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Informations générales

Événement : 80e Congrès de l’Acfas

Type : Colloque

Section : Enjeux de la recherche

Description :

L’Institut Santé et société de l’UQAM vise à favoriser le développement de la recherche sur la « santé et la société » menée par ses membres et à en accroître la visibilité aux niveaux local, national et international. Ces recherches doivent contribuer à l’amélioration du bien-être et de la santé de la population, avec une préoccupation particulière pour les groupes défavorisés et marginalisés. Les travaux de recherche des membres de l’ISS explorent les déterminants de la santé, s’inscrivent dans une perspective de promotion et de prévention en santé ou conduisent à un examen analytique et critique des services, des programmes et des politiques de santé ou à l’étude d’initiatives de développement social ou communautaire. Enfin, ils étudient les processus d’adaptation sociale qui permettent aux membres d’une collectivité de vivre en meilleure santé physique et mentale.

Ce colloque a pour objectif de susciter de nouvelles collaborations autour de six thèmes : santé au travail et santé environnementale, santé mentale, santé familiale (parents-enfants), arts, créativité et santé, gouvernance, innovation et santé. En outre, le colloque de l’ISS vise pour chacun des séminaires : la diffusion et la mise en commun des recherches des conférenciers et de leurs collaborateurs, la clarification des enjeux communs de recherche pour la thématique partagée par les membres d’un séminaire, l’identification de pistes de collaboration, de recherche et de développement avec les acteurs de la communauté et l’évaluation de la contribution de la recherche à l’amélioration de la santé et de la société. La synthèse des travaux et réflexions menés dans chacun des ateliers fera l’objet d’une plénière.

Dates :
Responsables :

Programme

Communications orales

Mot de bienvenue - Contribution de la recherche au développement de la santé et de la société


Communications orales

Journée en santé au travail et santé environnementale : santé au travail

  • Activités de transmission de connaissances et de construction des compétences, entre personnes d'âges et de genres différents dans deux résidences pour jeunes en difficulté
    Céline Chatigny (UQAM - Université du Québec à Montréal), Karen MESSING (UQAM - Université du Québec à Montréal), Aurélie TONDOUX (UQAM - Université du Québec à Montréal)
  • Le conflit de valeurs au travail : comment réduire la souffrance ?
    Isabelle Hudon (Université Laval)

    Bien qu'inhérent à toute vie organisationnelle, le conflit de valeurs au travail, lorsqu'il est mal vécu, peut avoir des conséquences néfastes sur le bien-être psychologique des personnes. En effet, affectant le sens donné au travail, le conflit de valeurs peut entraîner une souffrance importante, d'autant plus que le travail occupe une place centrale dans la société contemporaine. En plus d'être un lieu de développement identitaire et d'intégration sociale, le travail est au cœur de la quête existentielle des individus. Une exacerbation des contradictions et paradoxes au travail, ainsi qu'une plus grande pression à la performance contribueraient actuellement à amplifier les conflits de valeurs qui y sont vécus. C'est sur cette problématique complexe que porte la recherche dont certains résultats seront présentés ici. L'objectif général était de connaître l'expérience que les personnes ont des conflits de valeurs et plus spécifiquement les situations organisationnelles dans lesquelles les conflits de valeurs les plus importants pour elles sont vécus, leurs réactions aux conflits de valeurs vécus, comment les personnes résolvent les conflits de valeurs, ainsi que l'influence de tels conflits sur elles et leur rapport au travail. Dans le cadre de la communication au colloque, il s'agira de présenter les résultats axés sur les comportements et les conditions de travail identifiés comme contribuant à mieux vivre les conflits de valeurs.

  • Différences d'exposition au job strain entre pays européens et régimes de protection sociale
    Jean-François CHASTANG (INSERM - Institut national de la santé et de la recherche médicale), Isabelle NIEDHAMMER (INSERM - Institut national de la santé et de la recherche médicale), Damien SAUZE (Université de Bourgogne), Serge SULTAN (Centre de recherche du CHU Sainte-Justine), Hélène Sultan-Taïeb (INSPQ - Institut national de santé publique du Québec), Boris VIEILLARD (Ministère du Travail, de l'Emploi et de la Santé, France)

    L'objectif est d'explorer la validité d'une mesure du job strain, défini par la combinaison d'une demande psychologique élevée et d'une faible latitude décisionnelle, afin de comparer les prévalences d'exposition au job strain dans 27 pays européens et d'examiner le rôle des régimes de protection sociale dans les différences d'exposition entre pays. L'étude est basée sur les données de la 4e enquête européenne sur les conditions de travail en 2005. L'échantillon aléatoire est composé de 9953 hommes et 11462 femmes salariés dans 27 pays européens. Deux mesures de l'exposition au job strain ont été élaborées. Des analyses de régression logistique multiniveaux ont été menées avec plusieurs variables de contrôle. Les deux mesures du job strain ont des propriétés psychométriques satisfaisantes: cohérence interne, corrélations et validité factorielle. Des différences significatives d'exposition au job strain sont observées entre pays. La prévalence d'exposition la plus basse est observée en Suède et la plus élevée en Grèce. Travailler dans un régime de protection sociale du Sud, de l'Est ou Bismarkien est associé à une plus forte prévalence d'exposition pour les hommes. Les régimes de protection sociale contribuent à expliquer les différences d'exposition au job strain entre les pays, particulièrement chez les hommes. Cette étude fournit une aide à la décision pour l'orientation des politiques de prévention visant à améliorer les conditions de travail au niveau européen.

  • Pause
  • Traduction et mise en œuvre de la promotion de la santé pour le personnel de l'OMS à un hôpital promoteur de santé (HPS) montréalais
    Nadine Martin (UQAM - Université du Québec à Montréal), Lise RENAUD (UQAM - Université du Québec à Montréal), Jacques RHÉAUME (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Plusieurs auteurs et acteurs soulignent l'importance d'agir pour améliorer les conditions et les environnements de travail au sein des hôpitaux pour le personnel dont sont tributaires à la fois la santé et le bien être des employés mais, également, la qualité des soins. La promotion de la santé au travail (PST) dans les hôpitaux promoteurs de santé montréalais (HPS) pourrait donc s'avérer une solution qui tombe à point. Toutefois, les projets en promotion de la santé rencontrent maints défis et certains disent même qu'ils sont davantage de l'ordre du discours que de la réalité. La PST au sein des HPS à Montréal se veut un changement de paradigme. Ce processus de changement en est donc un de taille surtout au sein d'une grande institution où se côtoie plusieurs cultures et idéologies bien ancrées. Afin d'assurer le déploiement et la pérennité de la PST une convergence est nécessaire tant des acteurs à l'interne que des acteurs à l'externe. À travers cette recherche de type exploratoire, nous tenterons donc d'expliquer les différences et les convergences qui révèlent les écarts et les similitudes entre le discours initial et les discours opérationnels. Nous nous attarderons, également, aux rôles des représentations sociales sur la mise en œuvre de la promotion de la santé pour le personnel, notamment celles des professionnels œuvrant dans le milieu de la santé, qui sont très peu documentées ainsi que de leurs impacts potentiels sur la pérennité de ce projet d'envergure.

