Informations générales
Événement : 80e Congrès de l’Acfas
Type : Domaine
Section : Section 100 - Sciences de la santé
Description :Le suivi des patients avec maladies chroniques ou des patients vulnérables, les délais importants dans l’accès aux soins, la multiplicité des professionnels de la santé, l’intégration de la prévention dans la pratique de tous les jours et les implications éthiques reliés aux processus de soins sont autant de défis importants auxquels font face les services de santé. L’ACFAS vous offre des communications qui aident à comprendre ces défis et suggèrent des pistes de solution.
Dates :Programme
Enjeux éthiques et culturels liés aux services de santé
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Des conflits d'intérêts en médecine vétérinaire?Charles Marsan (UdeM - Université de Montréal)
La notion de conflit d’intérêts est généralement mal comprise, plusieurs n’y voyant qu’un synonyme de corruption, d'abus de pouvoir ou le fruit de complots entre escrocs. Cette notion porte un sens si négatif qu'il devient mal aisé de chercher à en reconnaitre la présence. Pourtant, dans le domaine de la santé, on définit le conflit d'intérêts (CI) comme étant une situation dans laquelle le praticien se trouve à risque d'altérer son jugement professionnel ou ses actions concernant un intérêt primaire (ex. l'intérêt du client) en privilégiant un intérêt secondaire dans lequel il retire un avantage personnel (ex. un gain financier).
La littérature nous enseigne que le CI représente un enjeu éthique auquel on a beaucoup réfléchi au cours du XXe siècle. Ces réflexions ont fait en sorte de séparer, notamment, la médecine et la pharmacie en santé humaine. À partir d'exemples tirés de la pratique vétérinaire, nous allons examiner quelques situations où le jugement du professionnel peut se trouver compromis de manière indue par la poursuite d'un intérêt secondaire. Certaines formes de CI étant inévitables, le vrai défi reste de trouver comment les professionnels peuvent pratiquer sans trop verser dans les conflits d'intérêts.
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L’utilisation de données secondaires qualitatives : expérience, considérations éthiques et portée scientifiqueMarie-Pierre Avoine (UdeS - Université de Sherbrooke), Cécile MICHAUD (UdeS - Université de Sherbrooke), Louise O'REILLY (UdeS - Université de Sherbrooke)
En recherche qualitative, les chercheurs se retrouvent régulièrement confrontés à des données qui ne sont pas en lien direct avec la question de recherche (Heaton, 2006). L’analyse secondaire de données qualitatives s’avère idéale afin d’exploiter ces données qui ont été jugées importantes à exprimer par les participants. Elle comporte cependant des défis reliés à la concordance des données, à l’absence du chercheur lors de la collecte initiale des données ainsi qu’à l’accès aux données. L’exposé présentera les forces et limites ainsi que la valeur scientifique et éthique de cette approche de recherche dans le contexte des sciences de la santé en se servant de l’expérience acquise lors d’une récente étude. Les chercheurs ont effectué une analyse secondaire de données qualitative pour étudier un phénomène opposé de celui de l’étude principale (pratiques humanistes/pratiques déshumanisantes). Elles ont opté pour une collecte supplémentaire de données auprès d’un groupe composé d’experts afin de respecter les critères de scientificité et de produire des résultats fiables, crédibles et transférables. L’analyse secondaire de données a permis de faire émerger des résultats de qualité et a répondu à plusieurs considérations éthiques, notamment en diminuant la sollicitation des participants à la recherche (CRIR, 2006) et en utilisant pleinement leurs propos.
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Anthropologie et pédiatrie : réflexions à partir d’une collaboration interdisciplinaire réussieSylvie FORTIN (UdeM - Université de Montréal), Liliana GOMEZ (UdeM - Université de Montréal), Annie Gauthier (UdeM - Université de Montréal)
En milieu hospitalier, le pluralisme qui traverse la population québécoise a conduit à la mise sur pieds de nouveaux projets de recherche et d’intervention destinés à examiner les implications de cette diversité sur le plan du rapport des populations aux services de santé. Au niveau de la recherche, des collaborations interdisciplinaires ont dû être créées afin d’examiner les situations cliniques, à la lumières de ses composantes sociale, culturelle et éthique. À partir d’une expérience de recherche que nous avons nommée « anthropo-clinique », cette présentation propose une réflexion ancrée sur la fécondité de cette collaboration. Nous discuterons des repères conceptuels et méthodologiques de cette recherche, en illustrant notre propos de vignettes cliniques et d’extraits d’entrevues issus d’une étude ayant porté sur les désordres fonctionnels de l’intestin chez l’enfant. Dans cette étude menée par une équipe de pédiatres gastroentérologues et d’anthropologues, le travail anthropologique a permis de documenter ce que les parents et leurs enfants retiennent des conseils prodigués et des pratiques suggérés ; leur impressions d’être entendus à divers degrés et de cheminer ou non vers un mieux-être. Enfin, au-delà de cette expérience particulière, la collaboration anthropologie/pédiatrie ouvre des perspectives de recherche que notre présentation visera à développer, spécialement en ce qui a trait à la question des relations médecins/patients.
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Les échelles de niveaux de soin : un bien pour un mal?Naba AL SAADI, MD (Observatoire, vieillissement et société), Naba Al Saadi (UdeM - Université de Montréal)
Les échelles de niveaux de soins: un bien pour un mal ?
Les progrès en médecine ont permis d’augmenter l’espérance de vie des patients atteints de maladies débilitantes. Quotidiennement, les hôpitaux reçoivent des patients et des décisions sur l’intensité des soins sont prises pour offrir les traitements appropriés.
En 1994, le CMQ* recommande l’utilisation d’une échelle de niveaux de soins (ENS)** pour chaque patient admis en CHSLD. Le but : « concevoir les niveaux de soins comme un moyen de communication afin d’éviter l’abandon ou l’acharnement thérapeutique ».
