Informations générales
Événement : 80e Congrès de l’Acfas
Type : Colloque
Section : Enjeux de la recherche
Description :Ce colloque de type Enjeux de la recherche vise à souligner l’importance de la coopération dans la mise en œuvre d’expériences d’innovation sociale dans les champs des conditions de vie, du travail et du développement territorial, et ce, aussi bien en ce qui concerne la construction de nouvelles formes d’agir que de nouvelles formes de concevoir les problèmes et leurs solutions. C’est toute la question de la « co-production » des connaissances qui sera abordée sous divers registres et dans divers aspects. La réalisation de ce colloque tient compte du fait que l’année 2012 a été déclarée Année internationale des coopératives par les Nations Unies, mais son objet ne se limite pas aux coopératives. Il s’inscrit dans une perspective plus large qui inclut diverses formes de coopération sur les plans social et économique.
La réalisation de cette activité vise à faire le point sur la réflexion et la recherche au sujet de la coopération dans l’innovation sociale dans divers domaines, à savoir les entreprises publiques, privées et d’économie sociale, le développement social, la lutte contre la pauvreté, le travail, la revitalisation territoriale et le développement durable. Elle vise aussi à établir le lien entre la coopération et des thèmes aussi importants pour le développement des collectivités que la solidarité, le lien social, le partenariat et la démocratie.
Ainsi orienté, le colloque comprendra des séances plénières où participeront des chercheurs et des acteurs sur les grands enjeux de la coopération en regard de l’innovation sociale, ainsi que des séances parallèles où des points plus précis seront abordés, tels les formes de coopération en milieu du travail et plus généralement dans et autour des organisations, la solution des conflits socioterritoriaux, les indicateurs d’évaluation de la coopération dans le développement local, l’arrimage de l’action communautaire et de celle de l’État dans la lutte contre la pauvreté.
Dates :- Caroline Patsias (UQAM - Université du Québec à Montréal)
- Juan-Luis Klein (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Programme
Conférence d'ouverture
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Mot de bienvenue
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Coconstruire un savoir qui change le mondeLaure Waridel (Institut de hautes études internationales et du développement de Genève)
Que l'on parle de justice sociale, d'environnement, d'énergie, d'agriculture, d'alimentation, de finance ou d'économie, le mot crise n'est jamais bien loin par les temps qui courent. L'accumulation de données tant quantitatives que qualitatives trace les contours d'une crise dont le caractère systémique est de plus en plus manifeste.
Or, comme l'écrit Edgar Morin : « Dans la mesure où elles sont mal perçues, sous-évaluées, disjointes les unes les autres, toutes les crises de l'humanité planétaire sont en même temps des crises cognitives. » Comment, alors, co-constuire des outils cognitifs qui permettront l'émergence d'une société capable de répondre à ces crises reliées entre elles ? Si le savoir est un gisement de pouvoir, comment en assurer le partage équitable, comme on le revendique tant pour d'autres richesses ? Dans quelle mesure le chercheur peut-il ou même doit-il dépasser le rapport utilitaire qu'il entretient avec l'objet de sa recherche qui est généralement constitué d'humains ? L'engagement est-il la clé de voute d'une véritable co-construction du savoir susceptible de changer le monde ? Partant de sa double posture de praticienne et de chercheure, Laure Waridel tentera de répondre à ces questions fondamentales à la lumière de ses propres expériences.
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Période de questions
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Pause
Théoriser la pratique et mettre en pratique la théorie : les défis de la coconstruction de l'innovation entre acteurs et universitaires
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L'université, la communauté et le cercle vicieux de l'inégalitéLucia Coral Aguirre Munoz (UABC - Universidad Autónoma de Baja California)
Au Mexique, les étudiants universitaires, une fois leurs études finies, doivent réaliser un service social professionnel de 480 heures ; le Programme de Développement Social UABC-Ensenada, instauré en 2004, vise la formation à la citoyenneté. D'un côté, il offre aux étudiants 3 modalités de participation : le service social, comme tel, le cours Sociologie du Développement Communautaire ou encore la réalisation du stage Pratique professionnelle ; d'un autre, il prône la recherche action participative afin de développer chez les étudiantes une attitude plus critique et plus compréhensive de la réalité sociale, mais aussi de documenter les compétences acquises. Comme les étudiants inscrits au programme sont issus de diverses filières il est possible d'organiser une multitude d'activités, telles, en 2011 : natation, recyclage, bibliothèque, ballet, nutrition, décontamination des plages, pépinières familiales, appui légal, aide aux devoirs et rattrapage en anglais et mathématiques. Par ailleurs, la recherche action participative en permettant de mieux connaître les conditions de vie en milieu défavorisé, conditions fortement stigmatisées par l'existence du cercle vicieux de l'inégalité, entre travail, famille et école, identifie des moyens pour aider ces groupes à mieux se positionner dans des circonstances de compétition ; ce thème est largement exposé et débattu dans le livre à paraître Encuentro de la universidad con el barrio (Aguirre Muñoz, L. C. Mexicali: UABC, en prensa).
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Recherche appliquée et décision sociétale : le triangle élu, technicien, chercheur dans les processus de développement localBernard PECQUEUR (Université de Grenoble)
Y a-t-il une légitimité pour la recherche appliquée en sciences sociales dans les processus de prise de décision collective impliquant le changement social (« la décision sociétale ») ? En d'autres termes, la recherche appliquée peut elle participer à la construction de solutions identifiées par les acteurs mais aussi, symétriquement, les acteurs peuvent ils participer à la production des savoirs.
Dans la perspective du développement territorial, les confrontations des chercheurs aux acteurs (techniciens et/ou élus) sont d'autant plus flagrantes que ce type de développement se définit comme un construit d'acteurs où l'analyse engagée se substitue souvent à l'analyse distanciée.