  • Est-ce que la santé est dans le pré ? Résultats d'une enquête sur la santé psychologique d'agriculteurs du Québec, de la France et de la Suisse
    Ginette Lafleur (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Le métier d'agriculteur a toujours comporté des éléments incontrôlables générateurs de stress, ne serait-ce que les caprices de «Mère Nature». Aux facteurs de stress résultant d'un travail à ciel ouvert se sont ajoutés ceux du passage à une agriculture de performance, qui plus est, sujette à diverses réglementations gouvernementales et contestations de citoyens (Fraser et al., 2005; Gregoire, 2002; Raine, 1999). Les agriculteurs des deux côtés de l'Atlantique vivent une période de restructuration, dont l'intensification de la production et la réduction drastique du nombre de fermes n'en sont que deux manifestations. En outre, l'évolution du travail agricole vers une mécanisation croissante, combinée à une diminution constante de la population agricole, contribue à accentuer l'isolement de ce groupe social (Barbançon, 2002; Stark et al., 2006; Sturgeon & Morrissette, 2010). Ces nombreuses transformations dans l'exercice du métier d'agriculteur ont un impact sur la santé mentale de ces derniers. Quels sont les agriculteurs plus vulnérables au stress, à la détresse et aux pensées suicidaires? Comment peut-on venir en aide à ces producteurs agricoles en difficulté? Notre étude s'est penchée plus précisément sur la situation des producteurs de lait de la Suisse romande, de la France (Franche-Comté) et du Québec. Un questionnaire a été administré à 1826 producteurs dans le but d'augmenter les connaissances sur la santé mentale et la problématique de suicide en milieu agricole.

  • Outils de formation et d'intervention en ergonomie participative : une approche systémique
    David Antle (Université McGill), Julie N. CÔTÉ (Université McGill), Nicole VÉZINA (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    L'intervention d'ergonomie participative présentée a adopté une approche systémique afin de prendre en compte les facteurs physiques, cognitifs, psychologiques et socio-organisationnels des situations de travail. Cette intervention s'est appuyée sur les savoirs des interlocuteurs clés d'un milieu de travail et a visé le développement de leurs capacités à prévenir les problèmes de santé. Elle a été l'occasion d'améliorer des outils de formation et d'intervention en ergonomie participative développés par des chercheurs de Memorial University et de l'UQAM. L'intervention a eu lieu dans une usine de fabrication de barres tendres où un groupe-ergo a été formé. Une formation basée sur 12 modules a précédé le suivi étape par étape d'un processus d'intervention où d'autres personnes concernées pouvaient être impliquées : préparer, investiguer, diagnostiquer, proposer des solutions, échanger, implanter, évaluer. Le groupe-ergo a ainsi complété deux interventions sur les lignes de production et ont adapté neuf postes de bureau. Dans la présentation, nous verrons comment le groupe-ergo a été formé et quels sont les savoirs clés acquis et utilisés par les participants. Certaines solutions développées par le milieu seront détaillées. Nous discuterons comment les capacités des acteurs ont augmenté et changé la culture de l'entreprise, quelles améliorations des outils de formation suggère cette intervention et quels sont les avantages et les limites de ce type d'approche.

  • Conciliation travail-vie personnelle et horaires variables et imprévisibles générés par ordinateur dans le commerce de détail
    Stéphanie BERNSTEIN (CINBIOSE - Centre de recherche interdisciplinaire sur la biologie, la santé et l'environnement), Vanessa COUTURE (CINBIOSE - Centre de recherche interdisciplinaire sur la biologie, la santé et l'environnement), Karen Messing (UQAM - Université du Québec à Montréal), Louis-Martin Rousseau (Polytechnique Montréal), France TISSOT (INSPQ - Institut national de santé publique du Québec)

    Dans le secteur du commerce de détail, les horaires sont souvent générés par des logiciels qui tiennent compte de la variation dans les prévisions de vente. Les horaires qui en résultent sont variables et imprévisibles, ce qui impose au personnel des efforts considérables de conciliation avec leur vie personnelle. À la demande de la FTQ, une équipe d'ergonomes, de juristes et d'experts en recherche opérationnelle a effectué une recherche pour déterminer s'il serait souhaitable d'inclure les préférences d'horaire des personnes employées dans le déploiement du logiciel qui élabore les horaires. Nous avons observé le travail, interviewé des gestionnaires, examiné les conventions collectives, et administré un questionnaire à 550 personnes salariées. Un tiers des répondants-es rapporte de la difficulté à concilier le travail et la vie personnelle, plus souvent les femmes et les personnes ayant des responsabilités familiales. Le fait d'avoir pensé à quitter le présent emploi était fortement associée à la difficulté de la conciliation, l'insatisfaction avec le nombre d'heures travaillées, et l'iniquité perçue dans la gestion des horaires. Les préférences en matière d'horaires sont suffisamment diversifiées pour permettre de les incorporer dans le logiciel. Ce serait aussi souhaitable d'agir sur les absences imprévues, les disparités entre statuts d'emplois, le nombre insuffisant d'employés, le délai d'affichage des horaires, et l'étendu des heures d'ouverture des magasins.

  • Dîner

Communications orales

Penser les liens entre santé mentale et société aujourd'hui

Présidence : Marie-Chantal Doucet (UQAM - Université du Québec à Montréal)
  • Mot de bienvenue
    Marie-Chantal Doucet (UQAM - Université du Québec à Montréal)
  • Droit et violence symbolique en santé mentale. Tribunaux, formalisme et diffusion des diagnostics psychiatriques
    Emmanuelle Bernheim (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    La judiciarisation de l'internement implique une redéfinition à la fois conceptuelle et paradigmatique des enjeux, qui ne sont plus seulement cliniques mais bien juridiques et qui n'ont plus seulement trait à la protection des personnes mais plutôt des droits. Le rôle des tribunaux est évidemment central: il s'agit de protéger des droits de la personne, notamment en évacuant des décisions les dimensions clinique ou sociale. En effet, l'intervention d'un tiers impartial n'a plus de sens si elle n'implique pas une rupture épistémologique avec les autres formes de prise de décision. Pour ma recherche, j'ai rencontré en entretien et en observation des juges de la cour du Québec afin de mieux connaître les motivations de leurs décisions. Mes conclusions sont à l'effet que le manque de structure du droit substantiel et procédural confine le tribunal dans un rôle formaliste de vérification et d'authentification des rapports psychiatriques. Dans ce contexte, l'audience – plutôt que de constituer un moment citoyen de revendication des droits – devient le lieu de la consécration du diagnostic et consiste en un processus d'étiquetage. Cette mise en scène des droits et du droit est un moyen de violence symbolique (Bourdieu et Passeron, 1970; Bourdieu, 1998) par lequel les inégalités et les rapports de force sont reproduits.

