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Informations générales

Événement : 81e Congrès de l'Acfas

Type : Colloque

Section : Section 400 - Sciences sociales

Description :

Le colloque vise à interroger le discours public selon lequel les jeunes aujourd'hui seraient désengagés, discours qui persiste en dépit de l’ampleur croissante des mobilisations citoyennes des jeunes. La jeunesse aujourd'hui est-elle réellement individualiste et apathique ou bien est-ce que nos conceptualisations ne permettent tout simplement pas de rendre compte adéquatement des nouvelles modalités de l'engagement chez les jeunes? Le colloque servira à revoir la notion d'engagement, à partir de divers champs d'expertise et terrains empiriques (engagement citoyen, engagement dans les études, engagement dans le travail, engagement familial, parental et conjugal, etc.). Loin de se limiter au champ politique, les spécialistes réunis lors du colloque travaillent sur diverses sphères d'action de la jeunesse, ce qui permettra de repenser collectivement le concept même d’engagement. À travers les diverses communications, nous tenterons donc de repérer ce qui est commun à l’engagement sous toutes ses formes, dans les différentes sphères de la vie des jeunes (famille, études, travail, communauté, etc.). Une telle approche nous permettra de dégager les principaux ressorts de l’engagement chez les jeunes aujourd’hui, de faire émerger les représentations et les pratiques d’engagement dans diverses sphères d’activité et de cerner leurs nouvelles configurations et modalités, incluant les variétés de formes selon les milieux d’interaction. Plus largement, le colloque permettra de réfléchir aux conditions menant à l’actualisation de l’engagement et à d’éventuels empêchements contextuels. Cette approche nous paraît féconde afin de bonifier les sources de réflexion des décideurs publics, mettant à profit une lecture polysémique de l’engagement. En somme, le colloque vise à revoir la notion d’engagement à partir d’approches sociologiques qui mettent en relation les divers aspects de l’expérience de vie des jeunes et le contexte d’incertitude du 21e siècle.

Dates :
Responsables :

Programme

Communications orales

Ouverture du colloque


Communications orales

Territoires et appartenances

  • Rapports à la citoyenneté et à l'engagement chez des jeunes issus de l'immigration : l'exemple de la région franco-genevoise
    , Marina ANSELME (Haute école de travail social - Genève)

    Dans un contexte frontalier comme celui qui sépare et relie Genève et la France voisine, nous nous interrogeons sur les types de liens que les jeunes d'origine immigré (notamment issus d'Afrique subsaharienne) entretiennent avec leur lieu de résidence et celui d'origine. Nous nous intéressons à l'étude de la construction d'identités citoyennes dans un environnement marqué par la diversité culturelle et les échanges quotidiens à travers une frontière géopolitique.

    Le but de cette communication est de contribuer à la construction de connaissances sur la manière dont le rapport à la citoyenneté est établi par les jeunes de deux côtés de la frontière franco-genevoise. Il s'agit d'esquisser des éléments de réponse sur les stratégies visant le renforcement des liens d'appartenance au collectif, ainsi que de responsabilité et d'engagement citoyen envers l'ensemble de la société.

    La communication explore en particulier les dimensions suivantes : les représentations de la citoyenneté et du bon citoyen par les jeunes, leurs formes d'engagement et de participation citoyenne, leurs valeurs et attitudes sociales relatives à la vie en collectivité, leurs perceptions de la société et ses clivages.

    La communication se base sur une recherche sociologique qui analyse 27 entretiens individuels menés avec des jeunes filles et garçons âgés entre 16 et 23 ans et un entretien de groupe (7 jeunes). 13 entretiens ont été menés à Genève et 14 en France voisine en 2010 et 2011.

  • En quoi la mobilité géographique des jeunes adultes renouvelle ou non les formes de l'engagement dans les territoires ruraux?
    Emilie Jamet (INRA - Institut national de la recherche agronomique)

    Les jeunes ruraux sont souvent amenés à quitter leur territoire d'origine pour suivre des études, occuper un emploi ou tout simplement « vivre leur vie » (LeBlanc, 2007). Dans la communication que nous proposons, nous montrerons comment la mobilité géographique influence les formes d'engagement dans les territoires ruraux.

