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Informations générales

Événement : 81e Congrès de l'Acfas

Type : Colloque

Section : Section 400 - Sciences sociales

Description :

La période récente est marquée au Canada et au Québec, comme dans nombre de pays occidentaux, par l’émergence des artistes en tant que groupe professionnel. À cette reconnaissance s’ajoute l’habitude, devenue courante en Amérique du Nord et en Europe, d’approcher le secteur culturel comme bassin de main-d’œuvre et d’emplois. Ces tendances participent elles-mêmes d’un rapprochement intervenu, au cours des dernières décennies, entre monde culturel et monde économique. Ces mouvements ne vont pas de soi pour autant. Ils rencontrent diverses résistances, y compris chez les premiers intéressés, artistes et travailleurs culturels. Les artistes forment-ils vraiment un groupe professionnel? Confrontée à l’économie singulière de ces métiers, la recherche a ainsi été conduite à envisager un ensemble de caractéristiques dites "atypiques" en regard du monde du travail et d'univers professionnels plus traditionnels : absence de barrière à l’entrée de ces professions; pluriactivité et polyvalence plutôt que spécialisation au fondement du "professionnalisme"; organisation par projets plutôt qu’au sein d’organisations hiérarchiques formellement constituées; réussite professionnelle déterminée par la notoriété et la renommée plutôt que par des gains proprement financiers; fragmentation et complexité de la relation d’emploi, engendrant une diversité de statuts, du travailleur indépendant au salarié, en passant par ce statut hybride mais courant voire prédominant de l’indépendant-salarié. Travailleur, professionnel, entrepreneur ou pigiste? Le statut d’artiste vient troubler ces clivages habituels. Un ensemble de dispositifs, institutionnels ou organisationnels, viennent toutefois baliser, voire stabiliser, cet univers professionnel atypique. Parmi les plus visibles, mentionnons la formation professionnelle certifiée en milieu universitaire, les programmes d’aide publique à la création, les regroupements de type syndical ainsi que l’adoption au sein de ces mondes créatifs, de pratiques entrepreneuriales et managériales typiques du nouveau capitalisme. L’objet de ce colloque est précisément d’explorer ces caractéristiques atypiques et ces dispositifs organisationnels aujourd’hui au cœur de cette économie de la création. Ces caractéristiques atypiques sont-elles compatibles avec les formes actuelles d'organisation du travail? Les dispositifs existants sont-ils adaptés aux conditions réelles de travail artistique? Quel a aussi été, au cours des dernières décennies, le chemin parcouru en termes de statut professionnel et de condition de travail? De plus, le colloque vise à tous ces égards à souligner les différences de situation vécues au sein des différents domaines de création : arts et lettres, arts du spectacle, cinéma, médias numériques... Il vise également à mobiliser dans une perspective pluridisciplinaire des chercheurs de mondes tant académique que gouvernemental ou entrepreneurial, provenant du Canada et de l’étranger.

Dates :
Responsables :

Programme

Communications orales

Ouverture du colloque


Communications orales

1ère séance : Nouveaux modèles de création? Nouvelles figures de l'artiste?

  • Développer ses projets artistiques : le cas des Activités de SMartBe
    Sarah De Heusch (SMartBe)

    Qu'implique concrètement pour les professionnels de la création de travailler au projet ? Les artistes sont souvent qualifiés de travailleurs intermittents, alternant des périodes de travail rémunéré et non rémunéré. Si le travail à la prestation est une forme particulière de l'intermittence, cette dernière ne se résume pas à une accumulation de contrats discontinus. Les travailleurs du secteur artistique et des métiers de la création, comme d'autres professionnels de l'immatériel sont de plus en plus confrontés à un mode de travail au projet. Cela signifie notamment qu'il incombe à ces travailleurs de trouver eux-mêmes les commanditaires, les distinguant de ce fait des intérimaires et les rapprochant des entrepreneurs. Pour la viabilité économique de leur activité, et pour échapper à la précarité, ils doivent nourrir et développer leur réseau et jongler entre plusieurs métiers et compétences. Ces pratiques connues du secteur, sont analysées à la lumière des données recueillies auprès de nos 10 000 membres utilisant l'outil de gestion Activité. Ce service administratif et financier permet de sécuriser le statut social et fiscal des professionnels de la créativité ; nous avons de ce fait un aperçu concret du fonctionnement du secteur. Les données statistiques sont issues de notre base de données (nombres de contrats, de clients, montants facturés…) et sont ensuite complétées par des données qualitatives recueillies via un questionnaire en ligne et des entretiens semi-directifs.