La communication s'appuiera sur des exemples concrets, de relation élus-chercheurs d'une part et, d'autre part, de relation techniciens-chercheurs autour de l'élaboration d'une stratégie de développement qui met en mouvement des notions et concepts proposés par les chercheurs. On cherchera également à dégager quelques enseignements à partir des pratiques de développement local sur la validité de l'approche engagée et à mettre en lumière quelques pistes de débat autour d'une possible « science sociale citoyenne ».
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La dialectique université-société dans la construction des connaissances sur l'Économie solidaire au BrésilLuiz Inácio Gaiger (Unisinos - Université de la vallée du Rio dos Sinos), Patrícia KUYVEN (Unisinos - Université de la vallée du Rio dos Sinos), Cláudio OGANDO (Unisinos - Université de la vallée du Rio dos Sinos)
Cette communication vise à démontrer comment la construction des connaissances sur l'économie solidaire au Brésil a eu lieu grâce à la connexion étroite entre les acteurs sociaux, de la société civile et de l'État, et le champ académique. Elle souligne que l'enseignement et la recherche à l'université ont été un élément clé de la reconnaissance et de l'impulsion de l'économie solidaire, au même temps que celle-ci a stimulé la formation d'un champ de savoir interdisciplinaire, critique et innovant du point de vue de la démarche scientifique et de sa contribution à l'égard des problèmes sociaux. À leur tour, les progrès dans les pratiques sociales ont généré des besoins de nouvelles connaissances et ont posé des défis aux fondements épistémologiques, théoriques et méthodologiques des sciences sociales, agissant ainsi comme un élément moteur du champ scientifique. Expériences, mouvements sociaux, politiques publiques et connaissances se sont montrés indissociables de la praxis sociale dans laquelle se développe l'économie solidaire et les entrepreneurs se constituent en tant que sujets collectifs d'une autre économie. Ayant ces questions à l'esprit, un accent particulier sera mis sur la cartographie nationale de l'économie solidaire au Brésil, car il s'agit d'un exemple majeur de la contribution et également des difficultés entraînées par la recherche collaborative et par la co-construction des connaissances, aussi bien pour la science que pour les acteurs sociaux.
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La coconstruction des connaissances avec les acteurs sociaux : la mobilisation des connaissancesDenis Harrisson (UQO - Université du Québec en Outaouais)
L'innovation sociale est un service à la population qui sert l'intérêt collectif. Un service est un bien immatériel, consommé là où il est produit. Il est le résultat d'une relation entre un prestataire et un bénéficiaire. On dira qu'il est co-produit. Le bénéficiaire est associé à la production ou la fabrication de la prestation. Pour cela, plusieurs services misent sur la dimension « relationnelle ». Avec l'innovation sociale, ajoutons que la fabrication se fait en amont par des alliances entre différents acteurs qui échangent des idées, connaissances, ressources matérielles, financières et humaines, qui partagent des intérêts mutuels. Ainsi, le savoir peut être transformé en actions concrètes par le biais de la coopération de plusieurs acteurs et le partage des connaissances. Il y a encore quelques défis à relever dont celui de convaincre les pairs que c'est un processus de recherche légitime et que le transfert des connaissances nécessite une forme de co-construction pour être entièrement satisfaisante. La co-construction doit donc se poursuivre en répondant aux questions suivantes : Le transfert de connaissance est-il dépendant du type de recherche? Est-il facilité par la recherche collaborative ou partenariale? Doit-on être en co-construction de connaissances pour favoriser le transfert ? La communication repose sur plus de 20 ans de recherche avec des partenaires engagés, pour dégager des pistes permettant d'engager les chercheurs dans le transfert des connaissances.
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La coconstruction budgétaire contre la pensée unique : le cas de « l'Alternative budgétaire pour le gouvernement fédéral »Paul Leduc Browne (UQO - Université du Québec en Outaouais)
En 1994, le Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) et CHO !CES : A Coalition for Social Justice inaugurèrent le 1er exercice de création d'un budget « alternatif » pour le gouvernement fédéral au Canada. S'inspirant de budgets alternatifs déjà réalisés pour la Ville de Winnipeg et la Province du Manitoba, la 1ère "Alternative budgétaire pour le gouvernement fédéral" (ABGF) fut publiée en 1995. Depuis, le CCPA publie chaque année un budget alternatif. Exemple original de recherche-action, cette innovation sociale s'est diffusée à travers le Canada, avec des exercices semblables à l'échelle des provinces, municipalités, institutions et organisations publiques. Exercice de réflexion, de consultation, de concertation et de mobilisation, l'ABGF a réuni des universitaires et des militants de tous les secteurs et niveaux de la société civile dans un processus de co-construction cognitif et politique visant à transformer le rapport des citoyens à la pensée unique et faciliter le renouveau de coalitions politiques progressistes. Cette communication dégagera les conditions d'émergence, de consolidation et de diffusion de cette innovation sociale, ses limites et ses contradictions, Elle examinera la division du travail au sein de la coalition et montrera qu'elle ne se déclinait pas seulement selon l'opposition entre "chercheurs académiques" et "acteurs des milieux de pratique", mais plus selon les axes capitale nationale-régions, centre-périphérie, élites-militants de base.
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Dîner
Développement, territoire et innovation : une perspective appliquée
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L'innovation sociale au regard de la Révolution tranquille. Contribution de l'École de Laval à l'émergence d'une nouvelle posture intellectuelle et scientifique du savoirJean-François Simard (UQO - Université du Québec en Outaouais)
L'innovation sociale comme perspective de recherche scientifique a connu une effervescence jusque là sans précédant (et probablement depuis sans équivalent) au cours de la Révolution tranquille. Cette communication a pour objectif principal de démontrer en quoi l'École de Laval aura directement contribué à imposer dans le discours public une perspective scientifique, ce qui du reste a favorisé le pluralisme des idées politiques et provoqué une brèche dans la logique du corporatisme social.