    Nous verrons ainsi que la migration temporaire peut être à la source d'un engagement nouveau des jeunes adultes une fois de retour dans leur territoire d'origine (Jamet, 2011). L'analyse des motivations et contraintes nous permettra ensuite de cerner les différentes sphères de l'engagement des jeunes adultes dans les territoires à l'étude.

    Notre exposé s'appuiera sur un matériau empirique recueilli lors d'entretiens qualitatifs menés avec des jeunes adultes vivant dans différents territoires ruraux (MRC de Rouyn-Noranda et du Témiscamingue, Québec – Prince-George, Colombie Britannique – Pays de Saint-Flour Haute Auvergne, France) mais aussi des élus et acteurs intermédiaires de ces mêmes territoires. Une méthodologie originale, la frise temporelle, nous permettra de mettre en relief les différents éléments des entretiens relatifs à l'engagement.

    En basant notre analyse sur des éléments visant la « description en profondeur » (Geertz, 1973) des pratiques des individus, nous chercherons à dépasser les représentations de sens commun (Bertaux, 2010) et contribuerons ainsi à apporter des éléments de définitions d'ordre générique à la notion d'engagement.

  • Vers une citoyenneté globale? Devenir un citoyen engagé par le biais de la solidarité internationale
    Guillaume Tremblay-Boily (INRS - UCS - Institut national de la recherche scientifique - Urbanisation Culture Société)

    Un des objectifs du programme Québec sans frontières, qui permet à des jeunes d'effectuer des stages d'initiation à la solidarité internationale dans des pays du Sud, est de « favoriser l'engagement du plus grand nombre de jeunes Québécois et Québécoises dans leur milieu de vie, en tant que citoyens et citoyennes du monde » (AQOCI 2011). Les jeunes qui participent à de tels stages font généralement déjà partie de la catégorie des « jeunes engagé(e)s », mais des études quantitatives (SAI 2004, Bélisle 2005) démontrent qu'ils le sont encore plus à leur retour.

    À partir d'entretiens réalisés auprès d'une dizaine de jeunes ayant effectué un stage Québec sans frontières il y a au moins un an, il s'agira ici de se pencher sur la forme que prend cet engagement et sur la façon dont celui-ci s'articule avec la conception de la citoyenneté exprimée par les répondant(e)s. La participation à un stage d'initiation à la solidarité internationale amène-t-elle les jeunes stagiaires à se définir davantage comme citoyens et citoyennes du monde? Si oui, que signifie cette nouvelle définition de soi et comment se manifeste-t-elle dans leur manière de s'engager, tant dans leur quotidien qu'à l'intérieur de structures formelles?

  • Discussion
  • Pause
  • Le rapport au politique des jeunes de Québec : vers un engagement cosmopolitique?
    Frederick Nadeau (Université Laval)

    Le contexte actuel est caractérisé par l'omniprésence, dans nos vies quotidiennes, d'éléments culturels venus d'ailleurs. Que ce soit sur la rue, au cinéma, dans les médias ou dans les restaurants, le local et le global se côtoient et se mélangent parfois sans même que nous en ayons conscience, tellement la chose est désormais banale. Contrairement aux générations qui les ont précédés, les jeunes d'aujourd'hui sont nés dans ce contexte de brassage culturel; ils n'ont connu d'autre réalité que celle de la globalisation et des technologies de l'information. Dans le cadre de cette communication, je me questionnerai à savoir comment cette situation influence la vision du monde des jeunes d'aujourd'hui en ce qui a trait à leurs manières de s'engager et de penser leur rôle de citoyen dans un monde globalisé. Cherchent-ils à transcender leurs appartenances locales afin de prendre part à de grands projets porteurs de valeurs universelles? Devant l'ampleur des différences culturelles, cherchent-ils plutôt à réaffirmer leur appartenance à une communauté locale et à faire le bien au sein de celle-ci? Quel type de société réclament donc les jeunes d'aujourd'hui et quels sont les modes d'engagement privilégiés? Fruit de mes recherches de maîtrise portant sur le rapport au politique des jeunes de Québec en lien avec la notion de cosmopolitisme, cette communication tentera de jeter un éclairage nouveau sur certaines de ces questions.