Le niveau de soins se rapproche du « testament biologique » largement connu, sans être identique à celui-ci. La plupart des services d'urgences et des départements des hôpitaux de Montréal utilisent des ENS. Leur utilisation mérite une réflexion puisqu’elle soulève des enjeux éthiques.
100 médecins de différentes spécialités incluant des médecins de famille seront choisis aléatoirement dans les centres hospitaliers appartenant ou affiliés à l’Université de Montréal et à l’Université de McGill. Les médecins recevront un exemplaire de l’ENS en vigueur dans leur institution de pratique et un questionnaire pour recueillir leurs commentaires concernant l’utilisation de cette échelle.
L’objectif : répondre aux questions suivantes : Ces échelles sont-elles vraiment utiles ? Contribuent-elles à fournir les soins nécessaires du patient ? Ce projet est en cours et les résultats seront présentés lors du congrès de l’ACFAS.
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Cartographie conceptuelle des représentations de l’avenir des services de santé en français en contexte linguistique minoritaireLouise Bouchard (Université d’Ottawa)
Le plan d’action pour les langues officielles du gouvernement fédéral lancé en 2003 projetait de revitaliser la dualité linguistique du pays. La santé est un domaine priorisé dans le but d’assurer la formation des professionnels de la santé et de mettre en place 17 réseaux d’organisation des services en langue minoritaire. L’objectif de la communication est de rendre compte des représentations des francophones en situation linguistique minoritaire eu égard à l'avenir des services de santé en français. L'étude repose sur une méthodologie participative: la cartographie conceptuelle permettant de recenser l'univers conceptuel d'une problématique donnée. Les différents regroupements conceptuels qui ont émané de l’exercice abordent les problèmes relatifs aux réalités géographiques; à l’éducation et la formation en santé en français; au vécu minoritaire; à la mobilisation et à l’engagement communautaire; au droit à des services de santé en français; aux besoins spécifiques des populations francophones; au concept d’offre active de services; au bilinguisme et à la traduction; aux ressources humaines; au rôle des instances gouvernementales; à la complémentarité et à la collaboration entre différents niveaux et différents fournisseurs de services et avec les communautés anglophones, immigrantes et autochtones et enfin au réseautage des organismes, des services et des ressources.
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Mesures et évaluations des impacts et d’acceptabilité des nanotechnologiesJohane Patenaude (UdeS - Université de Sherbrooke), Danielle TAPIN (UdeS - Université de Sherbrooke)
La recherche, le développement et l’innovation impliquant la nanotechnologie peuvent soulever plusieurs enjeux éthiques et sociétaux (NE3LS). Il est reconnu que la prise en compte précoce de ces enjeux est devenue incontournable dans le cadre d’un développement responsable. Cependant, il n’existe pas d’instruments d’analyse interdisciplinaire susceptibles de favoriser l’identification et l’évaluation systématiques de ces enjeux ni de leur acceptabilité sociale.
Cette présentation proposera, dans un premier temps, d’explorer les principales insuffisances théoriques et méthodologiques des instruments actuels de mesures et d’évaluation du risque en la matière. À partir de quoi nous proposerons, dans un deuxième temps,les caractéristiques auxquelles doivent répondre systématiquement des instruments d’évaluation et de mesure du risque et d’acceptabilité pour, d’une part, dépasser ces insuffisances, d’autre part mettre en oeuvre une démarche structurée et systématique d’accompagnement NE3LS du développement des nanotechnologies, et finalement favoriser l’action, le débat, les échanges entre les acteurs (chercheurs, industriels, politiques, gestionnaires, travailleurs, citoyens) quant aux choix individuels, industriels et sociaux liés à ces développements. Au terme de quoi, un modèle théorique pour fins d’analyse répondant à ces caractéristiques plurielles et interdisciplinaire sera proposé.
Maladies chroniques/vulnérabilité
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Le soutien entre patients hospitalisés en santé mentale : une ressource à promouvoirLindsay BOUCHARD (Institut universitaire en santé mentale Douglas), Catherine P. GROS (Université McGill), Marjorie Montreuil (Université McGill)
Il est reconnu que le soutien par les pairs est bénéfique aux personnes atteintes de maladie mentale et que ce soutien joue un rôle majeur dans le rétablissement. Plusieurs études ont porté sur le soutien par les pairs dans la communauté, mais aucune ne s’était penchée sur le soutien lors d’une hospitalisation. La présente recherche a voulu mieux comprendre l’expérience du soutien entre pairs se créant spontanément entre patients hospitalisés en santé mentale.
Objectifs de la communication : Présenter le processus du soutien par les pairs ayant lieu naturellement sur les unités de soins. Reconnaître le rôle unique du soutien spontané dans le rétablissement. Identifier de nouvelles possibilités pour travailler en partenariat avec les patients hospitalisés en santé mentale.
Méthode : Des entrevues semi-structurées ont été effectuées avec dix patients hospitalisés dans un institut en santé mentale. Les entrevues ont été enregistrées, transcrites intégralement, puis analysées selon une approche qualitative descriptive.
Résultats/conclusion : Le soutien entre patients est un processus réfléchi et complexe ayant des effets positifs sur la santé mentale et la qualité de vie. Le contexte affecte grandement l’occurrence de ces interactions de soutien. Les professionnels de la santé, en particulier le personnel infirmier, peuvent intervenir pour favoriser ces relations qui contribuent au rétablissement des patients hospitalisés en santé mentale.