L'École de Laval, 1ère véritable Faculté francophone de sciences sociales au Québec, fut longtemps l'antichambre du pouvoir. Le Père Georges-Henri Lévesque, Doyen de cette Faculté, fut le fondateur du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité, un véritable incubateur en matière d'économie sociale. Avec son disciple Gérard Dion, directeur du dép. de Relations industrielles, il fut un ardent promoteur du syndicalisme et du droit au travail. Jean Marchand fut d'ailleurs l'un de ses illustres étudiants. Il a sorti l'Université de sa tour d'ivoire en créant des Cercles d'études. Avec Maurice Lamontagne, qui fut directeur du dép. d'économie, il fut un grand partisan d'un État social actif et l'un des 1ers vulgarisateurs de la pensée de Keynes au Québec.
Ces exemples témoignent de la manière dont G.-H. Lévesque, Dominicain, envisageait le rôle social et particulièrement novateur du savoir dans une société ; un savoir qui n'est pas une fin en soi, mais une manière de changer le monde.
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Partenariat de recherche sur le développement, une alliance contre-nature ? L'exemple de l'Alliance de recherche sur le développement des territoires et la coopération
De multiples facteurs influent dans la co-construction d'un partenariat de recherche réunissant des chercheurs universitaires et des organisations partenaires. D'une part, l'acteur transporte des enjeux organisationnels et institutionnels qui l'obligent à une certaine prudence face au « libre-penseur » à même de proposer une lecture renouvelée des enjeux en cause dans la société actuelle. D'autre part, une distance doit être préservée par le chercheur face aux organisations pour une contribution positive à l'avancement de la société. Des questions éthiques se posent. L'acteur engagé sera-t-il confiné au rôle de réservoir d'informations à des fins strictement utilitaire ? Le chercheur, de son côté, ne risque-t-il pas d'être réduit à jouer un rôle de consultant ? Il n'en demeure pas moins que le partenariat de recherche est, en lui-même, une expérimentation, une recherche-action. Nous proposerons nos réflexions qui font suite à un partenariat de recherche amorcé en 2007 pour se terminer en 2012, impliquant 4 organisations nationales, elles-mêmes des réseaux, et une vingtaine de chercheurs issus de 6 universités.
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Le portail Web Graffici.ca en Gaspésie, un « laboratoire vivant » de développement territorialGisèle BERTRAND (CEFRIO - Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations), François Demers (Université Laval)
Cette communication présente une expérience d'innovation sociale, en cours, dans le champ du développement territorial. Cette expérience, située en Gaspésie, est considérée depuis ses débuts comme un « laboratoire vivant » par le CEFRIO. Celui-ci y assure la co-construction des connaissances en animant des échanges systématiques entre les artisans et des chercheurs de l'Université Laval et de l'UQAR. L'isolement médiatique que connaît la Gaspésie a conduit plusieurs de ses acteurs du développement à mettre en place un portail Web afin d'y faire converger l'information tant citoyenne que journalistique. Ils ont fait le pari qu'un média Web coopératif, à l'ère du renouvellement du journalisme et de l'écriture multimédia, pourrait contribuer au développement collectif. Graffici.ca, lancé en septembre dernier, a mission d'incarner une voix toute gaspésienne et de permettre à ses quelque 93 000 habitants de se parler et d'exister publiquement. À ces fins, les artisans du mensuel sur papier Graffici, fondé il y a une décennie, ont obtenu l'appui de plusieurs acteurs régionaux pour investir l'Internet et y développer un média intéressant. Ils ont aussi impulsé une mise en réseau avec les médias communautaires qui ont surgi au fil des ans sur le territoire pour y stimuler les solidarités et lutter contre l'isolement.
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Travailler pour soi, réussir ensemble ! Un projet innovateur en matière d'entrepreneuriat immigrant à MontréalRicardo Acevedo (CRÉ - Conférence régionale des élus de Montréal)
Crise économique et problèmes de relève entrepreneuriale sont des questions largement débattues ces dernières années. D'un autre coté, pour les personnes immigrantes, l'accès à l'emploi et à la reconnaissance des diplômes représentent les défis les plus importants dans leurs parcours d'intégration. Dans ce contexte, si on ne trouve pas d'emploi, il faut le créer.C'est pour répondre à ces questions que la CRÉ de Montréal et ses partenaires (ACEM, Femmessor et Compagnie F) ont proposé la mise sur pied d'une « coopérative entreprise partagée » (CEP) comme solution novatrice pour accompagner les entrepreneurs et les soutenir dans le développement de leur projet d'affaires.Une CEP, inspirée des initiatives européennes, permet de travailler pour soi, tout en évoluant dans un cadre social et juridique sécurisant. Elle innove par l'accompagnement collectif, par la possibilité offerte aux entrepreneurs de « tester leur idée » et par la mutualisation de services de base, tels que la comptabilité, la facturation, etc. Elle innove surtout par la possibilité de devenir entrepreneur-salarié de la coopérative rémunérée avec son propre chiffre d'affaires.Dans cette présentation, nous nous intéressons à l'évolution de l'expérience-pilote initiée à Montréal et dédiée aux femmes issues de l'immigration, à ses résultats et aux perspectives de développement.
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Épistémologie, innovation et coopération sur le terrain : mise en commun des perspectives
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Coopération socio-universitaire : une réflexion à partir d'une grille des variables bipolaires unidimensionnellesMebometa Ndongo (Université Carleton)
Que ce soit la recherche scientifique ou l'élaboration d'actions développementales, de leur opérationnalisation, chercheurs et praticiens agissent dans des cadres de travail précis. Complexes et circonscris suivant certains repères, ces cadres demeurent-ils clos, comment améliorer leur proximité? Cette présentation propose un espace où l'acteur de développement et le chercheur peuvent coopérer. Ce processus permet le cadrage de leur action coopérative. Elle montre comment à l'aide de ce cadre une exploration de l'action de la Banque Mondiale en matière de développement urbain en Afrique permet au chercheur de construire des connaissances à partir d'une conjonction glocale. La grille utilisée se veut un cadre de réflexion, un espace d'action, de coopération, de remobilisation et de traduction/utilisation des savoirs. Cela justifie la coopération entre le chercheur et l'acteur de terrain, sans substitution de leur rôle; autrement dit, comment envisager un universitaire de terrain? Le questionnement qui guidera la construction d'un espace de coopération sociouniversitaire s'appuie sur les dimensions fondamentales d'une intervention: comment concevoir la raison d'être ou la vision d'un projet de développement? De quoi découle l'intérêt institutionnel des acteurs? Qu'est-ce qui devraient fonder les recommandations en vue d'opérations ultérieures? Qu'est-ce qui sous-tend l'intérêt stratégique? À partir de quels repères orienter l'intérêt politique du point de vue opérationnel?