  • La question de l'intégration sociale. Normalité, société et violence
    Éric Gagnon (CSSS - Centre de santé et des services sociaux de la Vieille-Capitale)

    L'étude du lien entre la santé mentale et la société tourne autour de la question de l'intégration sociale. Deux grandes perspectives dominent en effet la réflexion. La première s'intéresse au défaut d'intégration, à ce qui provoque la rupture, favorise la folie, la désocialisation et la déstructuration; elle cherche ce qui a manqué dans la socialisation, l'encadrement, les institutions (famille, école, travail, etc.). Le diagnostic en est un de dysfonction ou d'anomie. La seconde perspective s'intéresse plutôt à l'excès de normalisation, aux critères de normalité qui excluent, poussent à la marge, au caractère arbitraire, contraignant et intolérant des normes. Le diagnostic en est un d'exclusion. Dans un grand nombre d'études, les deux perspectives se confondent ou se superposent. Si elles s'opposent sur plusieurs points, elles sont aussi complémentaires et partagent les mêmes interrogations touchant la désaffiliation, le normal et l'autonomie. Elles conduisent également toutes les deux à la question de la violence. C'est ce que je chercherai à montrer.

  • Pause
  • L'individu pathologique : une stratégie bio-politique
    Katharine Larose-Hébert (Université d’Ottawa)

    L'individualisation de la condition humaine fut accompagnée de transformations profondes dans les façons de « faire société ». De telle sorte que le lien social se retrouve tantôt effrité, tantôt tendu, occasionnant un accroissement considérable de la responsabilité individuelle. Dans ce contexte, l'individu est appelé à être autonome, voire « total », contenant en son intériorité, sa vérité sur lui-même, ainsi que l'ensemble des ressources nécessaires à son accomplissement personnel. La connaissance de soi devient par conséquent un devoir, étant présentée comme l'unique voie d'accès au bien-être. Toutefois, face à cet univers des possibilités démultipliées, le réel prend peu à peu l'aspect d'un fardeau insoutenable. Ce déplacement vers l'intérieur engendre donc un certain malaise identitaire qui s'insère aisément dans le discours de la souffrance et qui se traduit par l'émergence de nouvelles demandes sociales liées à son « soulagement ». L'homme ordinaire devient pathologique, malade de ses limites, qu'il cherche désespérément à repousser. C'est à travers cette quête normative vers la santé mentale que se glissent les tentacules du pouvoir, à même le corps, à même la vie de l'individu en proie à une souffrance structurellement constituée pour camoufler les inégalités sociales et les injustices que l'organisation de la société génère. Cette valorisation démesurée de la santé mentale est par conséquent une stratégie bio-politique, tel qu'entendu par Michel Foucault.

  • Santé mentale au Québec : quand médicaliser les problèmes sociaux devient la norme
    Marie CADOTTE-DIONNE (Réseau québécois d'action pour la santé des femmes), Christelle CASSAN (Réseau québécois d'action pour la santé des femmes), Isabelle Mimeault (Réseau québécois d'action pour la santé des femmes)

    La présentation portera sur les résultats de la recherche Santé mentale au Québec : les organismes communautaires de femmes à la croisée des chemins (2011), réalisée auprès d'organismes membres du Réseau québécois d'action pour la santé des femmes (RQASF). Le RQASF a voulu répondre aux questions suivantes : les besoins des femmes qui fréquentent les groupes membres du RQASF ont-ils changé ces dernières années? Dans l'affirmative, quelles sont les causes de ces changements et quels en sont les impacts sur les modes d'interventions et la mission des organismes? Soixante-quinze organismes communautaires de femmes à travers tout le Québec ont participé à cette recherche en répondant à des questionnaires postaux, ou en se prêtant à des entrevues individuelles et de groupes. Les résultats révèlent une augmentation des problèmes sociaux, de la détresse, des problèmes de santé mentale et une consommation élevée de médicaments chez les femmes qui fréquentent ces organismes. Cette situation entraine des conséquences sur le travail des intervenantes dont la charge et la multiplicité des tâches deviennent exponentielles. L'exposé permettra de présenter les impacts des conditions de vie des femmes sur leur santé mentale et de situer notre approche globale et féministe de la santé dans le contexte de la médicalisation croissante des problèmes sociaux.

  • Sociologie des problèmes de santé mentale dans les sociétés d'individualisme de masse
    Marcelo Otero (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Les névroses sont aujourd'hui empiriquement incarnées par les anxiodépressions tandis que les psychoses le sont par les schizophrénies et les troubles graves de la personnalité. Sociologiquement parlant, un problème de santé mentale peut être compris de manière générale comme l'imbrication historiquement volatile de deux dimensions à la fois empiriques et théoriques : le «mentale pathologique» et le «social problématique». Même si la première semble le domaine d'étude des disciplines psycho-médicales et la deuxième des disciplines anthropo-sociologiques, ces deux dimensions sont intimement liées à l'individualité ordinaire. Les sociétés contemporaines d'individualisme et de singularisme de masse offrent un contexte stimulant pour repenser les rapports entre problèmes de santé mentale et problèmes sociaux qui aujourd'hui semblent plus imbriqués que jamais.

  • Dîner
  • L'autogestion de la santé : redonner du pouvoir aux personnes souffrant de dépression
    Janie Houle (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    La dépression est le trouble mental le plus répandu au sein de la population québécoise. En raison de sa forte récurrence, la dépression est désormais considérée comme une maladie chronique dont il faut prévenir la rechute. En favorisant l'acquisition des connaissances et des habiletés nécessaires pour s'impliquer dans son rétablissement et prendre soin de sa santé au quotidien, les approches de soutien à l'autogestion visent à redonner du pouvoir aux personnes souffrant de dépression. L'autogestion de la santé implique de bien se connaître, d'évaluer régulièrement son état de santé, de choisir des comportements favorables à la santé ou au rétablissement et de les mettre en œuvre de manière efficace. Au cours de cette présentation, différentes approches de soutien à l'autogestion de la dépression seront décrites et leur efficacité discutée à la lumière des résultats des recherches évaluatives. Les limites et les forces de cette approche seront abordées dans le contexte actuel des soins de santé de première ligne.