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La coordination dans les pratiques des gestionnaires de cas de personnes en perte d’autonomie liée au vieillissement, une analyse conventionnalisteSébastien Carrier (UdeS - Université de Sherbrooke)
Problématique :Pour soutenir l’implantation des réseaux de services intégrés pour personnes en perte d’autonomie liée au vieillissement (RSIPALV), le ministère de la Santé et des Services sociaux a misé sur l’implantation de dispositifs de coordination, dont celui professionnel de la gestion de cas. L'objectif de cette recherche est de comprendre la coordination telle qu'elle se déroule dans les pratiques de gestion des cas dans le contexte des RSIPALV au Québec. Méthodologie : Nous avons produit une étude qualitative et exploratoire utilisant un devis de type étude de cas. Nous avons réalisé trois collectes de données qui ont servi à l’analyse : 1. recherche documentaire, 2. entretiens d’explicitation, 3. observation directe. Notre recherche couvre trois centres de santé et de services sociaux. Les données ont été analysées de façon transversale au moyen de la théorie des conventions. Résultats :Nous avons constaté que la coordination fait convention dans le cadre des pratiques de gestion de cas à travers un processus ralliant différents compromis au sein de situations de soutien à domicile dans lesquelles l’aspect relationnel apparaît plus important que la systématisation. Nous avons construit quatre types de compromis de la coordination faisant convention dans les pratiques de gestion de cas : d’interface, d’ordonnancement, d’occasion et d’inflexion. Retombées :Pour la suite, nous voulons mesurer des effets de la coordination relationnelle sur la qualité des services.
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Les mauvais traitements psychologiques chez les enfants montréalais : portrait et enjeux culturelsClaire MALO (CJM – IU - Centre jeunesse de Montréal - Institut universitaire), Jacques MOREAU (UdeM - Université de Montréal), Marie-Joëlle Robichaud (CJM – IU - Centre jeunesse de Montréal - Institut universitaire)
L’application de la Loi sur la protection de la jeunesse ainsi que les interventions cliniques qui en découlent doivent respecter l’arrimage des cultures et des valeurs des familles, peu importe leurs origines, tout en s’accordant avec la culture et les valeurs québécoises. Qu’en est-il spécifiquement dans le cas des signalements pour Mauvais Traitements Psychologiques (MTP)? Nous savons que l’évaluation des MTP est d’une grande complexité puisque ce type de maltraitance réfère davantage à une dynamique relationnelle qu’à un événement spécifique et qu’il s’inscrit dans des dynamiques interpersonnelles et familiales complexes. Vu les différences culturelles dans la compréhension, l’acceptabilité et la désirabilité de certaines tâches et comportements, on pourrait s’attendre à ce que le libellé de l'article MTP ne soit pas compris de la même manière par l’ensemble des familles dont le signalement est retenu sous ce motif. Mais dans les faits, qu’en est-il?
Dans le contexte où les grandes métropoles canadiennes accueillent la majorité des immigrants et groupes minoritaires, la présente étude propose de dresser un premier portrait de la situation des signalements retenus pour MTP dans la région de Montréal auprès des familles de différentes communautés culturelles.
Nous présenterons des résultats préliminaires et discuterons des enjeux liés à l’usage de données clinico-administratives en lien avec les caractéristiques des enfants et familles de différentes origines culturelles.
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L’expérience de soins de première ligne de la population : l’influence des facteurs de risque reliés à la vulnérabilité en santéOla Haidar (UdeM - Université de Montréal), Paul LAMARCHE (UdeM - Université de Montréal), Jean-Frédérique LÉVESQUE (INSPQ - Institut national de santé publique du Québec)
La vulnérabilité en santé est un risque à une mauvaise santé (Aday, 1993). Plusieurs facteurs de risque sont liés à des résultats adverses en santé. Les personnes cumulant plusieurs facteurs de risque sont plus à risque d’une mauvaise santé. Plusieurs s’entendent que le système de soins est un déterminant important de la santé de la population et qu’il pourrait accentuer les inégalités en santé. Il a été démontré qu'une bonne expérience de soins de première ligne améliore la santé de la population. Une question légitime s’impose : est-ce que les facteurs de risque associés à la vulnérabilité en santé sont ainsi associés à une mauvaise expérience de soins de première ligne ? Notre étude a pour objectif de vérifier la relation entre le degré de vulnérabilité de la population et son appréciation de l’expérience de soins et cela dans un contexte de système de soins public comme le système québécois. Les données ont été recueillies d’une enquête populationnelle réalisée au Québec en 2005 sur l’expérience de soins de 9206 personnes âgées de 18 ans et plus. Des modèles de régression logistique multiple ont été utilisés pour examiner l’effet individuel et modérateur de facteurs de risque reliés à la vulnérabilité en santé sur l’expérience de soins de la population. Cette étude démontre que l’expérience de soins de la population n’est pas la même selon son degré de vulnérabilité. Ainsi, elle démontre que le système de soins québécois est équitable face aux personnes vulnérables.
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Le paramédic québécois : modèle d'analyse du conflit de rôle dans la pratique actuelleEmmanuelle Bourdon (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Les paramédics québécois agissent en tant que soignants et transporteurs auprès des personnes en détresse. Au Québec en 2009, ils ont exécuté plus de 600 000 transports. Alors que les paradigmes en santé changent avec l'augmentation de l'espérance de vie et de la prévalence de la maladie chronique, leur pratique fondée sur la réponse rapide et la prise en charge d'état critique se voit actuellement bouleversée. Une proportion importante des interventions réalisées sont non urgentes et ne nécessitent pas l'usage de techniques ou de traitements spécifiques. Dans une pratique habituée à la surmobilisation, il s'en suit possiblement une démobilisation en fonction de la conception du rôle. Cet ensemble de facteurs semble entraîner un conflit de rôle. Cette communication vise à faire connaître le modèle théorique ayant servi à l’analyse qualitative des entrevues de recherche réalisées auprès de paramédics québécois et à présenter leur conception du rôle ressorti des analyses. Notre modèle s’appuie sur la littérature probante en psychologie du travail ainsi qu'en évaluation de la qualité des services de santé. L'unicité de ces travaux réside sur l'étude de la relation entre la pratique du paramédic, les stress organisationnels modérés et chroniques, de même que les manifestations de l’épuisement professionnel.