  • Engagement des jeunes et rapport au territoire
    Serge Côté (UQAR - Université du Québec à Rimouski), Camil GIRARD (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

    Les travaux du Groupe de recherche sur la migration des jeunes (GRMJ), en plus de traiter des pratiques de mobilité des jeunes, ont abordé des thèmes variés comme celui des projets portés pas les jeunes et celui de leur implication dans la prise de responsabilités. Ces thèmes sont liés à l'engagement des jeunes et l'on peut tout à fait considérer qu'ils en forment l'une des dimensions importantes. Divers types de comparaisons concernant les projets et l'implication des migrants, puisées dans les corpus qui ont servi aux travaux du Groupe, serviront à illustrer comment le rapport au territoire offre une perspective éclairante pour l'analyse de l'engagement des jeunes. L'action des jeunes débouche sur une reterritorialisation dans la mesure où, à partir de leurs représentations et de leur vécu, ils cherchent à construire de nouveaux milieux de pratiques et de nouveaux espaces symboliques.

  • Engagement académique des cégépiens et migration pour études : une réciprocité incontournable
    Julie Mareschal (Cégep Garneau), Éric RICHARD (Campus Notre-Dame-de-Foy)

    L'ampleur du mouvement étudiant de 2012 témoigne de l'importance que les jeunes québécois accordent à l'éducation, mais également des nombreux enjeux et défis que pose l'engagement dans un projet d'études supérieures. En ce qui concerne les cégépiens, l'engagement dans un programme d'études représente généralement un point tournant dans leur vie. Ce moment est d'autant plus marquant lorsqu'on doit s'adapter à une nouvelle ville et se créer un nouveau réseau social. La migration pour études chez les cégépiens – c'est-à-dire un déplacement à plus de 80 kilomètres de son lieu d'origine (Frenette, 2002) – concerne 20% de la population collégiale (Richard et Mareschal, 2009 et 2013). Dans cette communication, nous proposons d'explorer les formes que prennent les manifestations de l'engagement académique des migrants pour études. Le fait d'étudier loin de chez soi a-t-il un effet sur l'engagement académique? Plus précisément, nous allons nous attarder au caractère réciproque de l'engagement académique : quelles sont les responsabilités de l'étudiant? Les établissements collégiaux ont-ils des obligations vis-à-vis ces jeunes venus de loin? Nos analyses s'appuient sur un corpus de données variées. D'abord, sur 22 entretiens semi-dirigés réalisés avec des intervenants du milieu collégial. Ensuite, sur 38 entretiens semi-dirigés avec des étudiants migrants pour études de quatre cégeps de Montréal et de Québec.

  • Discussion
  • Dîner

Communications orales

Nouveaux espaces de l'engagement

  • Quand des adolescents font entendre leur voix au sujet d'enjeux sociaux dans la sphère des médias participatifs : une réflexion théorique sur la notion de cultures citoyennes

    En sciences humaines et sociales, les recherches sur l'engagement citoyen chez les adolescents, en majorité, s'appuient sur des théories de la psychologie développementale. Bien qu'elles offrent des connaissances pertinentes et riches au sujet de la construction identitaire, des comportements et des attitudes des adolescents, de même que sur l'impact positif des programmes d'éducation citoyenne, leur lecture psychologisante de l'engagement citoyen en dit cependant peu sur celui-ci en tant que culture, c'est-à-dire en tant que lieu de construction sociale de sens. Dans un contexte où l'on voit apparaître, dans la sphère des nouveaux médias participatifs, un nombre considérable d'adolescents et de jeunes adultes québécois qui font entendre leur voix et qui participent au discours public à propos d'enjeux sociaux qui les interpellent et qui les unissent, la notion de « cultures citoyennes » proposée par Dahlgren semble pertinente à considérer. Dans cette communication, c'est une réflexion théorique sur l'opérationnalisation de cette notion encore peu explorée que nous proposons, en mobilisant les concepts de pratiques, de représentations et de valeurs, dans une perspective culturelle qui tient compte des nouvelles modalités inhérentes à la sphère des médias participatifs. Nos propos seront illustrés avec quelques messages médiatiques créés et diffusés en ligne par des adolescents autour du thème de l'intimidation, et qui sont au cœur de notre démarche de recherche doctorale.