  • Notes de recherche : pour une typologie étendue des modèles entrepreneuriaux dans le domaine des arts
    Guillaume Sirois (Université McGill)

    Cette communication présentera les premiers résultats d'une démarche de recherche sur les innovations entrepreneuriales dans le domaine des arts que mènent présentement le Carrefour jeunesse-emploi Montréal Centre-Ville et le Laboratoire / art et société / terrains et théorie de l'INRS.
    Au Québec, comme dans de nombreux pays, les organismes de création et de production artistique sont principalement divisés en deux catégories, qui correspondent aux deux grands modèles de financement proposés par l'État : les organismes à but non lucratif et les entreprises commerciales. Or, puisque l'un et l'autre de ces deux modèles présentent des limitations, de jeunes artistes tentent de dépasser cette dichotomie traditionnelle pour créer des modèles entrepreneuriaux hybrides et souvent novateurs.
    L'équipe de recherche procède actuellement à un recensement des nouveaux modèles en interrogeant des organismes clés du secteur. Ce premier recensement permettra de dégager une typologie de ces modèles entrepreneuriaux. Ainsi, aux deux modèles classiques s'ajouteront les organisations bicéphales qui conjuguent une structure à but non lucratif à une autre à but lucratif, les organisations auto-mécènes qui financent leurs activités déficitaires par la vente d'autres produits reliés, et les structures de mise en commun des besoins et des ressources. Cette nouvelle typologie permettra d'établir une nouvelle base pour des recherches futures sur les modèles entrepreneuriaux dans le domaine des arts.

  • Le soutien public aux modèles actuels de création artistique

    Les programmes d'aide publique à la création s'adaptent à l'évolution de la pratique artistique professionnelle. Au-delà de l'image mythique de l'artiste créateur seul dans son studio, les processus et modèles de création sont dans les faits largement diversifiés. Dans plusieurs secteurs artistiques, ils sont le fruit de collectifs de créateurs et d'experts de multiples autres secteurs, dont celui des technologies. La finalité de « l'œuvre » comme un aboutissement de la création est parfois remise en question au profit du processus lui-même et les technologies numériques permettent à différents intrants, parfois d'outres frontières, de composer les processus de création artistiques d'ici. Dans une perspective empirique, plus que théorique, Yvan Gauthier, p-dg du CALQ depuis plus de 8 ans et actif depuis 25 ans dans les milieux de la création au Québec, propose une réflexion à partir de cette diversité grandissante des modèles de création. La considération de « modèles à succès », comme autant d'études de cas, se fondera à la fois sur l'aspect de l'excellence artistique de haut niveau et du succès d'estime, que sur celui du modèle d'affaire développé et des nouveaux champs d'expertise sollicités. Les cas retenus ont connus un rayonnement remarquable sur le plan de la diffusion et ont offert récemment une vitrine culturelle sans précédent à la création artistique québécoise, au Québec comme à l'étranger.