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Les réseaux transnationaux de traduction des savoirs : une stratégie innovatrice de coopération intersectorielle dans le champ de la recherche en santé mondialeJosé Carlos Suárez-Herrera (KEDGE Business School)
La création de savoirs scientifiquement valides et socialement acceptables dans le champ de la recherche en santé mondiale ainsi que leur mise en action ne peuvent se faire dans l'isolement. Sans coopération académique, le partage global des savoirs serait limité et la pertinence des projets de santé et de développement mis en place à l'échelle locale serait compromise. De cette façon, l'avenir de la recherche en santé mondiale est tributaire d'une masse critique d'acteurs internationaux coopérant dans des domaines connexes afin de produire les innovations sociales et scientifiques nécessaires pour relever les enjeux associés à la mondialisation des savoirs.
Suivant un processus d'objectivation participante fondé sur la « théorie de l'acteur-réseau » et la notion de « communautés épistémiques », je présente ici le construit de « réseaux transnationaux de traduction des savoirs ». La configuration stratégique de ces réseaux est associée à de nombreuses traductions de « savoirs hybrides » essentiellement transformateurs, ce qui leur donne une perspective innovatrice de coopération locale qui se configure de nos jours dans un contexte transnational de globalisation épistémique. De ce fait, ces réseaux s'avèrent un espace novateur de coopération intersectorielle facilitant une mobilisation émancipatrice des savoirs locaux entre des chercheurs universitaires et des acteurs de la société civile œuvrant dans le champ de la recherche en santé mondiale.
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Réflexions épistémologiques et méthodologiques autour de deux recherches coopérativesYves Bonny (Université Rennes 2)
Dans le cadre de l'enquête de terrain d'un programme de recherche portant sur l'innovation sociale, trois scénarios méthodologiques ont été proposés aux associations sélectionnées : recherche classique, partenariale ou coopérative. Cette communication présentera une réflexion épistémologique et méthodologique à partir de deux démarches de recherche coopérative engagées. Nous distinguerons fortement recherche coopérative et recherche partenariale, non seulement quant à la manière de concevoir et de construire le processus de recherche, mais aussi quant au type de relation développée entre les universitaires et les praticiens, en nous référant à la tradition sociopolitique associée à l'idée de coopération. Nous proposerons des pistes de réflexion relevant de ce que l'on peut appeler une épistémologie politique, intégrant dans la problématisation de l'élaboration des connaissances la dimension normative de celles-ci, s'agissant tant des finalités de la recherche que des conceptions du savoir. Ceci nous conduira à remettre en question la centralité du référentiel scientifique dans les recherches coopératives, qui donne systématiquement aux universitaires une position privilégiée dans la collaboration. Nous soulignerons que l'enjeu de la forme coopérative n'est pas seulement de co-construire les connaissances, mais aussi d'hybrider les savoirs et les compétences afin d'établir une relation symétrique entre les différents acteurs engagés dans le collectif de recherche.
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Réflexions sur l'usage de l'histoire dans les pratiques de la prise en charge sociale et judiciaire de la délinquance juvénileVeerle Massin (UQAM - Université du Québec à Montréal)
La présentation mène une réflexion sur les rapports qu'entretient le monde professionnel de la prise en charge de la délinquance juvénile avec l'histoire. La gestion des délinquants est un phénomène provoquant une controverse à plusieurs niveaux (monde académique-praticiens et société au sens large). L'efficacité des politiques de protection de la jeunesse est souvent remise en question, sans forcément de dialogue entre chercheurs et professionnels.
Les praticiens (éducateurs, intervenants sociaux), les juristes et les criminologues traitant la question de la délinquance se situent souvent au niveau de "l'immédiat", de l'urgence de l'action sociale. Ils ignorent l'origine des politiques judiciaires et sociales dont ils sont les acteurs et l'origine des phénomènes de déviance sur lesquels ils souhaitent agir. Cette situation peut mener à des contradictions et ambiguïtés et peut bloquer l'accès à un réel progrès social qui résulterait de la mise en place de politiques et pratiques tenant compte des ruptures, récurrences et échecs du passé. Mais une collaboration plus efficace entre les historiens de la délinquance juvénile et les praticiens de la prise en charge oblige l'historien à intégrer une réflexion émanant de la pratique et l'actualité. Sa recherche doit répondre aux questionnements posés par la société civile.
Cette "co-collaboration" nécessaire entre l'historien et le praticien implique donc une réflexion sur la constitution du savoir historique et sur sa mobilisation.
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Pause
Mise en commun des connaissances : le point de vue des acteurs
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Cocktail CRISES-CIRIEC
Coopération et coconstruction : une perspective comparée
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CEFRIO : un modèle de transfert porteur d'innovations sociales et organisationnellesJosée Beaudoin (CEFRIO - Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations)
Le CEFRIO est le centre facilitant la recherche et l'innovation dans les organisations, à l'aide des technologies de l'information et de la communication (TIC). Comptant 150 membres universitaires, industriels et gouvernementaux ainsi qu'une 60aine de chercheurs associés et invités, il agit à titre de centre de liaison et de transfert.