  • L'étude des stratégies individuelles et collectives dans le travail de deuil en contexte de traumatisme collectif : enjeux théoriques, méthodologiques et éthiques
    Annie Jaimes (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Près de deux ans après le séisme du 12 janvier 2010, le travail de (re)construction physique et psychique d'Haïti est loin d'être terminé. Déjà éprouvé par une histoire de violence structurelle et de souffrance sociale, le pays s'est retrouvé en «crise aiguë sur fond de problématique chronique». D'après l'Organisation Mondiale de la Santé, il n'y a pas de santé globale sans prise en compte du lourd fardeau - souvent ignoré - des problèmes de santé mentale. Mais comment mettre sur pied des interventions en santé mentale qui tiennent compte des dimensions individuelles et collectives de la souffrance, qui se fondent sur les conceptions locales de la santé mentale et qui s'appuient sur les forces et des modes d'actions propres à une collectivité? Élaboré en dialogue avec une ONG œuvrant en Haïti depuis 25 ans, mon projet de recherche se penche sur l'expérience de femmes haïtiennes ayant vécu des deuils en contexte traumatique et explore les stratégies individuelles et collectives qu'elles déploient pour faire face à l'adversité. Afin de réaliser ce projet, je m'inspire de perspectives anthropologiques et psychodynamiques, qui s'intéressent bien différemment aux liens entre l'individu, la santé mentale et le social. Dans cette communication, je présenterai certains des enjeux méthodologiques, théoriques et éthiques rencontrées dans la préparation de ma recherche portant sur un phénomène à l'interstice entre l'expérience subjective et sociale de la souffrance.

  • Discours contemporains sur l'empowerment : une réflexion critique des enjeux pour l'intervention et la recherche
    Marie-Pier Rivest (Université d’Ottawa)

    L'empowerment est un concept mouvant qui, dans le domaine du travail social, a de réelles répercussions sur la vie des usagers de services en santé mentale. Avec la publication en 2009 du document Vers le rétablissement et le bien-être par la Commission de la santé mentale du Canada, l'empowerment devient sans équivoque la voie de légitimation par excellence des interventions effectuées dans le domaine. D'emblée, ce concept apparaît comme une valeur à privilégier, en raison de son immense potentiel transformateur. Toutefois, une analyse plus approfondie de l'empowerment permet de déceler certaines failles sur lesquelles il importe de se pencher. Ainsi, cette communication scientifique posera dans un premier temps les jalons nécessaires à un regard critique sur l'empowerment, concernant notamment les questions liées à la définition, à la polysémie du terme, ainsi qu'aux enjeux de pouvoir des relations fondées sur ce concept. Dans un deuxième temps, nous adresserons les implications épistémologiques et méthodologiques reliées à l'étude de l'empowerment, et ce, en lien avec le champ de la santé mentale.

  • Retour sur la journée
    Marie-Chantal Doucet (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Communications orales

Journée en santé au travail et santé environnementale : santé environnementale

Présidence : Lise Parent (TÉLUQ - Université du Québec)
  • L'exploration des perceptions et des initiatives qui promeuvent le cyclisme utilitaire au sein de la région métropolitaine du Grand Moncton au Nouveau-Brunswick
    Pascal Sirois (Université de Moncton)

    La surutilisation de la voiture précarise les capacités de résilience humaine. Un milieu centré sur le transport automobile subira les répercussions d'une croissance de la demande énergétique. De plus, la voiture expose les conducteurs à des concentrations exagérées de polluants comparativement aux usagers du transport non motorisé, sans oublier la contribution aux gaz à effet de serre. Ainsi, la transition d'habitudes de conduite à des habitudes de transport non motorisé, particulièrement le cyclisme utilitaire, permettrait de réduire les coûts sociaux d'un individu. Des initiatives peuvent valoriser cette transition, notamment: la mise en place d'infrastructures, le développement d'activités communautaires et l'instauration de politiques. Cette étude a évalué les mesures qui valorisent le transport non motorisé au sein de la région métropolitaine du Grand Moncton au Nouveau-Brunswick où des efforts de promotion du cyclisme utilitaire ont été amorcés. Pour ce faire, un sondage électronique a été complété par des habitants de la région, des entrevues ont été réalisées avec la participation de cyclistes utilitaires ainsi qu'un groupe de discussion. Les inhibiteurs identifiés par les participants varient selon le mode de transport utilisé. Il est possible d'affirmer que les initiatives mises de l'avant au sein de la région ont permis de légitimer le cyclisme utilitaire, cependant elles ne sont pas efficaces à promouvoir le cyclisme utilitaire chez les automobilistes.

  • Bien-être et stresseurs environnementaux persistants : vers une meilleure compréhension des modalités de régulation
    Chantal AUROUSSEAU (UQAM - Université du Québec à Montréal), Richard Rioux (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Dans le cadre de notre mémoire, nous tentons de révéler la structure sous-jacente des réactions de citoyens exposés à un stresseur environnemental persistant. Le stresseur en question est un dépotoir situé à proximité d'un quartier résidentiel. La pertinence de cette analyse tient entre autres aux résultats peu prévisibles compte tenu du devis méthodologique pourtant élaboré avec des partenaires locaux. Au départ, nous pensions que les irritants environnementaux généreraient un niveau élevé de détresse, voire des conflits familiaux. Toutefois, les résultats ont surtout fait poindre les modalités de régulation mises en place par les citoyens, l'équilibre construit dans les couples et l'inhibition conséquente au manque d'information ou de choix. L'analyse met en lumière le choix des modalités d'ajustement à la situation (régulation) pour chaque participante et participant. Lors de la cueillette de données, nous avons rencontré, un nombre semblable d'hommes (9) et de femmes (11) parmi lesquels se trouvent quatre couples. Le matériel colligé via des entrevues individuelles et des données sociodémographiques et de santé, révèle une structure émergeante des choix de modalités de régulation en lien avec leurs effets sur le bien-être et la qualité de vie. Des particularités selon le genre et les interactions avec l'environnement social (couple, famille, amis et voisins) apparaissent.

  • La reconnaissance d'une maladie en émergence : le cas des hypersensibilités environnementales
    Andrée BOURBEAU (UQAM - Université du Québec à Montréal), Marie-Ève BRODEUR (UQAM - Université du Québec à Montréal), Rachel Cox (UQAM - Université du Québec à Montréal), Myriam MATTE (Université d’Ottawa), Lise PARENT (TÉLUQ - Université du Québec), Rohini PERIS (Association pour la santé environnementale du Québec)

    Bien qu'elles soient reconnues comme une maladie dans plusieurs pays, au Québec, la reconnaissance médicale et scientifique des hypersensibilités environnementales se fait lentement. Au plan juridique, le traitement des hypersensibilités environnementales est variable. Dans le domaine de la reconnaissance des lésions professionnelles, une série de causes impliquant des preuves factuelles irréfutables relatives au lien entre la manifestation des hypersensibilités environnementales et une exposition toxique au travail ont été entendues. Aujourd'hui, un diagnostic d'hypersensibilité ne constitue pas en soi un obstacle à l'admissibilité d'une réclamation à la CSST. Toutefois, ce n'est pas toutes les personnes atteintes qui le deviennent en lien avec leur travail. De plus, étant donné le nombre restreint de médecins prêts et qualifiés à poser un tel diagnostic et à traiter les personnes atteintes, même leur droit à l'indemnisation en lien avec leur travail a un caractère illusoire. Tout porte à croire que les hypersensibilités environnementales constituent un handicap au sens de la Charte des droits et libertés de la personne, mais il n'existe pas encore de jurisprudence à ce sujet. Les décideurs de la Régie du logement semblent également peu sensibilisés à l'existence des hypersensibilités environnementales. Comment les décideurs dans différents domaines du droit composent-ils avec l'incertitude scientifique et médicale entourant les hypersensibilités environnementales?