  • Période de questions
  • Pause
  • Le programme La culture en entreprise de l'organisme Culture pour tous et les nouvelles figures d'artiste
    Anithe De Carvalho (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    L'objet de cette communication concerne les nouvelles figures d'artistes apparues grâce au programme La culture en entreprise de l'organisme québécois Culture pour tous. Considérés comme des atouts en matière d'innovation managériale, des programmes d'intégration des arts en milieu de travail ont été mis sur pied dans plusieurs pays occidentaux afin de répondre aux besoins de réinvention de l'entreprise du 21e siècle. C'est le cas de La culture en entreprise. Les artistes sont sollicités à investir un nouveau lieu d'intervention culturelle dans l'exercice de leurs professions, ce qui occasionne des fonctions atypiques. Cette communication démontrera que ce programme de médiation est un nouveau dispositif externe aux desseins des artistes qui les amène cependant à reformuler leurs identités. Tout en étant invité à être pluriactif et polyvalent dans l'organisation de leur travail par projets, l'artiste devient un animateur, un conférencier et un médiateur qui peut même être convié à jouer sur le terrain du manageur. Nous démontrerons notre hypothèse à travers l'analyse du Catalogue des activités offertes par le programme et d'un corpus d'interventions en regard de la catégorisation des statuts d'artiste étudiés par la sociologue de l'art Francine Couture. La thèse d'André Compte-Sponville sur le rôle du manageur et la notion de critique artiste théorisée par Luc Boltanski et Ève Chiapello nous permettront de poser un regard nuancé sur les nouvelles fonctions de l'artiste.

  • La conversion de la notoriété en ligne : une étude des trajectoires de vidéastes pro-am
    Jean-Samuel BEUSCART (CNRS - Centre national de la recherche scientifique), Kevin Mellet (Orange Labs)

    Le Web 2.0 a suscité, en facilitant l'autopublication des œuvres d'amateurs sur des sites tels que MySpace, Flickr, une forte démocratisation des pratiques d'expression artistique en ligne. Dans ce travail, nous analysons le sens que donnent les individus à la notoriété qu'ils construisent en ligne, et la façon dont ils convertissent (ou non) leur capital de notoriété en réputation artistique valorisable sur des marchés du travail. Nous étudions les trajectoires de vidéastes amateurs, ayant une activité prolongée de création et de publication de vidéo sur des plateformes telles que YouTube, Dailymotion. Nous nous appuyons sur 25 entretiens approfondis avec des vidéastes.
    Notre travail suggère trois formes de valorisation de la notoriété en ligne. Pour les vidéastes restés amateurs, la notoriété est reçue avant tout en termes de reconnaissance et de validation d'une identité créatrice. Pour d'autres, la notoriété est progressivement valorisée sur différents marchés, que cela corresponde à l'ambition initiale du créateur amateur ou que la professionnalisation s'élabore au fur et à mesure de la perception des opportunités. D'une part, pour les audiences les plus importantes, elle est directement convertible en revenus publicitaires. D'autre part, la notoriété peut-être convertie en réputation valorisable sur différents marchés. Les vidéastes expliquent alors que leur audience en ligne leur a « permis des rencontres » qui ont débouché sur une professionnalisation artistique.

  • Période de questions

Communications orales

Grande conférence (conférencier invité)

  • L'analyse du travail artistique : les acquis et les défis
    Pierre-Michel Menger (Collège de France)
  • Période de questions
  • Dîner

Communications orales

2e séance : Conditions de pratique et protection sociale

  • L'emploi artistique en Champagne-Ardenne (France) : exploitation d'une étude menée dans cette région en 2008-2009 et perspectives de catégorisation
    Thomas HÉLIE (Université de Reims Champagne-Ardenne), Fabrice Thuriot (Université de Reims Champagne-Ardenne)

    Nous proposons de développer une approche originale sur l'emploi artistique à partir d'une étude sur l'emploi culturel que nous avons menée en Champagne-Ardenne en 2008-2009 pour l'Etat (DRAC) et la Région (ORCCA), en comparaison avec d'autres régions et le niveau national.

    Suite à un travail méthodologique très détaillé sur les sources (organismes collecteurs) et les données afin d'être le plus exhaustif possible et d'éviter les recoupements, nous sommes parvenus tantôt à des chiffres très précis mais changeant constamment, tantôt à des estimations plus globales mais plus stables, l'ensemble constituant des ordres de grandeur valables à la fois dans l'instant et dans le temps. Ainsi, comme pour le chômage désormais, nous pouvons afficher deux totaux, l'un de 7 052 emplois stricts en 2006, l'autre de 10 193 au sens large, en intégrant les intermittents du spectacle et de l'audiovisuel déclarés mais non indemnisés car n'ayant pas travaillé assez d'heures, ainsi que des contractuels de la fonction publique territoriale, notamment.

