Informations générales
Événement : 80e Congrès de l’Acfas
Type : Colloque
Section : Section 400 - Sciences sociales
Description :Les mouvements sociaux ont été et demeurent à l’avant-garde du progrès social. On ne compte plus les manifestations organisées contre les inégalités, les injustices et l’absence de démocratie. Ces manifestations donnent lieu à des mouvements parfois puissants et durables. Plusieurs d’entre eux remettent en cause des rapports de domination, que l’on pense au mouvement des femmes, à la mobilisation LGBT, aux actions antiracistes. D’autres s’articulent à des luttes sociales comme le mouvement ouvrier et syndical, les mouvements étudiants, l’altermondialisation. Actives dans tous ces mouvements, des féministes tentent d’articuler et de décliner toutes les formes d’émancipation.
Il nous semble intéressant de repérer certaines convergences mais aussi les dissonances entre les féminismes et les autres luttes et mouvements sociaux. Le féminisme a-t-il laissé ses marques dans les autres formes de résistances? Le rapport entre le personnel et le politique constitue-t-il un point de convergence avec les luttes des femmes, permettant, par exemple, une personnalisation de l’implication ou une identification avec la cause? Qu’en est-il de la non-différenciation entre la fin et les moyens? De la critique de l’autorité et du pouvoir?
On a historiquement reproché aux groupes de gauche de reproduire la hiérarchie des sexes et des genres et de négliger les préoccupations féministes. Certaines études laissent à penser que cette hiérarchie des luttes existe aussi dans des luttes actuelles (altermondialiste, étudiante) ou du moins elles montrent la difficile prise en charge des analyses féministes par des mouvements et luttes mixtes. À l’occasion de ce colloque, nous aimerions mettre en lumière des éléments d’intégration et de non-intégration.
Date :Programme
Politiques de coalition et/ou d'opposition
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Mot de bienvenueRachel Chagnon (UQAM - Université du Québec à Montréal)
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Féminisme, politique de coalition et démocratie, avec Judith Butler et Chantal MouffeCéline Tignol (UCL - Université catholique de Louvain)
Avec cette contribution je propose que nous nous concentrions sur le projet d'une « politique de coalition », permettant d'articuler différentes luttes sociales et mouvements sociaux, tel que présent dans la philosophie sociale et politique de Judith Butler et Chantal Mouffe. Mon objectif est double : 1. clarifier les notions théoriques qui permettent à ces deux auteures d'analyser et penser prospectivement les articulations possibles entre différents mouvements sociaux, et 2. identifier des représentations sociales, des pratiques et des situations qui activent ou au contraire contreviennent à cette politique (tensions féminisme/mouvement LGBT, féminisme/mouvements anti-discrimination, etc). Ma présentation sera organisée à partir de l'orientation commune à Judith Butler et Chantal Mouffe : celle d'un féminisme nonessentialiste, ou d'un « post-féminisme » porté à interroger les mécanismes de constitution des identités d'action des sujets politiques – orientation qui peut se développer au sujet de différents mouvements sociaux. Ce faisant je chercherai à expliciter, à approfondir et à discuter la compréhension et les implications concrètes d'une démocratie en acte, effective et réellement existante telle que nos deux auteures cherchent à la promouvoir.
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De la non-mixité « femmes » à la non-mixité « féministe » : un projet démocratique en questionStéphanie Mayer (Chaire Claire-Bonenfant)
Plusieurs féministes émettent l'idée que l'autonomie politique acquise par les mouvements des femmes est entre autres due à la non-mixité. Ce mode d'organisation fondé sur le « Nous femmes », lieu de ralliement pensé sur la base de l'expérience spécifique des femmes, a constitué une force politique offrant un point d'entrée dans la sphère publique, mais orientant également leurs champs d'intervention. Il est possible d'émettre l'hypothèse que les féministes par leur lieu de ralliement, par leur mode d'intervention politique ainsi que par les enjeux retenus auraient reconduit en partie la binarité genrée des terrains politiques, soit le privé/féminin et le public/masculin. Cette hypothèse contient deux idées dont l'une est l'effet de l'autre : d'une part, le repli stratégique nécessaire dans les espaces non-mixtes entre « femmes » et, d'autre part, la prise en charge par les femmes des « affaires de femmes » occultées ou secondarisées dans les espaces politiques mixtes. Si le mode d'organisation en lui-même n'est pas remis en doute, est-ce le lieu de ralliement qu'il importe de questionner afin que les féministes arrivent à poser leurs perspectives comme un projet de société valable pour « tout le monde » : un projet démocratique? L'objectif est que des leçons soient tirées afin de penser d'autres points d'entrée dans les espaces politiques mixtes pour les féministes. L'une des pistes à explorer peut être le déplacement d'un vers un « Nous féministes ».
