau local de la situation d'interaction entre coache et coaché, mais renvoie à un modèle de management imposant des formes de domination et de soumission volontaire ici analysées. Les effets du coaching sur l'engagement et la performativité des managers sont donc controversés.

Communications orales

Conférence d'ouverture

  • Communication transformative et engagement mutuel
    Manuel Zacklad (CNAM - Conservatoire national des arts et métiers)

    Dans cette communication nous souhaitons revenir à la source de l'engagement mutuel dans le contexte de la communication transformative. Nous proposerons une typologie des formes d'engagement et nous tenterons de rendre compte de leurs spécificités dans les processus de régulation de l'action collective. Nous distinguerons différents types d'engagement selon que les sujets sont en présence s'engagent à titre personnel (engagement personnel, en son nom propre) ou à titre formel (engagement formel, au nom d'un collectif que l'on représente). Enfin, bien que les transactions coopératives à l'œuvre dans la communication transformative impactent simultanément les connaissances et les relations nous introduirons une typologie des transactions selon que prédomine telle ou telle dimension de l'apprentissage : l'engagement en disponibilité dans ses deux facettes spatiale et temporelle : se libérer du temps, se rendre présent, l'engagement épistémique ou en rationalité (logique, pertinence, véracité, respect des points de vue…), l'engagement en relation (amitié, loyauté, obéissance, respect de la personne, etc.).

  • Pause

Communications orales

Créer le territoire

  • Performativité organisationnelle des outils d'agencement territoriaux : vers une intelligence territoriale à base d'engagements?
    Florie BUGEAUD (Pôle d'innovation par les services Nekoé), Philippe CALVEZ (Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1)), Jacky LEGRAND (Université Panthéon-Assas (Paris 2)), Houda NEFFATI (Université Paris Sud (Paris 11)), Francis ROUSSEAUX (Université de Reims Champagne-Ardenne), Pierre SAUREL (Université Paris-Sorbonne (Paris 4)), Eddie Soulier (UTT - Université de Technologie de Troyes)

    Les objets techniques organisent les relations et les interactions sociales. Ils agissent sur l'organisation et sont réflexivement transformés par elle en suscitant l'engagement des acteurs. Ainsi, dès lors que les outils numériques d'aide à la constitution de nos agencements territoriaux quittent le strict sol de la géographie pour d'une part prendre liberté dynamique (« agencement » s'entend désormais comme performatif et s'émancipe de sa subordination aux objets d'application préalablement déclarés), et d'autre part risquer leur homogénéité au métissage des concepts et des symboles (l'agencement territorial se fait intelligence territoriale), la question des préalables de l'activité d'agencement comme constituante de notre environnement se pose. L'idéal serait de quitter enfin la topologie tridimensionnelle qui régissait la disposition de nos impénétrables pour oser penser nos territoires comme dynamique de pavage multidimensionnel, les dimensions de l'espace et des pavés s'organisant pour harmoniser les pavages et rendre compte des connaissances en jeu et des significations en interaction. Il apparaît que les engagements des participants sont les véritables ressources du processus d'organisation du pavage.

  • S'engager pour communiquer en confiance dans les zones arides : cas de Menzel Habib, Tunisie
    Balkis Faillon (Université de Metz)

    L'analyse de la confiance territoriale et des enjeux de la « communication engageante » ne doit pas être faite séparément. En effet, et à partir de nos entretiens et observations des acteurs territoriaux présents dans la région de Menzel Habib, nous mettons l'accent sur l'importance du rôle du médiateur capable d'assurer la continuité du dialogue avec une population usée et malmenée depuis au moins une cinquantaine d'années. Cette zone du sud-est tunisien souffre d'une grande aridité climatique ; la désertification et de difficultés socio-économiques, du désengagement progressif de l'État et de l'échec de certains projets (culture de l'irrigué, élevage de lapins et d'escargots, par exemple) entravant la suite des échanges et l'avenir des relations de confiance. Ainsi, l'engagement de l'acteur et son implication dans les projets d'écocitoyenneté représentent-ils le tremplin pour renouer le dialogue et renforcer la notion de développement durable dans le cadre de mise en place de projets territoriaux dans Menzel Habib.