  • Comprendre et agir sur les problèmes relatifs aux interactions entre la santé et l'environnement : les propositions des approches écosystémiques de la santé
    Mélanie LEMIRE (Université Laval), Lise PARENT (TÉLUQ - Université du Québec), Céline SURETTE (Université de Moncton), Johanne Saint-Charles (UQAM - Université du Québec à Montréal), Cathy VAILLANCOURT (INRS - Institut national de la recherche scientifique)

    Il est presque un truisme de dire que les approches scientifiques et disciplinaires traditionnelles ne permettent plus de répondre aux questions soulevées par les problèmes complexes et pernicieux relatifs aux interactions entre la santé et l'environnement. Un tel constat a conduit à l'émergence d'approches plurielles faisant appel, entre autres, à l'interdisciplinarité, à la prise en compte des savoirs locaux et à des méthodologies mixtes. S'inscrivant dans cette mouvance, les approches écosystémiques ont émergé depuis les 30 dernières années en proposant une manière de faire la science qui s'appuie sur une vision d'une société plus équitable. Cette communication vise à présenter ces approches, reconnues comme jalon de la santé publique au Canada, leurs forces, leurs défis, mais aussi leurs limites.

  • Pause
  • Panel, intégration santé au travail et santé environnementale
    Johanne Saint-Charles (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Nombre de problématiques rencontrées en santé environnementale se retrouvent aussi en milieu de travail. Toutefois, les collaborations et les partages de savoirs entre les deux domaines demeurent rares. Lors de ce panel, Élise Ledoux, chercheuse à l'IRSST et Anne Rochon Ford, directrice exécutive du Réseau canadien pour la santé des femmes ouvriront la discussion en présentant les problématiques spécifiques qu'elles ont rencontrées dans leurs recherches et interventions. Les participants et participantes seront ensuite invités à discuter des problématiques émergentes au confluent de santé environnementale et de santé au travail et des pistes de collaboration entre les spécialistes des deux domaines. Le panel sera animé par Johanne Saint-Charles, directrice du Cinbiose, un centre de recherche en santé environnementale et santé au travail.


Communications orales

Santé, famille et société

  • Mot de bienvenue
    Nathalie Bigras (UQAM - Université du Québec à Montréal)
  • Le nouveau couple à la recherche de l'amour et du bonheur : mythes, fantasmes et idéalisation dans une relation sur le mode fraternel
    Marie Hazan (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Le nouveau couple est à la recherche de l'amour et du bonheur et la vie en couple suscite aujourd'hui une immense attraction. Porteur de projets et garant de l'identité subjective, il se constitue comme idéal, ce qui rend la vie difficile aux amoureux. Il faut être amoureux pour vivre une relation parfaite, en vue du bonheur. C'est la construction de son identité qui est en cause dans ce jeu de miroir, le fil de Soi (de Singly) qu'il ne faut pas rompre, sinon le pacte est rompu, on repart pour de nouvelles aventures, à la recherche d'un autre idéal fusionnel !

    Au moment où le nombre de mariages diminue, où la durée de vie du couple semble raccourcir et les candidats au voyage amoureux difficiles à trouver, ceux qui aspirent au couple et l'amour cherchent plus encore passionnément l'âme sœur.

    La quête de l'amour et du bonheur dans le couple et la croyance en son éternité ne se démentent pas et se reportent d'une relation à l'autre. Cela met une grande pression sur le couple, qui a de la difficulté à maintenir le cap dans une certaine continuité, y compris dans la sphère familiale. Cela crée conflits, blessures et déchirements.

    La différence des sexes est elle aussi mise à l'épreuve dans la mesure où elle peut être déniée : d'abord dans la relation intime d'échange et de partage que je qualifierai de fraternelle entre les conjoints, ensuite dans les rapports sociaux qui supposent réglée la domination masculine, ce qui ne semble pas encore tout à fait le cas. Hélas!

  • Promouvoir une grossesse en santé
    Geneviève BEAUDET-HILLMAN (CHUM - Centre hospitalier de l'Université de Montréal), Sabrina Ourabah (CHUM - Centre hospitalier de l'Université de Montréal)
  • La santé des familles d'enfants handicapés : des priorités de soutien
    Pauline Beaupré (UQAR - Université du Québec à Rimouski), Pascale MARIER (CIRRIS - Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale), Sylvie Tetreault (Université Laval)

    Les parents d'enfants handicapés et les autres membres de la famille sont confrontés à des situations stressantes, dues notamment à une offre restreinte de services et aux difficultés de conciliation travail/famille. Le contexte s'avère peu favorable à la prise en charge globale et partagée des besoins de l'enfant, à la fois par la famille, le réseau scolaire et celui de la réadaptation. Force est de constater qu'en plus de ressentir de l'épuisement, plusieurs familles, surtout les mères, sont souvent isolées. Ces situations font en sorte qu'elles sont plus à risque de développer des problèmes de santé physique et psychologique. Afin d'identifier des pistes de soutien préventives pour leur venir en aide, une vaste enquête a été réalisée au moyen de différentes sources d'informations (analyse de pratiques sociales en place dans plusieurs pays, entrevues, questionnaires, forums communautaires réalisés à travers le Québec). Elle a permis d'identifier sept pistes d'action à privilégier. La pertinence de celles-ci et leur mise en place sont présentées et discutées.