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À qui appartiennent les griefs d'injustice sociale? Quand mouvement féministe et contre-mouvement masculiniste s'entrechoquentJanik Bastien Charlebois (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Lorsque nous procédons à l'analyse critique des actions collectives s'engageant à défendre les «droits des hommes et des pères», que certains estiment lésés par les changements sociaux insufflés par les féministes, les concepts de mouvement social ou de contre-mouvement social sont souvent mis à contribution. S'ils ont tous deux le mérite de mettre en relief la dimension collective et planifiée de ces actions, leur portée critique tombe court devant la timide interrogation théorique de la tension existant entre mouvements sociaux opposés ou entre mouvement social et contre-mouvement social. Il est difficile de réconcilier la présomption ou le postulat qu'un mouvement social est porté par des groupes sociaux en position d'inégalité matérielle et culturelle avec son utilisation pour désigner les mobilisations de masculinistes, de même qu'avec le questionnement subséquent des griefs d'injustice sociale qu'ils prononcent et de la position de victime dont ils se réclament. Même le recours au concept de contre-mouvement n'apaise pas cette tension, celui-ci étant peu développé chez les actionnalistes et chez les théoriciens de la mobilisation des ressources, ou inséré dans un conflit aux allures symétriques dont la visée serait la mainmise sur les ressources convoitées ou la direction de l'historicité. Existe-t-il un cadre théorique à partir duquel les positions de pouvoir respectives d'où émergent les mouvements sociaux opposés peuvent être mieux cernées?
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Pause
Alliances d'ici et d'ailleurs
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Le mouvement des femmes et le mouvement communautaire autonome : convergences, dissonances et résistancesMarcelle Dubé (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Bien que ces deux mouvements coexistent et co-agissent ensemble sur le territoire québécois pour « changer le monde » depuis plus de quarante ans, il est remarquable de voir, et ce malgré plusieurs actions menées de concert, que les groupes qui composent chacun de ces mouvements revendiquent encore et toujours leur appartenance propre à celui-ci, après toutes ces années d'action. Comment les répertoires d'action et les formes de mobilisation développés au sein de chacun de ces mouvements s'inter-influencent-ils et s'alimentent-ils ? De quelle manière la perspective identitaire, bien présente au départ dans le mouvement des femmes, joue-t-elle favorablement ou défavorablement dans la reprise des analyses du mouvement communautaire ? Existe-t-il des passerelles, des vases communicants entre les « nous » des groupes de femmes et le « nous » de l'action communautaire autonome ? Et jusqu'où les enjeux soulevés par le mouvement communautaire nourrissent les débats au sein du mouvement des femmes et ceux développés par le mouvement des femmes sont repris du côté du communautaire autonome ? Cette communication interrogera lesconvergences, les dissonances et les résistances agissant entre ces deux mouvements, permettant ainsi de soulever un pan des dynamiques d'intégration et de non-intégration à l'œuvre et déceler quelques-unes des représentations que ces dynamiques nous donnent à voir et à comprendre dans les avancées féministes au sein des mouvements sociaux au Québec.
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Un espace de protestation mondiale féministe? Regard croisé France-QuébecPascale Dufour (UdeM - Université de Montréal)
Plusieurs travaux ont montré que dans la plupart des pays européens, nord-américains et latino-américains, les groupes de femmes ont été très impliqués dans la lutte contre la mondialisation, et ce, dès la fin des années 1990es. Cependant, cette implication n'a pas été suivi des mêmes effets partout. À partir d'une analyse réalisée entre 2001 et 2008 en France et au Québec auprès des principaux groupes impliqués dans l'espace de protestation mondiale, incluant les groupes de femmes, nous montrons comment les positions relatives des féministes dans l'espace nationale de protestation mondiale colorent directement le contenu et la forme de cette espace. Les deux cas présentés sont fortement contrastés dans la mesure où au Québec, les réseaux féministes ont été à l'avant-plan des luttes altermondialistes alors qu'en France, ces réseaux ont joué un rôle beaucoup plus marginal. Nous verrons comment, dans les deux cas, les effets sur l'espace nationale de protestation diffèrent et comment, en retour, le degré différent de centralité dans les luttes altermondialistes a (ou non) modifié les trajectoires des principaux réseaux féministes.