  • Les nouvelles pratiques d'engagement des jeunes étudiants dans le cadre des mouvements sociaux pour la qualité, l'équité et la gratuité de l'éducation
    Rayén CONDEZA (Pontificia Universidad Católica de Chile), Rayén Condeza Dall'orso (Pontificia Universidad Católica de Chile)

    Cette présentation vise à interroger la question relative aux expériences d'engagement des jeunes étudiants qui organisent des mouvements sociaux, spécifiquement en faveur de la qualité, gratuité et équité de l'éducation au Chili (2006 et 2011) et au Québec (2012). Nous nous attarderons, plus spécifiquement, à réfléchir autour de leurs pratiques de communication, en comprenant celles-ci comme un espace dynamique d'expression de l'engagement, en constante métamorphose, et dans lequel les jeunes coordonnent l'action collective, modifient leur répertoire des formes d'engagement, s'adressent aux médias, aux autorités et à la communauté locale e internationale.

    Nous nous intéressons aux liens et aux articulations qui se produisent entre les formes d'engagement des jeunes et les médias, en particulier quand celles-ci se déclenchent à partir des problématiques qu'ils vivent au quotidien. L'expérience éducative constitue un exemple illustratif de ceci. Les problèmes de manque d'équité, la hausse des frais de scolarité, la question relative à la qualité de l'enseignement et des apprentissages sont des expériences qui poussent les jeunes à participer, notamment à employer un répertoire de communication incluant la rue, ainsi que l'usage des technologies de l'information et de la communication à des fins d'action collective. Notre analyse vise à montrer comment l'espace Web 2.0 participatif est un des éléments qui contribue à l'actualisation de nouvelles formes d'engagement pour les jeunes.

  • Discussion
  • Pause
  • Flash mobs : figures d'une mobilisation contemporaine
    Myriam Bahuaud (Université Michel de Montaigne - Bordeaux 3), Agnès PECOLO (Université de Bordeaux 3)

    Dans cette contribution il s'agit de se centrer sur les « Flash mobs » apparues au début des années 2000. Une Flash mob est le rassemblement de courte durée d'un groupe de personnes dans un lieu public pour y effectuer une action concertée avant de se disperser rapidement. Généralement organisée au moyen d'Internet, les participants, pour la plupart, ne se connaissent pas.

    Notre hypothèse centrale est que cette forme de mobilisation est symptomatique de nouveaux patterns de l'engagement. Les flash mobs sont-elles des représentantes d'un engagement « hypermoderne », animé par une génération hautement connectée et très marquée ?

    Nous étayerons nos propos en croisant les critères de la postmodernité (portés par la « nouvelle » jeunesse) et les caractéristiques de ce mode d'action. Les flash mobs peuvent être vues comme illégitimes aux yeux d'aînés qui en retiennent le caractère précaire, l'exploitation commerciale qui en est faite et les différences avec leur référentiel militant. Pour les jeunes, il pourrait s'agir d'une nouvelle forme d'engagement.

    Pour mieux cerner les contours et les enjeux des flash mobs, nous avons effectué une analyse de contenu de plusieurs supports médiatiques : des articles de la presse professionnelle en communication, des publicités qui les exploitent et des sites qui leur sont dédiés. Des questionnaires passés auprès d'étudiants nous ont permis de cerner leurs connaissances et participations, opinions et représentations des Flash mobs.

  • Désimplication politique et/ou engagement citoyen : la jeunesse sénégalaise dans l'arène politique
    Mouhamed Moustapha Dieye (UCAD - Université Cheikh Anta Diop de Dakar)

    Si certains observateurs de la sphère politique ont tendance à considérer l'engagement des jeunes comme étant un phénomène nouveau, il importe de souligner que la forte implication de la jeunesse africaine dans les combats politiques qui se sont déroulés au Maghreb ou en Afrique sub saharienne est la résultante d'une longue marche vers la maturité démocratique. Seulement il semble s'opérer aujourd'hui une rupture qui fait que l'arène politique est désinvestie au profit d'un engagement citoyen. Par le truchement de l'alternance politique qui s'est produit en Février 2012 au Sénégal, nous essayerons de revisiter le concept d'engagement citoyen et, partant, nous interrogerons sa proximité sinon la porosité qui existe avec l'engagement politique et l'engagement citoyen. Par le biais d'entretiens et d'analyse de discours (meeting, chanson rap et hip hop… ), nous nous focaliserons sur le mouvement Y en a marre qui est apparu durant toute la période préélectorale et électorale comme un véritable espace de légitimation d'un militantisme social de type nouveau et dont le rôle a été déterminant dans la reconfiguration des rapports entre les individus et l'État.