Le CEFRIO est au cœur d'un modèle de transfert unique qui met de l'avant une démarche d'innovation entre chercheurs universitaires et milieux de pratique au sein desquels se posent différents défis que les TIC peuvent aider à surmonter. L'approche préconisée par le CEFRIO est unique car elle s'appuie sur l'expertise développée au sein des milieux de recherche pour aider à résoudre différents problèmes vécus par les milieux de pratique, en favorisant la coconstruction de nouveaux usages sociaux. Ses actions permettent de favoriser la transformation et l'institutionnalisation des innovations sociales initiées.
Le succès du projet "École éloignée en réseaux" est une belle illustration du modèle du CEFRIO. Ce projet est né de la volonté de soutenir la vitalité des petites écoles intrinsèquement lié à l'égalité des chances dans des milieux éloignés compromis par les baisses démographiques et les problèmes d'accès à l'école. Fondé sur l'hypothèse que la mise en réseau des écoles éloignées pouvait enrichir l'environnement éducatif de ces dernières, ce projet a été mis en place au moment même où se déployait l'accès Internet sur le territoire québécois.
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Réduire la précarité énergétique. Analyse comparée France-QuébecChristophe BESLAY (Université de Toulouse), Romain GOURNET (Université de Toulouse), Marie-Christine Zélem (Université de Toulouse)
Au Québec, pour réduire la précarité énergétique, l'Agence de l'Efficacité EnergétiqueÉnergétiqueen partenariat avec Hydro-Québec a lancé en 1999 un programme d'intervention en efficacité énergétique gratuit : Econologis qui s'adresse aux ménages, locataires ou propriétaires, à revenus modestes. Ce programme consiste en une visite au domicile d'une équipe composée d'un conseiller en économie d'énergie et d'un technicien qui réalisent un diagnostic de la situation de précarité en matière d'énergie, installent divers accessoires et mettent en œuvre des petits travaux d'urgence. Ce programme ne résout pas le problème, mais réduit de manière efficace des situations souvent dramatiques (plus de 50.000 foyers visités à ce jour).
En France, "«l'Analyse socio-technique comparée des dispositifs de réduction de la précarité énergétique" », étude réalisée dans le cadre de la consultation de soutien à l'innovation "« Réduction de la précarité énergétique" » du PREBAT (Programme de recherche sur l'énergie dans le bâtiment), a été l'occasion de construire des stratégies d'intervention ciblées. Parmi elles, le SLIME (Service Local d'Intervention en Maîtrise de l'EnergieÉnergie) est actuellement testé dans un département rural français, le Gers.
Notre communication se propose d'analyser les conditions de mise en œuvre de ce nouveau dispositif,et d'interroger les difficultés rencontrées d'un point de vue sociotechnique et institutionnel, au regard de l'expérience et du savoir-faire québécois.
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Les réseaux organisationnels et l'efficacité collective dans les groupes de producteurs codépendants de l'environnement naturelMaria De Jesus Obeso (HEC Montréal)
Dans cette communication, on décrit les résultats d'uneétude sur un réseau de petites et moyennes pisciculteurs (de crevettes) au Mexique,qui,en travaillant ensemble, ont obtenu un niveau élevé d'efficacité collective. Notre recherche fait ressortir certains aspects conceptuels et théoriques liés au réseau, ce qui contribue à expliquer le processus d'interaction et interdépendance entre les acteurs. On propose un modèle de partenariat coopératif qui met l'accent sur le cadre cognitif des acteurs ainsi que sur le rôle du gouvernement dans la conduction de la relation entre les acteurs et leur action collective. Ce modèle met en évidence le processus d'apprentissage vécu par le réseau des producteurs ainsi que le processus de changement vers une gouvernance inter-organisationnelle orienté vers le développement durable.
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L'innovation sociale entre coopération et conflit
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La décroissance « à la française » comme mouvement de pensée politique : coconstruction du savoir ou échange inégal ?Anne-Laure Pailloux (Université de Paris-Est)
Le mouvement de la décroissance s'est construit en interaction entre des réflexions intellectuelles et des pratiques militantes. À partir d'une enquête de terrain menée depuis 2 ans au sein des réseaux français d'objecteurs de croissance, on s'intéressera dans cette communication aux modes de diffusion académique de cette "nouvelle" pensée radicale et à ses différentes formes d'appropriation par des militants qui en font écho au-delà de cette sphère.
Ce mouvement de pensée politique, en France, donne l'impression d'une déconnection entre les intellectuels, pour la plupart chercheurs, et les militants. Les principaux moments de coprésence sont des interventions publiques de penseurs de la décroissance, auxquelles les militants assistent depuis le public. Dans ce cadre, la passation du savoir semble se faire à sens unique.
Cependant, nourris de ces réflexions théoriques, les militants construisent à leur tour un discours sur la décroissance, l'enrichissent de prises de positions politiques ou encore de propositions concrètes, et permettent ainsi une diffusion de ce mouvement de pensée politique hors du cadre académique.
Enfin, si de nombreux auteurs marquent une distance avec le mouvement politique, il conviendra de se demander dans quelle mesure ne sont-ils pas eux-mêmes militants. À l'inverse, la participation de certains militants à la construction théorique, au travers d'ouvrages collectifs par exemple, amoindrit à son tour la frontière entre ces 2 catégories.
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Pourquoi seuls les riches doivent vivre ici ? L'îlot Overdale : 25 ans de conflits urbainsSalvador Hernandez Latorre (UQAM - Université du Québec à Montréal), Catherine TRUDELLE (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Cette présentation vise à mettre en lumière l'évolution des conflits urbains associés à l'utilisation, la gestion et l'appropriation des terrains de l'îlot Overdale (1985-2011) et à mettre en relation cette activité conflictuelle avec l'évolution générale des conflits liés aux grands projets urbains à Montréal. Notre démarche méthodologique est basée sur l'exploration historique interprétative faite à partir de l'analyse de contenu de la presse écrite régionale. Nous analysons tant l'évolution des acteurs que celle de leurs rapports, ainsi que leurs actions et les enjeux véhiculés. L'évolution des luttes survenues dans ce cas est représentative des points de rupture et de transition dans l'évolution des luttes urbaines à Montréal. La lutte débutée en 1986 pour la préservation des habitations de l'îlot constitue la dernière contestation face aux grands projets immobiliers nés durant la période Drapeau et apparaît comme un point de rupture dans le discours anti-promoteurs tenu par l'administration Doré. Si la démolition des résidences sises sur l'îlot Overdale en 1991 témoigne du pouvoir bien réel des promoteurs dans la planification urbaine de la ville, la permanence et la diversité de la contestation dans le secteur sont des signes de la vitalité et de la pluralité de l'action collective à Montréal. Enfin, à partir de ce cas, nous pouvons observer l'évolution de la protestation et l'émergence de différents types de coopération et de concurrence entre les acteurs urbains.