  • Discussion
  • Dîner

Communications orales

Engagements sociétaux

Présidence : Bruno Ollivier (Université des Antilles et de la Guyane)
  • En quoi la performativité des publicités de la sécurité routière entraîne l'engagement du public?
    Pauline Breduillieard (Université de Bordeaux)

    Dans cette communication, nous chercherons à voir à travers une analyse sémio-pragmatique de publicités sociétales réalisées pour la Sécurité routière comment cette dernière arrive à engendrer l'engagement du public, ici les citoyens, à respecter les règles de conduite. En se basant sur la théorie des actes de langage d'Austin et les différentes conditions de félicité des performatifs, nous posons l'hypothèse que la légitimité du locuteur, c'est-à-dire la Sécurité routière, qui est un organisme d'État, permet la performativité de l'énonciation de laquelle découlera l'engagement du récepteur.

  • Reconnaissance et mise en mots des compétences : approche réflexive
    Yanita Andonova (Université Paris-Nord (Paris 13))

    La présente contribution propose une approche réflexive des processus mis en œuvre dans l'acte écrit. Comment les individus explicitent leur expérience, mettent en mots leurs compétences afin d'obtenir une reconnaissance professionnelle ? Nous proposons d'interroger cette problématique à travers une analyse de corpus de dossiers de validation des acquis de l'expérience (VAE), déposés par des candidats au sein d'un grand établissement d'enseignement supérieur. Il ne s'agit que d'une étude en cours qui ne saura répondre aux multiples questions qui se posent, mais qui ouvre des pistes de réflexion dans une approche communicationnelle. L'hypothèse formulée est que la constitution du dossier VAE est un acte écrit organisant et valorisant pour le candidat, qui doit être analysé en lien avec les processus de reconnaissance et de justification.

  • La « vie privée », de l'encadrement légal à l'engagement des firmes dans la différenciation de services
    Pauline Barraud De Lagerie (Orange Labs), Emmanuel KESSOUS (Orange Labs)

    Cette communication s'intéresse à la transformation du marché des données personnelles, dans le contexte de la révision en cours de la directive européenne de 1995. Le règlement en préparation privilégierait l'autorégulation en instaurant une obligation de communication des pertes de données sur le marché. Cette mesure pourrait avoir une portée performative en contribuant à inciter les firmes à se différencier sur le marché de manière à apparaître plus vertueuses que leurs concurrents. Pour traiter cette question les auteurs ont mené l'enquête dans une grande entreprise de télécommunication produisant une panoplie de services où sont impliquées des données personnelles. Deux critères (sécurité versus confiance, mesures à destination des régulateurs ou des clients) permettent de différencier les acceptions de la privacy dans l'entreprise. C'est au croisement de ces différents critères que pourrait aboutir la nouvelle politique européenne.

  • Dîner

Communications orales

Engagements de la communication publique

Présidence : Pauline Breduillieard (Université de Bordeaux)
  • Étude des conditions d'émergence d'un discours environnemental performatif suite aux pressions exercées par la société civile
    Céline Pascual Espuny (Université de Provence Aix-Marseille)

    Notre objectif est, au travers du prisme du discours et des prises de positions environnementales des organisations qui ont été confrontées à la pression d'ONG, et qui se sont engagées à changer de pratiques ou de comportement publiquement, via communiqués de presse, d'analyser la nature collective et performative du discours environnemental, en regardant plus précisément les chaînes de traduction, les processus dans lesquels s'inscrivent les actes de langages des entreprises suite à une exposition médiatique récente face à des crises ayant nécessité de leur part une prise de parole engageante.

  • Vers une casuistique de la mobilisation citoyenne : l'exemple du Plan climat de la Communauté urbaine de Bordeaux
    Marième Pollèle Ndiaye (Université de Bordeaux)

    Le discours écologique aurait-il perdu sa « force illocutionnaire » pour reprendre les termes de la pragmatique d'Austin (1955) ? Dans cette contribution, nous proposons, tout d'abord, une réflexion critique sur les discours mobilisateurs et engageants véhiculés par la communication environnementale, avant de plaider pour une casuistique de la mobilisation citoyenne à l'échelle territoriale. À cette fin, nous nous appuyons sur l'exemple du Plan Climat de la Communauté urbaine de Bordeaux.