Modes d'organisation et modes de pratique
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Implication en évaluation des ONG locales du VIH au BéninMaurice Agonnoude (UdeM - Université de Montréal), François Champagne (UdeM - Université de Montréal), Nicole LEDUC (UdeM - Université de Montréal)
L’implication croissante des ONG et de la société civile en général dans la lutte contre l’épidémie de l’infection à VIH/Sida en Afrique est notée depuis quelques années. Mais, même si leur rôle est bien apprécié, il y a une perception d’une inefficacité de leurs actions à cause de leur manque de capacité en suivi évaluation de leurs interventions. Objectif : ce travail vise à décrire l’implication en évaluation des ONG locales du VIH/Sida au Bénin ainsi que les caractéristiques liées à cette implication. Méthode : il s’agit d’une analyse descriptive de données collectées par questionnaire auprès de 34 responsables d’ONG locales (un par ONG). Résultats : La plupart des ONG n’ont pas les conditions minimales pour une implication efficace en évaluation. Les attentes des agences de financement et la taille élevée du personnel sont les facteurs contextuels qui sont associés aux dimensions de l’implication en évaluation.
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Valoriser l’érudition chez les professionnels de la réadaptation de l’accident vasculaire cérébral : tout un défi!Barbara Fillion (UdeM - Université de Montréal), Annie Rochette (UdeM - Université de Montréal)
Problématique : En réadaptation de l’accident vasculaire cérébral (AVC), un écart persiste entre les pratiques actuelles et les données probantes. Comment le rôle d’érudit se manifeste-t-il au quotidien dans ce contexte par les principaux acteurs concernés?
Objectif : Documenter la perception que les professionnels de la réadaptation en AVC ont de leur rôle d’érudit dans leur pratique.
Méthodologie : Étude qualitative exploratoire d’orientation phénoménologique via des entrevues individuelles. Critères d’inclusion : travailler en réadaptation de l’AVC depuis au moins deux ans. Transcription intégrale du contenu audio. Codification exhaustive à l’aide du logiciel QDA-Miner et contre-codification (10 % de l’ensemble du corpus).
Résultats : Les participants (âge moyen 40,7 ans ± 11,2) sont majoritairement des femmes (9/11) et leur expérience de travail en AVC varie de 3 à 23 ans. Les trois principaux thèmes émergeant de l’analyse sont : l’importance et la valorisation des savoirs tacites, une recherche de la diversification des tâches cliniques et une pratique réflexive peu développée.
Conclusion : Ce rôle gagnerait à être davantage valorisé en pratique clinique afin de réduire l’écart existant avec les meilleures pratiques. Les résultats font émerger un questionnement quant aux mesures pouvant être mises en place afin de faciliter une pratique réflexive efficace.
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Perceptions et pratiques des médecins omnipraticiens du Québec en matière de sensibilisation et de promotion de l'activité physiqueSuzanne LABERGE (UdeM - Université de Montréal), Kim Lestage (UdeM - Université de Montréal)
Les médecins omnipraticiens (MO) représentent des acteurs clés pour la promotion de l'activité physique (PAP) auprès de la population car ils sont perçus comme une source crédible d'information sur la santé. Aucune étude n'a été réalisée à ce jour au Québec sur leur pratique et leurs perceptions à cet égard.
Objectif:
Documenter les pratiques, perceptions et besoins des MO en matière de PAP et leur connaissance du rôle des kinésiologues.
Méthodologie:
Une enquête a été réalisée auprès des MO lors de formations continues de la FMOQ et 701 questionnaires complétés ont été recueillis.
Résultats:
Moins de 50% des répondants font la PAP auprès de leurs patients non-symptomatiques. Les facteurs limitant leur PAP sont : le manque d'outils (63%), le peu d'intérêt des patients (59%) et le manque de temps (59%). Près de 60% croient être peu efficaces en PAP, cependant 98% affirment que cela fait partie de leur rôle. Pour être plus efficaces, près des 2/3 mentionnent une plus grande collaboration avec les kinésiologues et plus de 50% du matériel promotionnel et de la formation continue. Près de 9/10 estiment qu'un médecin actif est plus efficace pour convaincre ses patients de faire de l'AP, cependant seulement 13% rencontrent les recommandations en matière d'AP. Près de 50% confondent les kinésiologues avec les ergothérapeutes, 37% avec les kinésithérapeutes et 24% avec les physiothérapeutes.
Conclusion:
Une collaboration plus grande entre MO et kinésiologues pourrait améliorer la PAP.
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La reconnaissance de l'oncologie médicale comme spécialité médicale, la lutte entre les hématologues et un groupe d'internistesAnne-Julie Houle (UdeM - Université de Montréal)
Cette recherche porte sur le processus socio-historique entourant la lutte entre les hématologues et un groupe d’internistes pour la reconnaissance d’une nouvelle spécialité médicale par le Collège des médecins du Québec (CMQ), soit l’oncologie médicale. Au plan théorique, l’analyse des rapports de force entre les hématologues et les internistes s’appuie sur les concepts de champ et de capital de Bourdieu et sur le concept de juridiction d’Abbott. Cette étude repose sur 30 entrevues avec des médecins impliqués en oncologie et sur l’analyse de documents d’archives provenant du CMQ. Les résultats préliminaires suggèrent que la reconnaissance de l’oncologie médicale a nécessité 2 processus d’évaluation auprès du CMQ, i.e. un premier débutant en 1980 et un second en 1990. Lors du premier processus, les hématologues sont parvenus à empêcher la reconnaissance de la nouvelle spécialité. Leur victoire s’explique par le fait qu’ils ont réussi à discréditer la demande en raison de son apparente complexité. En revanche les internistes ont remporté le processus de 1990 grâce à leur alliance avec le champ politique. Cette victoire a mené à un changement dans la juridiction des actes médicaux en oncologie : ces derniers sont désormais partagés entre les hématologues et les internistes. En conclusion, cette étude suggère que l’évolution des soins médicaux ne procède pas uniquement de la logique du champ médical; ce champ peut également être influencé par le champ politique.