  • Jeunes, engagement et éducation : de la « situation scolastique » à la démarche réflexive
    Diane Farmer (University of Toronto), Kevin NAIMI (University of Toronto)

    La valeur de l'engagement au sein de la société fait consensus et, inversement, l'absence d'un engagement soulève de profondes inquiétudes. Les jeunes seraient particulièrement visés dans l'expression de ce malaise de société. Nous abordons ici l'engagement dans sa dimension sociale, au sens où il s'agit d'un lien social et d'une disposition de l'action. L'analyse pose d'emblée le problème de l'engagement dans l'actualisation de ses divers possibles. En nous inspirant des travaux sur l'habitus, nous visons plus précisément à aborder l'engagement en tant que dimension du rapport qui existe entre un individu et le contexte social dans lequel il s'inscrit, et explorons cette problématique dans le contexte de l'éducation. En nous inspirant des travaux de Bourdieu, nous avançons l'idée que la raison scolastique, présente dans le cadre scolaire et dans les milieux académiques, entraine des effets de désengagement. Nous croyons également que l'éducation contient tout autant les conditions de possibilités propres à l'engagement, dans la mesure où le rapport à l'apprentissage s'inscrit dans une logique pratique de l'action. Nous inspirant également des avancés qui mettent en valeur la capacité génératrice de l'agent, ceci nous amène à réfléchir, dans le cadre de nos travaux d'ethnographie, à la notion de réflexivité pour ainsi mieux saisir les effets du biais intellectualiste dans la démarche du chercheur et le développement d'un mode de recherche relationnel sur l'engagement des jeunes.

  • Discussion

Communications orales

Entre engagement et valeurs

  • Regard sur l'engagement des jeunes à partir du monde syndical
    Patricia Vendramin (Fondation Travail-Université)

    La communication propose un regard sur l'engagement des jeunes à partir d'une « fenêtre », celle de l'engagement syndical de la jeunesse. Elle est basée sur divers travaux de recherche effectués depuis plusieurs années dans le monde du travail autour de l'engagement syndical, et plus particulièrement celui des jeunes. La base empirique repose, entre autres, sur plusieurs études réalisées en collaboration la Confédération des Syndicats Chrétiens (CSC), en Belgique francophone. Ces études ont mis en oeuvre diverses méthodes d'investigation empiriques (quantitatives et qualitatives). Plus récemment, nous avons proposé un cadre analytique pour lire l'engagement contemporain qui combine trois angles de vue indissociables et constitutifs de l'engagement militant : la cause portée par le militant, l'individu engagé et l'organisation qui accueille les militants. S'engager dans une action militante est, en effet, le résultat de la rencontre entre les dispositions d'une personne, son intérêt pour une cause et les propriétés de situations ou les efforts déployés par les organisations pour recruter et garder de nouveaux militants. La communication propose, à partir de ce cadre, de mettre en exergue la singularité de la jeunesse.

  • Jeunes féministes québécoises et travail de reproduction sociale : un cas révélateur d'une nouvelle forme d'engagement
    Annabelle Seery (UdeM - Université de Montréal)

    Plusieurs auteurs décrivent un nouveau type d'engagement observé chez les jeunes en général de même que chez les jeunes féministes en particulier. Ces engagements féministes sont à la fois moins dogmatiques et plus diversifiés, et s'inscrivent plus largement dans les valeurs portées par les jeunes d'aujourd'hui. En effet, on observe qu'ils prennent des formes fort variables (consommation responsable, équilibre vie professionnelle/vie personnelle, etc.) et s'appuient de façon marquée sur le respect de la diversité des points de vue.

