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Récit de recherche – actualité : Les traces urbaines du VIH/sida

« Le sida disparaitra un jour. En attendant, nous avons l’opportunité d’apprendre et de grandir… et nous devons le faire ». Cette phrase de Ron Farha orne une magnifique murale au cœur du quartier du Village, à Montréal. Elle résonne avec un écho particulier au moment où la « fin du sida » est devenue un horizon réaliste du fait des différentes possibilités de traitement et de prévention. L’histoire et le présent de la communauté gaie restent pourtant très marqués par l’épidémie.

Récit de recherche - Gabriel Girard
Source : Gabriel Girard

Cette phrase de Ron Farha1 a constitué le point de départ de l’un de mes projets de recherche consacré aux traces urbaines du VIH/sida dans le quartier gai de Montréal. De promenades en déambulations, de lectures en discussions, s’est établie une véritable cartographie sensible des lieux marqués par l’histoire de l’épidémie. On pense spontanément au Parc de l’espoir, à l’angle des rues Sainte Catherine et Panet, symbole de la mobilisation des activistes pour doter la ville d’un lieu de mémoire. Mais d’autres lieux se laissent découvrir, tels le Parc Raymond Blain, portant le nom d'un élu municipal décédé du sida en 1994, ou encore les locaux d’organismes communautaires qui sont nombreux dans le quartier.

À l’heure où le virus peut devenir « indétectable » dans l’organisme, grâce aux traitements, la recherche des marques du VIH dans l’environnement urbain peut sembler une gageure. Elle ouvre pourtant la possibilité de voir et de mieux comprendre les ramifications mémorielles d’une épidémie qui perdure. C’est sans doute là aussi que les sciences sociales de la santé ont une voix à faire entendre.

Auteur(e)

Gabriel Girard
Université de Montréal

Gabriel Girard est sociologue de la santé, membre du Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales (Cremis) et chargé d’enseignement à l’École de santé publique de l’Université de Montréal. Il est le co-auteur d’un ouvrage intitulé La fin du sida est-elle possible? (Textuel, 2017).