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Évolution du délai entre l'arrivée du patient à l'urgence et l'électrocardiogramme suite à un changement de structure et de processusLyne Cloutier (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Simon Grenier-Michaud (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Julie Houle (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
Introduction : Lors d’un infarctus aigu du myocarde, le délai avant le traitement est un facteur déterminant pour la survie du patient. Un électrocardiogramme (ECG) doit être réalisé à l’intérieur de 10 min depuis l’arrivée à l’urgence du patient afin d’identifier ces situations (délai porte-ECG). Cet objectif n’est pas atteint dans près de la moitié des cas au Québec. Objectifs : L’étude décrit l’évolution du délai porte-ECG en marge d’une intervention visant à diminuer ce délai. Les objectifs secondaires sont d’identifier les facteurs au niveau de la personne et du milieu ayant pu influencer ce même délai. Méthodologie : L’intervention comprend l’ajout d’un appareil à ECG et l’introduction d’une ordonnance collective permettant à l’infirmière de demander directement l’ECG. Une revue rétrospective systématique des dossiers médicaux a été effectuée 6 mois avant et 6 mois après l’intervention. Les bases de données administratives ont été revues afin de considérer le contexte. Résultats : Les résultats préliminaires rapportent un délai moyen de 19 min basé sur 42 cas d’infarctus avant l’intervention, contre un délai moyen de 16 min basé sur 45 cas d’infarctus après l’intervention. Ce changement n’est cependant pas statistiquement significatif. Conclusion : Les résultats préliminaires laissent entrevoir qu’une autre intervention sera nécessaire afin de corriger le délai porte-ECG. L’analyse des facteurs en cause pourra guider la réflexion sur d’autres pistes de solutions.
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Facteurs de succès de la diminution des temps d’attente pour les chirurgies de la hanche et du genou : une étude empirique canadienneClaudia Amar (CHUM - Centre hospitalier de l'Université de Montréal), Anne-Julie Houle (UdeM - Université de Montréal), Marie-Pascale Pomey (UdeM - Université de Montréal), Juan Carlos Sabogal Olarte (UdeM - Université de Montréal)
Contexte:Pour répondre aux exigences du gouvernement fédéral en matière de temps d’attente pour les chirurgies de remplacement du genou et de la hanche, les hopitaux canadiens ont adopté des stratégies de gestion des listes d’attentes avec niveaux de succès variables.
Question:Quels facteurs ont permis de maintenir dans le temps un temps d’attente répondant aux exigences du Fédéral pendant au moins 18 mois?
Cadre théorique:Un modèle possédant 4 facteurs, inspiré de Parsons, utilisé pour analyser les facteurs comprenant la gouvernance, la culture, les ressources, et les outils.
Méthode:3 études de cas menées.1er: capable de maintenir les exigences > 18 mois,2e: capable d’obtenir les exigences pendant 18 mois d’obtenir les exigences mais incapable de les maintenir,3e: jamais été capable.
Résultats: Les résultats indiquent que l’hôpital qui a été en mesure de maintenir le temps d’attente possède des caractéristiques spécifiques : réalisation exclusive de chirurgie de remplacement de la hanche et du genou, présence d’un personnel motivé, non distrait par d’autres préoccupations, et esprit d’équipe fort. Les deux autres cas ont à faire face à une culture médicale moins homogène et moins axés sur cibles; des ressources dispersées et une politique intra-établissement non claire.
Discussion: Le modèle d’hôpital factory semble être intéressant dans le cadre d’une chirurgie surspécialisée. Toutefois, il s'agit de chirurgies simples chez patients avec faibles risques.
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Effets inattendus des stratégies mises en place dans les établissements de santé pour diminuer les temps d’attente des chirurgies électives de la hanche et du genouClaudia AMAR (UdeM - Université de Montréal), Anne-Julie Houle (UdeM - Université de Montréal), Marie-Pascale Pomey (UdeM - Université de Montréal), Juan Carlos Sabogal Olarte (UdeM - Université de Montréal)
En 2004, Santé Canada obligeait les hôpitaux canadiens à se munir d’une stratégie de gestion des listes d’attentes pour les chirurgies électives du genou et de la hanche dans le but de réduire le temps d’attente. L’objectif de cette étude vise à mettre en lumière les effets inattendus des différentes stratégies développées et mises en place par les hôpitaux.
Pour ce faire, 5 études de cas ont été menées : 2 cas capables de maintenir les exigences > 18 mois, 2 cas capables d’obtenir les exigences pendant 18 mois mais incapables de les maintenir, 1 cas n’a pu atteindre les objectifs. Des documents ont été recueillis et des entrevues ont été réalisées auprès des personnes impliquées dans la stratégie.
Les résultats préliminaires indiquent que des effets inattendus sont apparus dans chacun des cas étudiés. Par exemple, les effets positifs sont une amélioration de la collaboration avec la 1ère ligne et les services de réadaptation et l’amélioration de la satisfaction des patients; les effets négatifs sont la précarité des stratégies implantées, les tensions au sein du personnel, le manque de confiance et les problèmes de communication.
Employant une approche inductive, cette étude a pour objectif d’identifier et d’analyser les effets inattendus des stratégies mises en place dans les hôpitaux étudiés à chacune des étapes de la prise en charge des patients; et de contribuer à la réflexion théorique portant sur le concept d’effet inattendu.