    En se basant sur 29 entretiens semi-dirigés réalisés auprès de jeunes féministes québécoises en 2011-2012, nous montrerons certains des ressorts de l'engagement tels que l'importance accordée à la cohérence avec certaines valeurs (égalité, qualité de vie, famille) ainsi qu'à la diversité (des acteurs, des enjeux et des stratégies). Nous illustrerons notre propos avec les perceptions du travail de reproduction sociale (soins aux enfants et aux proches-dépendants, tâches ménagères et organisation de la famille) qui se dégagent du discours des jeunes féministes. Ces dernières portent un regard critique sur les revendications des féministes de la génération précédente sur cette question. Il se dégage de nos analyses que ce cas particulier est révélateur d'une nouvelle forme d'engagement chez les jeunes femmes.

  • L'engagement des jeunes à travers le prisme des valeurs
    Chantal Royer (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

    Nos travaux sur le développement et la structuration des valeurs chez des jeunes ont permis de mettre en lumière certains aspects de leur engagement, tout particulièrement au cours de la période qui va de l'adolescence jusqu'à l'âge adulte. De nos premières analyses (Royer, Pronovost et Charbonneau, 2004), il était ressorti que l'engagement, timide et encore peu présent à l'adolescence, émerge et s'intensifie au fil du temps, à mesure que l'individu vieillit et que sa conscience personnelle et sociale ainsi que son système de valeurs se développent. Dans cette communication, je propose d'examiner plus attentivement le développement de l'engagement chez les jeunes : ce qui favorise (ou non) son émergence, les formes qu'il semble prendre, ce que les jeunes eux-mêmes en disent, les causes qui leur tiennent à cœur, etc. L'analyse s'appuiera sur un corpus d'entretiens qualitatifs individuels réalisés auprès de jeunes âgés de 15 à 25 ans.

  • Discussion
  • Pause

Communications orales

Trajectoires et motivations

  • Quand l'engagement pour autrui est aussi un engagement pour soi : l'exemple du service civique en France
    Valérie Becquet (UCP - Université de Cergy-Pontoise)

    Le service civique est présenté comme un cadre d'engagement citoyen offert aux jeunes âgés de 16 à 25 ans. D'une durée de 6 à 12 mois, il leur permet en contrepartie d'une indemnité d'effectuer des « missions d'intérêt général » au sein d'associations, de collectivités territoriales et d'établissements publics. Les enquêtes quantitatives et qualitatives réalisées auprès des volontaires de l'association Unis-Cité permettent d'analyser les motifs de l'engagement volontaire, le contenu et les apports de cette expérience et la place du service civique dans les parcours juvéniles. Si les jeunes qui s'engagent à Unis-Cité s'inscrivent dans une logique altruiste, en cherchant à agir et à être utiles aux autres ou dans une logique civique, en déclarant remplir un devoir citoyen, leur démarche est également tournée vers la construction de leur projet d'avenir, l'obtention de compétences ou d'expériences et la résolution de leurs difficultés d'insertion sociale et professionnelle. Par conséquent, derrière l'engagement pour autrui, se profile un engagement pour soi. Ce dernier n'est pas réductible à la recherche de rétributions matérielles ou symboliques mais s'inscrit dans une démarche plus globale d'appréhension et de gestion des enjeux et des étapes de l'intégration sociale et professionnelle. C'est cette seconde facette que cette communication explorera afin de saisir ce que l'engagement pour autrui peut recouvrir et comment il s'agence avec d'autres dimensions de la période juvénile.

  • Autre jeunesse ou autre engagement? Étudier l'engagement des jeunes à travers l'offre disponible
    Hugues Renard (Ulg - Université de Liège)

    Cette communication propose d'aborder la question de l'engagement des jeunes sous l'angle de l'offre de rétribution du militantisme. Les discours traitants de cette thématique cherchent majoritairement à faire émerger les caractéristiques individuelles sensées expliquer une tendance au désengagement. Il nous semble utile d'étudier également les opportunités d'engagement offertes aux jeunes, opportunités selon nous déterminantes dans la propension d'une population à s'engager. Dans cette optique, l'engagement d'un individu ne dépend pas uniquement de ses caractéristiques et ressources propres, mais découle de l'adéquation entre ces spécificités individuelles et l'offre de rétribution de l'organisation au sein de laquelle il s'engage.