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Les nouvelles formes du rapport au politiqueCaroline Patsias (UQAM - Université du Québec à Montréal)
À travers une comparaison entre plusieurs comités de citoyens montréalais, j'examine la façon dont les citoyens définissent le politique au-delà des institutions traditionnelles du système politique. Il s'agira de souligner la façon dont le rapport au conflit intervient dans la construction du politique. Les travaux récents (Rosenvallon, Eliasoph) ont pointé l'évolution des frontières entre le public et le privé laquelle n'est pas sans incidence sur la façon dont les citoyens définissent le politique. Notre analyse mettra en exergue les processus de politisation ou au contraire d'évitement du politique.
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Coconstruction et innovation sociale : quels enjeux pour les organisations ?
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Investissement, développement et processus de régulation en matière de gestion des compétences : le cas du bassin havraisGuillaume Delignières (ENS Cachan - École normale supérieure de Cachan)
Le bassin d'emploi du Havre (France) est caractérisé par la prédominance des activités portuaires et pétrochimiques et par un taux de chômage élevé. La proportion de "demandeurs d'emploi sans qualification" y est très élevée.
Ce territoire est confronté à un important défi en termes de compétences pour assurer le renouvellement et la maintenance de ce qui constitue le premier pôle de pétrochimie français.
Ces données sur l'emploi permettent de poser les principaux éléments de contexte de notre contribution sur l'émergence de mécanismes de constitution de réseaux et de pratiques de coopération engageant une multitude d'acteurs autour de la question de la gestion des compétences, à la fois au niveau du territoire et de la filière.
Cette contribution repose sur une observation participante orientée vers l'action, dans le cadre du projet intitulé "Total emploi local" sur le territoire havrais.
Elle met en lumière comment un projet qui semblait ne devoir répondre qu'à une problématique de communication d'un groupe pétrolier, souvent décrié pour ses "scandaleux" résultats financiers et la "faiblesse" de son engagement sociétal, s'est progressivement transformé en un lieu de coopération et de développement d'actions, de coopérations et d'outils innovants.
L'apport essentiel de cette analyse est donc de mettre à jour les acteurs et les mécanismes de régulations des processus de gestion des compétences.
Nous mobiliserons les méthodes de l'ethnographie et de la sociologie des organisations.
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Démarche d'évaluation participative de construction du modèle d'action partagé par trois organismes communautaires visant à intégrer leurs services à la petite enfanceRodrigo Quiroz (UQAM - Université du Québec à Montréal)
L'évaluation des interventions communautaires multipartenaires est un champ en évolution qui doit faire face à plusieurs enjeux majeurs, tels que la construction d'un modèle d'action partagé par les organismes partenaires. Dans ce cas, nous présentons la démarche d'évaluation participative d'un projet qui vise l'amélioration des conditions de vie des enfants entre 0 et 5 ans. Il s'agit d'un projet novateur puisqu'il réunira dans les mêmes locaux et au sein d'un même projet, trois organismes communautaires visant à intégrer leurs services destinés à la petite enfance. Nous avons mis en place une démarche en trois étapes qui a compté sur la participation des gestionnaires, des intervenants et des parents appartenant aux trois organismes. En ce qui concerne le processus d'évaluation, nous avons commencé par l'élaboration d'une définition partagée du groupe cible et la détermination de trois niveaux d'intervention communs aux trois organismes, à savoir : le niveau enfant/famille, le niveau communauté et le niveau système. Ensuite, pour chacun de ces trois niveaux nous avons délimité de problèmes d'intervention spécifiques, identifié des activités d'intervention et spécifié des effets attendus à court, moyen et long terme. Cette démarche a mis en évidence que l'intégration effective des services des trois partenaires requiert de la construction d'un cadre de compréhension partagé de l'action à mettre en place.
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L'approche concertée en matière de formation continue au sein des PME au Québec peut-elle être encore considérée comme une innovation sociale ?Amélie Bernier (TÉLUQ - Université du Québec)
L'exemple du Québec montre que la concertation, comme démarche de résolution de problèmes, est de plus en plus promue à l'initiative des acteurs du système sectoriel de la qualification de la main-d'œuvre. Elle est de plus au cœur des réformes ayant mené à la nouvelle Loi favorisant le développement et la reconnaissance des compétences de la main-d'œuvre (ou la « Loi sur les compétences »). Ces réformes ont conduit à des réorganisations majeures du développement et de la reconnaissance des compétences en milieu de travail. Cette communication tentera de mettre en lumière par la voie de résultats obtenus suite à une enquête statistique menée auprès de 375 employeurs et 376 représentants d'employés si la concertation en matière de formation est considérée comme une voie d'innovation sociale au sein des entreprises québécoises, dix-ans ans après l'adoption de la Loi sur les compétences.
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La réflexivité en contexte d'innovation : un ressort de la coopération ?Christel Beaucourt-Louart (Université Lille), Pierre LOUART (IAE Lille - École Universitaire de Management Lille Nord de France)
L'innovationestun acte créatif à valeur ajoutée, apportantdes changements concrets sur des systèmes techniques ou sociaux.Nous montrerons qu'une telle innovation peut être issue d'associations nouvelles ou de recompositions opportunes, selon le modèle de l'AUFHEBUNG Hégélienne qui vise à réorganiser des ensembles conflictuels en dépassant et en réconciliant les parties en tension. Cette innovation"coopérative"est à mettre en opposition avec les innovations de rupture ou de dissociation qui produisent du réel en se séparant d'un ancien dépassé, routinier ou institutionnalisé.