Pratique des infirmières et interdisciplinarité
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Le rôle de l'infirmière praticienne spécialisée (IPS) : bien le connaître pour mieux le reconnaîtreClaire Chapados (UdeM - Université de Montréal)
En juin 2002, l’adoption du projet de loi n° 90 a permis de modifier la Loi sur les infirmières et les infirmiers donnant lieu à l’introduction d’IPS au Québec, et ce, afin d’augmenter l’accessibilité aux soins de santé et répondre aux besoins de la population vieillissante présentant des conditions de santé de plus en plus complexes. Depuis, plusieurs IPS travaillent dans quatre domaines de pratique, soit la néonatalogie, la néphrologie, la cardiologie et les soins de première ligne. Elles possèdent un savoir approfondi et démontrent des compétences spécialisées leur permettant d’effectuer certaines activités médicales. Cette étude exploratoire a pour objectif de comprendre les différents rôles et responsabilités qui incombent à l’IPS au quotidien. Les données ont été recueillies au moyen d’entrevues individuelles semi-dirigées auprès de quatorze IPS et deux médecins par un processus de sélection intentionnelle. Les analyses préliminaires révèlent que les IPS ont une grande responsabilité clinique et consacrent la majorité de leur temps aux soins directs. Les résultats détaillés de cette étude démontreront l’importance du rôle clé que peuvent jouer les IPS dans notre système de santé et que les bénéfices de sa contribution sont nombreux et font toute la différence.
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Cadre d'analyse de la pratique infirmière en contexte d'intégration des soinsCarl-Ardy Dubois (UdeM - Université de Montréal), Caroline Longpré (UdeM - Université de Montréal)
L’intégration des soins qui a pour finalités d’optimiser les mécanismes de production ou d’en accroître la cohérence des pratiques de gouvernance, engendre inévitablement des changements organisationnels dans l’environnement de travail. De nombreux défis professionnels sont à relever afin d’adapter les pratiques qui permettront de rendre efficientes ces transformations et pour lesquels les infirmières ne sont pas bien préparées. Puisque peut d’accent n’est porté sur l’évaluation de la pratique clinique des infirmières dans ce contexte d’intégration en émergence ni de ses répercussions sur le bien-être au travail, il importe d’explorer en profondeur les composantes stratégiques nécessaires à l’actualisation de ces transformations. Le but est d’exposer le cadre de référence novateur élaboré permettant l’analyse de mise en œuvre d’une intégration des soins, sous l’angle de la pratique clinique et du bien-être des infirmières. Ce cadre est une résultante du cadre de la mise en œuvre des RSI et de ses effets (Cazale, Touati et al. 2007), du modèle de développement de l’intégration des soins (Minkman, Ahaus et al. 2009) et de Flexihealth (Vandenberghe, De Keyser et al. 2004). Nous verrons comment celui-ci peut contribuer à offrir un soutien à la réflexion en lien avec toutes démarches d’intégration dans les milieux, tant pour les professionnels que les gestionnaires impliqués et interpellés par la qualité et l’efficience de leur pratique auprès de populations cibles.
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Les déterminants de l’intention des finissant(e)s de sciences infirmières de pratiquer en région éloignée : une synthèse des connaissancesMarie-Pierre GAGNON (Université Laval), Gisèle Irène Claudine MBEMBA (Université Laval), Amélie Trépanier (Université Laval)
La répartition des effectifs infirmiers au Québec est une préoccupation constante pour les décideurs, particulièrement en ce qui concerne les régions éloignées qui, en plus de faire face à des défis spécifiques relativement à leur situation géographique, ont d’apparentes difficultés de recrutement. Il existe très peu d’études sur les facteurs individuels et organisationnels qui influencent l’intention des finissant(e)s en sciences infirmières d'aller pratiquer en région éloignée. C’est ce que souligne cette revue systématique de la littérature effectuée, dont les principaux résultats seront discutés.
Nos résultats préliminaires démontrent que notre stratégie de recherche a permis de retracer 22 publications répondant à nos critères d‘inclusion. Elles ont été étudiées de façon plus approfondie et l’extraction des données en lien avec les déterminants de l'intention des finissant(e)s ou des infirmières récemment diplômées de s’établir en région est en cours. Les résultats seront disponibles en mai.
En guise de conclusion, j’expliquerai comment les déterminants identifiés dans la revue de littérature seront combinés à la théorie du comportement planifié d’Ajzen pour ainsi construire un questionnaire mesurant l’intention des finissant(e)s en sciences infirmières de s’établir en région éloignée. Les résultats de cette revue seront certainement d’un grand intérêt puisqu’ils permettront une meilleure compréhension de la trajectoire de la main-d'oeuvre infirmière.
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La promotion de l’allaitement maternel en milieu défavorisé dans le cadre de l’implantation de l’Initiative des amis des bébés (IAB) : le cas des infirmières de santé communautaireMarie-Hélène Doucet (Université McGill), Louise SÉGUIN (UdeM - Université de Montréal)
Contexte: Bon nombre d’infirmières ne font pas la promotion de l’allaitement selon les attentes de l’Initiative des amis des bébés (OMS/UNICEF).
Objectif: Explorer les expériences personnelles et professionnelles des infirmières de santé communautaire qui influencent la promotion de l’allaitement en milieu défavorisé.
Méthode: Entrevues individuelles et de groupes auprès d’infirmières de CLSCs montréalais (secteurs défavorisés).
Résultats préliminaires: Les infirmières qui ont suivi 20 heures ou plus de formation récente en allaitement, ont des croyances profondes positives quant à la valeur de l’allaitement vs les préparations commerciales pour nourrissons, perçoivent que leur rôle est d’encourager les mères à allaiter, ont été exposées à la culture d’allaitement pendant l’enfance ou ont eu une expérience personnelle d’allaitement positive sont plus confortables à promouvoir l’allaitement, et particulièrement à discuter des risques du non-allaitement. Craindre de susciter la culpabilité nuit à la promotion de l’allaitement.
Conclusions: Plusieurs infirmières semblent manquer de connaissances sur l’importance de l’allaitement et sur les risques du non-allaitement, et ne pas avoir les habiletés optimales pour communiquer les messages de santé publique. Des formations appropriées les aideraient à mieux promouvoir l’allaitement. Elles devraient de plus prendre conscience de leurs biais personnels, afin d’en réduire les impacts négatifs sur leur pratique professionnelle.