    Nous proposons, dans le cadre de cette communication, de développer le concept d'offre de rétribution, la manière dont celle‐ci peut être étudiée, et d'envisager l'apport d'une telle approche dans l'étude de l'engagement des jeunes. Notamment, comment ce concept peut permettre de délaisser l'hypothèse d'une jeunesse désengagée et désintéressée au profit de l'hypothèse d'une mutation du type d'engagement et du type de rétributions valorisées par cette jeunesse, mutation aboutissant à un engagement différent au sein de structures autres que les organisations traditionnelles. Nous illustrerons cette réflexion à l'aide d'une expérience de recherche menée auprès de membres d'organisation de jeunesses de partis politiques belges francophones.

  • La place des figures référentes dans l'engagement des jeunes
    Elodie Regnoult (Université de Caen)

    La seconde moitié du XXème siècle dans la société française a été marquée par une transformation des injonctions sociales faites à l'individu.

    Alors que celui‐ci devait investir des rôles sociaux préconstruits, il doit aujourd'ui, par le biais de sa famille et de ses diverses appartenances, construire son identité personnelle –dans la limite de certaines normes fortement suggérées par la société.

    Au moment d'entrer dans la vie adulte, avec une prise d'autonomie et d'indépendance, les jeunes entre 16 et 25 ans sont amenés à investir de nouvelles sphères tout en appartenant toujours aux anciennes. Au sein de ces différents cercles, les jeunes s'engagent à des degrés divers selon qu'ils y souhaitent plus ou moins de reconnaissance.

    L'objectif de cette communication est de comprendre de quelle manière se fait – dans ces espaces – l'élection de figures référentes par les jeunes. Nous verrons que ces personnes référentes permettront au jeune d'acquérir des savoirs et codes sociaux attendus dans cette sphère investie : ceci afin d'y rendre possible l'engagement du jeune. Cette communication s'inscrit dans le cadre d'un travail doctoral sur l'élection de figures référentes chez les 16-25 ans et s'appuie sur une enquête d'une vingtaine d'entretiens semi-directifs auprès de jeunes de cette tranche d'âges qui m'ont parlé des personnes qu'ils considèrent comme référentes en expliquant ce qu'elles apportaient à leur parcours.

  • Discussion
  • Dîner

Communications orales

Diverses figures de l'engagement

  • L'engagement des jeunes femmes et des jeunes hommes dans les intances décisionnelles
    Dominique Dufour (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

    L'égalité entre les hommes et les femmes est un enjeu inévitable lorsqu'on regarde attentivement la place de la femme dans notre société. En effet, encore aujourd'hui lorsqu'on analyse les statistiques on constate que les femmes sont sous-représentées dans les instances décisionnelles régionales. En ce sens, la promotion et la valorisation de l'implication citoyenne est une manière positive d'accroître la présence des femmes dans les différents lieux de décision, et ce, dès le plus jeune âge.

    Ainsi, dans le cadre de notre intervention en maîtrise en études et interventions régionales, nous avons travaillé à comprendre et documenter certains éléments de l'engagement des jeunes femmes au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Plus particulièrement, nous avons fait un survol des lieux d'implication des jeunes femmes et des jeunes hommes dans les établissements scolaires secondaires et réalisé un comparatif de la participation des filles et des garçons. Nous avons aussi réalisé une enquête auprès de 60 jeunes femmes et jeunes hommes sur les caractéristiques de leur implication (manières de s'impliquer, motivations, freins) ainsi que sur leur vision prospective de leurs implications à l'âge adulte. Finalement, nous avons réalisé un inventaire des jeunes femmes et des jeunes hommes impliqués dans les Conseils d'administration et les comités exécutifs des divers organismes à but non lucratif de la région. La communication présentera les divers constats tirés de ces trois analyses.