Ces différentes formes d'innovation seront étudiées dans des exemples issus de l'économie sociale et solidaire. Nous insisterons sur les cas d'innovation d'association ou de recomposition car elles sont de nature coopérative et partent d'affinités, d'émergences ou d'envies de travailler ensemble.Elles peuvent aussi compléter ou équilibrer les phénomènes de rupture et de bricolage dissociatif.
La coopération pour innover s'effectue à travers des dispositifs dans lesquels des individus ou des organisations s'associent opportunément. Les niveaux de coopération peuventaussifaire l'objet de complémentarités, tensions ou conflits d'ajustement. Il importe donc d'avoir une visée réflexive sur leur émergence ou leur fonctionnement.
A partir des cas cités, on verra en quoi la réflexivité sur les processus en cours permet d'élargir les possibilités d'association, de les réguler ou d'en limiter les conflits.
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Dîner
La coconstruction de l'action collective en milieu local
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La lutte contre la pauvreté : une responsabilité locale ?Darío ENRIQUEZ (UQAM - Université du Québec à Montréal), Juan-Luis Klein (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Cette communication portera sur la mobilisation citoyenne dans un contexte de précarité et de diversité. Elle s'appuiera sur les résultats du travail d'évaluation et d'accompagnement d'un projet d'animation citoyenne dans le cadre de l'implantation d'une démarche de revitalisation urbaine intégrée (RUI) dans une zone précaire de l'arrondissement de LaSalle. En plus des caractéristiques du quartier d'intervention, la communication présentera les possibilités de l'action locale et les contraintes auxquelles elle se confronte. À l'aide du modèle du développement par l'initiative locale, on verra aussi comment se met en œuvre un processus qui mobilise les acteurs locaux afin d'infléchir les facteurs qui provoquent la pauvreté et l'exclusion. On conclura que le rôle des acteurs locaux est fondamental, mais que la responsabilité de la lutte contre la pauvreté et l'exclusion ne peut pas reposer que sur leurs épaules. Elle doit combiner des actions multiples et intégrées, sous un leadership local certes mais interpellant l'ensemble des acteurs socioéconomiques et les différents paliers gouvernementaux.
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L'action communautaire pour la démocratisation des technologies d'information et de communication (TIC) : les tendances actuellesEmmanuel EVENO (Université de Toulouse II - le Mirail), Ping Huang (École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM), Juan-Luis Klein (UQAM - Université du Québec à Montréal)
L'histoire des groupes communautaires au Québec au cours des 40 dernières années repose sur une dynamique de « coopération conflictuelle » qui a formé la base du partenariat entre les instances publiques et la société civile. C'est ce que certains auteurs ont appelé la coproduction, voire la co-construction des politiques publiques (Vaillancourt, 2008 ; Klein, Fontan, Harrisson et Lévesque, 2009). Notre communication vise à vérifier si cette tendance générale est présente aussi dans le domaine des actions liées aux TIC. Les organismes communautaires qui visent à intégrer l'utilisation des programmes numériques dans les stratégies pour l'amélioration des conditions de vie des citoyens et leur inclusion sociale, notamment dans les quartiers défavorisés, parviennent-ils à influencer l'action publique et à co-construire des politiques publiques à cet égard ? L'analyse d'études de cas montre que les résultats sont ambigus. Ce secteur est le théâtre d'un type spécifique de partenariat entre le gouvernement et les groupes communautaires. Les groupes doivent revoir leur mission originale afin de trouver des solutions alternatives de financement, lesquelles vont parfois jusqu'à les dévier de leur vocation communautaire et les force à appliquer des approches commerciales. En cette matière, tout se passe comme si c'était le gouvernement qui, avec les organisations communautaires, mais aux dépends de leur mission première, dictait les principales stratégies à suivre.
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Les déserts alimentaires : enquête sur trois arrondissements montréalaisDario Enriquez (École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM), Patrice RODRIGUEZ (Parole d’excluEs)
En milieu urbain, la répartition inégale des ressources alimentaires crée des zones de « désert alimentaire » (food-desert). Cette réalité est présente dans plusieurs quartiers vulnérables à Montréal. Elle se caractérise par l'absence de surfaces de vente de produits alimentaires suffisantes pour satisfaire les besoins des résidants, absence motivée d'ailleurs par les faibles revenus de ceux-ci et par le manque d'attraction que le milieu exerce sur les commerces privés. L'analyse de la situation de trois arrondissements de la ville de Montréal -Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Sud-Ouest et LaSalle- nous permettra de montrer qu'il y a une sorte de « désertification alimentaire » sur ces territoires. En même temps, nous montrerons l'existence de plusieurs organismes qui travaillent sur la sécurité alimentaire. Ces organismes réalisent des initiatives communautaires ou d'économie sociale visant à réduire, voire à surmonter les effets de la désertification alimentaire. Nous décrirons de façon détaillée les ressources mobilisées par ces organisations, dont certaines relèvent du marché et d'autres de l'activité solidaire. Nous analyserons ce problème de façon plus approfondie à l'aide de l'étude du cas de l'Accorderie de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.
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Production conjointe de connaissances en contexte d'évaluation d'initiatives locales centrées sur la participation citoyenneWilfredo ANGULO (UQAM - Université du Québec à Montréal), Jean-Marc Fontan (UQAM - Université du Québec à Montréal), Juan-Luis Klein (UQAM - Université du Québec à Montréal), Ramon PONCE (Villeray dans l'est)
La présentation portera sur les processus de production conjointe des connaissances découlant de démarches évaluatives réalisées dans le cadre de bilans prospectifs réalisés auprès d'initiatives locales dans deux arrondissements montréalais. Nous porterons une attention particulière au projet Villeray dans l'Est en illustrant comment l'intégration des parties prenantes dans la réalisation de l'évaluation constitue un apport significatif permettant une lecture sur les activités de l'organisation évaluée que ne permettrait pas une évaluation faite à distance et impliquant minimalement des répondants.