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Les alliances entre mouvements féministes et mouvements paysans au sein de la mouvance altermondialiste : réflexions à partir de la Marche mondiale des femmes au BrésilElsa Beaulieu (UdeM - Université de Montréal)
C'est principalement à l'intérieur des Forums sociaux mondiaux (FSM) et de l'Assemblée des mouvements sociaux (AMS) que se sont forgées les alliances que la Marche mondiale des femmes (MMF) entretient avec différents mouvements appartenant à la mouvance altermondialiste, à l'échelle internationale, et donc à partir de 2001. Depuis, ces alliances sont en construction et en évolution constante. Elles ont notamment pris forme en dehors des FSM, et ce selon une dynamique qui varie en fonction des différentes échelles géographiques (globale, continentale, nationale, locale), ainsi qu'en fonction des régions et des pays considérés. À l'échelle globale, l'alliance politique la plus forte entretenue par la MMF est celle forgée avec La Via Campesina (VC). Parallèlement, au Brésil (donc à l'échelle nationale), une alliance s'est formée et progressivement renforcée entre la MMF brésilienne et le Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST), membre de VC. À la faveur du fait que la MMF brésilienne est hôte du Secrétariat international de la MMF depuis 2006, cette alliance à l'échelle nationale a renforcé et été renforcée par l'alliance internationale MMF – VC. Cette communication se propose de présenter l'historique de ces alliances, leurs dynamiques et leurs justifications stratégiques, et surtout d'en proposer une analyse exploratoire qui contribuera à en cerner les impacts concrets, les succès et les défis.
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Dîner
Instrumentalisation des discours féministes
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La violence envers les femmes en contexte familial « occidental » et « non occidental » : luttes et rapports de domination dans le champ journalistiqueCaroline Bouchard (Université d’Ottawa)
La violence envers les femmes en contexte familial est souvent présentée par les opposants au pluralisme culturel comme une preuve de l'incompatibilité entre les sociétés non-occidentales et le reste du monde. En nous inspirant de la théorie de l'intersectionnalité et des frontières de l'identité, nous proposons de mettre en lumière comment la violence familiale constitue un prisme par le biais duquel certains groupes justifient la consolidation d'une frontière entre le nous (les Occidentaux pour qui l'égalité des sexes est importante) et le non-nous (les non-Occidentaux pour qui les femmes sont des citoyennes de second rang). Cette communication prend racine dans une recherche ayant pour objectif d'interroger le discours journalistique (nous avons analysé 95 articles dans trois grands journaux ontariens) sur la violence en contexte familial occidental et non-occidental lors du débat sur la mise sur pied de tribunaux islamiques en Ontario. Nous souhaitons également interroger le silence, dans les journaux, des féministes par rapport à la violence dans les familles occidentales. Ce silence peut porter à penser que leur position serait seulement légitimée pour dénoncer le patriarcat chez les non-Occidentaux.
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Femmes autochtones : quand l'arbre et l'écorce ne sont qu'un. Articulation des questions de genre dans l'engagement des femmes autochtones en AsieJosée-Anne Riverin (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Depuis le début des années 1980, les peuples autochtones sont graduellement parvenus à influencer l'agenda politique international. Or, si parmi les figures du mouvement autochtone l'on retrouve des femmes résolument investies dans la lutte, force est de constater que les questions et revendications de genre demeurent largement occultées. En raison de leur identité de femmes et d'autochtones, celles-ci semblent parfois se retrouver à la croisée des chemins : mettre de l'avant les situations de discrimination qui les affectent comme femme ou œuvrer à la survie culturelle et physique de leur peuple dans un contexte où les droits individuels n'occupent qu'une place marginale voire inexistante. Devant ce dilemme, comment les femmes autochtones engagées parviennent-elles à concilier ces différents aspects identitaires? Y parviennent-elles vraiment? Le souhaitent-t-elles seulement? Une recherche exploratoire auprès de femmes autochtones activistes au sein du mouvement autochtone en Asie a permis de développer une meilleure compréhension de cette négociation entre sujet individuel et collectif. Au-delà des différents motifs rendant difficiles l'inclusion des aspects de genre, les stratégies que les femmes rencontrées mettent de l'avant pour réconcilier ces questions en harmonie avec les enjeux collectifs qui les lient à leur peuple et les valeurs culturelles propres à leur système traditionnel méritent que l'on s'y attarde.
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Lectures actuelles des questions de racisme et d'antiracisme dans les féminismes de la francophonieChantal Maillé (Université Concordia)
Au Québec, le projet de loi 94 propose de bannir les visages couverts des institutions publiques. En France, des femmes portant le niqab dans la rue sont condamnées à des stages citoyens. Alors que l'Etat se sert des femmes pour mener son offensive raciste, le féminisme est souvent utilisé et instrumentalisé à cette fin. Parfois dénoncé pour ses accointances avec le racisme, le projet de libération des femmes dans l'espace francophone se tourne vers l'antiracisme pour se recomposer. Notre communication permettra de rendre compte d'une série de mouvements de fond qui émergent dans les féminismes de la francophonie actuels et qui témoignent de cette mutation. Nous aborderons entre autres les récentes parutions et colloques au sein des féminismes de la francophonie qui ont eu comme objectif de réfléchir sur les articulations entre féminismes, racisme et antiracisme, la reproblématisation de la question coloniale sous l'angle du genre et ses enjeux, la dénonciation de l'utilisation du corps des femmes dans l'entreprise de recolonisation des espaces publics et l'engagement vers un féminisme antiraciste militant dans l'espace francophone.