    Nous procèderons à une analyse distinguant les emplois artistiques en tant que tels et les missions temporaires, souvent cumulatives ; les métiers ou professions liés à la formation des personnes et les postes ou fonctions dans les structures publiques ou privées ; les indépendants, les employés, et les employables qui peuvent occuper des postes ou fonctions temporaires et se situent en partie dans l'écart entre les deux résultats présentés ci-dessus.

  • Indicateurs des conditions socioéconomiques des artistes au Québec : méthodologie et observations
    Marie-Hélène Provençal (ISQ - Institut de la statistique du Québec)

    La production de statistiques fiables et précises visant à caractériser les conditions de pratique des artistes pose plusieurs défis, d'autant plus lorsque la méthode utilisée s'appuie sur une enquête par questionnaire auprès des individus. L'Observatoire de la culture et des communications a dû formuler une méthodologie d'enquête et des propositions concrètes d'indicateurs lorsqu'il a obtenu le mandat de produire le portrait socioéconomique de trois groupes d'artistes professionnels, soit les écrivains, les danseurs et chorégraphes et les artistes en arts visuels. Globalement, quatre grands thèmes ont été retenus pour encadrer les indicateurs : 1) création et diffusion (genre artistique, formation, production artistique); 2) conditions de pratique (répartition du temps de travail, travail non rémunéré); 3) conditions socio-économiques (revenus, sources de revenus, dépenses liées à la création artistique, protection sociale) et 4) motivation et perception de l'avenir professionnel.

    L'originalité de la recherche tient à l'analyse basée sur la portion des revenus qui est tirée du travail artistique et sur la part du temps de travail qui lui est consacrée. Ces indicateurs sont à la base d'une typologie qui permet de segmenter la population en plusieurs profils en mesurant la variabilité au sein d'une même profession artistique. L'exposé mettra l'accent sur les choix méthodologiques qui ont jalonné l'ensemble de la démarche et qui seront illustrés par des exemples tirés des résultats.

  • La situation de l'emploi dans l'industrie de l'humour francophone au Québec : appelés, élus et persévérants
    Christelle Paré (INRS - Institut national de la recherche scientifique)

    L'humour au Québec est tout aussi populaire que lucratif, et ce sous diverses formes (scène, DVD, édition, musique enregistrée, télévision, etc.). Si quelques humoristes québécois ont obtenu le titre d' « humoriches » (Robitaille, 2008 : a1), ce n'est pas le cas de tous. Des études empiriques ont exploré le parcours des humoristes des industries anglophones canadienne et américaine (Fry et Allen, 1975; Stebbins, 1990; Clark, 1997; Zoglin, 2008). Toutefois, aucune étude comparable n'est disponible concernant le Québec.

    Cette communication a pour objectif d'explorer la situation de travail de certains types d'acteurs (humoristes, auteurs, producteurs, etc.) de l'industrie de l'humour, et ce à l'aide d'entretiens semi-dirigés tenus en 2012 et 2013 et de l'analyse d'articles d'un corpus de presse s'échelonnant de 2008 à 2012. Nous soulignons notamment que les participants rencontrés ont décrit l'industrie de l'humour comme un domaine de travail où la loyauté n'est pas essentielle et où l'influence de la formation est bien sentie, même si très peu y ont accès. De plus, certains rapports de force entre les acteurs de l'industrie peuvent être difficiles, ce qui favorise cependant l'entreprenariat et la création de nouveaux types d'emplois. Nous entendons ainsi mieux comprendre et problématiser les parcours d'emplois créatifs au sein d'une industrie culturelle encore peu analysée.

  • Période de questions
  • Pause
  • Emploi, chômage, retraite. Une analyse longitudinale des carrières artistiques en France
    Vincent Cardon (EHESS - École des hautes études en sciences sociales)