  • De l'engagement associatif des jeunes contre le VIH/SIDA au Cameroun
    Vivien Meli Meli (Université de Dschang)

    L'objet de cette communication est la compréhension de l'engagement social associatif des jeunes (Olivier Galland, 1991), en matière de lutte contre le VIH/SIDA. Au Cameroun, la génération des moins de 30 ans n'a jamais connu un monde sans SIDA. Dans les programmes de lutte contre le vih/sida les jeunes sont considérés comme des cibles agies1 -se situant en harmonie des représentations classiques de la jeunesse dépendante et dépourvue- et non des acteurs agissants. Seulement, les jeunes, en milieux scolaires et en dehors s'organisent et agissent en association pour contribuer à infléchir la courbe de la crise du VIH/SIDA aussi bien dans leur espaces sociaux de vie qu'en dehors. La question qui guide nos réflexions, est celle-ci : comment les jeunes parviennent-ils à assumer leur engagement associatif nonobstant leur statut social -dit- de vulnérables, de dépendant et de dépourvus ? La réponse provisoire/hypothèse que nous énonçons est que les associations constituent une opportunité pour les jeunes et à travers elles, ils s'approprient stratégiquement les ressources diverses que leur environnement social et qu'ils investissent aussi pour la lutte contre le VIH/SIDA. Cette stratégie est celle que nous avons nommée le « greffage social ». Le matériau nécessaire aux analyses proviendra de collectes de données qualitatives auprès des associations de jeunes de lutte contre le vih/sida.

  • L'engagement des jeunes autochtones sur le plan culturel : de l'estime de soi à l'emploi
    Paul-Émile Migneault (ÉNAP - École nationale d'administration publique)

    L'engagement culturel des jeunes autochtones peut aider à leur participation au marché de l'emploi. Lors de leur arrivée en ville, combattre les préjugés et développer une confiance en eux sont des défis récurrents. À cela s'enchaine pour eux un faible réseau social, une incapacité à se projeter dans l'avenir et une mauvaise assiduité tant à l'école qu'au travail. La société occidentale contemporaine valorise plus que jamais le développement de l'individualité et ce contrairement aux sociétés traditionnelles (Giddens). La mise en scène de sa propre vie (Goffman) implique pour le jeune une sorte performance. Or, cette autonomie toute relative questionne les procédés permettant de cultiver la participation au sein d'institutions disloquées ou en perpétuel changement (Sennett). La possibilité de transformer un capital culturel en capital social a d'ailleurs déjà été soulevée (Bourdieu). L'engagement prend la forme de promesses envers d'autres, la société ou une cause (Bajoit). Cette dynamique a notamment pu être observée au cours de quelque trente entrevues semi-dirigées, d'une durée moyenne de 50 minutes, auprès de jeunes autochtones ayant suivi un programme d'insertion socioprofessionnel à Montréal. Provenant de différentes communautés autochtones au Canada, les interviewés se caractérisaient par un parcours propice à la marginalisation. Les intervenants du projet devaient user d'éléments culturels autochtones pour stimuler les jeunes et développer un sentiment de fierté.

  • Les jeunes doctorantes de l'université de Yaoundé I : entre engagement aux études et engagement social — Une approche sociologique
    Yves Bertrand Djouda Feudjio (Université de Yaoundé 1)

    Au cours de ces dix dernières années, l'université de Yaoundé I (Cameroun) a connu un accès des jeunes femmes au cycle de recherche doctorale. Cet accès est un indicateur indiscutable de leur émancipation, de leur mobilité sociale et de leur engagement aux études. Mais, les observations sociologiques font constater qu'elles sont, pour un nombre important, célibataires ou en situation de monoparentalité. De plus, elles ne semblent pas percevoir la nuptialité ou la maternité comme étant une véritable priorité telle que l'exige encore l'imaginaire social africain. La société africaine, malgré l'émergence des valeurs de la modernité, reste exigeante vis-à-vis des valeurs telles que le mariage et la procréation. Ceci est contraignant pour des jeunes femmes qui, à côté de leur engagement aux études de haut niveau, doivent faire face à un ensemble de préjugés sociaux qui les invitent à construire de façon visible leur engagement familial, conjugal ou communautaire. Comment ces jeunes femmes engagées au cycle de recherche doctorale, réussissent-elles à résoudre ces équations sociales ? Comment construisent-elles leur engagement aux études dans un contexte social où l'engagement familial ou conjugal s'impose comme une priorité. Comment organisent-elles leur priorité entre l'engagement aux études et l'engagement à la vie familiale ou conjugale? La présente proposition de communication tente de répondre à ces questions sociologiques.

  • Discussion
  • Pause


Cocktail

Lancement du livre Regards sur la construction identitaire des jeunes, sous la direction de Nicole Gallant et Annie Pilote (PUL)