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Pause
Obstacles et facteurs de division
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La lutte contre la transphobie au Québec : perception d'activistes trans à propos des liens entre la militance trans et la militance féministeMickael Chacha Enriquez (UQAM - Université du Québec à Montréal)
La militance trans est en plein essor au Québec depuis ces vingt dernières années. Cela se voit par la création ou l'essor d'associations trans, de projets trans au sein d'organismes de santé ou au sein d'organismes LGBTQ (lesbiens, gais, bis, trans, queers). Ces militants et militantes combattent la transphobie. Celle-ci peut se définir comme l'oppression spécifique que subissent les personnes trans : la violence, le mépris et les discriminations qui s'en prennent aux personnes qui transgressent les frontières du sexe et du genre. Leur lutte s'inscrit donc dans une remise en cause des rapports sociaux de sexe et de genre, qui se situent au cœur du féminisme. Douze entrevues semi-structurées ont été réalisées en 2010 avec des militants et militantes trans québécois appartenant à trois générations. En utilisant d'une part la sociologie des mouvements sociaux, d'autre part les études féministes, queers, et trans, l'objectif de cette présentation sera de décomposer les liens entre les militances trans et féministes. Nous explorerons, à partir du point de vue des personnes trans quelles sont les convergences et les dissonances entre leur militance et celles des féministes ? Comment prennent-ils et elles en compte des enjeux féministes, et inversement, quelle est leur perception de la prise en compte des enjeux trans par les militantes féministes ? Finalement, nous exposerons des pistes afin d'améliorer les liens entre ces militances.
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L'articulation des principes d'égalité en matière de rapports de genre et des pratiques militantes libertaires : contradiction, cohérence, tension?Éloise Gaudreau (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Né-e-s dans la foulée du mouvement altermondialiste post-Seattle, les libertaires contemporain-e-s défendent des principes anti-oppression et s'opposent à toute forme de hiérarchie, laissant supposer une opposition à la domination des hommes sur les femmes. Si sur le plan des principes et des pratiques organisationnelles (le collectif, le fédéralisme, l'organisation réticulaire), l'anarchisme et le féminisme semblent se recouper, des contradictions demeurent, questionnant les liens entre les fins et les moyens de l'action. L'étude de cas menée auprès de treize militants de l'Union communiste libertaire a permis de repérer des zones de tension : invisibilisation du travail des femmes, appropriation des tâches rétribuables par les hommes, sousreprésentation médiatique des femmes, disparité (quantitative et qualitative) en matière de prise de parole. Ainsi, les collectifs sont sexués et modulés par la dynamique de genre (sélection des revendications, des choix d'action, image publique, etc). La communication présentera les interprétations que font les militant-e-s de cette contradiction; la perçoivent-elles? Quels obstacles se trouvent sur le chemin de l'égalité? Reconnaissent-elles et ils la sexuation de leur collectif ou réfléchissent-ils et elles en terme de reproduction des structures sociales? Les militant-e-s font état du chemin parcouru et de celui qui reste à parcourir, qui impliquerait la construction d'un meilleur rapport de force des féministes à l'UCL.
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Un féminisme à géométrie variableDiane Lamoureux (Université Laval)
Comment expliquer la relative incapacité des autres mouvements sociaux à prendre en charge les revendications féministes alors que les féministes cherchent de plus en plus à se situer à l'intersectionnalité des enjeux de classe, de sexe et de genre? Il me semble qu'il faille en chercher l'explication dans deux directions. La première est celle des rapports entre la sphère privée et la sphère publique de l'existence humaine. La plupart des mouvements sociaux interviennent principalement sur des enjeux qui touchent la sphère publique et laissent dans un impensé politique les aspects qui relèvent de la sphère privée, ce qui les rend au moins minimalement sélectifs en ce qui concerne les thématiques féministes. La deuxième concerne l'absence de critique de la norme hétérosexuelle avec ce qu'elle contient de non remise en cause de l'idéologie de la « complémentarité » entre les sexes, idéologie qui est lourde d'une hiérarchie entre les sexes et d'une naturalisation des femmes, même si elle peut prendre des allures égalitaristes. Je me propose d'examiner ces deux aspects à partir de certaines expériences récentes des mouvements altermondialistes, des mouvements antiguerre ou des mouvements des indigné-e-s, principalement au Québec.
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Synthèse de la journéeJules Falquet (Université Paris Diderot (Paris 7))
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Mot de clôture