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Exploration du vécu des infirmières lors de l'expérience de la présence d'un membre de la famille du patient en salle de stabilisation à l'urgence du CSSS de ChicoutimiDominique Labbée (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Lors d'un épisode critique de soins tel que vécu en salle de stabilisation à l'urgence, la famille du patient désire demeurer auprès de ce dernier. Cependant, la présence de la famille représente une pratique controversée et va à l'encontre de la pratique actuelle. Ainsi, plusieurs étudent établissent que, couramment, la famille est exclus de la majorité des milieux de soins critiques et n'est pas invitée à demeurer auprès du patient lorsqu'il est instable. Toutefois, plusieurs résultats de recherche démontrent les avantages à opter pour cette pratique tant pour le patient, la famille que pour l'équipe soignante. De plus, plusieurs associations encouragent cette pratique dont, l'Emergency nurse Association et l'American heart Association. Dans cette optique,un protocole favorisant la présence de la famille du patient en salle de stabilisation a été établi à l'urgence du CSSSC. Le but de cette recherche est d'explorer le vécu des infirmières lorsqu'elles auront permis la présence de la famille lors d'épisode critique de soins en salle de stabilisation. Cette démarche permettra d'éclairer et d'amélorier la pratique clinique en ces circonstances. Cette recherche qualitative sera basée sur l'approche phénoménologique. Cette approche sonde des expériences de l'existence humaine et est particulièrement profitable lorsqu'un phénomène est méconnu ou incompris. Cette recherche respectera les critères de rigueur scientifique: crédibilité, fiabilité, confirmabilité et transférabilité.
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Facteurs associés à l’implantation d’un programme de formation interprofessionnelle pour les étudiants universitaires en santé au sein d’un milieu cliniqueJean-Louis DENIS (ÉNAP - École nationale d'administration publique), Justin Jefferson-Falardeau (UdeM - Université de Montréal)
La collaboration interprofessionnelle a émergé comme étant l’un des aspects essentiels à consolider pour améliorer l’organisation de la première ligne de soins et assurer un accès adéquat aux ressources. Pour favoriser l’accroissement de la collaboration interprofessionnelle, il est suggéré que les professionnels des sciences de la santé soient formés en interdisciplinarité, particulièrement à l’occasion des stages cliniques.
Cette présentation vise à présenter les résultats d’un mémoire de maîtrise qui avait pour objectif de comprendre comment les facteurs systémiques, les facteurs organisationnels et les caractéristiques du programme de formation mis en place influencent l’implantation d’un programme de formation interprofessionnelle (PFI) pour les étudiants universitaires en santé au sein d’un Centre de santé et de services sociaux (CSSS).
Il s’agit d’une étude de cas unique effectuée au sein d’un CSSS situé dans la grande région de Montréal au Québec, Canada. Les données ont été recueillies à l’aide de 11 entrevues semi-dirigées et d’une analyse des documents administratifs et cliniques écrits concernant l’implantation du PFI.
Le modèle conceptuel proposé (figure 1) offre un regard novateur sur la manière de comprendre le dynamisme et les interactions entre les différents facteurs influençant la mise en œuvre d’un PFI au sein d’une organisation de santé. Des recommandations sont suggérées afin de permettent de favoriser la mise en œuvre de PFI au sein des milieux cliniques.
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Les pratiques infirmières à l’interface de ressources et d’acteurs intersectoriels dans des programmes de santé publique en première ligneChantal CARA (UdeM - Université de Montréal), Sylvie GENDRON (UdeM - Université de Montréal), Lauralie Richard (University of Melbourne)
Problématique: Dans des programmes dédiés à des populations vulnérables en CSSS/CLSC, les infirmières sont conviées à travailler à l’interface de ressources et d’acteurs de divers secteurs pour agir sur des déterminants sociaux de la santé. Ces pratiques infirmières sont peu documentées, ce qui restreint la capacité d’accompagner leur élaboration. Objectif: Modéliser les pratiques infirmières qui se déploient à l’interface de ressources et d’acteurs intersectoriels. Méthodologie: Une étude de cas qualitative est réalisée auprès d’infirmières dans trois CSSS à Montréal. Quinze entretiens semi-dirigés et de l’observation participante permettent de décrire et de différencier des pratiques infirmières en contexte. L’analyse qualitative thématique et conceptualisante ainsi que la modélisation systémique sont réalisées en cours de collecte de données. Résultats: Trois profils de pratiques cohabitent dans les programmes retenus. Ils correspondent à des pratiques de «référence», d’«accompagnement» et de «proximité» qui conjuguent des actions de liaison, d’apprivoisement, d’intéressement et de réciprocité. L’intervention infirmière se concentre sur l’accès de la clientèle à des services, bien que d’autres opportunités d’agir sur les déterminants sociaux de la santé existent. Conclusion: L’identité de soignante doit être revisitée et des pistes de réflexion seront proposées pour développer la capacité infirmière à travailler à l’interface de ressources et d’acteurs intersectoriels.
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Effets d’une intervention infirmière basée sur une approche caring et cognitive comportementale sur l’acceptation du défibrillateur cardiaque implantable par de nouveaux porteursSylvie COSSETTE (UdeM - Université de Montréal), Mélanie Charchalis (Institut de cardiologie de Montréal), Nellie GUAY (Institut de cardiologie de Montréal)
Le taux de mortalité chez les patients à risque d’arythmies cardiaques menaçantes à la vie a été considérablement réduit grâce au traitement du défibrillateur cardiaque implantable (DCI). Toutefois, des préoccupations uniques face au DCI, y compris les chocs que l’appareil peut déclencher, sont susceptibles de diminuer l’acceptation du DCI.
Cette étude pilote randomisée avec groupe contrôle (n=15 par groupe) vise à vérifier la faisabilité et l'acceptabilité d'une intervention infirmière de même que son effet préliminaire sur l’acceptation du DCI, l’anxiété générale et spécifique face au DCI et le fonctionnement dans les activités de la vie quotidienne.