  • L'expérience et le bien-être des parents de jeunes enfants autistes
    Nadia ABOUZEID (UQAM - Université du Québec à Montréal), Isabelle COURCY (UQAM - Université du Québec à Montréal), Catherine Des Rivières-Pigeon (UQAM - Université du Québec à Montréal), Gabrielle SABOURIN (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Dans le cadre de cette communication, nous présentons les résultats de notre recherche effectuée auprès de familles québécoises de jeunes enfants autistes. Cette étude visait à décrire la situation de ces familles et à relever les facteurs associés au bien-être des mères et des pères de jeunes enfants autistes au Québec. Des questionnaires postaux ont été complétés par 180 parents, soit 114 mères et 66 pères. Différents aspects de la vie des parents ont été analysés dont la détresse psychologique, la perception de santé physique, le réseau de soutien des familles, la situation d'emploi, les caractéristiques de l'enfant et la présence ou non d'une intervention spécialisée pour l'enfant. Les résultats révèlent des niveaux de détresse élevés chez près de 40 % des mères et 15 % des pères de notre échantillon. De plus, le tiers des parents, soit 25 % des mères et 32 % des pères, rapportaient un état de santé « moyen » voire même « mauvais ». Les analyses statistiques nous ont également permis d'identifier plusieurs facteurs associés au bien-être des pères et des mères. Certains d'entre eux se sont révélés différents selon le sexe du parent. Ces résultats seront plus amplement présentés. Nous discuterons également de l'importance d'utiliser une perspective de genre lorsqu'il s'agit d'analyser l'expérience et le bien-être des mères et des pères d'enfants autistes.

  • Pause
  • Rôle de la musique dans le développement global de l'enfant et la parentalité positive
    Debbie Carroll (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    La recherche sur le cerveau et sur la petite enfance suggère que la musique est innée (Peretz & Zatorre, 2009; Malloch & Trevarthen, 2009; Trehub, 2006), ce qui peut expliquer notre fascination pour la musique et ses bienfaits sur tous les niveaux - affectif, social, cognitif, moteur et spirituel. Les toutes premières interactions parent-enfant sont de nature musicale, ainsi permettant au parent de tisser des liens avec le bébé dans un environnement sonore de détente et chaleur affective propice à son bien-être. Par ailleurs, l'attachement ainsi créée avec l'enfant, peut semer les graines nécessaires à un développement sain et robuste. Dans cette communication, un survol multidisciplinaire des études portant sur les neurosciences, la musicothérapie, le développement de l'enfant et la parentalité positive mettra en évidence le rôle central de la musique dans la promotion de la santé et du bien-être dans la famille. Un regard particulier sera porté sur des programmes de musicothérapie - ici et à l'étranger- centrés sur l'intervention précoce et le soutien à la parentalité, surtout auprès des familles à risque à cause de divers facteurs handicapants (i.e., maladie, violence, stress, dépression).

  • Utilisation du modèle écosystémique de la qualité des services de garde éducatifs pour soutenir le développement des enfants qui les fréquentent
    Nathalie Bigras (UQAM - Université du Québec à Montréal), Lise LEMAY (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    L'environnement familial est le premier dans lequel les jeunes enfants évoluent et son influence est indéniable. Cependant, 67,3% des enfants de moins de 5 ans seraient gardés régulièrement dans un mode de garde régis ou non régis au Québec [1]. Le service de garde est désormais le deuxième milieu de vie en importance pour bon nombre d'entre eux. Ainsi, sa fréquentation pourrait complémenter la famille dans son rôle de soutien au développement des enfants. Cette communication présentera une synthèse des recherches récentes sur les effets de la fréquentation des services de garde éducatifs (SGÉ) pour le développement des enfants. Nous y ferons état de bénéfices aux niveaux cognitif, langagier, affectif, socioémotionnel et moteur notés lorsque la qualité des services offerts est élevée [2]. Nous soulignerons ensuite que ces niveaux de qualité des processus seraient plus facilement atteints lorsque les pratiques du personnel sont soutenues par la qualité structurelle (p. ex. la taille des groupes, le rapport éducatrice-enfants, la formation du personnel éducateur, etc.) [2]. Dans cet optique, nous présenterons une adaptation du modèle écosystémique du développement de Bronfenbrenner [3], le modèle écosystémique de la qualité [4] qui permet d'organiser les variables du SGÉ possiblement associées au développement de l'enfant de manière à tenir compte de la complexité des sources pouvant l'influencer et que l'on doit considérer dans les politiques, la recherche et la pratique [5].

  • L'approche réflexive appliquée à la recherche sur les pratiques sociales : une voie prometteuse
    Jean-Martin Deslauriers (Université d’Ottawa)
  • Mot de la fin
    Nathalie Bigras (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Cocktail

Cocktail

Communications orales

Arts, créativité et santé

Présidence : Debbie Carroll (UQAM - Université du Québec à Montréal)
  • Mot de bienvenue
    Debbie Carroll (UQAM - Université du Québec à Montréal)
  • La musique et la musicothérapie au service du développement de l'enfant
    Sylvie Ouellet (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

    Cette communication, de type interactive, abordera les thèmes liés à l'incidence de la musique et du son sur le développement de l'enfant. Ses principaux objectifs sont : 1) développer des connaissances sur les effets de la musique et de la musicothérapie, 2) discuter de l'apport de la créativité, et en particulier de la musique, en psychologie et psychopédagogie, et finalement, 3) découvrir, par les travaux de recherche, les effets de la musique sur le développement des potentialités des enfants ayant un retard de développement ou des difficultés scolaires. Avant même la naissance, l'enfant est exposé au son, à la voix humaine et aux bruits qui l'entourent. Son environnement sonore est une source de grande stimulation lui permettant d'être en relation avec le monde. Il est reconnu que la musique est un langage universel qui permet de développer des aspects de la communication et créer le lien social. Depuis le milieu du XXe siècle, les approches psychomusicales et la musicothérapie se sont développées et sont de plus en plus reconnues, en éducation, en psychologie et dans les domaines de la santé et des sciences sociales. Cette présentation souhaite mettre en lumière le puissant pouvoir de la créativité, et en particulier de la musique, pour soutenir les interventions en psychothérapie et en psychopédagogie, plus précisément auprès des enfants vivant des retards de développement ou des difficultés scolaires.

  • Musique, musicothérapie, créativité et santé : recherche et pratique
    Debbie Carroll (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Dans cette présentation, les vertus thérapeutiques et créatives de la musique, en particulier le jeu actif musical, sera abordé. Un bref survol des recherches et des pratiques en musicothérapie dans les milieux hospitaliers, scolaires et communautaires mettra en lumière le rôle central de la musique comme agente de changement et de bien-être. Grâce à son appel naturel et immédiat, la musique peut être une source de plaisir et de motivation pour l'individu à s'impliquer d'une façon active et créatrice dans son propre processus de changement. Le jeu musical peut révéler les aspects sains et positifs de la personne. Dans l'acte créatif, la personne peut dégager et rediriger son énergie créatrice, se reliant au refoulement des sentiments et conflits. Jouer ensemble aide à établir différents rapports entre soi et le monde externe, déclenchant ainsi une prise de conscience de soi et des autres, car le jeu musical peut refléter qui nous sommes dans l'ici et le maintenant, notre relation au monde et comment nous nous sentons à travers le temps. Par ailleurs, il stimule l'activité physique et facilite un épanouissement sensoriel. Être dans un état créatif, c'est de vivre une “expérience optimale” (Csikszentmihalyi, 1996), ce qui peut procurer un sentiment de bien-être et une amélioration de la qualité de vie. Puisque la musique existe dans le temps, elle favorise un processus de transformation dans toutes ses formes.