    Les artistes interprètes français ont un statut de salariés atypiques, intermittents, itinérants, à employeurs multiples. Régulièrement hors emploi, ils bénéficient d'un régime spécifique d'indemnisation du chômage, le régime dit « des intermittents du spectacle ». Les effets de ce dispositif de sécurisation des parcours, tant sur les agendas d'activité que sur les modes de production culturelle ou encore la forme des carrières artistiques sont bien documentés. L'articulation de ce système avec les autres pans de la protection sociale des artistes est en revanche méconnue. Cette communication, fondée sur l'analyse longitudinale des données concaténées des Congés Spectacles et de la Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse, des données d'Audiens, caisse de retraite complémentaire des artistes, et sur une quarantaine d'entretiens biographiques, explore les conséquences de long terme de l'inscription durable dans cette flexibilité aménagée. Le régime d'emploi-chômage que connaissent les artistes tout au long de leur carrière, la forme de leurs carrières et la composition de leurs revenus qui font la part belle aux allocations de chômage, et enfin le mode de cotisation à l'assurance vieillesse, débouchent sur des pensions de retraite faibles et décroissantes à mesure que les générations d'artistes retraités se succèdent. Cette faiblesse des retraites constitue une incitation, contrariée par l'état du marché de l'emploi, à la poursuite d'activité jusqu'à des âges très élevés.

  • La protection sociale des artistes et autres groupes de travailleurs indépendants : analyse de modèles internationaux
    Martine D'amours (Université Laval), Marie-Hélène DESHAIES (Université Laval)

    L'objectif de cette étude était de comparer l'état de la protection sociale des artistes et autres travailleurs indépendants dans six pays européens et aux États-Unis, dans le but d'identifier des modèles qui pourraient être pertinents pour le Québec. Les secteurs ciblés en priorité sont ceux des arts visuels, des métiers d'art et de la littérature, pour lesquels il n'existe pas l'équivalent des ententes collectives qui, dans des mesures variables, sont venues bonifier le filet social des artistes de la scène, du disque et du cinéma.
    Le choix des pays étudiés s'appuie sur la typologie d'Esping-Andersen; trois d'entre eux relèvent du modèle conservateur-corporatiste (France, Belgique et Allemagne), deux du modèle libéral (États-Unis et Royaume-Uni) et deux autres du modèle social-démocrate ou universaliste (Suède et Danemark). Dans chacun des pays, nous avons analysé la couverture contre huit types de risques: le sous-emploi, la désuétude des connaissances, le risque d'entreprise, le risque de fluctuation de revenus, la maladie ou l'invalidité, l'accident du travail ou la maladie professionnelle, la parentalité et l'avancée en âge.
    La démarche adoptée repose sur une perspective doublement comparative : entre les pays et, à l'intérieur de chacun des pays, entre les artistes (salariés ou indépendants), les autres indépendants et les autres salariés. Elle s'appuie sur une analyse systématique de la documentation disponible en français et en anglais sur cette thématique.

  • Les artistes en arts visuels, portrait statistique des conditions de pratique au Québec
    Christine Routhier (ISQ - Institut de la statistique du Québec)

    La communication porte sur les résultats d'une récente étude statistique réalisée par l'Observatoire de la culture et des communications de l'Institut de la statistique du Québec au sujet du groupe de travailleurs culturels que constituent les artistes en arts visuels. Il sera question des principales caractéristiques de cette population totalisant environ 3 600 personnes au Québec : profil sociodémographique, formation, taille et provenance des revenus des artistes, conditions dans lesquelles ils exercent leur profession, activités de production et de diffusion des œuvres et autres activités professionnelles connexes à la pratique de l'art. La population des artistes en arts visuels étant relativement hétérogène, il sera aussi fait état des résultats d'une analyse statistique permettant de segmenter cette population en six sous-groupes, sur la base de certaines variables clés comme le revenu personnel total, le revenu tiré de la pratique artistique et la proportion du temps de travail consacrée à l'art.

    Les constats présentés sont tirés d'une enquête par questionnaire réalisée en 2010 auprès d'un échantillon probabiliste de personnes répondant aux critères définissant un artiste professionnel en arts visuels. Les données recueillies ont fait l'objet de divers traitements statistiques permettant de produire des résultats représentatifs de l'ensemble de la population ciblée par l'étude.