  • Discours participatif - combinard-jobard : le double engagement
    Annick Monseigne (Université de Bordeaux)

    Cette proposition vise la dimension actionnelle du discours participatif. La participation en tant que solution à la crise du politique et sa fonction de reliance à visée fonctionnaliste est source de stratégies discursives (élus-communicants) où le citoyen visé par l'unilatéralité du discours est un citoyen à la fois actant et acteur. C'est au sein d'une actance sociale repérée dans un travail de thèse que nous proposons d'interroger l'engagement relié aussi bien aux actes performatifs qu'aux stimuli émotionnels. La communication discursive envisagée ici comme un théâtre rediscute cette notion en partant d'un présupposé accord tacite passé entre deux personnages goffmaniens, le « jobard » qui accepte de « faire comme si …» et le combinard « de maintenir l'illusion que … ». Dans une approche de sémiotique de réception du discours participatif des élus à destination des citoyens, nous proposons d'articuler quatre formes d'engagement, les unes liées à une approche pragmatique, les autres à une approche psychologique.

  • Pause

Communications orales

Performativité des dispositifs organisationnels

  • Performativité organisationnelle des dispositifs technologiques. La métamorphose du sémaphore : les objets techniques sont-ils capables d'actes de langage?
    Jean-Michel Camin (Université de Bordeaux)

    En utilisant l'approche théorique de l'acteur-réseau développée par Akrich, Callon et Latour, nous verrons que le statut de l'objet technique se modifie à travers le réseau lorsqu'il se transforme en actant non humain.

    Il devient alors légitime de s'interroger, à travers le prisme de l'acteur-réseau, sur la capacité des objets techniques « non humains », à agir ou faire agir par le seul effet de leur signification dans leur cadre de fonctionnement et de ce que nous proposons d'appeler les injonctions socio-technique.

    Les conditions de performativité de l'objet technique ne font elles pas écho à la fusion dans un même message, des aspects indice et ordre dont parle P. Watzlawick ?

  • Déconstruction de l'ordre technique et fondation d'une technologie en pratique : discours technologiques en santé et performativité. Étude de cas

    Nous présenterons dans le cadre de ce colloque les résultats d'une étude qualitative basée sur une étude de cas de la Clinique La Sagesse de Rennes; étude qui a pour objectif de souligner les discours technologiques qui accompagnent le changement organisationnel dans le milieu de la santé. Ces discours se fondent aujourd'hui sur des stratégies d'énonciation et de légitimation. Ils intègrent de plus en plus le discours médico-intégratif qui puise ses références dans l'action collective et disqualifie le discours technique. Ainsi, notre objectif est de montrer que le discours médico-intégratif auquel font référence les acteurs macro, est un énoncé performatif qui repose sur des modalités de communication particulières et processuelles.

  • Le performatif à l'épreuve des collectifs sociotechniques
    Sylvie Bourdin (Université de Toulouse)

    La notion de performatif a connu, depuis sa première élaboration par Austin, un succès qui a conduit à un usage extensif d'une catégorie d'analyse initialement énoncée dans le cadre de la linguistique et des actes de langage. La question posée par cette heureuse destinée touche aux limites de validité dans l'utilisation de la notion de performatif. Ne se délite t-il pas lorsqu'on le mobilise pour l'analyse de collectifs socio-technique dont l'agency excède justement et intrinsèquement l'énonciation ? Je propose de montrer, à partir de l'étude d'un changement organisationnel puissant (Initiatives d'Excellence Université française, 2011 et 2012), comment le passage du dire au faire, relève d'une construction complexe largement hétérogène qui prépare et conduit les acteurs humains à se conformer à un énoncé qui n'est finalement qu'une strate supplémentaire, ultérieure, d'un dispositif d'engagement fortement contraint.

  • Pause

Panel / Atelier

Conclusion - Perspectives

Participant·e·s : Françoise Bernard (Université de Provence Aix-Marseille), François Cooren (UdeM - Université de Montréal), Gino Gramaccia (Université de Bordeaux), Manuel Zacklad (CNAM - Conservatoire national des arts et métiers)
  • Mot de clôture