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Dîner
La recherche partenariale : pour quoi faire ?
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L'intervention de quartier à Sherbrooke : les défis de coopération inhérents à la pérennisation de cette expérience en CSSSPaul Morin (UdeS - Université de Sherbrooke)
Depuis 2009,à Sherbrooke, une expérience d'intervention de quartier mise de l'avant par le Centre de santé et de services sociaux-Institut universitaire de gériatrie (CSSS-IUGS) se déroule dans deux quartiers défavorisés. Il s'agit d'une forme de pratique intégrée (individuel, groupe, collective) qui vise à s'insérer dans le tissu urbain afin d'être contributive à l'amélioration du bien-être de la population. Sur la base d'un rapport d'évaluation de ce projet, le CSSS-IUGS a accepté en janvier 2012 de le pérenniser en le transformant en un plus vaste projet. Sur la base des données issues de la recherche, il s'agira dans la présentation d'approfondir les contraintes et défis inhérent à une telle démarche qui veut s'appuyer sur des formes de coopération, tant internes qu'externes.
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Le partenariat de recherche sur la relation emploi-formation des agents de développement territorial en Estrie. Une expérience de coconstruction de connaissancesRené Lachapelle (Chaire de recherche du Canada en organisation communautaire - Université du Québec en Outaouais)
Depuis l'été 2011, la Chaire de recherche du Canada en organisation communautaire (CRCOC-UQO), le Regroupement québécois des intervenantes et intervenants en action communautaire en CSSS (RQIIAC) et l'Observatoire estrien de développement des communautés (OEDC) sont engagés dans une démarche partenariale de recherche sur la relation emploi-formation chez les agents de développement territorial en Estrie. Cette recherche-action constitue le pendant québécois d'une recherche similaire en France sous le patronage de l'UNADEL (Union nationale des acteurs et des structures du développement local). Le RQIIAC et la CRCOC ont co-organisé le colloque « Quelle formation pour les organisateurs et organisatrices communautaires dans le contexte des années 2010 ? » qui a suscité la création d'un comité RQIIAC-Universités et stimulé le partenariat de recherche arrimé au projet de l'UNADEL.
Cette expérience s'inscrit dans le prolongement d'une longue tradition au RQIIAC et d'une démarche partenariale en Estrie dans le cadre de l'OEDC ; elle aborde des enjeux d'actualité pour les agents de développement territorial ; elle est menée dans le cadre d'un processus partenarial.
La présentation s'appuiera sur les travaux du comité estrien de pilotage de personnes provenant des univ. de Sherbrooke et de l'Outaouais, de l'institut universitaire lié au CSSS de Sherbrooke, de l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Estrie, du RQIIAC-Estrie, de l'OEDC, de la CDC de Sherbrooke et de Communagir.
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Évaluation de la démarche du Tableau de bord des communautés de l'Estrie : le processus de recherche – un processus de transfert de connaissanceJeannette Leblanc (UdeS - Université de Sherbrooke)
Depuis 2008, une expérience en développement des communautés sous l'impulsion de l'Observatoire estrien du développement des communautés, vise la mise en mouvement des communautés locales de l'Estrie à travers à la démarche de Tableau de bord, une démarche de production et d'appropriation des portraits des communautés en fonction de leurs caractéristiques (sociodémographiques, économiques, sociales et de leur potentiel de développement). L'objectif de la présente étude est d'évaluer la démarche du Tableau de bord des communautés de l'Estrie quant aux dimensions d'appropriation et de mobilisation afin d'être contributif au développement des communautés. Réalisée en association avec des acteurs des communautés intéressés, la recherche s'inspire de l'approche réaliste. Des observations, entrevues individuelles et de groupes avec des élus, gestionnaires, intervenants, citoyens, donnent accès à la communauté comme un système sociopolitique interpellant des savoirs, des compétences, des informations afin d'articuler une vision commune de l'action pour orienter le développement de leur communauté. Les données recueillies témoignent des enjeux de compétences des leaders des communautés afin de favoriser une circulation d'information, des choix éclairés et des engagements en fonction de ces choix. La présentation fera état des modalités de transfert des connaissances pour contribuer au développement de ces compétences.
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La recherche partenariale dans l'appui au développement local : le parcours de la Concertation en développement social de Verdun (CDSV)Christian Jetté (UdeM - Université de Montréal)
La communication porte sur le rôle joué par une recherche partenariale dans la relance d'une dynamique de développement local dans l'arrondissement de Verdun à Montréal. Ce territoire a subi les contrecoups d'une importante désindustrialisation au cours des cinquante dernières années. Cette situation a donné lieu à certaines initiatives de développement local à partir des années 1990. Ces initiatives menées par des notables locaux ont permis d'amorcer un processus de relance de l'activité économique au sein de la communauté, mais n'ont pas permis d'endiguer les problèmes structurels de pauvreté. Notre présentation vise à fournir des explications à cette situation paradoxale et d'analyser le rôle joué depuis les années 2000 par un nouvel acteur dans la dynamique de développement local à Verdun: la Concertation en développement social de Verdun (CDSV). Financée à partir de l'Initiative montréalaise de soutien au développement social local (IMSDSL), cette table de quartier s'est donnée entre autres pour mission de rapprocher les acteurs du développement social et économique afin de créer les conditions d'un véritable projet de développement local. À cet égard, la publication des résultats de notre recherche en 2009 a suscité un mouvement de réflexion et de mobilisation au sein des principaux acteurs du développement socioéconomique à Verdun. Grâce aux suivis réalisés en 2011 et 2012, nous sommes en mesure de retracer l'évolution de la CDSV depuis la parution du rapport en 2009.
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Pause
La recherche partenariale : pour quoi faire ?
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Mot de clôture