  • Période de questions
  • Pause

Communications orales

3e séance : Réalité et représentation de la carrière en art contemporain

  • Les mondes parallèles de l'art contemporain : hétérogénéité des expériences professionnelles et divergences d'intérêt parmi les artistes
    Pascale Bédard (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Depuis quelques décennies, la diversification des pratiques artistiques a favorisé l'émergence et la consolidation, au Québec, d'un marché et d'un réseau de diffusion de l'art contemporain « de pointe », fortement subventionné, tout en permettant la persistance d'un autre réseau où les œuvres diffusées rejoignent le grand public et bénéficie d'un bon marché, mais d'aucune reconnaissance institutionnelle.

    L'existence de ces deux réseaux fonctionnant en circuits assez clos, voire hostiles, structure l'économie des arts visuels, les modèles du travail artistique et les divergences d'intérêts, car les artistes qui constituent ces réseaux présentent des différences marquées dans leur réalité professionnelle : stratégies de carrière, formation, reconnaissance institutionnelle, représentation de soi, etc. C'est ce que révèle la recherche en cours, portant sur les conditons de vie et de pratique des artistes en arts visuels et réalisée dans la perspective d'une enquête à la fois documentaire et compréhensive.

    Peut-on décrire et comprendre sociologiquement cette réalité diversifiée, sans soulever le problème de la qualité artistique? Cet enjeu méthodologique s'avère déterminant pour la recherche sur les arts et les artistes, particulièrement au moment d'identifier un corpus d'enquête pertinent, d'autant plus que cette configuration est le plus souvent invisible en regard des statistiques. La communication propose d'éclairer ces questions à partir des données et résultats de l'enquête.

  • Bourses et carrière : les artistes en arts visuels au Québec
    Marcel Fournier (UdeM - Université de Montréal), Marian MISDRAHI (UdeM - Université de Montréal)

    Dans la carrière d'un artiste ou d'un écrivain, l'obtention d'une bourse d'un organisme subventionnaire est souvent importante, pour ne pas dire déterminant, car, l'obtention d'une telle bourse fournit une aide financière tout en constituant une reconnaissance (par les pairs). Notre communication porte sur le processus d'évaluation de demandes de bourses en arts visuels au Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) dans le cadre du programme de Recherche et création, et plus particulièrement sur le mode de classement des candidatures pour les membres des jurys. La question que nous nous posons pour cette communication est de savoir s'il y a une relation entre la réussite au concours des candidats et certains aspects de leurs trajectoires, dont l'obtention de diplômes universitaires (lieux et niveaux), les expériences professionnelles et la réussite à d'autres concours (bourses). Nous tenons aussi compte de l'âge professionnel (ou années de pratique), du sexe et du lieu de résidence. L'analyse porte principalement sur des données qui ont été collectées par entrevue auprès membres des jurys, mais s'appuie aussi des observations effectuées pendant les délibérations. Pour l'analyse de ces données collectées par entrevue, nous nous sommes servis du logiciel SPSS et avons constitué des statistiques descriptives. Notre démarche analytique et théorique s'inspire des travaux de H. Becker, N. Heinich et M. Lamont.

  • Période de questions

Cocktail

Lancement des ouvrages récents de la Chaire Fernand-Dumont sur la culture et de l'Observatoire de la culture et des communications

Communications orales

4e séance : Travail artistique et dispositifs territoriaux

  • Des dispositifs publics de soutien aux artistes à la question des compétences
    Sophie Le Coq (Université Rennes 2)

    Cette proposition de contribution s'intéressera à la question des effets de dispositifs de soutien aux artistes qui émanent de collectivités publiques territoriales en France, notamment à l'échelon communal et départemental. Dans un premier temps, nous préciserons les logiques qui président à la mise en œuvre de ces dispositifs par ces collectivités territoriales dont, entre autres,- une conception ascendante de leurs territoires de responsabilités politiques ;- une volonté de maintenir une « présence artistique » dans une perspective d'attractivité ;- une réaction à une conjoncture de contraintes budgétaires.Dans un second temps, nous porterons la focale sur deux dispositifs spécifiques : l'un, à l'adresse d'artistes plasticiens bénéficiaires du RMI (revenu minimum d'insertion ) étudié dans le cadre d'un travail contractuel réalisé en 2005 pour le Conseil Général de Gironde ; l'autre, à l'adresse d'artistes, quel que soit le domaine artistique, visant des interventions sur des nouveaux espaces urbains ou dans le domaine de l'action sociale à Rennes, en Région Bretagne. Ces exemples nous permettrons de montrer comment ils soulèvent la question des compétences des artistes, laquelle, selon les cas, trouve socialement à se résoudre dans la maîtrise, par ces derniers, des processus artistiques. Pour autant, dans des situations d'actions extra artistiques, cette compétence – bien que rarement définie – tend à inscrire ces artistes dans le registre de la prestation de service.