  • Les défis de « sentir » son corps : paroles de femmes souffrant de troubles de comportement alimentaire
    Danièle CHOUINARD CARBAJO (UQAM - Université du Québec à Montréal), Sylvie Fortin (UQAM - Université du Québec à Montréal), Chantal VANASSE (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Dans cette communication, nous rendrons compte des résultats de recherches-actions qui avaient pour but de développer une approche permettant aux personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire, de faire l'expérience d'un rapport au corps plus «senti » et plus «subjectif» et d'en mesurer les impacts possibles sur le trouble alimentaire. Les résultats issus de l'observation participante, d'entrevues et d'écrits autoethnographiques hebdomadaires suite aux séances de mouvements aideront à comprendre la complexité des relations entre corps, identité féminine et normes sociales. Des exemples illustreront comment, par le contact sensible avec le geste, se révèle la prise de conscience de processus de subjectivation et d'objectivation de soi. Nous conclurons en suggérant que, pour ces femmes fragilisées, des pratiques corporelles non thérapeutiques (pratiques dites d'éducation somatique) peuvent être conçues comme un outil d'empowerment pouvant soutenir une résistance au discours dominant imposant une idée fantasmée du corps idéal, souvent loin du corps vécu.

  • L'art de devenir acteur de changement
    Joliane ALLAIRE (Mise au jeu), Luc Gaudet (Mise au jeu)
  • Discussion
  • Pause
  • L'art-thérapie somatique : des pratiques pour diminuer la douleur aiguë et chronique par l'art visuel
    Johanne Hamel (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)

    La communication présentera l'approche de l'art-thérapie somatique, une méthode pour traiter les douleurs aiguës et chroniques, particulièrement dans le contexte des états de stress post-traumatique. Nous citerons les théories sur la dissociation de Levine (1997), de Van der Kolk (1996) et de Scaer (2001) avec lesquelles nous retracerons les liens théoriques avec l'art-thérapie somatique. Nous aborderons également certains principes en neurosciences qui permettent de comprendre le rôle particulier de l'art-thérapie somatique dans le traitement de la douleur. Nous terminerons par l'exposition de quelques méthodes utilisées en art-thérapie somatique.

    Références :

    Hamel, J. (2009). L'art-thérapie somatique. Rationnel d'intervention et méthodes pour aider à guérir la douleur chronique liée aux états de stress post-traumatique. Revue québécoise de psychologie. Vol. 30, #3.

    Hamel, J. (2010). L'art-thérapie somatique. Pour aider à guérir la douleur chronique. Montréal : Quebecor. 2' édition.

  • L'engagement d'enfants dans une activité de création en maison de répit et de soins palliatifs pédiatriques : le point de vue d'étudiants en art
    Mona Trudel (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Un nombre croissant d'artistes investissent des lieux non traditionnels de l'art dans le but d'interagir avec des populations fragilisées. C'est dans cet esprit que nous avons développé un cours d'accompagnement par l'art d'enfants gravement malades qui s'adresse à des étudiants en art de premier cycle qui se destinent en majorité à des carrières de créateurs et d'interprètes. Ces activités se déroulent à domicile depuis 2000, et plus récemment dans une maison de répit et de soins palliatifs pédiatriques mise sur pied par l'organisme le Phare, enfants et familles. Les enfants qui font un séjour de répit dans cette maison sont généralement plus atteints que ceux qui sont visités à domicile ce qui complexifie grandement leur participation à des activités de création. Il sera question dans cette communication des résultats d'une recherche qualitative menée entre 2008 et 2011 dans laquelle nous avons tenté de mieux comprendre les pratiques d'accompagnement par l'art en maison de soins palliatifs pédiatriques. Les résultats mettent en lumière les difficultés rencontrées par les étudiants, les retombées de leurs actions sur les enfants et le milieu, ainsi que le sens que l'expérience prend dans leur parcours académique.

  • La magie de voir la souffrance autrement
    Diane Ranger (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)

    Cette présentation porte sur l'art-thérapie, le processus créatif et le lien avec l'art-thérapeute. Des études de cas montrent comment la personne atteinte de maladie physique ou mentale en vient à accepter sa différence, fait ressortir ses forces , dépasse les préjugés sociaux et enclenche un processus de résilience.

  • Discussion
  • Exercice expérientiel incorporant les arts (art visuel, danse, musique, théâtre)
    Joliane ALLAIRE (Mise au jeu), Danièle CHOUINARD, Debbie Carroll (UQAM - Université du Québec à Montréal), Sylvie FORTIN (UQAM - Université du Québec à Montréal), Luc GAUDET (Mise au jeu), Johanne HAMEL (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue), Sylvie OUELLET (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Diane RANGER (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue), Mona TRUDEL (UQAM - Université du Québec à Montréal), Chantal VANASSE
  • Mot de la fin
    Debbie Carroll (UQAM - Université du Québec à Montréal)
  • Dîner

Communications orales

Gouvernance, innovation et santé

  • Accueil : présentation du contexte et des objectifs du séminaire sur la gouvernance
    Mireille Tremblay (UQAM - Université du Québec à Montréal)
  • L'amélioration des cours d'école du primaire : une préoccupation pour les environnements favorables à la santé des enfants à l'échelle des établissements scolaires
    Gessica Gropp (UQAM - Université du Québec à Montréal)
  • Le développement d'innovation par la « base » : enjeux et défis d'expériences dans le domaine de la jeunesse
    Martin Goyette (ÉNAP - École nationale d'administration publique)
  • Deux modèles d'accompagnement novateurs pour l'adoption de saines habitudes de vie en France et au Québec
    Jean-Pierre AUBRY (University of Maine), Jean P. BOUCHER (UQAM - Université du Québec à Montréal), Sylvain DURAND (University of Maine), Jean-Claude Magny (UQAM - Université du Québec à Montréal), Patrick NÉGARET (Caisse primaire d'Assurance Maladie des Yvelines), Théo VAN BRABANT (Clubs d'éducation à la santé pour une prévention active (CÉSPA))

    Ces deux projets sont partis d'un même constat, à savoir malgré un arsenal technologique sans précédent à notre disposition et des praticiens de santé bien formés, notre système de santé actuel n'arrive pas à répondre à la demande grandissante pour des maladies dites dégénératives. Plusieurs facteurs ne relevant pas directement du domaine biomédical semblent être en cause. Il s'agit en particulier de certains déterminants pouvant détériorer insidieusement l'état de santé, mais que malheureusement aucun système de soins ne peut remplacer à long terme. C'est ainsi que l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) évalue à seulement 15% le rôle joué par les soins dans l'amélioration de l'espérance de vie en bonne santé. On peut donc dire que l'état de santé ou de mieux-être, dépend de 85% d'autres facteurs non biomédicaux, comme les habitudes de vie, la gestion du stress, l'environnement et de bien d'autres. Il devient donc primordial d'encourager les individus à A.G.I.R à savoir Analyser – Gérer – intégrer et Revoir leur mode de vie, par l'acquisition d'aptitudes individuelles en matière d'éducation à la santé. Les projets Santé active (France) et Clubs d'éducation à la santé (Québec) ont pu démontrer leur efficacité auprès de groupes cibles en mettant en place un environnement favorisant un changement de comportement.