L'échantillon est composé de nouveaux porteurs de DCI d'un centre hospitalier tertiaire spécialisé en cardiologie. L'intervention infirmière, basée sur la théorie du Human Caring et influencée par une approche cognitive comportementale, est centrée sur les préoccupations individuelles de chacun face au DCI. Cette intervention a été bonifiée suite à une pré-étude ayant décrit les besoins et les préoccupations des porteurs de DCI à l’aide d’entrevues semi-structurées.
Nous décrirons le processus d’élaboration de l'intervention infirmière, le devis de l’étude ainsi que quelques résultats préliminaires. Ces résultats permettront de proposer des pistes de réflexion quant aux stratégies d’interventions à privilégier auprès de cette clientèle afin de répondre à leurs préoccupations et ainsi améliorer leur acceptation du DCI.
Session d'affiches
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Accès des personnes à mobilité réduite aux services de soins dentairesChristophe BEDOS (Université McGill), Belinda NICOLAU (Université McGill), Farnaz Rashid-Kandvani (Université McGill)
Peu de recherches ont porté sur l'accès aux services dentaires des personnes à mobilité réduite. Nous savons que ces dernières consultent moins que le reste de la population, mais nous connaissons mal leurs parcours thérapeutiques.
Notre objectif est de mieux comprendre comment ces personnes accèdent aux services dentaires. Il s'agit ainsi de savoir quelles difficultés elles rencontrent, et d'identifier des solutions pour faciliter leur accès aux services.
Nous avons conduit une recherche qualitative descriptive basée sur des entretiens individuels avec des Montréalais utilisant un fauteuil roulant. Les entrevues étaient enregistrées, puis transcrites afin d'en faire une analyse thématique.
Les entrevues révèlent que les personnes à mobilité réduite rencontrent de multiples barrières dans l'accès aux services dentaires. Outre les problèmes financiers, très importants, ces personnes éprouvent des difficultés pour trouver un dentiste et pour s'y rendre. Une fois chez le dentiste, elles font souvent face à des locaux inadaptés et à des professionnels peu préparés : portes trop étroites, comptoirs d'accueil trop hauts, espaces étriqués, fauteuils dentaires difficiles d'accès et inconfortables. Cet inconfort est parfois accentué par des problèmes médicaux liés à leur condition, comme la paralysie de la vessie et des spasmes musculaires.
Ces résultats, très originaux, montrent que la profession dentaire peut, et doit s'adapter pour mieux accueillir les personnes à mobilité réduite.
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Les modules unidisciplinaires : une mesure d'encadrement soutenant les pratiques professionnellesAudrey Baril (GRIMN - Groupe de recherche interdisciplinaire sur les maladies neuromusculaires), Cynthia GAGNON (UdeS - Université de Sherbrooke), Paule LAFLAMME (CSSS - Centre de santé et des services sociaux de Jonquière), Linda TREMBLAY (CSSS - Centre de santé et des services sociaux de Jonquière)
La gestion par programme a été implantée progressivement au sein des centres de santé et de services sociaux (CSSS). Malgré la pertinence du travail interdisciplinaire qui y est inhérent, cette nouvelle organisation a occasionné un fractionnement des disciplines ainsi qu’une redéfinition des rôles professionnels. Alors qu’une perte de repères a été observée, une analyse des besoins d’encadrement professionnels au CSSS de Jonquière révélait que l’implantation de modules unidisciplinaires, regroupements d’intervenants d’une même discipline, était un besoin. Leur principale fonction est d’aborder la question de la contribution spécifique de leur profession à la dispensation de services dans le contexte des équipes multidisciplinaires. Le but de la communication est de présenter les résultats de l’évaluation de cette mesure. À cette fin, un modèle et une analyse logique ont été effectué selon la méthode de Rossi et al. (2004). De plus, un questionnaire a été soumis aux employés visés. Une analyse descriptive et de contenu a été utilisée pour interpréter les résultats et renforcer l’analyse logique. Il ressort que les modules contribueraient à la qualité des services et du milieu de travail en supportant le développement professionnel et le bien-être des intervenants. La communication permettra d’expliquer les processus qui y sont sous-jacents, en plus de mettre en relief les composantes de cette mesure. Les outils d’accompagnement des modules seront également présentés.
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Accès et utilisation des services de santé en langue minoritaireLouise BOUCHARD (CREDP - Centre de recherche et d’enseignement sur les droits de la personne), Mathieu BÉLANGER (UdeS - Université de Sherbrooke), Isabelle Gagnon-Arpin (Université d’Ottawa), Anne Leis (University of Saskatchewan)
Les services de santé constituent un des déterminants importants contribuant à une meilleure santé. Par contre, les communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM) dispersées à travers le Canada sont confrontées à des problèmes cruciaux d’accès aux services publics dans leur langue. L’objet de cette présentation est de rendre compte de la section sur l’accès aux services de santé de l’Enquête sur la vitalité des minorités de langue officielle (EVMLO), menée par Statistique Canada en 2006. Des statistiques descriptives sont présentées sous forme de proportion pour chaque province canadienne. Par exemple, la difficulté à obtenir des services en langue minoritaire reflète les perceptions des CLOSM en matière d’accès aux services de santé et constitue un indicateur de l’offre de services. 78% des répondants de Terre-Neuve et Labrador disent avoir un accès difficile aux services de santé en langue minoritaire. Les proportions sont de 72% en Saskatchewan, 71% en Colombie-Britannique et 67% en Alberta. En Ontario et au Manitoba la proportion de répondants est de 40%, alors qu’au Québec elle est de 26%. L’accès et l’utilisation de différents types de services de santé par les CLOSM varient entre provinces canadiennes, reflétant souvent l’organisation différente des systèmes de santé provinciaux à la grandeur du pays.