  • Les petits lieux de spectacles comme espace de travail créatif
    Line GRENIER (UdeM - Université de Montréal), Martin Lussier (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Depuis quelques années, les industries musicales ont connu d'importantes transformations. Parmi celles-ci, la montée du spectacle vivant, dit live, a amené plusieurs acteurs des mondes politiques, médiatiques et académiques à se pencher sur la place singulière qu'occupent les petites salles de spectacle dans lepaysage musical. Que ce soit pour leur participation dans l'instauration d'une scène locale (Cohen, 1991; O'Connor, 2002; Straw, 2005) ou d'un son particulier (Becker, 2004; McLeay, 1994) ou leur fonction d'espace d'apprentissage pour les artistes et travailleurs culturels (Finnegan, 1989; Frith, 2007), ces lieuxsont aujourd'hui considérés comme des intermédiaires culturels d'importance pour le développement culturel local. Cette présentation prend appui sur une enquête par questionnaire auprès d'une vingtaine de petits lieux de spectacles à Montréal. Nous y esquisserons d'abord un portrait des lieux (programmation, emploi,fonctionnement) et des pratiques qui ont pu y être documentées. Comment ces salles sont-elles organisées? Comment les capitaux y circulent-ils? Que font-elles? Selon quelles conditions matérielles, technologiques et politiques opèrent-elles? Quels sont les artistes qui y performent et à quel moment? Nous proposons que ces salles de spectacles représentent des dispositifs complexes, des assemblages de techniques, d'institutions et de technologies (Foucault, 1977; Sterne, 2005) permettant à certaines pratiques et à certains travailleurs culturels de circuler.

  • Les politiques de la diversité et l'atypie du danseur montréalais
    Louis Jacob (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Objet : Le Conseil des arts de Montréal est un important organisme subventionnaire qui s'est doté d'un plan d'action visant à refléter la diversité culturelle du territoire montréalais, mais aussi à améliorer les programmes de subvention aux créateurs, à multiplier les liens entre les milieux concernés, à encourager l'accès aux œuvres et la participation. Le secteur de la danse est à cet égard particulièrement intéressant. Nous examinons la diversité des pratiques de toutes origines, avec leurs processus de sédimentation et d'hybridation ainsi que leurs ancrages organisationnels ou urbains parfois difficiles à retracer. Deux aspects particuliers sont abordés : les questions relatives au genre et aux critères de jugement (de la part des amateurs, des participants, comme des créateurs et des experts), et les questions relatives au statut et aux parcours de ces professionnels atypiques de la danse hors des grandes institutions.

    Méthodologie : Menée par une équipe du Département de sociologie de l'UQAM sous la direction de Louis Jacob et en partenariat avec le CAM, la recherche comporte deux axes :1)une sociographie des genres, des lieux de diffusion et des praticiens du secteur de la danse à Montréal (à l'exclusion du ballet et de la danse contemporaine occidentale) ;2)une analyse des notions évaluatives et judicatives inhérentes à l'expérience de la danse selon les différents contextes.

    Résultats : La communication fait état d'une enquête en cours.