  • Pause
  • Pour une gouvernance démocratique : la participation aux comités des usagers ou associations de promotion des droits contribue-t-elle au développement des compétences civiques ?
    Mireille Tremblay (UQAM - Université du Québec à Montréal)
  • Gouvernance et démocratie : la recherche participative en santé et services sociaux comme outils de lutte contre les inégalités
    Jean-François René (UQAM - Université du Québec à Montréal)
  • Comprendre le changement dans les organisations de santé : ce qu'en dit la recherche
    Lise Lamothe (UdeM - Université de Montréal)
  • La participation publique : la complémentarité des regards et des savoirs
    Jean Gagné (TÉLUQ - Université du Québec)
  • Discussion
  • Dîner

Communications orales

Penser les liens entre santé mentale et société aujourd'hui

  • Mot de bienvenue
    Nicolas Moreau (Université d’Ottawa)
  • Quelques notes sur la notion d'implicite
    Robert Sévigny (UdeM - Université de Montréal)

    Je vais d'abord rappeler trois recherches. Une première portait sur l'occultation du social dans les pratiques en occultant des éléments importants des théories. Une seconde portait sur ce que j'ai appelé dans le temps la «sociologie implicite» des intervenants en santé mentale. J'ai repris cette même notion d'implicite dans la recherche sur l'expérience de la schizophrénie en Chine urbaine des années ‘90s. À partir de ces trois moments de recherche, je vais souligner certains enjeux soulevés par cette notion:

    -Plusieurs notions connexes : savoir profane (lay knowledge) ou pratique ; sens commun; savoir expérientiel; savoir substantif; savoir local, indigène ou folk; l'impensé, le non vu ou la mémoire muette; l'emic et l'étic, etc.

    -L'explicite et l'implicite du savoir expert : explicite : le savoir de qui et de quoi au juste?

    -Le couple expérience (la connaissance par le corps (ti-yan) ou le sens (han-yi)

    -L'implicite, le non-dit (han-xi: garder dans sa bouche (han), les affaires importantes -xu)

    -Qu'en est-il du savoir implicite de l'intervenant et des savoirs implicites des sujets eux-mêmes?

    -Viser à tout rendre explicite ou valoriser la place de l'implicite

    -Comprendre le sens ou expliquer «les facteurs déterminants»

    -Expliquer ou traduire l'expérience de l'autre

    -La portée de cette notion est applicable à toutes les approches théoriques, à tous les lieux de pratiques, à toutes les personnesimpliquées dans l'expérience de la santé/maladie mentale.

  • L'identité trans. De la psychiatrie à la santé mentale
    Dominic Dubois (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Historiquement associé à l'univers de la psychopathologie et de la déviance, le phénomène trans – pour transsexualisme, transidentité et identité transgenre – fait aujourd'hui l'objet d'une relecture en termes de droit à la libre expression de l'identité (i.e. de genre), questionnant la légitimité des diagnostics psychiatriques de transsexualisme et de troubles de l'identité. Cette communication vise à examiner la manière dont la problématisation du phénomène trans comme phénomène identitaire, en faisant de l'expérience que l'individu fait de lui-même un principe de découpage normatif, oblige à questionner les frontières usuellement établies entre le normal, l'anormal et le pathologique. Dans cette perspective, si le phénomène trans semble éventuellement voué à « sortir » du noyau dur de la psychiatrie (comme psychopathologie ou comme déviance), sa problématisation en termes d'identité n'est pas sans paradoxalement laisser présager son entrée dans l'univers de la santé mentale, la normalité de l'identité trans ayant comme corollaire les défaillances possibles du projet réflexif d'être soi (Giddens, 2006). En parallèle, il s'agira de questionner l'impact d'une telle transformation sur le dispositif de transition : comment réfléchir les objectifs d'une intervention qui viserait moins, comme dans le modèle psychiatrique, une normalisation identitaire, qu'un support à l'épreuve que les individus font d'eux-mêmes et à la souffrance qui peut en résulter?

  • Pause
  • Problématisation des dimensions psychiques et sociales dans l'intervention en santé mentale, une perspective socioclinique
    Marie-Chantal Doucet (UQAM - Université du Québec à Montréal)
  • Quelle sociologie pour les troubles psychiques ?
    Nicolas Moreau (Université d’Ottawa), Geneviève NAULT (CREDP - Centre de recherche et d’enseignement sur les droits de la personne)

    Au sein de la littérature sociologique, on retrouve deux types idéaux de liens entre troubles mentaux et normes sociales. Le premier consiste à penser le monde social comme favorisant l'émergence de certaines pathologies. On retrouve ici des auteurs comme Sennett (2000) qui explique que l'avenir de plus en plus instable entraîne une possible corrosion du caractère et Ehrenberg (1998) pour qui le basculement d'une société du permis vers le possible aurait favorisé la croissance des troubles dépressifs. Au sein du second type idéal, les troubles mentaux constituent des indicateurs des normes sociales. Cette conception a été mise en exergue par Bastide (1965). Pour cet auteur, les névroses possèdent la propriété sociologique de constituer un manquement aux impératifs sociaux. Ehrenberg (1998) suit la même perspective puisque le phénomène de dépression coderait un défaut normatif. Ces deux types de liens ne constituent pas deux épistémologies différentes, mais résultent d'un même enjeu, celui de faire des ponts entre les épreuves personnelles et les phénomènes sociaux. En ce sens, nous faisons nôtres les propos suivants de Martucelli (2011): «le grand défi de la sociologie est de parvenir à rendre compte de la totalité des phénomènes collectifs à l'échelle des acteurs». Ainsi, l'art de la sociologie de la santé mentale résulte de l'articulation entre les malaises individuels et les problèmes sociaux. C'est en tout cas ce que nous essayerons de montrer lors de cette conférence.

  • Retour sur la matinée
    Nicolas Moreau (Université d’Ottawa)
  • Dîner

Panel / Atelier

World Café

Présidence : Antony Karelis (UQAM - Université du Québec à Montréal)
  • Pause

Panel / Atelier

Synthèse