  • Période de questions
  • Pause
  • Vivre et survivre dans l'univers des institutions muséales et patrimoniales : quel avenir pour les jeunes professionnels?
    Yves Bergeron (UQAM - Université du Québec à Montréal)

    Cette communication repose d'une part sur l'enquête menée par l'Observatoire de la Culture et des Communications du Québec sur les l'état des lieux du patrimoine, des institutions muséales et des archives qui révélait des données nouvelles et précises sur le financement et les ressources humaines. Ce portrait révélateur de la disparité entre les institutions nationales et les petites institutions muséales qui constituent la large majorité du réseau sera mis en parallèle avec les travaux menés par la Société des musées québécois sur les conditions de travail réalisés dans le cadre des États généraux sur les musées. Les données statistiques et les entrevues menées auprès de membres du réseau permettront de dresser une première esquisse des problématiques propres aux conditions de travail des personnes qui œuvrent dans le monde des institutions muséales au Québec en fonction des différentes catégories d'institutions (musées d'art, d'histoire, d'ethnologie et de sciences).Cette communication fera également appel à l'évaluation des programmes de muséologie qui doivent conduire à la refonte du programme de maîtrise professionnelle en muséologie (UQAM-UdM). Nous tiendrons notamment compte de la nature du réseau des institutions muséales etde la réalité territorialequi contribue à accentuer un décalage important dans les compétences professionnelles.

  • Un secteur en effervescence : la réalité des festivals de musique québécois - Résultats d'une enquête menée dans le cadre d'une étude internationale – Festudy
    Claudine AUDET (Ministère de la Culture et des Communications du Québec), Diane Saint-Pierre (INRS - Institut national de la recherche scientifique)

    Nous proposons d'exposer la réalité de l'emploi dans les festivals de musique à partir du volet québécois d'une étude internationale– Festudy – en cours de réalisation. Dirigé par un Comité scientifique (E. Négrier, M. Guérin, L. Bonet), ce projet repose sur une dizaine d'équipes nationales pour autant de pays. L'étude vise à produire une connaissance commune sur l'ensemble des facettes entourant la vie des festivals de musique (politiques et programmes publics, stratégies déployées, contenus artistiques, publics, ressources humaines, budget). Elle a donné lieu à une enquête auprès d'organismes (N= près 390) à partir d'un questionnaire unique pour tous les pays. Au Québec, l'enquête (N= 43) s'est déroulée à l'été 2012. Dans le cadre du présent colloque, les coresponsables du volet Québec (Audet et Saint-Pierre) centreront leur exposé sur les résultats de l'enquête québécoise, tout en les situant dans une problématique plus large : facteurs de développement, objectifs et défis, attentes des pouvoirs publics et ainsi de suite. Cette communication permettra d'illustrer différents aspects de la vie des festivals de musique au Québec, dont ceux liés à la réalité des emplois et du travail artistique. Enfin, seront mis en relation les résultats de cette enquête avec certains éléments permettant de poser quelques questions et d'émettre certaines hypothèses au regard de ce secteur qui a connu au Québec des développements considérables depuis une vingtaine d'années.

  • Territorialisation du travail artistique et transitions urbaines
    Bernard Haumont (ENSAPVS - Ecole Nationale Supérieure d'Architecture Paris-Val de Seine)

    Les grandes villes du monde développent des politiques d'accueil et d'aide aux artistes et plasticiens, au-delà de l'art urbain, dans des formes institutionnalisées comme dans d'autres plus spontanées. Le travail artistique et ses productions sont maintenant parties prenantes des images et des attractivités urbaines, au sein des compétitions que se livrent les grandes métropoles. Sans compter les multiples avatars de la notion de « ville créative ».Face aux ressources culturelles que les artistes représentent, et les faibles revenus dont nombre de ces artistes disposent, des villes mettent à leur disposition ou acceptent des squats dans des locaux temporairement laissés à l'abandon : bâtiments industriels, friches, immeubles plus ou moins vétustes… jouant simultanément sur l'inconfort de ces situations, sur l'acceptation de vies « chiches » chez les artistes, et sur des proximités a priori propices à la création.Certains de ces « abandons » sont aptes à devenir des noyaux à partir desquels des quartiers culturels se développent, tandis que d'autres sont les amorces d'une réévaluation immobilière des quartiers considérés (souvent fatale pour les artistes), ou que d'autres encore génèrent, de façon diffuse, de véritables courants artistiques.Cette communication dressera une typologie succincte des situations territoriales des activités artistiques en s'appuyant sur des exemples français, états-uniens et chinois, en les resituant dans leurs temporalités urbaines.

  • Période de questions

Communications orales

Conclusion du colloque